Sunday, February 28, 2010

LA DESINFORMATION: LE TREMPLIN DE LA DICTATURE






Un des signes d'une dictature est la manifestation d'une désinformation tellement enclin à justifier les errances du régime, qu'elle conduit les journalistes, à la solde, à des absurdités grotesques consistant à demander au public de suspendre son bon sens et sa propre capacité d'analyse, pour avaler les indigestes conneries d'un régime totalement discrédité et en manque de légitimité.
C'est ainsi que lors de l'accident de Tchernobyl en 1986, L'URSS monopartite et communiste, continua à nier l'existence de cet accident alors que le nuage radioactif était déjà détecté jusqu'en Allemagne. Mais pour les orthodoxes de la pensée unique, les ordres étaient les ordres, il fallait nier les évidences jusqu'au bout. Dans un passé plus récent, qui ne se souvient pas du tristement comique ministre de l'information de Saddam Hussein, qui continua de nier sur CNN que l'armée Américaine avait pénétrée dans Bagdad, alors que les caméras de télévisions lui montraient les tanks yankees dans la ville.
Suite à la visite de Sarkozy à Libreville, on observe une similaire désinformation émanant des organes de presse du pouvoir Bongo. L'agence Gabonaise de Presse (AGP) est particulièrement fertile, et aucune élucubration, si ridicule et sordide soit-elle, n'arrêterait ces bardes de l'émergence qui, alors que tout le monde constate la nudité de l'empereur, continuent de nous dire combien le costume du monarque est resplendissant. Dans une série d'article, les fonctionnaires-journalistes de l'AGP nous offrent à lire des titres comme:

1. "Le “Pré-carré” désormais rangé aux calendes de l’histoire" où il est écrit: "la nouvelle politique de la France a l’avantage que la France et le Gabon deviendront des partenaires égaux libres de tout paternalisme ou assujettissement." Il faut quand même être un sacré demeuré pour écrire de telles absurdités que personne observant la politique Française en Afrique ne saurait prendre au sérieux.

2. "L’opposition se couvre de ridicule" où il est écrit " Alors que notre ancienne puissance coloniale propose une relation ‘’gagnant gagnant’’, les ‘’huit grands opposants’’ qui ont rencontré Nicolas Sarkozy, rament décidément à contre courant puisque les problèmes posés par eux au chef de l’Etat français, entrent dans le cadre d’un débat gabono-gabonais, qu’ils ont la latitude de poser au président Ali Bongo Ondimba, par les voies appropriées. A ce niveau, ils ne parlent plus d’ingérence. Il y a pour eux, une bonne et une mauvaise ingérence. Nous n’avons pas à rougir, nous sommes mûrs pour régler nos problèmes." Pour notre journaliste, les opposants doivent aller voir Ali Bongo pour lui souligner ce qui ne va pas dans la manière dont il a pris le pouvoir. Ce journaliste doit fumer un drôle de tabac pour en arriver à des suggestions si stupides.

3. Dans un autre article il est écrit: "les autres (l'opposition) ont raté une occasion de montrer aux yeux de l’opinion leur incapacité à rompre avec les méthodes ‘’France Afrique’’ qui consistaient, entre autres choses, à aller solliciter aide et assistance auprès de l’ancienne colonie". Voici que l'AGP attribue à l'opposition la méthode "françafricaine", alors que le patron de la Françafrique est expressément venu adouber Ali Bongo et lui prêter main forte. C'est le comble du cynisme. Ça me rappelle un passage attribué à la réaction d'un député Français lors du débat de la loi cadre dans les années 50 à l'assemblée nationale Francaise. Il s'étonna en ces termes: "on les colonise et ils se plaignent? Mais ils ne sont jamais content ces Africains!" Comme quoi le nègre doit être content de son oppression. Malheureusement, plus de 50 ans après, rien n'a changé, car des journalistes Gabonais continuent de faire l'apologie du colon et soutenir l'immolation de notre pays.

Donc, d'après l'AGP, la "démocratie irréprochable" est en marche au Gabon et la Françafrique c'est fini car d'ailleurs, Sarkozy l'a dit à la tribune de la cité de la démocratie. Youpi la vie est belle", allons z'enfants, riez, chantez, dansez, regardez les clips à la télé, amusez-vous, et... surtout cessez de penser, on pense à votre place. Ne boudez pas votre plaisir. Ainsi va le Gabon, la désinformation bat son plein, il n'y a pas de débat véritable a la télé ou par voie de presse. Les "débats" organisés sont faussés, et ceux qui défendent la vérité sont dénigrés systématiquement. Le rôle de cette propagande est de nous vanter l'amitié franco-gabonaise, nous préparer à "suivre" le couple Sarkozy-Bongo dans leurs aventures impériales respectives.

Il n’existe pas, à ce jour, au Gabon, de presse libre et indépendante, malheureusement. Les journalistes n’osent pas écrire leurs opinions honnêtes car ils savent que s'ils le font, elles ne seront pas publiées et ils se retrouveraient à la rue illico. Le travail du journaliste est devenu au Gabon, la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service du pouvoir. Les journalistes des organes officiels ne sont que des outils obéissants de ce pouvoir et leur journaux, des officines de désinformation professionnelles, dont l’exergue est de toujours consolider le pouvoir d'Ali Bongo.

Saturday, February 27, 2010

POURQUOI LA FRANCE EST LE SEUL PAYS INDUSTRIALISE A MAINTENIR UN PRE-CARRE EN AFRIQUE?



Sarkozy le répète à souhait, avec toute l'hypocrisie qui le caractérise, que la France n'a plus de pré-carré en Afrique, que la rupture est consommée et que la Françafrique n'est plus qu'un lointain souvenir. Malheureusement pour lui, son récent séjour au Gabon nous démontre plus qu'entre la rhétorique et les faits, l'écart peut être abyssal. Durant sa campagne électorale pour la présidentielle en France, Sarkozy aimait déclarer que « La France n’a pas besoin de l’Afrique ». Et Sarkozy d’expliquer que l’Afrique ne comptait que pour 2% dans ses échanges commerciaux de la France. Il en voulait pour preuve le fait que la France ne vende pas ses Airbus à l’Afrique.
Pour une vérité, c’est bien une. Mais une vérité digne de Sarkozy, c'est-à-dire un gros mensonge cache dans un raisonnement qui lui donne des apparences de vérité. Il y a une série de questions qui lorsqu'on les pose, pulvérisent les assurances de Sarkozy:

1 La France n’a pas besoin de l’Afrique, mais quel est le poids de la France, pays non pourvu de richesses du sol et du sous-sol au sein de l’Union Européenne, face a l'Allemagne et a la Grande Bretagne ?
2 La France n’a pas besoin de l’Afrique, mais quel est le poids de la France sur la scène internationale, notamment à l’Organisation des Nations Unies (ONU) sans l’assurance qu’elle peut compter sur les voix de ses anciennes colonies d’Afrique ?
3 La France n’a pas besoin de l’Afrique, pourquoi ne pas affranchir les pays de la zone franc d’une tutelle coûteuse et ruineuse qui veut que les réserves Africaines soient déposées à la banque de France?
4 La France n’a pas besoin de l’Afrique, mais sans elle, les sommets de l'Organisation internationale de la francophonie ne risqueraient-ils pas de se tenir dans une piece grande comme une cabine téléphonique?
5 La France n’a pas besoin de l’Afrique, alors pourquoi cette pusillanimité devant les incursions de la? Pourquoi ces turgescences chaque fois que ses anciennes colonies tentent de se tourner vers d’autres horizons ?
6 La France n’a pas besoin de l’Afrique. Alors pourquoi maintenir des bases militaires coûteuses sur un continent qui pèse presque rien ?


La réalité des réponses à ces questions nous convainc qu'aussi longtemps que la France sera la France, sa politique en Afrique demeurera la même. Mais aujourd’hui, l’Afrique aimerait bien se passer de la France. La question à poser est: "entre la France et l’Afrique, qui aide qui ? Voyons voir:

a) Très mal perçue par les dirigeants du Niger, d’où elle tire l’essentiel de son uranium, la France ne pouvait pas risquer de perdre le Gabon, un autre fournisseur d’uranium, sans être expose a des risques pour son industrie nucléaire dont le fer de lance Areva est le numéro un mondial. Il fallait quelqu'un de sûr au Gabon, car le manganèse et l'uranium Gabonais sont des minerais exceptionnellement classés comme "stratégiques" pour la France, par le gouvernement Sarkozy.
b) Sarkozy sait pertinemment qu'Areva, Total, Bouygues et Bolloré tirent l'essentiel de leurs bénéfices en Afrique. Comme le déclarait Robert Bourgi, à la suite du limogeage de Jean-Marie Bockel (Nouvel Obs, 1er Mai 2008): "Bockel n'a rien compris de l'Afrique, les entreprises Françaises allaient tout perdre". Sans l'Afrique, un groupe comme Bolloré est désœuvré.
c) Le 20 Mai 2008, Alain Joyandet déclarait: "Je vais au Congo Brazzaville inaugurer la plateforme pétrolière de Total. Et je pense que ca sera particulièrement intéressant. Par ma présence, je montre l'intérêt que porte la France à la presence et à la performance de cette entreprise sur le continent Africain. Or l'implantation des entreprises françaises en Afrique est l'une de mes priorités. Je veux défendre les intérêts supérieurs de la France" (ITW, 20 mai 2008).


Les Africains ne sont plus dupes. Ils savent que l'industrie Française a un grand besoin de l'Afrique. C'est pourquoi tous les chefs d'états Français mettent tous les moyens diplomatiques et militaires au service du maintient de cette Françafrique, surtout que la France n'est pas suffisamment compétitive pour se risquer a des concurrences en Afrique avec d'autres puissances. La France compte donc sur des pays Africains claustrés lui cédant en exclusivité toutes leurs richesses. C'est à cette fin que des Bongo, Sassou etc., existent.

Nous devons savoir, et surtout notre opposition, que ce n’est ni un Jean-Marie Bockel (ancien secrétaire d’Etat à la coopération) ni un Nicolas Sarkozy qui vont signer l’arrêt de mort de la Françafrique, même après la mort des Félix Houphouët-Boigny, Omar Bongo et Gnassigbe Eyadema. Seuls les Africains, les Gabonais ont le devoir de décapiter la Françafrique et de réaliser une véritable indépendance qui impliquerait la gestion souveraine de nos ressources naturelles en vue d’une indépendance économique, seul gage d’une véritable indépendance politique.

Friday, February 26, 2010

PAUVRE GABON, TOUJOURS ET ENCORE FOLKLORIQUE



Le patron du groupe Francafrique, Nicholas Sarkozy, vient de passer voir comment vont les choses dans la succursale Gabon. Il est venu "s'édifier" (comme diraient les génies de la RTG1) sur la posture du nouveau gouverneur territorial, et esquisser un pas de danse kounabelique avec Patience Dabany, cette femme extraordinaire qui a mis au monde Ali Bongo à l'âge de 11 ans. Quel contraste avec les images de la visite de Barack Obama au Ghana!

Obama a choisi le Ghana parce que ce pays est parmi ceux qui représentent ce qui se fait de mieux en ce moment en Afrique. Il a une des économies de marchés les plus dynamiques du continent, et c'est une démocratie parlementaire à part entière avec des présidents qui font leurs mandats constitutionnels et quittent le pouvoir pour laisser le pays se régénérer politiquement. Sarkozy, par contre, vient renforcer les clichés de mon enfance où on voyait les présidents Français venir chasser au Gabon comme Giscard qui aimait chasser l'éléphant à Setté-Cama. On a vu Sarkozy au Gabon en terrain conquis, comme Napoléon faisant le tour du propriétaire. Racontant des blagues avec Ali Bongo, visitant l'usine de contre-plaqués de Rougier à Owendo, en compagnie d'une foule d’affairistes, de « chargés de missions », de "monsieur Afrique", de conseillers techniques, plus soucieux de conserver comme captif, le Gabon et ses matières premières.

Pendant qu'Obama rencontrait les parlementaires Ghanéens et tenait un discours plein de prescriptions pour un futur équilibré pour les Africains, nous avec Sarkozy avons eu droit à un insipide théâtre de bas étages à la cite de la démocratie où Sarkozy encensait un président NON-ELU, et promettait de venir en aide à ce président et l'assister à consolider son pouvoir. Mais a quelle fin? Celle de la continuation du pillage du Gabon, car c'est ce dont il s'agit. Ali Bongo sait bien plus que tout le monde que la règle première de la Francafrique est la docilité et la sensibilité aux intérêts de la France. Les présidents qui ont observé ces règles, comme son père, ont eu de très longues carrières. Les autres ont été débarqués sans ménagement et sans état d’âme. L'univers impitoyable de la Francafrique.

Et la rupture tant proclamée par Sarkozy? Du pipo! Il est évident qu'à l’heure où Pékin débarque en force sur l'Afrique, Paris semblent bien décidée à lutter pour conserver sa zone d’influence. Mais Sarkozy a pourtant juré la main sur le cœur qu'il n'y avait plus de pré-carré. Ne soyons pas ridicules, car les actes de Sarkozy et la Francafrique démontrent que si le pré-carré était mort, la France n'aurait pas accepté de soutenir les présidents « amis » du Niger, ou du Tchad qui tripatouillèrent la constitution pour consacrer leur statut de président à vie. Si le pré-carré était décédé, la France n'aurait pas soutenue les mouflets des «amis», et les aider à succéder à leur père à la tête du Togo et du Gabon, devenues des républiques monarchiques. Enfin, si le pré-carré était inanimé et enterré, Jean Marie Bockel aurait toujours son emploi.

Nous sommes donc à la case départ, avec à la tête du Gabon des satrapes, prêts à mettre le pays sur les rotules pour conserver le pouvoir à tout prix. Comme nous l'indique la visite et le message de Sarkozy au Gabonais, le proconsul Ali Bongo aura les coudées franches pour mener la vie dure aux Gabonais. Plus que jamais, nous serons livrés à nous-mêmes, clochardisés à l'extrême, et de temps en temps, c'est-à-dire tous les 7 ans, Ali Bongo viendra nous donner quelques ailes de dinde.

La comparaison est cruelle pour le pauvre Nicolas Sarkozy et le Gabon, car alors qu'Obama rendait visite à l’un des rares pays du continent qui connaisse une alternance démocratique régulière et une croissance économique soutenue. La France renforce son soutient à des régimes autoritaires et corrompus, avec à la clé des contrats portant sur de fabuleux gisements d’uranium, de pétrole, et autres minerais. Pour la France, cette politique affairiste passe par un appui sans faille à des dictateurs, et cette réalité n'est pas prête de changer.

Mais au moins on peut encore rire de tout ça car, alors qu'Obama prononça un discours de très haut vol sur la gouvernance, devant le parlement Ghanéen, Sarkozy lui s’accroche à des pratiques déshonorantes pour la France, comme son mot pour l'auditoire, trillé sur le volet, de la cité de la démocratie, dont la pertinence fut résumée par un tonitruant "ON DIT QUOI?" lancé par Sarkozy pour les sous-fifres d'Ali Bongo qui adorèrent. Le tout se termina par des incantations de "laissez nous avancer; laissez nous avancer". Pauvre Gabon!

Thursday, February 25, 2010

JE CROIS REVER! L'OPPOSITION DEMANDE A SARKOZY DE SOUTENIR LE PROCESSUS DEMOCRATIQUE AU GABON






Je viens de lire la missive que des membres de l'opposition Gabonaise ont adressée à Sarkozy lors de leur rencontre à Libreville. Son contenu m'a surpris au plus haut point car on peut y lire les lignes suivantes:
Dans la situation actuelle, la visite officielle du Chef de l’État Français au Gabon, qui fait suite à plusieurs rencontres à Paris avec le Président Gabonais au cours des six derniers mois, pourrait uniquement ressembler à un adoubement officiel si elle ne participe pas à la recherche impérieuse d’une sortie de crise.

Ils sont incorrigibles nos opposants. Sarkozy est venu de France pour se recueillir au mémorial de Bongo père et aider à cimenter le pouvoir du fils en lui procurant le gravitas nécessaire à la stature de chef d'état. Dans les objectifs de Sarkozy, l'opposition Gabonaise n'est clairement pas une priorité. Sarkozy est venu donner un coup de main aux Bongo, cela est clair. Les seuls qui pensent encore que Sarkozy peut jouer un rôle critique dans l'instauration de la démocratie au Gabon, sont nos opposants. Quand je lis des opposants qui prônent la fameuse coopération culturelle franco-Gabonaise, j'ai envie de vomir. Jeter des fleurs à la France et l'inviter à jouer un rôle dans le processus démocratique au Gabon, est une triste forfanterie. Quand on sait que des gens comme Claude Guean, Alain Josyane et les tristement célèbres Kouchner et Bourgi faisaient parti de la délégation de Sarkozy, la seule chose que l'opposition aurait du exprimer à Sarkozy est le profond dégoût que désormais la France inspire aux Gabonais, et que nous ne sommes plus disposés à faire semblant de ne rien voir, et continuer à se dire des politesses, pendant que la France s'évertue avec vergogne, à soutenir avec acharnement, sans discernement, un régime fondé sur l’imposture. Un régime qui, avec son armée et ses milices, formées, armées et encadrées par la France, brutalise et intimide les Gabonais en toute impunité.

A quoi peuvent donc penser nos opposants quand ils demandent à Sarkozy de participer a la recherche d'une sortie de crise? Attendre autre chose de Sarkozy que soutient pour les Bongo est illusoire. Je suis sur que Sarkozy a certainement prononcé des mots gentils devant les opposants. J'ai du mal à croire que nos opposants soient si naïfs! Ils doivent bien se marrer, Sarkozy et Ali, en lisant à peine le courrier des opposants et le jetant dans la corbeille à papier. Les images de la visite de Sarkozy nous renvoient aux précédentes visites de présidents Français sous Bongo père. RIEN n'a donc change; on a toujours le folklore d'un président Français condescendant, et la soumission d'un Gabon niais et ridicule.

Si nos opposants ne savent pas comment parler a Sarkozy avec fermeté, qu'ils s'inspirent de Marc Ona_Essangui et Gregory Ngbwa Mintsa qui eux ont publie une lettre sans ambigüités a Sarkozy, lui disant simplement: vous n'êtes pas le bienvenu au Gabon. Comme aurait pu dire Léon Mebiame: c'est clair, net et précis.

Wednesday, February 24, 2010

La Visite de Sarkozy: Une Banalité! Juste Un Touriste Chez Ses Obligés




Les événements qui se sont déroulés dans notre pays l'année dernière ont anéanti et éliminé le peu de crédibilité dont pouvait encore se prévaloir la France. En choisissant de poursuivre la politique pourtant en faillite qui soutient les dictatures en Afrique tout en faisant un usage chronique de faux semblants de démocratie, la France a définitivement cessé d'être un pays que nous devrions prendre au sérieux. En effet, la France, ce pays où l’art de la rhétorique futile, l’accumulation des titres ronflants vides de sens, et la lâcheté sont des vertus, n'est plus un état sur lequel un Africain puisse compter pour quoi que ce soit.

La France «du siècle des lumières» a une politique Africaine des plus ténébreuses. En Afrique, elle est endormie sur ses lauriers coloniaux et freine délibérément depuis toujours les aspirations des Africains à la liberté, avec comme conséquence que l'Afrique Francophone dilapide depuis des années des opportunités historiques de véritable progrès politiques et sociaux. Qui dit progres politique et social dit forcement à terme, progrès économique, tout étant lié. Il faut se le dire, au regard de ce que fait la France en Afrique, et vu sa manière de traiter les Africains sur son territoire, il ya longtemps que la France n’est plus la patrie des droits de l’homme. L’égalité, la fraternité et la liberté, à force d’être immolées au fronton de la France-Afrique, ont perdu leur sens. Nos esprits de colonisés oppressés et méprisés sont insensibles aux clichés et préjugés dont se sert la France pour nous écraser par dictateur interposés. La France nous a étiquetés et classés comme gens ne méritant pas la démocratie. Pourquoi? Nous sommes un pays dit démocratique où malheureusement, on naît disqualifié avant d’avoir vécu, car si vous n'êtes pas un Bongo, vous ne pouvez aspirer à la plus haute fonction de l'état. Si par malheur vous vous plaignez, les auxiliaires de Sarkozy au Gabon vous nettoient, non pas au karcher, mais au pistolet mitrailleur Famas.

La France à la démocratie chez elle, mais n'en veut pas chez nous; pourtant elle sait qu'il n’y a pas de société stable et égalitaire sans respect mutuel, sans réciprocité entre les droits et les responsabilités de chacun, sans reconnaissance mutuelle et partagée entre gouvernants et gouvernés. Le Mépris, l’indifférence, l’exclusion sont les éléments explosifs du cocktail que nous sert le couple Sarkozy-Bongo uni pour le meilleur et l'empire France-Africain. Le sentiment de rejet, de mise à l’écart ostensible et tacite de la gestion du pays, poussent de nombreux Gabonais vers le repli sur soi ou sur sa communauté d’origine. Si ces réflexes de défense sont à combattre, il n’en reste pas moins que c’est en agissant sur leurs causes et non leurs effets qu'il faille se concentrer. A ce titre et dans l’intérêt de tous, nous nous devons d'avoir une alternative convaincante et claire, à ce que nous force de vivre le couple Sarkozy-Bongo.

Malheureusement, la France n'a pour nous que des offres de politiques paternalistes qui seraient, d'après les manitous de l'Elysée, garantes de l’unité nationale et de la paix au Gabon. Malencontreusement, la France n’accepte pas de ne plus être le centre du monde, elle n’accepte pas que la démocratie soit élargie aux Africains. Elle a trop peur de perdre de son autorité et de sa main mise sur les richesses des sous-sols de leurs anciennes colonies. Pour la France, le bon Gabonais est un être enténébré, un larbin, un sous homme. Mais nous en avons mare des promesses Françaises et vœux pieux de soutient à la démocratie au Gabon. Surtout que ce qui se passe en réalité est loin, bien loin, de ces belles paroles. Nous en avons assez de la condescendance Française.

La plus flagrante preuve du cynisme est la démarche absolument absurde qui voudrait que Sarkozy soit le médiateur entre Ali Bongo et l'opposition. A la limite, c'est caricatural, car comment peut-on accepter qu'après avoir fomenté le coup de force au Gabon, Sarkozy va se transformer en agneau qui va daigner inviter tout opposant à Ali Bongo, pour une médiation neutre et équitable. Toute personne qui y croit devrait se porter candidate pour une transplantation cérébrale. Je ne crois pas un seul instant que Sarkozy négocierait avec l'opposition; mais plutôt qu'il va leur demander de se joindre à la plate forme du pouvoir Ali Bongo, soit en s'arrimant à la nouvelle majorité présidentielle, soit en jouant les faux opposants inoffensifs qui servent en sourdine le pouvoir Bongo et sont la caution d'une grotesque escroquerie politique.

Il faut que les Gabonais soient fermes et rejettes tout appel de Sarkozy à la normalisation du climat politique au Gabon autour d'Ali Bongo Toute conversation qui n'a pas comme thème central le départ de la famille Bongo du pouvoir, n'a pas sa raison d'être. Mieux, il aurait fallu que l'opposition ignora totalement Sarkozy, car ce faisant, elle aurait été en phase avec son public, son électorat, et elle aurait atteint son point d’orgue et démontré qu'elle est décidée à s'autodéterminer et mener une lutte pour le pouvoir, au Gabon, en dépit de la présence ou non de la France. En effet, le plus beau cadeau que l'opposition pourrait faire au Gabon est de tenir des conférences de presse parallèles à celles que tiennent le couple Sarkozy-Bongo, et dénoncer l'illégitimité du régime Ali Bongo et le soutient de la France à la tyrannie en Afrique. Je vois bien Eyeghe-Ndong montrer au créneau et tailler un costume a ces deux clowns en des termes secs dont lui seul à le secret. Une telle action serait sublime et démontrerait le courage de notre opposition.

Tuesday, February 23, 2010

L'Avenir Sans Confiance: Presque Pas de Prof Gabonais au Lycée Berthe et Jean






Ah mon enfance, je me rappelle de ces jours sous la chaleur de Mars à Libreville, arpentant le macadam chaut avec sous mes pieds, une paire de sandales en caoutchouc communément appelée «sans confiance». Pourquoi ce nom? Parce que ces sandales sont proverbialement imprévisibles et vous lâcheront à un moment ou un autre. Achetées neuves, elles peuvent aussi bien s’abîmer au premier pas qu'au millième. Les lanières se coupent et vous voici obligé de continuer le chemin pieds nus, à la merci des vieux clous usés et tessons de bouteilles; et en ruminant que jamais vous n'aurez à nouveau confiance en ces objets de caoutchouc, même au prix abordable de vente, vous ne prendrez plus le risque. Ce souvenir m'est revenu en lisant certains rapports des actions des apôtres de "l'émergence" au Gabon. Ces gens sont des vrais "sans confiance". On parlera ici des actions au pied du mur, de la chérie de la république, Marie Madeleine Mborantsuo.
Vous êtes sans ignorer que la chérie de la république s'est lancée dans l'éducation au Gabon, en créant un lycée dit "d'élite" dénommé "Berthe et Jean". Qui est Berthe, qui est Jean, who cares? Cet établissement qui reçu en 2008 pour ses finitions, un financement de la Banque de Développement des Etats d'Afrique Centrale (BDEAC) d'un montant d'1 milliard de francs CFA, se trouve à Essassa sur la route de Kango. C'est le 26 Mars 2009 qu'Omar Bongo, sur décret n°0191/PR/MENIC attribua à ce lycée le statut d'établissement d'utilité publique. La chérie de la république aime tellement les enfants Gabonais, qu'elle a mis les petits plats dans les grands, pour leur offrir un cadre d'étude paradisiaque qui, nul doute la dessus, contribuera à rendre ces petits Gabonais très "émergents". L'établissement se veut sur le modèle des "boarding schools" Anglo-Saxonnes, avec l'uniforme blazer à écusson. A défaut d'aller à Eton en Angleterre ou à Exeter aux USA, les petits Gabonais "émergents" pourront aller rouler des mécaniques à "Berthe et Jean". Elle a prévu 48 salles de classe, un internat de 500 lits, 21 villas pour le personnel, un parc animalier, and last but not least (ce lycée est quand même bilingue) des aires de jeux avec stade de football, des cours de tennis, des terrains de volley-ball, de basket-ball, et un gymnase. On vous a dit le rêve.

Tout ceci est beau, très beau, trop beau. Car, comme d'habitude, the devil is in the details (je vous ai dit que ce lycée est supposé bilingue). En effet, sous les projecteurs, on s'aperçoit très facilement que la chérie nationale a appliqué au lycée Berthe et Jean, le même principe connu de la famille Bongo; c'est-à-dire: LA NON CONFIANCE AUX GABONAIS DE SOUCHE. Du plus haut des responsables de ce lycée jusqu'au plus bénin des professeurs, on y retrouve que des étrangers. Le proviseur de ce lycée a été importé du Sénégal. Bon peut être qu'il n'y a aucun Gabonais capable d'être proviseur dans un lycée "émergent", vu que le Sénégal soit déjà "émergent". Bon OK, on accepte. Son adjoint est un toubab car rien ne dit "E_M_E_R_G_E_N_C_E" comme une peau bronzée par le soleil agnangoulé du Gabon. Encore une fois, on accepte vu que les toubab ont tout inventé et nous rien (c'est ce que les toubab ont toujours dit, et comme ils savent tout…) OK, on a compris. Mais l'affaire se complique quand on se rend compte que le moindre prof d'histoire-géo ou d'anglais, est lui aussi importé du Burkina ou du Mali. Quand même! N'y a-t-il pas un misérable petit Gabonais sorti d'une université Londonienne ou Madrilène, qui ait des qualifications pour enseigner aux enfants des "émergents" l'Anglais ou le Spanish? Pour une structure éducative qui se veut "d'élite", quel est le message envoyé aux Gabonais quand il n'y a presque pas de Gabonais dans le corps enseignant? Comment les "émergents" peuvent expliquer cela? Surtout qu'ils ne viennent pas nous dire que cette structure est privée et en tant que telle n'est pas obligée d'engager de Gabonais (le lycée Blaise Pascal de LBV applique déjà cette règle), car bien que privée, elle reçoit de grosses subventions de l'état de manière officiel. Et de manière officieuse, nous savons tous d’où est venu l'argent pour la construction de cet établissement, alors pas de fuite en avant. En plus par les fonctions occupées par la chérie nationale, cette réticence à engager des nationaux est plutôt tragique, quand bien même révélatrice d'un état d'esprit ignoble.

Non, le vrai problème est que les Bongo, car c'est d'eux dont il s'agit, ne font pas confiance aux nationaux. Ils nous l'on prouvé à maintes occasions. On l'a vu avec le père qui confia la gestion du brut Gabonais à un Béninois. On voit le fils qui s'entoure d'étrangers comme chef de cabinet ou comme responsables de nos forêts millénaires. Les negrillons de Gabonais ne peuvent même pas protéger les éléphants, nous dit-on! Mais quand je leur demande à ces émergents de me dire qui protégeait nos forêts avant les colons? Ils fuient. Quand je leur demande de me dire pourquoi les colons ont trouvé des forets luxuriantes sans pollution à leur arrivée en Afrique, les émergents qui ne jurent que par Lee White et Michael Fay détalent.

Il faut bien se rendre à l'évidence que les Bongo se méfient des Gabonais de souche, et n'ont aucune confiance en ces Gabonais de souche. Nous leur devons donc la réciprocité. Nous devons leur démontrer que nous ne leur faisons pas confiance non plus et ne voulons plus composer avec eux comme dirigeants de notre pays.

Monday, February 22, 2010

La Fermeté: Le Seul Langage Compris Par Les Dictatures




Il faut que les Gabonais comprennent bien une chose, ils ont vécu sous une dictature endurcie, et ils continuent de vivre sous la même dictature implacable. Le père a tout simplement passé le témoin à son fils adoptif. Aux émergents qui vous pompent l'air à longueur de journée avec les supposées vertus du régime Ali Bongo, demandez leur de vous expliquer pourquoi:

1. Ali Bongo règne en maitre absolu du pays, usant de l'armée pour intimider les populations et prenant des mesures qui chambardent la vie des Gabonais sans se donner la peine d'en analyser et évaluer les effets. Je suppose que c'est ça l'émergence!

2. Autour de ce régime, le silence règne sur les aspects les plus fondamentaux de la gestion du pays. Aucune voix n'est autorisée à s’élever pour ne serait ce qu'apporter des avis contradictoires sur les projets bidons proposés par Ali Bongo. Comment comprendre que dans tout un pays, personne ne lui ai rappelé que sa mesure d'interdiction de l'exportation des grumes au soir du 31 Décembre 2009, n'avait aucune chance de tenir? Mais sous une dictature, le dictateur a toujours raison car son principe de communication est le monologue. Il ordonne, et nous subissons sans poser de question, car le fils du grand camarade est le plus infaillible de tous les Gabonais. Ça doit être ça aussi l'émergence.

3. La presse Gabonaise officielle écrit pathétiquement ce que lui dicte ce régime. La RTG1 n'est qu'un auxiliaire de la propagande d'état grâce à laquelle, dans des journaux télévisés de 40 minutes, et ce plusieurs fois par jours, il est rappelé aux citoyens qui auraient la témérité de vouloir l'oublier, que c'est Ali le boss, le meilleur, l'incontournable, l'omniprésent, bref en un mot l'émergent.

4. Pour faire taire les gens, on les dépossède en les licenciant de leurs emplois. Si quelques "inconscients" prétendent élever la voix pour revendiquer leur du, comme viennent de le faire les étudiants, c'est à coups de grenades lacrymogènes et balles en caoutchouc qu'on leur répondra. Et s'ils insistent, il y a toujours de la place dans les fosses communes ou dans les hélicoptères pour largages en haute mer, pour quelques fusillés ou disparus de plus. Ils savent comment bâillonner les voix de la discorde, ces émergents.

Vous comprendrez donc que nous ayons une dictature pure et simple. Le protégé de la France gouverne à l'aide d'un pouvoir exécutif autoritaire et un appareil étatique artificiel, c'est-à-dire un effroyable ensemble parasite qui recouvre le corps de la société Gabonaise et en bouche tous les pores. Le Gabon se retrouve donc asphyxié sous Bongo père et fils. Ali Bongo prétend «dégraisser le mammouth» quand il s’emploie à licencier les gens; mais c'est pour mieux retrouver la pureté de l’Etat répressif, le restituer dans ses fonctions originelles, remplir l'administration de personnes lui étant redevables. Sous Ali Bongo, le renseignement est omniprésent, et on voit apparaitre toutes sortes d'opérations militaires préventives contre des agressions imaginaires. Le "Rais" veut montrer sa force.

Il faut donc que nous Gabonais en général et l'opposition en particulier, arrêtions d'être complaisants avec ce qui est UNE DICTATURE. Nous voulons nous diriger vers une autre voie. Fini les faux dialogues de concertation qui ne concilient personne. Il s'agit de mieux s’organiser et d'avantage s'armer d'un moral de fer et d'une détermination d'acier pour remettre en cause la totalité du régime PDG d'Ali Bongo. Car, même avec plus de brutalité, le régime est incapable de contenir la soif d'une autre voie exprimée par les Gabonais. L'époque de la dictature est terminée. La famille Bongo est à contre courant de l'histoire, n'en déplaise à Sarkozy. La persévérance et la fermeté des positions du peuple Gabonais en général et de l'opposition en particulier détermineront la victoire finale. Oui, la persévérance devant l'injustice, dire NON à la dictature, faire obstacle à ses crimes, résister au fascisme militaro-ethnique qui fait des raides dans certaines provinces pour terroriser les populations. La Résistance est la clé de la réussite.
Nous ayons déjà gagné ensemble le combat de l’opinion publique, car pas grand monde, même ceux qu'on paie pour raconter des âneries au journal télévisé, ne croit aux bobards d'Ali Bongo. Ce qui reste à développer et raffermir, est bien plus de fermeté politique vis-à-vis d'Ali Bongo et de ses marionnettistes. Cette fermeté fera tomber les obstacles mis sur la route d'un véritable changement.
Les Gabonais possèdent toutes les compétences nécessaires pour réaliser le changement dans leur pays. Le peuple Gabonais a les capacités nécessaires pour instaurer la liberté et la démocratie, une république qui croit à l'égalité de tous. Toute la panoplie des instruments de gouvernances d'Ali Bongo, c'est-à-dire: pressions, promesses, séduction, chantage, torture physique et mentale, ne suffiront pas à briser cette soif de changement.

Sunday, February 21, 2010

Convivialité acte II ?







Et revoilà Sarkozy. Apres avoir rendu, au père, une visite de remerciement pour soutient électoral en 2007, et après avoir rendu une ultime visite à son macchabé en 2009, voici que Sarkozy rempile en venant triomphalement narguer les Gabonais en célébrant le fiston dans quelques jours à Libreville. Jusque là rien de surprenant. Mais voila que du coté de la désormais opposition, par la voix d'André Mba-Obame, on semble insister sur la fait que Sarkozy doive rencontrer « toutes les composantes politiques » du pays. Admirez le bel euphémisme. Moi je dis HMMMMMMMMMMMMMM !

Problématique numéro 1 : l'opposition est molle.
Si l’opposition était aussi forte qu’elle voudrait nous le faire croire, c’est Sarkozy qui insisterait à la rencontrer. Souvenez-vous quand Kabila père aidé par les Rwandais acculait sérieusement Mobutu, comment Chirac courait à gauche et à droite pour essayer d’organiser une rencontre Mobutu-Kabila. Il fallu tout le prestige de Mandela pour organiser cette rencontre à bord de l’Outenika, un navire Sud-Africain. Au cours de cette rencontre, Kabila eut une seule phrase pour Mobutu : part du pouvoir. Quelques jours plus tard, Mobutu s’enfuyait vers le Togo, puis le Maroc. C’est ça une opposition forte qui a des arguments à faire valoir autour d’une table de négociation. Ma surprise est grande de constater que le contingent de dignitaires expérimentés que compte le parti UN, voudrait rencontrer Sarkozy dans un contexte où ce dernier vient au Gabon pour la consécration d’Ali Bongo. De quoi vont-ils parler à Sarkozy ? En quoi l'opposition peut se baser pour faire peur à Sarkozy et forcer la main de la France? En fait pourquoi estiment-ils qu’ils devraient rencontrer Sarkozy ? Pour une photo-op ou quelque chose de plus substantiel ? Souvenez-vous, les pays n'ont que des intérêts et ceux de la France sont protégés au Gabon par la famille Bongo. L'opposition ne peut prouver à la France qu'elle est en mesure de mieux protéger ses intérêts que la famille Bongo, c'est une bataille perdue d'avance car Sarkozy n'est pas près de lâcher la famille qui a en partie financé sa campagne.

Problématique numéro 2 : une opposition, comme un combat, ça se planifie.
La déclaration très conciliante de Mba-Obame envers Sarkozy est tout de même ambigüe. Cette déclaration bien moins fracassante que ce dont nous a habitué Mba-Obame, ne contenait qu'une petite saillie rappelant l’action de la France dans le coup de force d'Ali Bongo. Pourtant quand on sait que la spécialité de Mba Obame est la stratégie, il devrait être le premier à savoir que la règle numéro 1 de la négociation est qu'il faille toujours aller négocier à partir d'une position de force. Hors j'ai du mal à croire que l'opposition au Gabon, par l'Unité Nationale, le RPG, l'UPG et les autres, soit en ce moment en position de force, car nous ne voyons aucune mobilisation sur le terrain qui serrait susceptible de convaincre Sarkozy que la France devrait changer de cap au Gabon. Dans l'état de fragilité d'une opposition naissante, qui se veut plus cristallisée (à tort ou a raison), espérez qu'elle sera en mesure de faire flancher Sarkozy relève de la naïveté. Faut-il être à ce point sourd et aveugle pour ne pas distinguer le fait que Sarkozy sera en position de force dans sa discussion avec l'opposition, et que cette opposition gagnerait a se solidifier et démontrer par des actions fortes qu'elle soit en mesure de prendre le pouvoir. Ce n'est qu'a ce prix la que des bougres comme Sarkozy la prendra au sérieux.

Problématique numéro 3 : l'opposition sait très bien que la famille Bongo a le soutient indéfectible de Sarkozy.
Mba-Obame dit que Sarkozy devrait respecter le peuple Gabonais. Mais croyez-vous un seul instant que c'est maintenant que Sarkozy va découvrir ce respect pour le peuple Gabonais? Apres qu'il eut soutenu Ali Bongo avant, pendant et après les élections, après qu'il eut soutenu Ali Bongo lorsqu'il abusait de la population à Rio, à la cité de la démocratie et à Port-Gentil? Aux regards des multiples preuves de soutien au régime Ali Bongo, espérer que la France respecte la volonté du peuple Gabonais est une frivolité. Surtout n'oublions pas comme nous l'apprend l'histoire, qu'on ne respecte pas un peuple qu'on domine. Pour Sarkozy et la France, nous ne sommes que des exploités, leur seul souci c'est que leurs poulains de la famille Bongo restent aux contrôles du Gabon. Ce ne sont pas les petites rencontres avec quelques opposants qui changeront cette dynamique France-africaine. L'opposition doit continuer de dénoncer l'ordre existant et imposé par la France, et surtout chercher par tous les moyens d'ouvrir un nouveau chemin vers la liberté. La France a clairement choisi son camp, tan pis pour elle. Même Aimé Césaire l'a dit en son temps: "l’autonomie, l’indépendance ça ne se donne pas, ça se prend, et ça se paye en sang et en cadavres". Qu'avons-nous fait pour que la France nous respecte? Il semble que le respect aussi ne se donne pas gratuitement, qu'il se mérite. Si l'opposition veut que la France respecte la volonté du peuple Gabonais, il lui appartient d'imposer ce respect à la France.

Problématique numéro 4 : l'opposition semble se diriger dangereusement vers un second acte de convivialité
Comme pratiqué en son temps par Mba Abessole, l'appel d'une rencontre avec Sarkozy, pourrait indiquer qu'au lieu d'une lutte implacable, l'opposition voudrait un arrangement par Sarkozy interposé. Cette stratégie serait une tragédie de plus pour le Gabon. Pour combien de temps encore devrons nous être humiliés par la France et ces Gabonais qui permettent la bonne marche de leurs affaires au Gabon? Ces Gabonais, comme les Bongo, que la France a détecté, formé, et formaté, afin qu'ils couillonnent leur peuple. La méthode de la convivialité a déjà été appliquée au Gabon Sauf erreur de ma part, les résultats ont été bien loin de ceux espérés par les Gabonais. Seuls les Français et les Bongo y trouvèrent leur compte. Donc, nous sommes en 2010 et l'opposition doit savoir qu'il serait inutile de négocier avec Sarkozy, car ce serait comme parler à un mur ou de vouloir vider la mer avec une cuillère. Le respect de la voie institutionnelle au Gabon a montré ses limites, car le pays est confisqué. Il faut se battre et imposer un nouvel ordre, que la France le veuille ou non.

Saturday, February 20, 2010

Pourquoi Nous Ne Sommes Pas Libres



Il ya des moments trop rares, pendant lesquels on est électrifié de tenir entre ses mains un document qui clarifie ce dont on s'est toujours questionné. J'ai vécu un de ces moments en lisant un livre extraordinaire, dont le contenu nous explique noir sur blanc comment le système d'oppression fonctionne au Gabon et surtout pourquoi nous ne sommes toujours pas libres. Le livre, "The politics of Truth" (la politique de la vérité), a été écrit par Joseph Wilson, ancien ambassadeur des USA pendant la grande époque de Mba Abessole dans les années 1990, grand critique de la guerre Américaine en Irak et supporter de Barack Obama. Joseph Wilson est un républicain qui soutient Obama et pense que la vérité doit être dite aux puissants de ce monde, c'est pourquoi dans ce bouquin, il ne prend pas gants et appelle un chat, un chat. Le chapitre sur la Gabon vous fera pleurer car il vous révèle comment le Gabon est tenu, et qui tire les ficelles dans ce pays et pour quelle raison sommes nous emprisonnés dans le Bongoisme. Ce livre n'est pas une collection de ragot de seconde main, mais des faits racontés à la première personne par un diplomate qui parlait directement à Bongo père et à ses homologues Français. Ici, on ne peut pas se demander: "mais qui lui a dit ça?", car il parle à la première personne étant lui même le témoin de ce qu'il a vécu au Gabon. Quand on connait sa crédibilité, c'est lui qui découvrit la supercherie du mensonge de Bush sur la vente d'uranium à l'Irak par le Niger, on ne peut que prendre les propos de Joseph Wilson très au sérieux. Si vous le pouvez, lisez ce livre dont je vous donne quelques faits saillants concernant le Gabon, ci-dessous. Les propos originaux sont en Anglais, et la traduction en condensé de l'Anglais au Français est de moi.
Le Gabon est traité au chapitre 9, dont le titre est: "All in a Diplomat's Life-From Gabon to Albania". Ce chapitre commence à la page 185.

Pages 189-190, Joseph Wilson écrit ceci:
Lors d'un séjour à Sao-Tomé, je rencontrais l'ambassadeur du Portugal qui me parla pour la première fois des manigances de la France dans la région. Il me révéla que l'un des représentants de la France à Sao-Tomé était le frère de l'ambassadeur de France au Gabon de l'époque, Louis Dominici, et que la France contrôlait la région d'Afrique centrale par les Corses; qu'il faillait se méfier de ces Corses. L'ambassadeur Portugais me jura que le Portugal a une bonne expérience des Corses depuis Napoléon et que son pays empêcherait que ces Corses prennent l'ile de Sao-Tomé. Le lendemain, j'organisais un déjeuner avec le représentant Français à Sao-Tomé, le frère de Louis Dominici (Ambassadeur au Gabon). Après le bon repas et après m'avoir écouté, ce Français alluma une cigarette Gauloise et dit avec arrogance en se vautrant dans sa chaise: "franchement, les Portugais sont incapables de faire ce qui est nécessaire pour ce pays et pour son peuple. Ils devraient tout simplement s'écarter et nous laisser agir". Sur ce, je quittais le repas très amusé par cette réaction.

Pages 191-199, Joseph Wilson écrit ceci:
En contraste à Sao-Tomé, le Gabon était fermement sous le contrôle des Français, et les Français ne laisseraient quiconque leur ravir leur précieuse possession. Le Gabon avec son pétrole, son or et ses minéraux, était une vache à lait pour la France. Le pétrole Gabonais était exploité par la firme ELF, qui en ce temps là, était une société d'Etat Français. Considérant l'implication corruptive de la France dans les élections Africaines, et les mallettes d'argents qui circulaient entre l'Afrique et la France, je ne fus pas du tout surpris quand quelques années plus tard, ELF fut impliqué dans un scandale financier qui éclaboussa les plus hauts sommets des états Français et Gabonais. ELF avait tisses des relations très serrées avec Omar Bongo. Quand j'arrivais au Gabon, Louis Dominici avait déjà été en poste pendant 12 ans comme Ambassadeur de France. Les Ambassadeurs de France au Gabon restent en poste pendant longtemps, ce qui est le reflet de l'importance de ce poste qui de fait est le vrai pouvoir derrière le trône de ce pays. Bongo fut placé à la présidence par De Gaulle, et tous les présidents Français qui suivirent soutenaient son maintient au pouvoir, c'était leur homme. Après le retour au pouvoir du parti de Jacques Chirac suite aux législatives de 1995, je me trouvais dans le bureau de Bongo dont la vue donne sur l'estuaire, quand il m'invita à me rapprocher du bureau. Derrière ce bureau, il y avait 2 portes; une qui, semble t-il, menait à un passage secret, l'autre donnait sur une chambre qui lui servait à coucher les femmes. Sur son bureau, il me montra une lettre adressée à "mon ami Jacques". Il me montra le document dans lequel il avait recommandé à Chirac qui devait rentrer le nouveau gouvernement Français. Bongo exhiba fièrement le document qui soutenait qu'il avait réussi à placer 12 de ses "amis" dans le gouvernement de Chirac. Bongo aimait femmes et champagne. J'avais de bons rapports avec les Gabonais en général et cela inquiétait profondément les Français. Ces relations commençaient à porter des fruits. L'International Foundation for Electoral Systems (IFES), commença à travailler avec les Gabonais pour la planification des élections présidentielles de Décembre 1993. Les choses allaient très vite et ces événements rendaient l'ambassadeur Français Louis Dominici, très nerveux. Je parlais couramment Français et j'avais une bonne connaissance de l'Afrique Francophone. Je n'étais pas du tout perturbé par l'attitude des Français. Dominici regardait la présence Américaine comme une menace. Il pensait que les USA faisaient des progrès au Gabon pour saboter les intérêts Français. Il était déterminé à ne pas laisser cette menace se concrétiser car, le Gabon représentait le principal bijou de l'empire Français en Afrique, surtout qu'au Congo, Pascal Lissouba travaillait contre les intérêts d'ELF.
Au Gabon, les préparatifs de l'élection présidentielle allaient bon train. L'opposition était bien organisée et contrôlait les principales villes du pays. En dehors des considérations commerciales que les Français tenaient absolument à protéger au Gabon, le principal obstacle était aussi que les Français ne croyaient pas en la démocratisation. Ils pensaient que le processus de démocratisation était déstabilisant pour la région. Dans le principe, les Français disaient embrasser la démocratie, mais seulement comme concept et non dans la pratique, car ils étaient préoccupés par les importants intérêts économiques qu'ils avaient dans ces pays.
Au Gabon, je ne soutenais aucun parti. J'avais dit à Bongo et à Dominici, que les USA ne soutiendraient pas de candidat en particulier, à condition que le processus électoral soit légitime et que les Gabonais s'expriment librement dans l'exercice du vote. En préparation à l'élection, j'organisais des diners en l'honneur de tous les chefs de partis. J'en informais Bongo. Malheureusement à mesure que les élections approchaient, Bongo devenait de plus en plus paranoïaque. Bongo et ses conseillers étaient persuadés que tout semblait réunit pour qu'ils perdent les élections. Dominici commença alors à me mettre les bâtons dans les roues. Il commença par faire publier des articles dans la presse gouvernementale Gabonaise m'accusant de soutenir activement l'opposition. En Novembre 1993, Dominici m'invita à sa résidence pour un entretient. Il se plaint à moi qu'une station de radio de l'opposition diffusait des messages haineux anti-français. Il me demanda de faire arrêter ces messages. Je lui répondis que les USA ne finançaient, ni de contrôlaient cette station de radio. Je lui réaffirmais la neutralité des USA., et lui rappela que notre position était clair: nous voulions un processus honnête et clair et nous n'étions ni dans un camp ni dans l'autre. Dominici me fit remarquer que cette élection de 1993 allait être la dernière de Bongo ainsi que le stipulait la constitution Gabonaise. De fait, Dominici demandait tacitement aux USA de ne pas s'opposer à la réélection d'Omar Bongo et de différer toute demande de démocratie pour au moins 7 ans, jusqu'à la fin du nouveau mandat de Bongo qui théoriquement devait être son dernier. Quelques jour après cet entretient, Dominici fit publier dans L'Evénement du Jeudi, en France, un article m'accusant de vouloir déstabiliser le Gabon en soutenant l'opposition et en finançant une station de radio incendiaire.


Page 202, Joseph Wilson écrit ceci:
Il y avait 3 principaux candidats pour cette présidentielle. L'élection était à 2 tours. Mais les Français eurent peur que Bongo perde. Au soir du scrutin, à 23H30, les autorités annoncèrent précipitamment que Bongo avait gagné au premier tour. Les Français, ne voulant prendre aucun risque, décidèrent nuitamment de prendre les devants et court-circuiter le processus. La France avait décidé de faire fi des apparences et de simplement imposer leur homme. Leur cynisme fut stupéfiant, ils ne firent même pas semblant de cacher leur jeu.

Je m'arrête ici vous découvrirez la suite dans le livre en question. Il y a plus de détails de tous ces événements. On y trouve l'affaire Smalto, la destruction de radio liberté, les représailles violentes qui suivirent le hold-up électoral de 1993. Ce livre vous convaincra que pour la France, le Gabon et l'Afrique sont des espaces qui ne méritent ni démocratie, ni alternance, vu que ces principes s'opposent idéologiquement au monopole dont la France estime devoir continuer à exercer sur cette zone.
Depuis que j'ai lu ce livre, je n'arrête pas de penser aux circonstances de notre emprisonnement. Nos chaînes sont de plus en plus lourdes à porter, malheureusement nous éprouvons toutes les difficultés à les rompre. La liberté, chers compatriotes, ne serait-elle qu'une utopie au Gabon?

Thursday, February 18, 2010

Quand ce qui est bon pour l'oie ne l'est pas pour le jars





Dans l'effervescence électorale, vous vous souviendrez certainement que le PDG, en réponse à l'opposition de certains de ses membres au passage en force d'Ali Bongo, avait annoncé le 15 aout dernier, l'exclusion de certains de ses plus importants adhérents dont, André Mba Obame, Casimir Oye Mba, Jean Eyeghe Ndong, etc. Bien que tout ces exclus furent des membres du parlement Gabonais, ces exclusions furent entérinées sans un hoquet, un toussement, une quelconque requête parlementaire. Guy Nzouba-Ndama, le propriétaire du parlement prit acte et sitôt les exclusions prononcées, sitôt furent elles validées. Les exclus n'étaient plus parlementaires PDG. Dans le communiqué d'exclusion du PDG, parmi les personnes châtiées, il eut les cas insolites du maire adjoint de Libreville, Mehdi Teale, qui perdit immédiatement son emploi; ainsi que Marcel Robert Tchoreret, président du cercle Oméga, un parti de la majorité présidentielle, qui lui, bien que n'étant même pas du PDG, fut exclu quand même de cette majorité par le PDG. Bon, quand le PDG décide, on ne discute pas, on s'exécute. Les caudataires du PDG diabolisèrent ces exclus comme étant des traitres à la mémoire du père Bongo, et arguèrent que la discipline du parti exigeait de chasser les insolents qui osèrent s'opposer à la monarchie. Le communiqué du PDG était sans appel: «Toutes les personnes visées perdent leur mandat électif acquis en qualité de militants du PDG». Le même communiqué menaçait: « les militants dont le soutien à un candidat opposé à celui investi par le parti aura été avéré». En excluant Paulette Missambo, une vice-présidente du parti et député, qui soutint Oye-Mba, le communiqué lapidaire annonça: «l'obligation qui incombe aux militants de soutenir le candidat investi par le parti». Le message était clair, soit on est avec le PDG soit on est contre le PDG. George W. Bush aurait été fier.

En contraste, récemment, lorsque le RPG décida de l'exclusion d'un de ses parlementaires, Alain Claude Billie Bi Nze, pour faute grave, nous avons assisté à une réaction des plus burlesques de l'un des pieds nickelés de la république, le propriétaire du parlement Gabonais, j'ai cité l'honorable (on va être poli) Guy Nzouba-Ndama. Vous avez lu dans la presse, sans nul doute en pouffant de rire, que le bras "parlementaire" de la dynastie Bongo a décidé de s'opposer à l'exclusion du député, Alain Claude Bilié By Nzé, demande pourtant introduite auprès du parlement, dans les règles, par son parti le RPG. Le communiqué du refus du sieur Nzouba dit ceci:
‘’ L’examen approfondi de ce dossier révèle que l’élection de l’intéressé aux dernières législatives a été faite sous la bannière de l’alliance conclue entre le Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) d’une part, et le Rassemblement pour le Gabon (RPG) d’autre part. Il s’en trouve que le député concerné dépendant de l’alliance précitée et non du seul RPG’’.

Donc en prenant Nzouba au mot et en juxtaposant sa nouvelle déclaration aux exclusions passées du PDG, on serait tenter d'affirmer que le PDG ne pouvait exclure personne ayant bénéficié du contexte de "la majorité présidentielle" pour se faire élire. Pourtant quand il a fallu opérer la purge du PDG, Nzouba, Boukoubi et leurs amis n'ont pas fait dans la dentelle. C'est par bennes basculantes qu'ils ont déversés les récalcitrants.
Le plus drôle dans tout ça, est que Bilié est en tout et pour tout député du seul RPG. Il ne représente que le RPG à l'assemblée. Donc si Nzouba s'oppose à ce que Bilié soit débarqué par son propre parti, chose que Nzouba a lui-même cautionné pour le PDG, c'est parce que Bilié soutient Ali Bongo, point barre! Voici ce qu'on appelle en termes simples: deux poids deux mesures. Le PDG décide de tout, y compris qui doit être sanctionné dans les partis d'oppositions. Vive la démocratie bananière. Décidément, ils ont raison ceux qui disent que le pouvoir est une drogue et que la vanité est la friandise de l'âme, car l'examen des faits nous signifient que Nzouba applique les regles d'exclusion parlementaire à la tète du client. Des gens de sensibilités politiques les plus diverses, analysant le cas d'espèce, s'apercevraient que les opinions de Nzouba ne valent même pas le papier sur lequel elles sont inscrites. Si vous appartenez à un tiers parti, mais soutenez le PDG contre les directives de votre propre parti, Nzouba viendra à votre rescousse même si vous enfreignez des règles cardinales de discipline de votre parti. Mais si vous êtes aux PDG et enfreignez les regles du PDG, Nzouba sera votre bourreau et vous mènera jusqu'à la potence. Comment la presse Gabonaise peut offrir un mur de silence à de tels abus? Les "émergents" devraient savoir que la politique du deux poids deux mesures a fait suffisamment de dégâts au Gabon, et doit s’arrêter.

Les compatriotes qui font tout un boucan autour du slogan de "l'émergence", qui est sensée régler tous nos problèmes; les compatriotes qui nous rappellent à chaque fois que Eyeghe-Ndong, Mba-Obame, Oye-Mba et compagnie ne peuvent pas être crédibles car leur passé est trop contradictoire à leur présent, qu'ils viennent nous expliquer comment la politique du deux poids deux mesures dont se rend coupable Nzouba, échappe à la contradiction? Comment la politique des règles à la tête du client cadre avec la "tryptique" paix-développement-partage? Et comment un Nzouba jouant la girouette avec les regles parlementaires, compte insuffler un élan d'émergence à notre misérable république bananière. Ah ces Bongoïstes! Ils veulent le pouvoir eternel; on ne sait trop pourquoi. Ils n’ont pas de profondeur, aucune densité. Ils n’ont que l’apparence. Ces hyènes qui avalent l’argent du peuple, pataugent dans leurs vieux discours et leur appareillage désuet. Les solutions sont veillottes, obsolètes mais ils les recyclent. Ils annoncent qu'ils retrousseront une crise économique par quelques travaux d’infrastructures. Autant dire qu'ils mettent en pilote automatique un bateau qui s’en va droit vers un rocher; il parait qu'Ali Bongo aime les bateaux. Le Bongoïsme est corrompu jusqu'à la moelle; il est en phase terminale. Injectez y de l’argent tant que vous voudrez, le malade ne vivra pas longtemps. Mais là où ça gratouille, c’est que nos chimpanzés évolués du Bongoïsme, se croient les seuls à être descendus de l’arbre. C’est comme ça que ces crétins ont tressé une toile d’araignée autour du pays où les règles s'appliquent à nous et pas à eux qui gravitent au dessus des lois, évidemment. Le château de cartes des acteurs du Bongoïsme est devenu une sorte de jeu dangereux où on colmate des brèches ici et là, rien de bien sérieux. Les ersatz de la monarchie s’empiffrent de nos sueurs. Où nous mène donc le cosmetisme de la bande à Ali Bongo? Et dire qu'ils veulent aller à la rebelote avec une nouvelle "majorité présidentielle" dont le premier racoleur serait Maganga-Moussavou. Oh de Dieu! Cette "majorité présidentielle" me donnerait l'impression d'être l'union Gabonaise des anus unis, avec Ali Bongo au centre comme pénis…

Lâcheté Journalistique






A quoi sert le journalisme au Gabon? Je me suis posé cette question suite à la lecture d'un article paru dans l'organe de presse officiel "Gabon Matin". L'article, sous des habits d'analyses n'était qu'un véhicule d'attaque et d'invective à l' endroit de la nouvelle formation politique "UN=Unité Nationale". Je me suis alors demandé qu'elle fût la tâche assignée à ce journaliste, et que voulait-il transmettre en écrivant un tel article torchon.

L'auteur de cet article, Lin Joël Ndembet, certainement nommé à ce poste par conseil des ministres et donc redevable à l'Etat PDG, ne se prive pas pour démontrer quel maitre il sert. C'est ainsi qu'il écrit dans son article le paragraphe plein de paradoxes suivant:

"Un groupement qui s’est construit sans la capacité d’élargir leur base politique, si elle existe vraiment, à d’autres grandes figures de l’opposition historique gabonaise. Zacharie Myboto et les autres sont également peu crédibles, pour nombre d’observateurs, parce que, si l’on tient compte de la numération, la seule présence de six membres du groupe ethnique Fang au sein du directoire, permet de croire que l’on n’est pas loin de favoriser un repli identitaire au sein de l’Union nationale. Une configuration bien contraire à l’idée de formation nationale et qui laisse penser qu’ils sont prêts, après la présidentielle, à faire, à nouveau, courir aux Gabonais les risques d’explosion du socle sociale et de l’unité nationale."


D'entrée de jeu, on aurait presqu'envie de prendre au sérieux les élucubrations de Monsieur Ndembet et de lui attribuer la médaille d'or du défenseur du principe de la cohésion nationale. Malheureusement, un examen des faits sur le terrain au Gabon permet d'exposer sous le soleil Gabonais l'hypocrisie et le mercantilisme journalistique de gens comme Lin Joël Ndembet. En effet, si on accepte l'assertion de Mr Ndembet selon laquelle le nombre de Fang dans le directoire du parti "Unité Nationale" est un problème, on devrait donc aussi poursuivre cet inventaire jusqu'aux plus hautes sphères de l'état, car on ne peut pas dire que trop de Fang dans la direction d'un parti politique n'ayant aucun pouvoir dans le pays, est une menace pour la cohésion nationale, tout en ignorant qu'une ethnie, je dirait même une famille, domine outrancièrement les plus hautes arcanes du pouvoir au Gabon. Chers lecteurs, j'ai cherché tous les écrits de journalistes Gabonais, y compris ceux de Lin Joël Ndembet, et je n'ai trouvé aucun écrit venant d'un journaliste "officiel" qui décriait les faits suivants:

1. Ali Bongo, biafrais fils adoptif de Bongo et président. Chose interdite par la constitution.
2. Pascaline Bongo, sœur du president est aussi son haut représentant personnel.
3. Patrice Otha, parent direct de Bongo père, est le directeur de Cabinet d'Ali Bongo en remplacement d'Oyiba un autre parent à qui on a confié un autre poste juteux après s'être illustré dans le scandale de la BEAC.
4. Maixent Accrombessi, un béninois dans le cabinet présidentiel.
5. Léon Paul Ngoulakia, parent direct d'Ali est son conseiller charge des renseignements et de la sécurité.


Je me limiterais à ces 5 exemples car la liste serait trop longue si on y ajoutait les Mborantsuo et Laure Ngondjout qui ont des enfants de Bongo père et occupent parmi les plus hautes fonctions dans notre pays. Donc quand on remarque qu'un journaliste s'interroge sur la présence Fang dans le directoire d'une formation politique tout en passant sous silence l'emprise des Bongo sur l'appareil de l'état Gabonais, il ya lieu de se demander: DE QUI SE MOQUE T-ON? Dans un pays où il suffit d'être un Bongo pour être PDG de banque, chef du patronat, général d'armée, etc., et ce en dépit des compétences requises, j'en suis à me demander si la déontologie journaliste atterrira un jour au Gabon.
Je sais que le métier de journaliste est très critiqué, souvent de manière injustifiée. Je sais qu'il ya des clivages importants entre les journalistes "officiels" et les indépendants qui s'essaient dans des conditions difficiles. Mais quand les journaux officiels trop ancrés dans le Bongoïsme, continuent de prétendre informer les gens, tout en publiant des articles bidons dont les paradoxes peuvent être décelés par n'importe quel gamin, il y a lieu de se demander où on va.
Je sais que des gens come Lin Joël Ndembet ont des familles à nourrir et qu'ils ont certainement peur de perdre leurs emplois s'ils n'écrivent pas des articles qui démontreront leur loyauté au nouveau Rais Gabonais. Mais je ne puis m'empêcher d'exprimer le plus grand mépris pour ces auteurs qui veulent nous faire croire que la cohésion nationale n'est que la responsabilité de certains (trop de Fang est une menace), tout en dispensant les plus grandes transgressions venant des cercles du pouvoir Bongo. J'ai du mal a croire que certains de nos journalistes soient mauviettes au point de penser que les Bongo soient désormais au dessus de toutes critiques et que ce qui s'applique a l'ensemble des Gabonais est dispense aux Bongo.

Un journaliste qui se respecta, aurait pris la peine de relever qu'il y'ait une énorme différence au niveau de l'impacte sur la population Gabonaise, que puisse avoir le directoire d'un parti politique, contre celui plus absolu de l'exécutif gouvernemental. Qu'on vienne me faire croire que la présence des Fang dans le directoire de l'UN, est plus menaçante pour le Gabon que l'empoignade des Bongo sur l'appareil de l'état Gabonais, est tout simplement une bouffonnerie et l'expression d'une lâcheté journalistique absolument ignoble qui mérite que ceux qui la défende en débattent clairement et se soumettent au questionnement de la population. Mais nous savons tous que lorsqu'on dépasse les slogans, les "émergents" fuient car ils sont vite à cours d'arguments.

Le malheur est que chez nous au Gabon, malgré les contraintes, il y a de bons journalistes. Mais ceux-ci sont confinés dans des publications ne leur donnant pas l'occasion de se positionner en vrai médiateur entre l'information neutre et la communauté. Ce genre de journalistes démocrates enthousiastes, ayant un esprit ouvert à toutes hypothèses, possédant une curiosité tous azimuts et un idéal critique, sont une espèce rare chez nous qui est obligées de raser les murs alors que les racoleurs comme l'auteur de l'article dont il est question ici attendent tranquillement leur prochaine nomination en conseil des ministres.

Tuesday, February 16, 2010

A y regarder de près, rien de nouveau dans la filière bois au Gabon





L'une des décisions les plus farfelues du régime Bongo fils a été d'annoncer tambour battant que des le 1ier Janvier 2010, aucune grumes ne devait sortir du territoire. Désormais ne seraient exportés que les contreplaqués, planches et lames. Ils ont appelé ça "le Gabon Industriel", la mesure menant à l'émergence. Mais une fois que les effets du réveillon ce sont dissipés et que les Gabonais ont à nouveau retrouvé leur misère quotidienne, ils se sont mis à se demander quelle était la capacité du pays à traiter les grumes sur sont territoire. La réponse fut simple; presque pas grand chose! Le pouvoir émergent réunît alors tout ses experts en matière de transformation de bois et subitement, un communiqué nous apprenait qu'un sursis de 3 mois avait été accordé aux sociétés forestières pour exporter les grumes. Après 3 mois Ali Bongo allait fermer définitivement la boutique. Mais personne n'a eu la simple idée de dire aux Gabonais comment les grumes seraient transformés après les 3 mois de délais, car les capacités de transformation dans le pays seront au même niveau qu'elles le sont aujourd'hui, et qu'elles l'étaient au soir du 31 Décembre dernier. Quand on pose cette question, les Gabonais émergents fuient.

On ne dit pas non plus aux Gabonais que cette affaire de transformation de bois comme panacée ne date pas d'aujourd'hui. Même avant l'indépendance, sous l'AEF, les grumes étaient transportées jusqu'à Port-Gentil où la CFG les transformait en lames de contreplaqués avant l'exportation en France. En écoutant les portes paroles d'Ali Bongo, la mesure de non exportation de grumes permettra de donner localement au bois Gabonais une valeur ajoutée. Mais ils nous prennent pour des benêts, ces Bongoïstes! Qu'est-ce qui empêche aujourd'hui les Gabonais de transformer eux-mêmes leur bois et l'utiliser pour la construction de meubles et de maisons? Rien ne les en empêche. En fait si vous circuler au Gabon, vous remarquerez que des compatriotes et étrangers ont des petites scieries où ils font déjà de la transformation pour les besoin locaux. La fabrication de meubles pour le marché locale existe aussi. Là n'est pas le problème. Le vrai problème est de savoir quel est le plan d'Ali Bongo pour la transformation du Bois au Gabon? Maintenant qu'il a mis l'embargo, qu'il nous dise combien de scieries vont sortir de terre d'ici 3 mois, qu'elles seront leurs capacités de production et qu'elle sera le nombre d'emplois crées? A ces vraies questions qui s'éloignent du kounabelisme, vous ne trouverez jamais de réponse auprès de ceux qui vous parlent d'émergence du matin au soir, car au Gabon les annonces sont traitées comme des faits.
Il ya déjà environ 40 scieries au Gabon tenues par des privés, qui produisent des lattes, des chevrons et des planches. Il ya une société de tranchage (BTIG), et quelques sociétés comme Rougiers qui se spécialisent dans le contreplaqué. On sait que ces sociétés ne sont pas capables de traiter l'ensemble de la production Gabonaise et que la clientèle aussi a des exigences de traitement que ces sociétés auront du mal à remplir. La question simple pour le gouvernement est: C'est quoi la stratégie? L'expansion des sociétés existante? La création de nouvelles sociétés? Qui va investir? Avec quels moyens?

Une autre collatérale de cette décision est la baisse de revenus de la SETRAG qui assure le transport Grumiers jusqu'au port d'Owendo; et la banqueroute programmée de la SEPBG (Société d’Exploitation des Parcs à Bois du Gabon) qui assure la manutention portuaire et gère les parcs à bois d’Owendo, Port-Gentil et Mayumba. Combien d'emplois de perdus?

Les clients du bois Gabonais sont principalement la Chine (63%), la France (10%), l'Allemagne (4%), l'Italie (3%) et la Belgique (3%). Je vois mal la Chine, le principal importateur de bois Gabonais qui est aussi le principal importateur des bois Camerounais, Equato-guinéen et Congolais, venir créer des entreprises de transformation au Gabon. La Chine risque de se concentrer sur les pays limitrophes du Gabon pour ses approvisionnements. Une autre chose que l'on ne dit pas aux Gabonais est qu'Ali Bongo voudrait démontrer aux écologistes occidentaux que son action aura pour conséquence de réduire la coupe du bois au Gabon et placer ainsi le Gabon en position de recevoir des paiements dans le cadre de la fixation du carbone par la forêt. Mais cette montagne a déjà accouché d'une souris à Copenhague et les chances de succès sont minces. Concernant la valeur ajoutée dont parlent les gens d'Ali Bongo, les expériences des autres pays ayant fait la même chose dans le secteur du bois n'a pas toujours été probante. En général la perte d'emplois dans les clairières forestières et dans la chaine d'exportation est plus importante que la création d'emplois dans la transformation.

Comment fabriquer de toute pièce une opposition édentée: mode d'emploi








Au vu de ce qui se passe actuellement au Gabon, Wole Soyinka n'a jamais eu autant raison de dire qu'un Tigre ne crie pas sa Tigritude, qu'il bondit sur sa proie et la dévore. Avec l'annonce de l'établissement d'un parti coalise d'opposition, on assiste a des prises de position pour le mois amusante. Mba Abessole du RPG a directement prit le large en déclarant que ce parti serait plombé dès le départ, tandis que les partisans de Mamboundou eux estiment que ce parti est une création des aigris du PDG voulant ravir au bon pierrot, tenez vous bien, son leadership de l'opposition au Gabon. Les membres du dit parti "Unité Nationale", quand à eux ne nous disent pas comment ils comptent terrasser le PDG qui même complètement affaibli, continue de détenir 100% des cartes politiques au Gabon.

Depuis 1990, l'opposition Gabonaise crie sa tigritude. Mais en dehors de 1993 quand l'opposition a été sur le point de faire basculer le pays et qu'il suffisait à Mba-Abessole de marcher sur la présidence avec des partisans fanatisés et galvanisés, l'opposition se contente de feuler mais les résultats sur le terrain vont de médiocrités en plus grandes médiocrités. Hier Dimanche, 14 Février 2010, pendant que les Gabonais bon teint festoyaient à l'occasion de la Saint-Valentin (tiens comme la femme de l'émergent), moi j'écoutais Gregory Ngwba-Mintsa intervenir sur une Radio Américaine d'audience Africaine. Cet entretient a duré 2 heures et Gregory Ngwba-Mintsa a parlé du Gabon comme on en parle rarement… au Gabon. En écoutant ce dernier expliquer l'évolution politique du Gabon depuis 1990, on se rend compte que les déboires de l'opposition ne devraient surprendre personne au Gabon, car ces désillusions trouvent leurs origines dans la façon dont cette opposition officielle a été enfantée en 1990.
L'opposition Gabonaise a été officialisée en accord avec le pouvoir Bongo, car il fallait matérialiser la fin du monopartisme devenu avec la chute du mur de Berlin, caduque et trop symbolique de république bananière. Le peuple Gabonais dans son ensemble, s'enthousiasma avec raison car il estimait qu'enfin, ce multipartisme impliquerait une opportunité pour la construction d’un nouvel état, une possibilité de pleine réalisation pour la société. Mais comme nous explique Gregory Ngwba-Mintsa, il ne se serait agit en fait, que d'un subtil maquillage politique contrôlé par des gens ayant mis en place une nouvelle machine de coercition. C'est la montée en puissance de "Leaders d'Opposition" dits "charismatiques". On verra même un Lemboumba dans l'opposition, c'est dire… Le peuple suit ces leaders au début; Paul Mba Abessole et Agondjo Okawe sont canonisés, les journaux d'opposition s'arrachent dans les kiosques, le PDG est mis dans le vent. Mais petit à petit, les limites de la marge de manœuvre qu'accorde l'état Bongo à cette opposition apparaissent. Après les succès spectaculaires des deux principales formations de la place, le Morena-Bucherons et le Parti Gabonais du Progrès (PGP), deux partis dont les directoires étaient remplis de personnalités politiques qui inspiraient les Gabonais, et dont les partisans étaient déterminés à la prise du pouvoir; ceux qui tiraient les ficelles se sont inquiétés que l'opposition Gabonaise devenait forte et incontrôlable. On assista alors à des comportements schizophrènes de la part des leaders de l'opposition. Dans un premier temps, il a fallu démanteler toute l'infrastructure de l'opposition, c'est-à-dire les radios, les journaux etc. Un commando avec un Français à sa tête, ira dynamiter Radio Liberté. Ensuite, les leaders de l'opposition ont commencé à saborder leur propre formation politique. Au Morena-Bucherons, Mba-Abessole et Kombila vont se faire une guerre pour des peccadilles. Même son de cloche au PGP où Agondjo fera la guerre à ses lieutenants, forçant une hémorragie au sein de son parti. Au finish les énigmes au sein des partis de l'opposition, Agondjo appelant à la paix des braves et Mba-Abessole appelant à la convivialité, positionneront Omar Bongo en véritable Gaius Julius César Gabonais, c'est-à-dire le maitre absolu du jeu politique dans le pays. Sachant qu'au Gabon, le pouvoir se sert de l'état comme d'un instrument de domination, on verra tour a tour Mba-Abessole, Kombila et les autres entrer dans le gouvernement et mettre aux oubliettes les revendications qui ont fait leur réputation dans le passé. Les autres formations d'opposition dont l'UPG ne pourront jamais par la suite réincarner le mélange de passion et d'espoir qui fut présent au début des années 90. Le résultat est désolant aujourd'hui. Nous assistons à des situations qui voient des partis politiques comme l'UPG et le RPG se retrouver avec 8 députés sur 120 a l'assemblée nationale. Ces 2 formations qui se réclament d'être les leaders de l'opposition au Gabon compte chacune 8 députés, soit 6.6% du total. Avec une telle représentation, comment l'UPG et le RPG peuvent-ils penser être leaders de quoi que ce soit? C'est vraiment lamentable. Quand en plus ces gens se battent pour le leadership de l'opposition, c'est franchement pitoyable.
Dans un contexte politique qui continue d'être dominé par un PDG mue par l'entêtement et le sectarisme d'une famille, je ne vois pas comment le nouveau parti, L'Union Nationale, réussira à imposer l'alternance au PDG, en utilisant les institutions mises en place et tenues par ce même PDG. Il y a quelque chose qui cloche dans ce calcul. La tâche va être ardue face aux mécanismes néo-féodaux de concentration du pouvoir que l'on observe au Gabon. Tout au plus, l'état PDG pourrait céder plus de voix à ce parti à l'assemblée nationale, histoire de faire croire à l'opinion international que la démocratie Gabonaise fonctionne. On pourrait par exemple donner 20 ou 30 sièges à ce nouveau parti. Mais le PDG se gardera toujours la majorité. L'opinion aura l'impression que les choses bougent au Gabon mais dans la réalité, les Bongo seront toujours au pouvoir et l'opposition jouera toujours le rôle qui est le sien, faire miroiter aux Gabonais l'alternance sans chance aucune de la réaliser. Autant suis-je attiré par l'idée d'une possibilité d'alternance, autant la vérité me force de reconnaitre que les membres de L'Unité Nationale, qui n'ont pas pu contrer Ali Bongo au moment où il était ministre comme eux, pourront lui ravir son pouvoir une fois bien installé. Il m'est difficile, autant que j'aime mon pays, de croire en ce miracle. Au Gabon, nous ne sommes pas près de sortir du cadre de la pensée étatique PDG. Ceux qui ne marcherons et ne roulerons pour Ali seront exclus de la mangeoire; c'est comme ça chez nous. Petit à petit, les Gabonais se feront une raison et finiront par tout accepter une fois de plus des Bongo. Je ne vois pas la marge de manœuvre qu'a L'Unité Nationale, pour empêcher Ali Bongo de régner en maitre absolu du Gabon. Donc la question est de savoir en quoi la situation actuelle est-elle différente de ce qu'on a vu dans les années 90? Qu'est-ce qui a été discuté, élaboré, réfléchi pour arriver à l'alternance? Je ne vois pas. Comment "L'Unité Nationale" parviendra à venir à bout de tout un appareil de répression, de cooptation étatique et d'institutions antidémocratiques? J'ai l'impression que pas grand-chose ne changera car sous le coup de l'oppression, les Gabonais ont fini par penser avec les idées de ceux qui les oppriment. Ça, c'est une des garanties de la longévité des Bongo au pouvoir.

Sunday, February 14, 2010

LE DICTATEUR, SA FILLE ET LA VALISE DIPLOMATIQUE




C’est grâce aux journaux occidentaux comme les très sérieux Toronto-Globe and Mail, The London Independent, et le New-York Times, que nous apprenons à quoi sert la valise diplomatique Gabonaise. Les journaux Gabonais eux n’en parlent pas. Ils ont certainement mieux à faire, notamment nous parler de l’intronisation du nouveau RAIS des musulmans du Gabon. Enfin, on va encore faire comment ? Avec notre presse aux ordres.

Les journaux occidentaux nous informent donc que le Jeudi 4 Février 2010, se tint une audience au Senat Américain, dont le sujet était : « KEEPING FOREIGN CORRUPTION OUT OF THE UNITED STATES: FOUR CASE HISTORIES". Le chairman en était le Sénateur CARL LEVIN, un Démocrate de l’état du Michigan. Le compte rendu de cette audience nous révèle une fois de plus, les situations cocasses et plus que pathétiques de la méthode de gestion de la famille Bongo.

Dans son paragraphe d’entrée, le rapport dit ceci : « consider Omar Bongo, president of Gabon for 41 years until his death last year, and his eldest son, Ali Bongo, minister of Defense until he took his father's place as president of the country. Both men are notorious for accumulating massive wealth while in office in a country known for its poverty”. En Français, ça donne “Considérez Omar Bongo, président du Gabon pendant 41 ans jusqu’à sa mort l’année dernière, et son fils aine, Ali Bongo, ministre de la défense jusqu’à la succession de son père comme président. Les deux hommes sont connus pour l’accumulation d’importantes richesses pendant leur gouvernance d’un pays notoire pour sa pauvreté ». C’est sans appel. Personne n’a du informer l’Honorable Carl Levin du fait que le Gabon soit désormais un pays EMERGENT. Le bon sénateur Américain ne doit regarder ni Gabon Hebdo, ni Agora sur la RTG1. Ce n’est certainement pas du Senat de Rose Rogombe, que nous aurions pu attendre une telle déclaration.

Cette enquête nous révèle qu’entre 2003 et 2007, Bongo père et fils ont usé des services d’un lobbyiste Américain, Jeffrey Birrell, pour acheter du matériel de guerre. La commission du Senat Américain a révélé avoir retracé des transferts de fonds de 18 millions de dollars (9 milliards de francs CFA) versés sur les comptes de M. Birrell aux USA. Une partie de cet argent provenait des comptes de Bongo en Europe et aux USA, l’autre partie provenait directement du Gabon, via une structure écran appelée Ayira. Ces mouvements financiers démontrent que l’argent partait d’Ayira au Gabon vers les comptes de M. Birrell aux USA, puis une partie de cet argent étaient renvoyée sur des comptes appartenant à Omar Bongo, domicilié à Malte. Ça sent le blanchiment. M. Birrell est soupçonné de n’être qu’une conduite des fonds détournés au Gabon par les Bongo. Puis la commission du sénat a révélé au grand public la loufoque situation impliquant une des filles Bongo. Cette fille, une certaine Yamilee Bongo-Astier, est née de l’union entre une Canado-Haïtienne et Bongo père. En récompense de ce droit de cuissage, Bongo offrit à la mère dont le nom est Marie-Yva Astier, le poste de consul du Gabon en Haïti (entre parenthèse, elle a survécu au tremblement de terre). Donc, Yamilee, la fille, de nationalité Canadienne, étudiante en Art à New-York, a reçu d’énormes sommes d’argent en liquide de la part de son père Omar Bongo, par le biais de la valise diplomatique. Vous êtes sans savoir que le droit international interdit la fouille des valises diplomatiques ; mais la commission d’enquête du sénat American a pu retrouver 1 million de dollars en billets de 100 dollars enveloppe dans du plastique placé par Yamilee Bongo dans un coffre fort de banque à New York. Sous interrogatoire, elle avouera que cet argent lui a été donné par son père et acheminé aux USA par la valise diplomatique. La commission du Senat dénote aussi que Yamilee n’a jamais travaillé (une parenthèse). Un examen des comptes de Yamilee Bongo fait état d’autres transferts de fonts à partir du Gabon, totalisant 183000 dollars, soit environ 915 millions de francs CFA.

La morale de cette histoire est que pendant que les étudiants Gabonais a Libreville sont attaques, pour avoir ose réclamer leur bourse qui est un droit, nous voyons comment la famille Bongo s’amuse avec l’argent du pays en envoyant des milliards a leurs enfants étudiants de par le monde. Mais ce genre de débat ne se lira jamais et ne s’entendra jamais dans la presse officielle du Gabon.

Pour vanter le Gabon « Emergent », rien de tel que le Journalisme Jaune





C’est connu, de tout temps et de toutes les époques et en tous lieux, les dictateurs de tous poils ont toujours employé le népotisme, c'est-à-dire le placement de membres de la famille dans les positions-clés. Ceci pour une raison simple : dans un système illégitime, seuls des membres de la famille fidèles, peuvent bénéficier de la confiance nécessaire pour être mis au courant des secrets qui les maintiennent au pouvoir. Pour cette raison le népotisme sans scrupule de l'administration Bongo depuis 43 ans alarme les Gabonais parce qu'il indique qu'une dictature empoigne et étrangle de plus en plus le pays.
Le Pire est que dans le département de la Défense Nationale, le Gabon vit une situation où les membres d’une même famille sont dans la même chaîne-de-commande, depuis le président jusqu’aux patrons des escadrons de la mort. Des gens comme Angélique Ngoma sont là juste pour meubler le décor. Le vrai centre de décision est ailleurs. Donc quand les choses oscillent et que les étudiants descendent dans la rue pour se faire entendre, c’est la famille qui se sent menacée et décide de réprimer cet acte d’effronterie dans le sang. Des gens comme Angélique Ngoma ne sont ni en amont ni en aval de cette décision, et ça tout le monde le sait au Gabon.
Les hauts placés membres de la famille Bongo ou leurs obligés qui tiennent le Gabon, ne sont probablement pas tourmentés par des considérations morales liées à leur besogne. Pour eux la logique du pouvoir est par sa nature même, collectiviste et totalitaire. Depuis les temps immémoriaux, les tyrans savent que pour assujettir le peuple, il faut s'assurer qu'au sein de la nation régnera l'unanimité la plus complète et la mobilisation la plus poussée avec comme condition sine-qua-non, la dissension la plus limitée possible. Et pour arriver à cela, il y a deux piliers: la propagande et la coercition.

Au Gabon, la propagande est assurée par les organes de presses qui sont régies par un ministère dont la patronne répond aux conditions de népotisme évoquées dans ce billet, car cette chère dame a eu un enfant avec Bongo père. On retrouve encore ici l’omnipotente famille. Les journaux sont sous le joug du conseil national de la communication. Un organe qui sévit dès qu’on ose trop titiller le pouvoir dans le sens contraire à celui du poil. La propagande roule à plein régime sur la RTG1 qui est dirigée par un beau frère à Ali Bongo, encore la fameuse famille, qui essaie dans ses émissions de convaincre les Gabonais de la nécessité d’adhésion aux objectifs « stratégiques » d’Ali Bongo. Si je vous demandais de me citer sur la base des critères objectifs, le meilleur organe journalistique Gabonais, celui qui propose des débats d'opinion non orientés ; celui dont la position éditoriale est résolument d’informer et non de faire l’apologie du régime, je doute que vous me nommiez n’importe quel organe officiel d’information au Gabon.

Sur la RTG1, l’Union et l’AGP par exemple, ce sont des positions étatistes qui dominent les pages éditoriales et d'opinion. C'est le cas en particulier des questions militaires et de politique nationale et étrangère. Nous baignons en plein dans ce qui s’appelle du JOURNALISME JAUNE, expression qui désigne un journalisme au ordre et mercantiliste, dont les reportages servent un objectif qui est loin d’être celui d’informer les lecteurs. Le journalisme jaune a pour but principale de servir une allégeance. Comme vous le constatez depuis Bongo père et maintenant Bongo fils, la RTG, L’Union et d’autres organes du paysages journalistique, n'ont pas cessé de marteler le même message, sans aucune nuance, jour après jour, affirmant le bien fondé de tout ce qui touche à la pérennisation du pouvoir Bongo. Les principaux chroniqueurs de ces organes s'attaquent systématiquement à quiconque ose émettre un doute sur la nécessité ou la pertinence du maintient des Bongo au pouvoir. La logique du troupeau est présentée dans les organes de presses Gabonaises, comme une nécessité vitale: il faut se ranger derrière les Bongo, derrière les massacres de POG, derrière l'offensive militaire contre les étudiants, sinon notre pays est menacé car seuls les Bongo peuvent garantir « LA PAIX » au Gabon. Toute personne à contre courant de cette logique de troupeau, est qualifiée d’irrationnelle, de folle, d’apprenti sorcière voulant détruire notre beau pays, notre superbe mode de vie que nous devons à Bongo, notre absolue liberté que nous devons à Bongo, et notre démocratie qui grâce a Bongo est la fierté de l’Afrique (juré, j’ai entendu ça sur la RTG1). Il y a derrière cette attitude de la part de nos journalistes jaunes, une profonde malhonnêteté intellectuelle et un refus de voir la réalité en face. Il est pourtant évident qu'il existe une différence fondamentale entre chercher à comprendre une situation pour la corriger, qui est supposé être le rôle du journaliste, et justifier des horreurs commises sur son peuple par des tyrans, comme le font les journalistes qui disent que les étudiants grévistes sont des fauteurs de troubles, que ceux qui sont tombés à POG n’étaient que de pillards évadés de prison etc. Dans la presse officielle qui a d’ailleurs tous les moyens de diffusion au Gabon, les journalistes jaunes refusent systematiquement de débattre de quoi que ce soit sur les sujets les plus sérieux. Ils n’invitent que des interlocuteurs déjà acquis dont les propos sont prévisibles et renforcent les idées reçues. Au lieu d’offrir des tribunes aux dissidents et détracteurs de la monarchie Gabonaise, ils se contentent de leur lancer leurs fatwas à distance. Si l’émergence d’Ali Bongo était aussi SOLIDE que le prétendent nos journalistes jaunes, ils inviteraient de vrais économistes et de vrais administrateurs qui ont des avis contraires et des arguments à faire valoir, pour en débattre à la télévision. Mais c’est trop leur demander, car pour eux il est bien plus facile d’inviter deux ou trois béni oui oui qui ont peur de perdre leur emploi pour que les émissions télévisées se transforment en orgies de bêtises émergentes. On assiste à des comédies où les arguments les plus logiques sont systématiquement ignorés, alors que ces commentateurs devraient les connaître, car ces arguments gênent la propagande « de l’émergence ». Par exemple, quand les journalistes de la RTG tout en faisant un bilan orgasmique des 100 premiers jours de pouvoir d’Ali Bongo, refusent de dire un seul mot sur l’évidence des violences militaires dans le mode de gestion d’Ali Bongo. Quand la RTG parle du bienfait de la journée continue, mais refuse de dire un mot sur les problèmes de transport des Gabonais.

Quand un journaliste justifie les massacres de civils en disant que ces civils le méritent, alors que ces derniers ne demandent que leur bourse, et que ce journaliste pousse le bouchon en disant que les étudiants seront poursuivis en justice pour avoir osé entrer en grève, nous assistons là à la dégénérescence humaine.