Thursday, April 29, 2010

TIME MAGAZINE PUBLIE LA LISTE DE SES 100 PERSONNES LES PLUS INFLUENTES SUR LES 5 CONTINENTS. LES ÉMERGENTS VONT ÊTRE DEÇUS, PAS D'ALI BONGO




Dans un pays où le griotisme est érigé en religion d'état, il est de temps en temps bon de consulter des publications nous renvoyant à la réalité; de lire des journalistes capables d'évaluer les leaders sur la base objective des performances qui régissent les rapports entre un leader et son peuple et pays, quand il s'agit de politique, ou du leader envers son entreprise et ses employés, quand il s'agit des affaires. Dans cette évaluation, Time Magazine est arrivé à la conclusion que le leader le plus influent et le plus performant dans le monde en ce moment était Luiz Inácio Lula da Silva, le chef de l'état brésilien. Sachant que le Brésil soit un pays reconnu par les gens sérieux comme émergent, non pas comme les facéties des gabonais, ce blog s'est permis un parallélisme avec le Gabon, pour faire comprendre aux bongoïstes combien de fois ils s'amusent avec des concepts qu'ils ne maitrisent pas.

1. A la différence de la fausse émergence, Luiz Inácio Lula da Silva est à la tête d'un vrai pays émergent, ce ne sont pas juste les journalistes de TV-Globo qui le disent comme le font ceux de la RTG1 au Gabon pour Bongo, mais le monde entier
Lula arrive au pouvoir en 2003, suite à une élection démocratique ne souffrant d'aucune contestation. Il est réélu de la même manière, et est en train de faire son dernier mandat qui s'achèvera en 2011. Au total il aura fait 8 ans au pouvoir, le maximum comme aux USA, et pas un jour de plus. Au Gabon, nous savons qu'Ali Bongo s'est imposé en 2009, mais dieu seul sait quand il mourra; car comme pour son père, seule la mort lui enlèvera le pouvoir. En 7 ans de pouvoir, les performances de Lula sont tangibles, mesurables et incontestables. Elles sont les suivantes:
a) Lula a fait diminuer la pauvreté de 28% dans l'ensemble du pays.
b) Sous Lula, 30 millions de brésiliens sont passés de la pauvreté à la classe moyenne.
c) Sous Lula, la contribution du Brésil à la publication scientifique est passée de 0,5% à 2,2% de la production mondiale, soit un quadruplement.
d) Sous Lula, le SMIC brésilien (au Gabon on dirait le SMIG), est passé de 90 dollars US (soit 45000 francs CFA) à 288 dollars US (144000 franc CFA). Au Gabon, le SMIG reste à 80000 et l'affaire du relèvement des bas salaires du secteur public à 150000 francs CFA est une grosse arnaque que les émergents ne font qu'annoncer à répétition, sans jamais concrétiser malgré le petit nombre de bénéficiaires.
e) Lula va quitter le pouvoir avec le satisfecit de 84% des brésiliens. Rien avoir avec Ali Bongo qui demande à Mborantsuo de lui concocter des chiffres cléments pour sa "brillante" élection.
Chers "émergents, la gouvernance ce n'est pas de la tarte. Conduire un pays vers l'émergence n'est pas donne à n'importe quel "grooveur". Le bilan vous attend au tournant. Nous le ferons tous.

2. L'emergence n'est pas un slogan et personne en dehors du Gabon ne prend Ali Bongo au sérieux
Ceux qui s'amusent avec les concepts au Gabon doivent comprendre qu'hors de notre pays, il y a des gens réfléchis qui comprennent très bien comment la performance et le leadership se mesurent. A ces gens vous ne pourrez pas donner du Sovibor ou de la Regab pour qu'ils chantent vos louanges. A ces gens, vous ne donnerez pas de langue de bœuf au riz à sauce tomate, pour qu'ils vous encensent. Non, il y a encore des gens qui ont un regard froid sur le fonctionnement des états de ce monde. Dans son classement propulsant Lula en pole position, Time Magazine a placé le Taïwanais J.T. Wang en deuxième place. M. Wang est le PDG d'Acer, un groupe informatique Taïwanais qui est passé depuis que Wang en est PDG, de la 5ieme à la 2ieme place, derrière Hewlett-Packard. Wang n'en est le PDG que depuis 2005. En 5 ans son groupe a connu une croissance de 14%. C'est ca la performance, et non les danses folkloriques à la gloire du roi. Barack Obama est 4ieme sur la liste, rien à dire là dessus, ce MONSIEUR a empêché à son pays la plus grosse crise financière de son histoire, et ce quelques mois seulement après être devenu chef d'état. Les émergents bongoïstes nous disent que 7 mois ne sont pas assez pour juger Ali Bongo, mon œil! L'ivoirien Tidjane Thiam arrive en 14ieme place. Qui est ce Thiam? C'est un diplômé de l'École Polytechnique de Paris et de l'École Nationale Supérieure des Mines de Paris dont il fut major de sa promotion. Il est le patron de la firme d'assurance multinationale Prudential à Londres. C'est le premier noir patron d'une entreprise du FTSE 100 (l'équivalent Britannique du CAC 40 en France). C'est ça le mérite, pas le piston. On est loin de la racaille bongoïste qui n'a pignon sur rue qu'au Gabon. Pour vous dire combien de fois la compétition a été rude, le premier ministre de l'inde, Manmohan Singh, arrive à la 19ieme place dans le classement de Time Magazine.

Les "émergents" qui amusent la galerie au Gabon ne se rendent pas compte de tout le mal qu'ils sont en train de faire à ce pays pour des générations. Tous les signes sont là, comme son père, Ali Bongo sera un cuisant échec! Après, les mêmes viendront nous jouer la partition du mea culpa comme ce fut le cas du père qui rendu grabataire par l'âge et la maladie, fit beaucoup de tort au pays en prolongeant son pouvoir catastrophique. Il faut des gens capables au gouvernail du Gabon et ces gens ne s'appellent pas Bongo.

CHASSE AUX SORCIERES AU PDG: FABIEN OWONO ESSONO EST OBLIGÉ DE PASSER Á LA TÉLÉVISION POUR PUBLIQUEMENT RÉPETER SON ALLÉGEANCE AUX BONGO




La semaine dernière, le PDG tenait une réunion de son bureau politique. Au cours de celle-ci, dans ce qui ressemblait à une chasse aux sorcières au sein de cette formation politique, le patron du Parti, Ali Bongo, a prononcé un réquisitoire contre ceux qu’il appelle désormais les « militants coupables de duplicité ». Et d’ajouter qu’il les aurait à l’œil et les démasquerait. Bien, ça sent la confiance chez les émergents ! On savait déjà que Jacques Adiaheno vivait des moments difficiles au PDG car certains l’accusaient de n’avoir pas soutenu énergiquement Ali Bongo lors des présidentielles. Adiaheno s’est même vu démissionné du PDG par des journaux aux ordres, avant de venir rétablir lui-même son maintient à ce parti. Suite à l’accusation d’Ali Bongo la semaine dernière, un autre cadre de ce parti a été obligé de passer à la RTG1 pour venir jurer « trois dieux au ciel » qu’il restait fidèle aux Bongo. On entre dans le stalinisme où le soupçon devient généralisé.

1. Owono Essono sur la RTG1 pour faire taire les soupçons
En dictature, le pouvoir est, et doit être, absolu. Aucune dissension ne saurait être tolérée. Dans ce contexte, les empêcheurs de tourner en rond doivent être purement et simplement épurés. Suite à la réunion du bureau politique du PDG et la déclaration concernant les militants ayant un comportement dit «duplicitaire », Fabien Owono Essono, un cadre du PDG s’est précipité à la RTG1 pour témoigner de sa fidélité aux Bongo. L’émission était « Gabon Hebdo » dont le présentateur n’est autre que le très « émergent » Patrick Simangoye. Quand ce dernier a demandé à l’invité pourquoi il avait décidé de sortir de sa réserve après plusieurs mois, Fabien Owono Essono a répondu : « il y a eu des bruits qui ont couru que j’étais dans l’Union Nationale. Je suis venu dire que je reste dans le PDG et je soutiens le projet de l’émergence… ». On sentait l’homme gêné, sous le poids de la contrainte, cela donnait peine à voir un homme de cet âge se larbiniser en direct à la télévision. L’épuration au sein du PDG est en train d’obliger tous ceux qui veulent préserver quelques acquis, de venir devant les media se déclarer chantres de tous les désirs des Bongo. L’atmosphère dans ce parti doit être difficile à vivre pour ceux qu’on soupçonne de n’avoir pas suffisamment mouillé le maillot.

2. Le présidium stalinien du PDG
C’est Guy Nzouba-Ndama qui l’a dit, le pouvoir Bongo a 2 deux pieds géographiques. Ces socles de pouvoir sont personnifiés dans les structures directrices de ce parti. Ils y entretiennent le culte de la personnalité autour de cet axe de pouvoir. Pour hisser Ali Bongo au pouvoir au Gabon, ils n’ont pas hésité à violer toutes les chartes de leur propre parti et virer toute personne qui ne s’alignait pas. Ces gens veillent à ce que le pouvoir Bongo ne soit jamais déraciné au Gabon. Au sein de leur parti ils ont désormais instauré un climat de délation. Des gens comme Jacques Adiaheno qui entretenaient de bons rapports avec certains anciens membres du PDG aujourd’hui dans l’opposition, comme Oye-Mba, se voient accusés d’être des taupes, des agents doubles, des indélicats à qui on crache au visage qu’ils seront démasqués et punis. Certains « émergents » laissent libre cours à leurs instincts sadiques qui consistent à placer des articles calomnieux dans la presse gouvernementale, visant à saper l’intégrité morale de ceux qu’ils veulent épurer. Le cas Jacques Adiaheno est un bel exemple. Dans des endroits comme Oyem et Port-Gentil, où Ali Bongo a été clairement rejeté, bien des membres influents du PDG originaires de ces endroits sont soupçonnés d’arborer des sentiments contraires à ceux d’Ali Bongo. Pour le PDG, ces impénitents doivent payer et c’est pourquoi vous assistez à des sorties comme celle de Fabien Owono Essono ce Dimanche, qui est venu « enlever son corps » et se proclamer publiquement apôtre du maitre.

Jour après jour, des événements assez inquiétants nous révèlent la déchéance continue du PDG. La persistance du présidium du PDG à designer des boucs émissaires à ses déboires est une dérive assez curieuse. Quand on écoute les propos hypocritement rassembleur de Boukoubi, on se rend compte d’avoir à faire à des gens n'ayant pas le moindre scrupule à utiliser les moyens d’états (militaires et civils comme le salariat), pour faire pression sur les Gabonais. Mais l’histoire nous apprend que le totalitarisme connait toujours un effondrement irrémédiable. Ainsi, il suffit, pour s'en convaincre, de se souvenir de l’histoire du bloc soviétique. Ils avaient fière allure les membres du polit-bureau au faîte de leur puissance. Mais ce n’était que des géants aux pieds d’argile que le temps rongeait inexorablement jusqu'à ce jour « J ». Au Gabon, le PDG est rongé. A quand le jour « J » ?

Wednesday, April 28, 2010

LA FUITE EN AVANT DES « ÉMERGENTS » FACE AUX RATÉS DE LEURS EFFETS D’ANNONCE : LA QUESTION DES GRUMES REFAIT SURFACE




En fin 2009, sitôt les morts de Port-Gentil largués au large de l’atlantique, sitôt Ali Bongo intronisé par Mborantsuo, qu’une avalanche d’annonces s’abattit sur les Gabonais. Parmi les plus farfelus, fut celle interdisant l’exportation des billes de bois du Gabon, à partir du premier Janvier 2010. Puis arriva la Saint Sylvestre et Ali Bongo se rendit compte que son royaume n’était pas équipé pour la transformation des grumes. Embarrassé, il fit annoncer en tapinois qu’il y aurait une prolongation de 3 mois. C’est à Guy Bertrand Mapangou que sera confiée la mission d’annoncer cette dérogation de 3 mois, due selon le gouvernement «à l'impossibilité du marché intérieur à absorber les arbres abattus avant le 1er janvier » fin de citation. Donc quand Ali Bongo faisait le ngando avec ses annonces, il ne savait même pas que son royaume ne pouvait transformer ces essences ! Donc Mapangou avait promis 3 mois et si on compte bien, 3 mois à partir du premier Janvier vous renvoient au 31 Mars. Mais Avril 2010 arriva et les grumes sortaient toujours du port d’Owendo. Cette semaine, Paul Biyoghe-Mba, à qui personne n’a rien demandé, sort sa petite tête pointue pour venir nous dire qu’il tient enfin la bonne date ; ce sera donc à partir du 10 Mai 2010, la croix, que les grumes ne sortirons plus du Gabon. Soit 40 jours de retard sur la date dérogatoire. Mais qu’est-ce que 40 petits jours entres amis, vous aussi !

1. Paul Biyoghe-Mba imite Michael Jackson et s’écrie : « this is it ! cette fois c’est la fin, les grumes ne sortirons plus à partir du 10 Mai
Le problème au Gabon, comme toujours, est que personne en dehors peut être de Marc Ona-Essangui et quelques téméraires qui n’ont pas encore compris que l’heure est à « l’émergence », n’a contesté la légalité de la mesure prise par Ali Bongo. Ce dernier avait tranché sec, plus d’exportation de bois à partir de janvier 2010. Pourtant, dans un pays disposant de 2 chambres de parlement, la légalité aurait voulue que le gouvernement « émergent » déposa un projet de loi d'interdiction totale de l’exportation des grumes. Mais au royaume des Bongo, qui va attendre que les parlementaires discutent de quoi que ce soit ? Ce que veut Bongo devient loi, point. Ainsi quand Ali Bongo annonça l’interdiction, c’est toute la presse qui embraya "l’exportation des grumes va être interdite", sans se poser la moindre question. Sans demander aux gabonais le moindre effort de réflexion. Même après s’être aperçu qu’Ali Bongo s’était fourrée dans de la merde quand il dû recourir à la dérogation, peu de personnes se posèrent les questions fondamentales sur la capacité des industries de transformation du bois à se mettre sur pied, au Gabon, dans des délais assez court. Quand Paul Biyoghe-Mba sort de sa carapace pour venir annoncer : this is it, les grumes seront finalement immobilisées à partir du 10 Mai, quel crédit peut-on accorder à cette énième fanfaronnade ? Qu’est ce qui a changé dans la situation industrielle au Gabon entre Janvier et Avril pour permettre de transformer le bois Gabonais sur place ? Rien rien et rien. Nous assistons au troisième effet d’annonce concernant les grumes. Il y a eut l’interdiction originelle, puis la dérogation, puis cette nouvelle date limite de Mai 2010. Dans les 2 cas précédent, les dates promises sont arrivées et passées sans que les effets annoncés se matérialisent, il en sera de même pour cette date de Mai 2010. En terme journalistique, ceci s’appelle une fuite en avant. On accumule des annonces au dessus d’autres annonces et ainsi de suite.



2. La capacité de transformation des grumes au Gabon en Avril 2010 est inferieure à ce qu’elle était en Janvier 2010
Non, le Gabon ne sera pas en mesure de transformer localement le bois issu de l’exploitation forestière, dans un avenir proche. Malheureusement avec l’incendie de l’usine d’Owendo tenue par des Chinois ayant fait banqueroute suite, en partie, à cette interdiction d’exporter, la capacité de transformation des industries localisées sur le territoire national est encore plus faible qu’elle ne l’était il y a 5 mois. Il faut que les Biyoghe-Mba et Ali Bongo arrêtent de prendre les Gabonais pour des enfants. Ils sont coincés et au lieu de revenir sur une mauvaise décision, ils préfèrent s’entêter à aller au casse pipe. Les émergents se heurteront de plein fouet à un petit principe appelé « la réalité ». On n’invente pas la réalité du terrain ; elle est ou elle n’est pas ! Même pas besoin d'être spécialiste en matière d’exploitation forestière pour s'en rendre compte. Aujourd'hui, le Gabon compte une usine de transformation en moins (l’usine Chinoise), et aucune nouvelle usine n’a été construite depuis Janvier, aucune n’est même en chantier de manière avancée. Sur qu’elle base repose l’assertion de Biyoghe-Mba qu’en Mai 2010, le Gabon pourra faire ce qu’il n’a pas pu faire en Janvier 2010, ni en Mars 2010? Par quel miracle ?

Les « émergents » et leurs conneries à répétition vont droit dans le mur. C'est écrit, c'est d'une évidence criarde. Même la RTG1, qui constitue l’abdomen du griotisme, bêle de mécontentement et vient d’entrer en grève. Les « émergents » pensent à tord que les mesures prises entrent automatiquement en vigueur du seul fait de la parole présidentielle. C'est d’une étrange et profonde naïveté de la part de gens qui prétendent gouverner ; car si gouverner c’est prévoir, les « émergents » eux, ils ne prévoient rien. A cause de leurs bêtises, ils vont détruire un secteur qui emploi 10000 personnes directement et 20000 indirectement. Aujourd’hui, Biyoghe-Mba disait que la SNBG allait bâtir une usine qui va employer 500 personnes. Quelle rigolade ! le site de cette usine est encore un terrain vague et aucun signe de commencement des travaux n’est à contempler. Ils attendent certainement les Chinois, comme d’habitude. Les gabonais qui perdront leur emploi comme ce fut le cas quand la société Chinoise a mis la clé sous le paillasson, ils iront travailler où ?

Tuesday, April 27, 2010

LE PDG PRÉSENTE TOUS LES SIGNES DE L’USURE DU POUVOIR. IL NE LUI RESTE QUE LA POLITIQUE DES AILES DE DINDE COMME MESSAGE POUR LES POPULATIONS

Séraphin Moundounga exhibant « la botte qui tue » dans un Ikoku bongoïste dans la Nyanga

En préparation des prochaines législatives, le PDG déploie en ce moment ses principaux membres dans leurs contrées et villages, histoire de rassembler les troupes. Ce qui est ahurissant pour une formation politique qui a 42 ans d’âge et de pouvoir, c’est de voir à quel point le PDG souffre d’un manque d’imagination dans son exécution de la mobilisation politique. Ses discours sont vides et prévisibles, l’accoutrement de ses membres est d’un autre âge, avec des pagnes à l’effigie Bongo qui rappelle à tout le monde le culte de la personnalité. Les points forts de ces retrouvailles PDG restent comme par le passé, la danse, la bouffe et la gnole. Et c’est avec ça qu’ils vont faire l’émergence ?

1. Après 42 ans de pouvoir, incapable d’avoir un discours cohérent
Quand on regarde comment les cadres « émergents » du PDG se comportent au contact des populations, on arrive rapidement à la nette conclusion que rien du point de vue idéologique ni politique, ne prédestinait ces personnes à gouverner un état normal. Ces gens ne semblent disposer ni de la culture politique, ni de l’idéal professionnel inspirateur qui leur servirait de socle pour tenir un discours explicatifs face à la population. Discours qui démontrerait l’idéologie de ce parti et ses objectifs pour le Gabon de manière concrète. Mais au lieu de ce dispositif digne des partis politiques normaux, les cadres du PDG s’illustrent dans des actions triviales, anachroniques et en déphasage avec notre temps, car la population veut être traitée en adulte et non comme une bande d’affamées à qui on doit offrir quelques victuailles pour un vote. Ces attitudes PDGistes qui tirent profit de la paupérisation des Gabonais sont l’expression du désastre politique que vit le Gabon, avec la dénaturation politique qu’il a subie à cause du manque de profondeur de la plupart des acteurs PDGistes. Un fait indéniable est que les paramètres économiques, sociaux, internationaux etc., n’ont jamais constitués ni un idéal, ni une curiosité pour la majorité des militants du PDG. Seul un tout petit nombre s’est illustré dans la pratique d’une conception politique à peu près intellectuelle. Les autres sont restés très proche de l’état de nature politique, c'est-à-dire qu’ils restent indecrottablement mus par des considérations essentiellement charnelles et pécuniaires.
C’est un fait incontestable qu’à part quelques rares exceptions, peu de cadres militants du PDG ne sauraient vous livrer ce que couvriraient les notions de base de leur parti, la plateforme de ce parti. En fait, ils ne sont même pas intéressés à ce genre de choses, car pour eux, c’est d’abord les postes juteux, la bouffe, l’alcool et le sexe.
Le seul idéal qu’on puisse trouver aux cadres militants du PDG est la personne de Bongo (père puis maintenant fils). Un seul homme pour ce qu’il représente pour eux, pour l’espoir d’avoir un poste, il faut de manière robotique se renier et se déshumaniser complètement, pour servir la cause d’un homme. C’est le culte de la personnalité à outrance demandant qu’on ne puisse prononcer une seule phrase sans avoir une ligne pour « son excellence » ou «le défunt…paix à son âme» ou encore «Ali Bongo veut faire de votre village, un village émergent ».

Les victuailles que Séraphin Moundounga a offertes aux Nynois en guise de projet de société

2. L’estomac reste le dénominateur commun
Les images de la visite de Séraphin Moundounga dans la Nyanga sont révélatrices de l’état de déliquescence du PDG. En regardant ces images, il n’y donc point de doute que tous ces gens qui gravitent autour du pouvoir ne sont attirés ni par une quelconque vision de leur parti (la preuve en est qu’ils sont foncièrement incapables de la décliner ou même de la défendre), ni par un hypothétique idéal politique, mais par des intérêts matériels évidents. En effet, au lieu de présenter aux habitants de la Nyanga un plan d’action cohérent, au lieu de leur faire part de ce que le gouvernement leur réserve en terme d’infrastructures, d’éducation ou de santé, la caravane de Moundounga s’est contentée de faire danser les vieilles femmes sous le soleil, et de saouler les hommes à la Régab et au Sovibor, après leur avoir servi des plats de queue de bœuf. C’est donc ça l’émergence ? Devant un peuple qui a de grosses difficultés dans bien des domaines, il y a un type d’attitude qu’on ne devrait plus avoir, ni adopter de manière démagogique. Il faut désormais avoir un peu plus de considération pour les paysans Gabonais, ce n’est pas parce qu’ils sont pauvres qu’on devrait les mépriser en leur faisant danser l’Ikoku pour Bongo, porter des pagnes Bongo, marcher pour Bongo etc., tout ça pour seulement recevoir du riz et de la queue de bœuf, puis rester dans son bled dans la même pauvreté sans espoir aucun d’amélioration.

Dans les grandes démocraties, les partis politiques ont des labels idéologiques, des empreintes communicatives. Dans ces pays, il est parfaitement possible d’identifier le discours d’un militant de tel ou tel parti, sans connaître le locuteur qui l’exprime, tout simplement en se basant sur le contenu du message. Il est impossible de pouvoir faire autant avec le PDG aujourd’hui au Gabon, car il n’y a pas de message. La conscience politique n’existe pas et l’ensemble des symboles et valeurs ne sont plus portées que vers le tribalisme ou encore le bouc émissarisme et enfin la politique du ventre. Bien maigre pour un parti qui se prétend « émergent ».

Monday, April 26, 2010

LA LIMITE DES EFFETS D’ANNONCE : QUAND LE RÉGIME ALI BONGO NE RESPECTE PAS SES PROPRES ENGAGEMENTS RELATIFS Á L’ATTRIBUTION DES MARCHÉS DE L’ÉTAT





Le syndicat national des entrepreneurs du bâtiment (SNET, photos ci dessus) a tenu une conférence de presse pour dénoncer le triste fait que malgré les grandes annonces faites par le régime Ali Bongo sur l’attribution d’une tranche des marches de l’état à des entreprises « réellement » gabonaises, au jour d’aujourd’hui, ce sont toujours les SOCOBA, SOCOFI etc. qui se tapent la part du lion, et les PME gabonaises restent sur le carreau.

1. Au commencement étaient les effets d’annonce
Que les annonces furent racoleuses. Elles promettaient la volonté du gouvernement dit « de l’émergence », de responsabiliser, de valoriser et d’accompagner les PME-PMI Gabonaises, en leur faisant une place de choix dans l’attribution des marchés publics. Désormais, avait-on dit aux gabonais, la volonté politique sera là, il va falloir promouvoir les hommes et femmes d’affaires gabonais et mettre en place les conditions de leur épanouissement économique. Comme quoi, quand on est ivre de pouvoir, on peut faire beaucoup de promesses bidonnes, à partir de souhaits pharaoniques, mais quand on doit présenter les résultats, c’est la gueule de bois ! Ali Bongo promettait accorder prioritairement des marchés aux PME-PMI gabonaises qui devaient constituer la base de l’entreprenariat gabonais, et devaient pleinement participer à la création d’emplois au Gabon. A titre de test, le gouvernement se promettait de réserver un espace réservé à ces PME-PMI gabonaises lors de la célébration des 50 ans d’indépendance du Gabon. Le gouvernement trompétait qu’Ali Bongo avait clairement expliqué qu’il faisait de la passation des marchés publics, son affaire. Le gouvernement n’avait pas tord puisque dans son discours à la nation du 31 Décembre 2009, Ali Bongo disait : « je veillerais à l'application stricte des procédures légales d'attribution des marchés publics, afin de finir avec les avis abusifs de non-objection et les multiples avenants à la mode dans l'attribution des marchés publics. La livraison des travaux, ne doit plus être du domaine du virtuel, ils doivent être visibles sur le terrain». Malheureusement, ce jour SNET annonçait aux Gabonais que ses membres se soient rendus compte du fait que toutes les promesses faites n’aient pas été tenues, et lassés par ces effets d’annonce, ils ont décidé de crever l’abcès sur la place publique. Que d’abcès à crever sur le corps difforme du régime Ali Bongo !

2. Une violation flagrante de la loi gabonaise
Dans l’attribution des marchés publiques, le gouvernement d’Ali Bongo viole non seulement ses propres promesses, plus problématique encore, il viole les lois dont il est dépositaire. En effet, l’attribution des marchés publics est supposées être régie par le décret : 0001140/PR/MEFBP Portant Code Des Marches Publics ». Dans son article 37, ce code dit explicitement : « conformément aux règles de la CEMAC et à la réglementation en vigueur, un droit de préférence peut être accordé par la personne responsable du marché, à certaines entreprises Gabonaises ». Justement, malgré les promesses d’Ali Bongo, le SNET a constaté que l’attribution de plusieurs marches publics par le gouvernement Ali Bongo en ce mois d’Avril, s’est effectué sans appel d’offre et sans qu’aucune PME-PMI gabonaise n’eut été considérée. Où sont donc les principes qui disaient que les méthodes Ali Bongo allaient être différentes que par le passé? Une fois de plus, les opérateurs économiques nationaux doivent se battre contre les Français, Libanais et Ouest-Africains, dans leur propre pays pour pouvoir jouir de la moindre considération de l’état, qui est pourtant supposé travailler pour les nationaux. Et ils promettent « l’émergence » aux Gabonais ! On va plutôt vers l’enfer économique. Le SNET dans son réquisitoire, fustige les autorités gabonaises qui semblent préférer travailler avec les sociétés étrangères dans l’opacité absolue, sans considération aucune pour les entrepreneurs nationaux.

Comment Ali Bongo compte t-il faire du Gabon un pays émergent, s’il n’est même pas capable d’octroyer le moindre petit contrat de sous-traitance à une PME gabonaise ? Comment compte t-il développer les compétences gabonaises ? Comment compte t-il faire sortir les petits entrepreneurs nationaux de l'économie informelle ? Comment compte t-il développer le Gabon sans les gabonais dans l'exécution des marchés publics ?

Sunday, April 25, 2010

L’ENCRE DE LA SIGNATURE DE LA CHARTE DE LA NOUVELLE MAJORITÉ RÉPUBLICAINE A PEINE SÉCHÉE, LE PDG ALIGNE SA FORMATION




On comprend pourquoi il leur fallait faire vite ; le temps pressait et il fallait trouver des candidats qui justifieraient la victoire certaine du PDG aux prochaines législatives, tant partielle de 2010 et celles de 2011. Ce jour, Ali Bongo à convié ses ouailles à la cité de la démocratie pour leur ordonner la marche à suivre lors des prochaines compétitions électorales. Le plus drôle est qu’Ali Bongo ait averti ses fidèles de la présence au PDG de plusieurs « camarades » qu’il qualifie d’être auteurs d’actes de duplicités, mais a-t-il ajouté, il les aura à l’ œil. Bien, au grand parti « de masse » on ne peut pas dire que la confiance règne. Le communiqué final de cette réunion du PDG a été lu sur la RTG1, par M Mve Ella, le porte parole de cette formation politique, et dans ce contenu ce parti annonçait ses candidats pour les élections partielles. Comme ce blog l’annonçait précédemment, Mba Abessole ira à la bataille pour Ali Bongo.

1. Au 2ième arrondissement, dans la sénatoriale, Mba Abessole sera certainement opposé à Eyeghe-Ndong
Le porte parole du PDG a annoncé ce qui était devenu un secret de polichinelle. Mba Abessole a été ramené dans le giron PDG avec pour objectif de barrer la voie du parlement à Jean Eyeghe-Ndong. Depuis la vacance du pouvoir consécutif à la maladie et à la disparition d’Omar Bongo, Jean Eyeghe-Ndong s’est fait de nombreux ennemis dans le camp de ceux qui pensent que le Gabon leur appartient. Habitués qu’ils sont à entendre des discours à la langue de bois, les Gabonais ont été surpris d’écouter, après les premiers balbutiements liés à l’annonce de la mort d’Omar Bongo, un langage direct et ciblé qui leur disait clairement ce qui se tramait dans les coulisses de la succession. Alors qu’aucun acteur politique n’osait crever l’abcès, que la plupart versaient des larmes encore plus chaudes que celles de la famille Bongo, qu’ils parlaient souvent pour ne rien dire, qu’ils brossaient Ali Bongo et sa famille dans le sens du poil, c’est Jean Eyeghe-Ndong qui seul eut le courage de parler franchement aux Gabonais. C’est grâce à lui qu’on saura qu’Ali Bongo avait voulu se proclamer chef d’état immédiatement après la mort de son père. C’est lui qui révèlera qu’Ali Bongo, Nzouba-Ndama se réunissaient nuitamment chez Rogombé pour planifier l’accession d’Ali au pouvoir, alors que le corps de son père reposait dans la chapelle ardente de la présidence de Libreville. C’est encore lui qui monta au créneau au soir de la proclamation des résultats officielles de la présidentielle 2009, en affirmant haut et fort que les chiffres prononcés par Mborantsuo étaient FAUX, une autre première au Gabon où tout le monde sait que les chiffres sont faux, mais où personne n’ose le dire. Dans son rôle de porte parole du groupement dit du front du refus, Jean-Eyeghe Ndong sera très incisif dans ses dénonciations de la dérive violente et autoritaire du nouveau régime Ali Bongo. Il est évident que le PDG et Ali Bongo voudraient bien démontrer à Jean Eyeghe-Ndong que ce sont eux qui commandent au Gabon, et qu’ils le lui prouveraient en lui barrant la route du parlement jusqu'à ce qu’il aille se mettre à genoux et demander pardon aux Bongo, comme bien de Gabonais l’on fait avant lui. Mba Abessole sera le mercenaire que le PDG va utiliser pour flinguer politiquement Eyeghe-Ndong. Ali Bongo a décidé de lui faire payer son impertinence. La CENAP et Mborantsuo ont certainement déjà préparé les chiffres. C’est aussi au RPG de Mba-Abessole qu’Ali Bongo a confié la mission de trouver un candidat pour tenter de barrer la route à Mba-Obame. Le communique du PDG n’a pas propose de nom pour cette mission.

2. A Ntoum, le PDG va opposer Julien Nkoghe-Bekale à Oye-Mba
En principe, sans l’intervention de la CENAP et de Mborantsuo, le candidat PDG devrait se faire rosser. Mais Ali Bongo ne supporterait pas que celui qui le considère comme un incapable indigne de la fonction de chef de l’état gabonais, siège au parlement. Julien Nkoghe-Bekale fera donc la surprise en battant Oye-Mba à Ntoum et ceux qui contesteront les résultats auront à composer avec les bérets rouges.

3. Dans l’Ogooué-Lolo, on déterre Mouvagha pour lui faire reprendre du service
Pour barrer la route à Paulette Missambo, l’homme alibi sera Mouvagha. Dans cette région décrite comme l’un des deux pieds du pouvoir Bongo par Guy Nzouba-Ndama, il est hors de question de ne pas faire un 100% PDG.

Il est sans doute encore possible d’avoir une idée naïve de la transparence électorale au Gabon, mais ce blog ne se fait aucune illusion quand à l’issue des prochaines législatives. Ce qui est scandaleux est que des gens d’expérience comme Oye-Mba, Jean Eyeghe-Ndong, et les autres iront aux élections en sachant très bien qu’ils sont perdant d’avance car Ali Bongo ne peut se permettre d’être affaibli au parlement. Pourquoi donc jouer le jeu ?

Saturday, April 24, 2010

GRAND TITRE SUR LA RTG1 : LE PARTI DU « RASSEMBLEMENT DES GAULOIS » SIGNE LA CHARTE DE LA NOUVELLE MAJORITÉ RÉPUBLICAINE POUR L’ÉMERGENCE.




Au Gabon griotique, on aurait pourtant pensé que les limites de l’absurde auraient été atteintes depuis belle lurette. Mais c’est mal connaitre le PDG et la RTG1 qui ne cessent de révéler leur fertile imagination quand il s’agit d’amuser les gabonais. Aujourd’hui, l’un des évènements journalistiques au centre du journal de 20 h, était la signature par Boukoubi et Max Anicet Koumba, de la charte consacrant l’attachement de la « puissante » formation politique qu’est « Le Rassemblement des Gaulois », à la majorité républicaine pour l’émergence. Sérieux, ce n’est pas une blague. Les cameras de TV étaient là pour immortaliser l’évènement.

1. un spectacle façon vaudeville
Oh là là, il y a des moments où on ne peut s’empêcher de se demander si le Gabon n’est pas un énorme chapiteau sous lequel se tiennent des spectacles de cirque destinées à amuser des gamins. Mais non, le Gabon est un pays qui a 50 ans d’indépendance et qui selon son tout nouveau dictateur fils de l’ancien dictateur, se voudrait une imitation de Singapour. Mais on a du mal à ne pas rigoler devant le spectacle d’un Boukoubi paraphant un « accord » politique avec un parti politique appelé « Le Rassemblement des Gaulois ». On ne saurait négliger ni se moquer de la liberté d’association et de la liberté à se choisir un nom de parti, même exotique. Non, là où ça tourne au vinaigre, c’est que tous les gabonais savent que les partis comme « Le Rassemblement des Gaulois » ne valent même pas le bout de papier qui leur sert de récépissé juridique, et que présenter une alliance entre le PDG et ce parti sur la principale chaine de TV au journal de 20h diffusée dans le monde entier, est une insulte à l’intelligence et à la décence des Gabonais, car le PDG vient de faire alliance avec du vent. Et cette alliance, présentée sur la RTG1 comme un évènement politique majeur, ne peut induire autre chose que dérision. Cette méthode, ô combien révélatrice, nous dévoile encore une fois que les comportements du régime Ali Bongo s’alignent en parfait parallélisme avec celles de son père et que la rupture avec les anciennes méthodes, dont il parle n’est que du voilage. Le pouvoir Bongo n’a jamais été sérieux et n’est pas près de changer. Devant tant de stupidité bongoïste, il n'y a guère qu'une seule attitude à adopter, ignorer ces clowns de cirque du mieux qu'on peut. Quand on sait que le Gabon à de vrais problèmes à résoudre, qu’il y a des débats qui devraient être tenus à la télévision qu’on occulte, les média Gabonais abrutissent les gens avec la signature d’accords bidons avec des partis encore plus bidons.

2. Le modèle clientéliste traditionnel
Une chose frappe dans le Gabon « émergent » (eux-mêmes disent comme ça !), c’est l'effervescence publique autour de nombreuses niaiseries qui nous dégringolent dessus en ce moment comme de mauvaises averses: on a cette impression nauséeuse de dégringolade lamentable, avec les allusions ethniques à peine voilées dans les media de pouvoir, le retour « aux sources » de Mba Abessole et de Divungui, les célébrations « en différé » du 42ième anniversaire du PDG, tout cela passant à la télévision alors que l'effondrement languissant de tout notre système économique et financier ne fait l’objet d’aucun débat sérieux. Historiquement, le bongoïsme a habitué les gabonais à une seule voie, à une seule issue : celle d’être étroitement lié aux Bongo pour espérer un itinéraire social et professionnel menant vers l’aisance matérielle. C’est le vieux schéma du clientélisme qui a vu des syndicalistes devenir ministre un temps avant d’être jeté à la poubelle, des médecins devenir ministre un temps avant d’être mis dans la benne à ordure, des quidams former des partis politiques de 20 personnes pour toucher quelques miettes. L’objectif de ces partis n’est pas de participer au débat politique à proprement parlé, mais de se faire une identité soit disant politique qui pourrait faire d’eux un député ou un sénateur pour tout simplement toucher le magot. C’est la tendance générale qui est d’ailleurs encouragée par le PDG. La création d’un parti politique devient un marche pied social, qui permet de rechercher des alliances avec le parti-état pour s’assurer un meilleur accès aux décideurs politiques, et donc au fric.

Friday, April 23, 2010

LES ACTIVITÉS DE MBA ABESSOLE DÉSORMAIS RETRANSMISES REGULIÈREMENT SUR LA RTG1




La dictature à un incessant besoin de démontrer à tout moment aux uns et aux autres qui est le chef, qui commande. Montez-vous contre la dictature qu’elle vous relègue dans ce qu’on peut appeler métaphoriquement un « goulag » ; soyez gentil avec elle et vous êtes à nouveau aux petits soins. Au Gabon, au gré du vent politique et des alliances, on s’aperçoit bien vite de qui est en grâce ou en disgrâce du pouvoir. L’accès aux media publics est l’un des indicateurs qui permet de jauger de la satisfaction du pouvoir envers tel ou tel parti ou personnalité politique. Vu la fréquence des reportages sur Mba Abessole par la RTG1, on peut conclure que ce dernier satisfasse à nouveau les tenanciers du Gabon.

1. Des reportages laudatifs de plus de 5 minutes sur Mba Abessole au journal de 20h, on n’avait presque jamais vu ça.
Depuis que Mba Abessole a publiquement embrassé la chevalière du «petit père du peuple », la RTG1 redécouvre soudainement toutes les qualités de cet homme politique « d’expérience » (terme du journaliste de la RTG1 au 20h du jour). Pourtant les Gabonais se souviendront que la RTG1 a ignore Mba Abessole comme un lépreux pendant toute la période pré et post électorale de 2009. Que la campagne de ce dernier n’a pas été couverte, que seuls les déboires de son parti faisaient la manchette de l’Union, de Gabon-Matin et du journal télévisé. Mais il a suffit que Mba Abessole se proclame membre de la coalition débonnaire soutenant Ali Bongo, pour que cela soit traduit en plébiscite par la RTG1 qui désormais réserve une bonne tranche de ses journaux télévises aux activités de Mba Abessole et de son parti. Il va sans dire que cette ouverture médiatique des moyens de couverture de la RTG1 à Mba Abessole a pour objectif de le relancer auprès des populations et de le préparer à une confrontation électorale contre Jean Eyeghe-Ndong. Il est évident qu’Ali Bongo veut faire payer à Eyeghe-Ndong son impertinence lors des funérailles de son père et aussi par la suite. Mba Abessole avec les moyens du PDG derrière lui, sera utilisé pour barrer la route à Jean Eyeghe-Ndong, Mborantsuo et la Cenap feront le reste.

2. La politique Gabonaise comme le pendule de Newton
C’est par le pendule que Newton illustra ses théories de conservation de la quantité d’énergie. Pour faire simple on va résumer en disant que ces théories soient basées sur le principe des actions réciproques. C'est-à-dire qu’un mouvement du pendule dans un sens doit être compensé par un mouvement égal dans le sens contraire. C’est pourquoi les évènements en cours au Gabon sont particulièrement expressifs. Au même moment où, aux yeux des journalistes de la RGT1, Mba Abessole redevient un « sage », un « homme d’expérience », quelqu’un qui veut que « le pays avance », un grand « républicain » ; le balancier du pendule nous apprend que la parti UN a été légalisé en catimini et un reportage alibi sous entend que des partisans de ce parti auraient attentés à la vie d’un certain M Mbacky qui aurait réclamé la paternité de ce parti. J’ai des doutes sur ce que sera capable de faire ce parti dans un pays quadrillé au millimètre pour la gouvernance des Bongo, mais on peut déjà dire qu’au moins il y aura de l’»entertainment », avec de faux accidents qu’on présente comme vrais à la télévision, bon… Dans le même ordre d’idée, en même temps qu’Ali Bongo poursuit son opération « charme » pour les Sudistes du Gabon (c’est Bruno Ben Moubamba qui ne sera pas content, mais ce blog ne fera jamais dans la langue de bois, désolé. La vérité c’est la vérité), petite visite à Kinguélé, petite visite à Mouila avec un geste « de sa propre poche » pour mouiller la barbichette aux sinistrés de cette région du pays; l’autre extrémité du mouvement du pendule nous dit que les nordistes eux, ont carrément tués Omar Bongo. Comme Bongo était immortel, il ne pouvait mourir de mort naturelle. Les nordistes sont passés par là. Ils insistent les bongoïstes, à vouloir parler d’unité nationale d’un coin de la bouche tout en mettant parfaitement en œuvre les conditions pour créer la fracture nord-sud au Gabon qui profiterait au régime. Pour l’instant c’est la carotte au sud et le bâton au nord. Les gabonais gagneraient à lire les écrits sur les débuts de la crise des grands lacs ou celle de la Côte d’Ivoire. Les signaux avant coureurs sont similaires aux dits et non-dits en cours en ce moment dans le discours politique et les agissements du pouvoir gabonais. Ceux qui doutent encore de cette volonté devraient regarder les faits et gestes qui eux ne souffrent d’aucune ambigüité. Qu’un journal insinue qu’une communauté soit responsable de la mort d’un chef d’état par empoisonnement est assez grave (l’indifférence des masses médias et du CNC gabonais devant ces allégations est assez curieuse). Quand le journal en question est la propriété de l’oncle du chef de l’état en place qui est aussi fils du défunt, on conclu bien vite que le contenu est certainement publié avec l’aval des plus hautes autorités gabonaises. Mais la plus importante question est de savoir pourquoi le pouvoir joue à ce jeu dangereux, si ce pouvoir recherche l’unité nationale ? Réponse : le pouvoir recherche la division et le conflit. Il risque d’avoir son vœux, les grands lacs et la Côte d’Ivoire nous démontrent où peut mener l’aveuglement politique.

Dans les grands lacs et en Cote d’Ivoire il y a eu des gens qui tirèrent la sonnette d’alarme des les premiers écarts de langage et de comportement mais ces gens furent ignorés car pas grand monde ne voyait venir le danger. Et la suite on la connait…

Wednesday, April 21, 2010

LA PAUVRETE COMME MODE DE CONTROLE




Appauvrir le peuple pour mieux le contrôler. Ils sont nombreux, les désillusionnées du système Bongo qui vous décriraient comment on est allé les chercher en occident où ils gagnaient pourtant honorablement leur vie, pour en faire des hauts fonctionnaires éphémères dans l'administration Bongo, avant de les lâcher comme des malpropres, criblés de dettes et obligés de subir toutes sortes d'humiliation pour survivre. Certains, pour maintenir leur niveau de vie ont même accepté d'être convertis en concubine, au point de ne même plus savoir s'ils sont homme ou femme. Pourtant ces diplômés, jeunes a leur retour au Gabon, promettaient de changer le bongoïsme, de l'améliorer d'en faire un système "progressif". Illusion, c'est plutôt le bongoïsme qui les a caméléonisé au point de leur faire perdre non seulement leur dignité mais aussi leur humanité. L'arme que le bongoïsme utilise pour lessiver encore plus blanc toute cette jeunesse "éduquée" qui prétend la changer: la peur de la pauvreté et de la paupérisation.

1. Qui sont ces "jeunes" qui font confiance au bongoïsme?
Historiquement ce sont des gens ayant fait de bonnes études en France ou en Amérique. La plupart de ces gens ont même flirté un moment avec les oppositions en exil comme c'est le cas d'André Mba Obame, mais il y en a d'autres. Le régime Gabonais a besoin d'eux; alors on leur fait des ponts en or pour leur promettre le Pérou une fois rentrés au Gabon. Ils peuvent être cadre dans des banques en France, dans des sociétés financières ou pétrolières, ou encore dans des organismes internationaux, le régime leur dit: "le président Bongo a besoin de vous pour l'aider à changer les choses au pays, rentrez au pays et vous travaillerez à côté de lui pour l'aider dans cet objectif". Comme toujours, on arrose le jeune premier dans les meilleurs restaurants de Paris, on lui fait visiter les suites du Crillon, où sont logés les proches du president charges de la prise de contact. On lui fait parvenir un billet retour sur LBV en première classe, avec un poste au minimum de conseiller du président, etc. Le jeune premier rentre tous frais émoulu au Gabon, où il sera logé dans un hôtel de la place comme L'inter, le Rapotchombo ou le Re-Ndama pendant des mois aux frais du bongoïsme, même sa famille restée en France recevra des billets première classe pour rejoindre leur heureux papa et mari dorénavant grand technicien auprès de Bongo. Puis, au bout de quelques temps, on lui dit que quelqu'un de son rang doit avoir une belle villa personnelle pour aller avec la rutilante voiture de service qu'il a déjà reçu sans débourser un rond. Notre "jeune" se voit gratifier d'un prêt généreux d'au moins 50 millions pour s'acheter une villa, puis un autre 50 millions pour l'équiper, puis un autre 30 millions pour la voiture de son épouse qui doit arriver bientôt à LBV. Le "jeune" très rapidement est criblé de dette, mais tant qu'il est proche du président, les banques ne peuvent rien. Il est tout puissant. Puis un jour, les choses changent, notre jeune se voit muté dans une position ingrate dans un ministère insignifiant. Celui qui grâce aux frais de missions pouvait avoir 10 millions par mois ne se retrouve même plus avec un salaire lui permettant de payer ses traites. C'est alors que le chantage commence, car le régime sait que le pauvre veut absolument conserver son niveau de vie et fera n'importe quoi à cette fin. Alors, le régime lui fait effectivement faire n'importe quoi et notre jeune obéit en serrant les dents, même quand ça fait mal. La peur de la pauvreté est telle que beaucoup de Gabonais acceptent de faire ce pari avec le diable quitte à perdre leur dignité en échange. Ils sont nombreux ces jeunes, qui pourtant étaient prometteurs, mais pour avoir composés avec le bongoïsme, perdirent leur âme et ne sont plus aujourd'hui que des loques humaines.

2. Pourquoi le bongoïsme agit de la sorte?
En dictature, il n'y a qu'un seul chef et personne ne doit lui faire ombrage. Une classe indépendante de citoyens ne doit absolument jamais éclore, car le bien être dans le pays doit arriver par la seule volonté du "chef". Quand il y a des jeunes qui sortent du lot, il faut rapidement les intégrer dans le système et les façonner suivant l'image que le "chef" veut se faire d'eux. Mais comment rendre l'attraction du système efficace? En maintenant les gabonais dans la pauvreté, car c'est seulement en appauvrissant les Gabonais que les avantages du pouvoir seront perçus comme la voie à suivre. La technique n’est pas neuve. Elle a souvent servi dans d'autres dictatures, au Zaïre de Mobutu, au Maroc d'Hassan II. Cette méthode renforce le régime qui s’octroi le droit de façonner les gens et de les instrumentaliser en distribuant ou pas les revenus de l’état afin de garantir que les gabonais fussent entièrement asservis par la peur de se retrouver démunis. On accepte alors tout et n'importe quoi, en hypothéquant sa principale richesse, sa propre morale et son humanité. Au début tout est rose, avec des hauts postes, des crédits faciles; villa, voiture, voyages en première classe, puis c'est la dégringolade et la banqueroute, qui elle-même est suivie d'une voie de sortie moyennant certaines compromissions. A partir de ce moment là, ces gabonais sont sous le contrôle du régime qui est désormais maitre de leur vie et peut leur faire faire n'importe quoi. Quand nous nous demandons pourquoi telle ou telle personne agit de manière incompréhensible et contraire à la dignité humaine, souvent si nous rentrions dans leur intimité, nous nous apercevrions que ces gens ont été vidés de leur substance humaine et n'agissent plus que pour préserver leurs petits acquis matériels; et qu'il suffirait d'un rien pour que ces gens perdent tout littéralement. C'est pourquoi au Gabon, tant que les Bongo sont là, vous ne verrez jamais une classe moyenne ou riche qui serait indépendante du régime. Le régime a besoin de la pauvreté pour tenir les gabonais.

Quand on doit aimer son dictateur




La méthode est désormais classique pour ce blog qui se veut anti langue de bois: un article très gênant pour l'émergence est publié; les bongoïstes repèrent l'article et montent une énorme cacophonie; l'article est immédiatement taxé d'aigreur, de tribaliste, de dangereux pour l'unité nationale; la boite email du blog est inondée de menaces ridicules; tout y passe, hormis le réel contenu de l'article que personne n'analyse. Les plus téméraires accusent même le blog de contribuer au retard du Gabon car tous les gabonais devraient être derrière Ali Bongo et son projet d'émergence. C'est vous dire! Un vrai délire. Devant tous les échecs que nous devons au bongoïsme, la solution que proposent ses partisans est que nous aimions sans retenue aucune, notre dictateur, notre guillotineur.

1. La corruption des esprits
Les défenseurs du bongoïsme ont ceci en commun: ils ont la gâchette facile quand il s'agit de brandir la menace, et sont très avares d'arguments quand il s'agit de justifier "l'émergence et surtout ses résultats". Ces gens ne s'intéressent évidemment pas au contenu «gênant» de nos articles, ils ne discutent même pas nos analyses et révélations, et se contentent au mieux d'insulter le blog, de promettre d'enquêter sur la personnalité de l'auteur, de jurer de mettre leurs «réseaux» sur la piste de l'auteur, etc. Ils sont aussi spécialisés dans la formule qui nous traite de "cyber opposants" comme si écrire un blog était un mal dont ne souffrirait que des Gabonais "louches"; car seul un Gabonais louche peut "s'opposer à l'émergence". Que veulent en fait les partisans d'Ali Bongo qui menacent les gens à longueur de posts? Ils nous demandent de faire comme eux, c'est-à-dire de diviniser la dictature. De canoniser un être médiocre et une idéologie qui montre prématurément ses limites. Pour eux, Ali Bongo doit être parfait aux yeux des masses, et nos articles qui lèvent le voile sur ses incapacités et défaillances, sont perçus comme des irritants. Des blogs comme celui-ci et certains autres, mettent en mal l'image d'autorité de la dictature, et sont donc incompatibles avec le culte de la personnalité du dictateur.

2. Ce que ne comprennent pas les bongoïstes (ou qu'ils feignent de ne pas comprendre)
Ils ne comprennent pas que nombreux sont les Gabonais qui sont révoltés par la façon dont le régime Bongo et la famille bongo accaparent le pouvoir. Ils ne comprennent pas que nombreux sont les Gabonais qui se sentent souillés, par des gens qui foulent au pied leurs aspirations; des gens qui balaient tous nos principes collectifs du revers de la main; des gens qui tuent les dernières lueurs d'espoirs des populations. Les bongoïstes ne realisent pas qu'il soit inadmissible à beaucoup de Gabonais que depuis 42 ans, ce soit toujours la même clique, celle des Bongo, qui dirige le pays. Ils ne réalisent pas que ces gens n'ont rien fait de notre pays; que notre économie reste ridicule, vivant essentiellement sur une seule et unique ressource, le pétrole. Jamais le régime Bongo n'a cherché à promouvoir le travail des Gabonais, ou à récompenser leur génie. Résultat : en 42 ans de règne Bongo, on n'a rien fait de conséquent, absolument rien. Eux, les Bongo, croient qu'ils resteront dans les anales comme les sauveurs du Gabon; la vérité, c'est qu'ils ne sont que de vulgaires dictateurs. Nombreux sont les Gabonais qui partagent cette colère contre le régime Bongo. Même si cette colère est immédiatement réprimée par le régime. Forcément, sous le coup d'une implacable dictature, le Gabonais devient de plus en plus résigné.

Alors, il faut que les bongoïstes sachent que la dictature fini toujours par se casser la figure. A ce titre, malgré les menaces les plus absurdes, ce blog continuera à dire aux Bongo et à leurs partisans: "Merde, arrêtez! Prenez l'argent si vous voulez, mais, partez et arrêtez de nous démolir le pays. Les gabonais n'ont plus envie de donner encore plusieurs années à ce putain de régime! Non, les gabonais n'en ont plus la force. Jusqu'à preuve du contraire, le Gabon est un bien des gabonais et dans ce sens, pour le faire progresser, il faille dénoncer les injustices et surtout la rapacité de la famille Bongo. C'est seulement à ce prix qu'on évitera que le Gabon soit cuit et bien rôti par la famille Bongo.

Tuesday, April 20, 2010

LA MISE EN PLACE DES MÉCANISMES DE LA DICTATURE CONTINUE: LA MAJORITÉ PRÉSID...NON, RÉPUBLICAINE EST LÁ




Si besoin était encore de prouver qu'il n'y aurait aucune différence entre Bongo fils et Bongo père, voici qu'aujourd'hui, le parti-état a annoncé le rassemblement en coalition d'un certain nombre de partis autour du PDG sous l'appellation: "majorité républicaine pour l'émergence". En fait, ce regroupement n'est que la vieille "majorité présidentielle" d'Omar Bongo qu'on a épousseté, et baptisé d'une nouvelle appellation. Ils en on fait un évènement alors que tout ceci s'inscrit tout simplement dans la continuité du bongoïsme, et ne surprend personne. Les griots font déjà des analyses louangeuses alors que nous ne faisons qu'assister à la consolidation d'une dictature familiale qui perdure depuis 42 ans.

1. Le troc de la majorité présidentielle républicaine
Pourquoi Ali Bongo, le seul et tout puissant président et son parti-état, le PDG, ont besoin de s'associer à de petites formations situées aux extrémités de l'éventail politique Gabonais? Parce qu'il faut que le régime apparaisse démocratique, en dépit de la réalité. Le troc est qu'en retour d'une distribution d'un ou 2 députés par petit parti associé, lors des prochaines législatives, et d'une prime de ralliement juteuse, Ali Bongo pourra se targuer pince sans rire, d'être à la tête d'une «grande coalition» qui réunit un bon nombre de partis dit de l'opposition. Il pourra donc étaler sa magnanimité au devant de la scène politique gabonaise et se couvrir d'une toison de rassembleur et de démocrate, quand dans les actes, les gens vivront une dictature pure et dure comme du temps du père. En retour de leur ralliement, les partis orbitaires eux se voient financés en termes de subventions ponctuelles de ralliement, puis leur dirigeants tels Divungui ou Mba Abessole seront remis en selle politique quelque part dans la mangeoire étatique et quelques uns de leurs subalternes deviendraient qui député qui sénateur, et la roue continuera de tourner. Ce schéma a été celui du père et il a fourni les résultats catastrophiques que nous déplorons aujourd'hui. Encore une fois, Ali Bongo démontre son manque d'imagination en reprenant les mêmes méthodes qui ont fait banqueroute et en les remettant sur pieds en pensant qu'un changement de nom en ferait un concept neuf. Il y aura un machin appelé "majorité républicaine" mais le seul maitre à bord restera Ali Bongo. Les autres partis seront là pour faire de la décoration.

2. Les législatives anticipées et celles de 2011
Ali Bongo et son PDG avaient un problème. Les effectifs de ce parti ne lui permettent pas de se faire élire "normalement" dans des zones comme Nkembo-Sotega, Nzeng-Ayong, Kinguélé-Rio, Cocotier, Port-Gentil, Mouila, Tchibanga, pratiquement tout le Woleu-Ntem etc. Pour que le PDG justifie les chiffres électoraux qui n'attendent qu'à être livrés au bon moment et sommeillent pour l'instant dans les tiroirs de Mborantsuo, il fallait le recrutement de gens électivement crédibles. Mba Abessole sera certainement l'étalon politique qu'Ali Bongo opposera à Eyeghe-Ndong. Mais dans une élection crédible, dans l'arrondissement où se produira la confrontation électorale, un Mba-Abessole de la "majorité républicaine" même avec le financement de la présidence via Lemboumba, ne remporterait même pas 10% des suffrages. Il est certains que la CENAP et Mborantsuo lui ont déjà préparé des chiffres bien plus généreux. Qui s'opposera à Oye-Mba ou Paulette Missambo? Il ne semble pas avoir au PDG des gens capables de leur ravir une élection claire. Au Woleu-Ntem, la coalition de la "majorité républicaine" permettra certainement au camp PDG de glaner 2 ou 3 députés alibis, mais sans plus (enfin si les choses se font normalement, ce qui est loin d'être un acquis). Au Sud, Ali Bongo vient de se donner un autre moyen de pression sur Mamboundou, avec le retour de Divungui. Même si Mamboundou est plus populaire sur le terrain, le PDG s'en fout car il fait et défait les gens grâce à la CENAP et à Mborantsuo. Par conséquent, si Mamboundou refuse de jouer le jeu jusqu'au bout et tarde à faire ce que lui ordonnerait Ali Bongo, il y a toujours Divungui qu'on peut remettre en selle et en faire le grand poobah sudiste au grand dam de Mamboundou.

L'atmosphère au Gabon ne prête guère à l'optimisme. La méthode Bongo père qui frappa particulièrement durement le pays et le rendit exsangue, est en train d'être renforcée par le fils. La géopolitique qui a catalysé la crise identitaire nationale et a exacerbé la politique du ventre et des ailes de dinde, revient en force. Les roitelets régionaux et ethniques reprennent du service. Toute personne qui pense que cette "majorité républicaine" pourrait être capable de lutter contre la crise et la misère largement répandue au Gabon, doit se faire examiner la cervelle. L'avenir sera plus sombre encore, ainsi que les risques de colère et d'impatience des populations devant l'échec inévitable de l'acte II du pouvoir Bongo. Et il appelle ça "émergence".

Monday, April 19, 2010

LE REMANIEMENT MINISTÉRIEL COMME STRATÉGIE DE DIVERSION




"L'émergence" est sous respiration artificielle, et ne sachant plus quoi faire, Ali Bongo va dépoussiérer une méthode chère à son père, et l'utiliser comme diversion politique: le remaniement ministériel. Comme tout le monde le sait, les dictateurs ne font pas de fautes. Alors, l'échec de "l'émergence" ne saurait être le fait d'Ali Bongo l'homme providentiel. Cet échec est nécessairement à mettre sur le dos de "ses" ministres. En punition, certains de ses ministres vont être passés au couperet pour leur apprendre à vivre.

1. Si l'échec de "l'émergence" incombe aux ministres, quelle est donc la part de responsabilité de celui qui les a nommés?
Ali Bongo, le fils de l'autre, l’homme à la coiffure jehri-curl à la "soul glo" démodée depuis les années 80s. Celui qui dans une grande arrogance, prédisait aux gabonais une émergence Singapourienne; celui qui choisit les membres d'un gouvernement dit "de l'émergence" avec "des gens qu'il faut à la place qu'il faut"; celui qui devait introduire la rigueur dans la façon de faire au Gabon; indexe désormais ses ministres et les traite d'incapables, tout juste 7 mois et ½ après la prise de pouvoir. Il est quand même curieux qu'Ali Bongo, dont tous les griots au Gabon et en dehors, disaient s'être entouré d’un dispositif de compétence conséquent, désavoue publiquement son équipe en laissant courir les bruits d'un remaniement imminent pour raisons d'incompétence à mettre en œuvre les projets "émergents". Il aime bien faire le bravache, Ali Bongo, et au lieu de revoir son concept "d'émergence" qui est mal pensé et condamné à l'échec, préfère divertir l'opinion en accusant ses ministres de « petits incapables » qui ne feraient pas leur travail. "L'émergence" est perdue et surtout irrécupérable. Il faut donc trouver des boucs émissaires. Comme le dictateur n'a jamais tord, ce sont les ministres qui vont trinquer. A titre de rappel, c’est l’attitude qui prévalait aussi sous le règne du père. Souvenez-vous du dicton Gabonais qui disait: "Bongo est bon mais ce sont ses ministres qui sont mauvais". Le Gabon vit au rythme de ces conneries depuis plusieurs décennies. Les gouvernements successifs sont allés d'échecs en échecs, mais ce n'était jamais la faute du grand camarade qui à chaque fois proposait une nouvelle équipe gouvernementale qui elle devait tout régler. Mais ces équipes successives allèrent toutes d'échecs en échecs. Quand une équipe de football perd régulièrement, malgré une valse de joueurs de talents, il faut quand même songer à changer le coach. Mais au Gabon, le coach est propriétaire de l'équipe, donc personne ne peux le déboulonner. Si Ali Bongo a choisi des ministres incompétents, c'est qu'Ali Bongo a fait une ERREUR DE CASTING. Et si Ali Bongo a fait une erreur de casting à ce niveau, c'est qu'il ne mérite pas de diriger un état, une nation.

2. Les bongoïstes, comme une seule personne, soufflent sur les braises du prochain remaniement
Les bongoïstes sont K.O. debout! Ils ne savent plus quoi dire ni faire devant l'effarante déconfiture d'Ali Bongo. Ils brandissent maintenant ce potentiel remaniement ministériel comme bouée de sauvetage qui devrait résoudre tous les atermoiements de l'émergence car, d'après eux, Ali Bongo va enfin trouver des gens capables de procéder à l'implémentation de "l'émergence. Bon, ils font comme ils peuvent, les pauvres; il faut bien se justifier quand on sait que les projets "émergents" tant revendiqués depuis 7 mois et ½ par Ali Bongo, n'ont presque pas connu de début de réalisation. Confronté aux médiocres performances de "l'émergence", Ali Bongo a trouvé dans le remaniement ministériel une diversion à jeter en pâture à l’opinion. Comme il n'a aucune idée de comment réellement impulser une nation, il propose la solution la plus simple qui va divertir le peuple et le dédouaner de tout blâme: il propose en solution, la valse des ministres. Les Gabonais remarqueront que non seulement rien ne changera avec les nouveaux futurs ministres, mais qu'une fois encore cette future équipe sera remerciée pour résultats insuffisants. C'est prévisible, le Gabon n'a pas les moyens de réussir sous Ali Bongo. Mais le cinéma lui, va continuer. Rappelez-vous donc ce que coûtent les "anciens ministres" aux contribuables? Pour quelques mois de fonction, ils doivent avoir droit à une "retraite" digne de leur titre quand bien même ils n'ont rien fait, de l'aveu même de celui qui les a nommés. Quel gâchis!

Quand on sait que le remaniement est un mode de gouvernance au Gabon, par la déflection et la diversion, vu l'incapacité d'Ali Bongo à diriger le Gabon, on peut s'attendre à ce qu'il remanie le gouvernement assez régulièrement. Lors de son intronisation par sa belle mère, il s'est engagé à nommer les meilleurs, les plus compétents pour chaque poste. Comment alors explique t-il ces échecs? Et ce jeu de chaises-musicales qui se prépare? Il y a de quoi être bien triste pour l'avenir du Gabon, car avec ces remaniements; Ali Bongo voudrait faire croire aux Gabonais qu'on va repartir d'un bon pied et que nous allons voir ce que nous allons voir. Mais bon, le résultat restera le même, médiocre.

Sunday, April 18, 2010

L'ÉMISSION PLURIEL JOUE LA FIBRE ETHNIQUE: ATTAQUE SANS RETENUE CONTRE L'ETHNIE QUI DÉRANGE AU GABON. ATTENTION DANGER!




Ce Samedi, dans l'émission "Pluriel" diffusée en weekend sur la RTG1, les téléspectateurs on put assister en direct au déploiement du plan d'attaque politique du PDG. Dans un premier temps, les présentateurs ont encensé sans réserves Ali Bongo et de son epouse, pour être allés "rendre visite" aux mapanais de Kinguélé chez Mamboundou, aucun superlatif n'était trop exagéré ni trop griotique pour nos compères. Même la tenue "à l'Africaine" de dame Bongo leur a presque fait couler des larmes d'émotions. Il ne manquait à ces messieurs que des lyres, des lauriers et des toges pour en faire de parfaits bardes comme on en voit caricaturés dans les bandes dessinées, chantant les louanges du chef. La visite d'Ali Bongo a été bien sûr présentée comme spontanée; alors que les populations ont été décrites comme ayant accueilli Ali Bongo à bras ouvert avec embrassades de bébés à la clé; des images qui donnaient pour imminent le mariage entre les ultras de l'UPG et Ali Bongo. Même la dame qui a filmé la visite passait par hasard par là, camera en main. Bon on s'habitue à ces coïncidences, ils nous prennent vraiment pour des cons. Les choses vont donc très bien dans la formation du "Grand Sud". Après avoir monté Bongo au firmament de la compassion envers les sudistes de Kinguélé, il fallait bien descendre ceux qui gênent Ali Bongo; la politique au Gabon étant pratiquée suivant un axe de symétrie qui place les Bongo en ascendance et les autres en contrebas. Donc en antithèse du décor planté pour commenter la visite d'Ali Bongo à Kinguélé, les 3 compagnons de "Pluriel" décidèrent de faire du "radio Mille Collines" en disant "tout le bien" qu'ils pensent des Fang.

1. Le prétexte fut l'élection du leader de l'église évangélique du Gabon
S'appuyant sur un article publie dans le journal L'Union dont le titre était "Eglise évangélique ou église eFANGelique?", les copains de "Pluriel" se sont plaints que les Fang soient dominant dans cette église et que ce soient eux qui la dirigent. Dans cet exercice cru de haine ethnique, ils se sont livrés à des propos particulièrement vénéneux envers les Fang. Ce blog a répertorié les propos suivants prononcés lors de l'émission Pluriel de ce Samedi (et la liste n'est pas exhaustive):

a) Ces gens sont des extrémistes et des ayatollahs.
b) Est-ce que les Fang sont les seuls au Gabon? Pourquoi ils doivent toujours diriger cette église?
c) Les Fang sont une ethnie trop contestataire et "protestante".
d) Il faut mettre une autre ethnie à la tête de cette église pour que les choses changent.
e) Les Fang se battent tout le temps. Chaque fois qu'il ya des problèmes quelque part, c'est toujours à cause des "moidzang" etc., etc.…


2. Pluriel joue avec le feu
Avant les élections de 2009, dans un article publié dans son blog, Gregory Ngbwa–Mintsa nous parlait du phénomène de la haine ethnique au Gabon et particulièrement sur le fait que ce qu'on a appelé le TSF (tout sauf les Fang) prenait ses origines dans une stratégie bien enracinée et entretenue au Gabon. Vu la suite des événements, on peut dire que Gregory Ngbwa-Mintsa a été prophétique, car au soir même de l'élection, que des images certainement préenregistrées, de Francis Salah Ngouah Beaud, passaient en boucle sur RTG1 et Teleafrica. Que disait Sala Ngouah Beaud? Que l'armée "FANG" de Guinée-Equatoriale avait été pré-positionnée à Port-Gentil pour causer une insurrection au Gabon. Jusqu'au jour d'aujourd'hui, personne à la RTG1 ou Teleafrica n'a pu s'expliquer sur les allégations de Sala Ngouah Beaud, qui a lui-même disparu, après avoir empoché son argent, récompense bongoïste de sa comédie. Avant les élections, c'est le président de l'Assemblée Nationale du Gabon, Guy Nzouba-Ndama, qui disait que le pouvoir "Bongo" n'avait que 2 pieds représentés par le Haut-Ogooué et l'Ogooué-Lolo. Jusqu'aujourd'hui, personne à la RTG1 n'a demandé à Nzouba de s'expliquer sur ces propos. Après les élections, c'est Rose Rogombé qui avait dit dans un discours mémorable à Port-Gentil, que Mba-Obame et Mamboundou avaient téléphoné chez "eux" pour demander aux gens de ne rien casser tout en laissant la casse se produire à Port-Gentil. Jusqu'aujourd'hui, personne sur la RTG1 n'a jamais demandé à Rogombé d'expliquer comment Mba-Obame et Mamboundou ont pu téléphoner à tous les Fang et tous les Punu respectivement! Maintenant, c'est "Pluriel" qui s'en donne a cœur joie en tenant des propos singulièrement tendancieux envers l'importante ethnie du Gabon qu'est le groupe Fang. On peut rêver du jour où les 3 associés de "Pluriel" se demanderont s'il n'y a pas d'autres ethnies au Gabon pour assurer la présidence, ou pour gérer les régies financières du pays. Cette question les partenaires de "pluriel" n'oseront jamais la poser, trop occupé qu'ils seront à tirer sur l'ethnie qui gêne, les Fang.


Au Rwanda, nul doute que les journalistes de "Radio Mille Collines" aussi se sentaient protégés par leurs commanditaires quand ils incitaient leurs auditeurs à la haine. Ils ne pouvaient s'imaginer que le panorama de ce pays pouvait basculer et qu'ils auraient à répondre de leurs actes un jour. Au Gabon, si les choses basculaient un jour, et il n'y a pas de raisons qu'elles ne basculent pas, il serait bon d'entendre à la barre, les journalistes de "Pluriel" repondre de leurs actes d'incitations à la haine. S'ils veulent attaquer des gens en particulier, qu'ils le fassent nommément; mais quand ils s'attaquent à une ethnie sans discernement, en insinuant que les Fang soient des fauteurs de trouble, on entre sur un terrain très glissant dont les conséquences à long terme sont difficiles à prédire. Mais on sait déjà comment se défendront les 3 complices de "Pluriel"; ils diront n'être pas des incitateurs contre les Fang, vu qu'ils aient des "amis" Fang. Oui on sait, ils ont des amis Fang comme David Ella Mintsa... Si les larrons de "pluriel" ont décidé d'empoisonner les esprits, ils doivent s'attendre à des conséquences.

Saturday, April 17, 2010

POPULISME DÉMAGOGIQUE: ALI BONGO REND VISITE Á L'ÉLECTORAT DE MAMBOUNDOU ET LEUR PROMET DE L'ARGENT




Avec Ali Bongo, nous ne sommes plus aux limites de la démagogie et du populisme mais bien en plein milieu jusqu'au cou. Ce Vendredi, Ali Bongo a trainé sa grasse carcasse et celle de son épouse, dans les bas-fonds Mamboundistes de Kinguélé alias Kingston, où les habitants n'ont ni eau, ni électricité, et vivent dans des taudis en bois pourri et en tôles rouillées. D'après Patrick Simangoye, un de ces génies de la RTG1, Ali Bongo est allé "s'enquérir" de la vie des Gabonais dans ce quartier. Il voulait toucher du doigt les réalités de ce mapane. Rigolade! Cette visite aux damnés de Kinguélé était tout sauf un acte de compassion.

1. La déscente à Kinguélé n'avait rien "d'humanitaire"
La vérité c'est qu'Ali Bongo essaie d'établir et d'entretenir des relations de "confiance" avec les populations qui constituent le socle de support de Mamboundou. D'après ses conseillers, cette terre électorale de circonstance pourrait lui être très fertile s'il sait positionner quelques ressortissants symboliquement représentatifs de ces communautés dans son appareil de direction de l'état, et s'il se rend disponible à ces populations en les caressant dans le sens du poil à l'aide de petits gestes tout aussi symboliquement touchants qui iraient renforcer son désir de partenariat avec les "rouges". Le petit cinéma d'Ali Bongo à Kinguélé ne sera "buvable" qu'aux naïfs. Ali Bongo a grand besoin d'alibis électoraux, car même quand on triche à une élection, on a quand même besoin d'un alibi pour prétendre que les faux chiffres validés par sa belle mère, seraient plausibles sur le terrain. Pour bâtir cette mise en scène, Ali Bongo a besoin des "rouges" de Kingston et de Port-Gentil de façon à ce que le moment venu, il les exhibe comme un beau trophée politique qui expliquerait le ras de marrée du PDG aux prochaines législatives.

2. Comment marche la campagne de séduction d'Ali Bongo auprès des "rouges"
a) On flanque Mamboundou: le leader maximo des populations qui majoritairement peuplent Kinguélé est indiscutablement Pierre Mamboundou. Donc si on veut détourner ces gens de Mamboundou, il est bon que Mamboundou mollisse sa percutante politique, et que le PDG phagocyte un à un, et de manière très ostensible, des piliers du Mamboundisme comme Mouloungui et plus significatif encore, la fille du Tat' lui-même. Le message subliminale de ces absorptions par le PDG est d'amener les Mamboundistes purs jus, à se dire: "mais le PDG est quand même bien, puisque même notre parent Mouloungui y est, et que la fille du chef cohabite et mange désormais à leur table. Petit à petit, la choreographie du PDG et le silence de Mamboundou laissent s'installer Mouloungui comme "héritier" politique de ces populations désormais orphelines suite au désengagement de Mamboundou; et une bonne partie des "rouges" passent comme une lettre à la poste de l'UPG au PDG. Devant le fait transitionnel accompli, Mamboundou s'efface, l'UPG devient un parti "ami" du PDG et le tour est joué.
b) La promotion de cadres représentants les communautés qu'on cherche à séduire: Autant que possible, Ali Bongo rend visible ses collaborateurs qui partagent le "sociologique" avec Mamboundou. Encore là le message va aux réticents et veut leur dire en termes clairs qu'il est l'homme providentiel, l'homme de la solution, l'homme par qui le bonheur arrivera. Il se présente, grâce à la surenchère de toutes sortes de griots arrivistes, comme un champion de l'unité nationale qui veut avoir des partenaires de tous les horizons. Ces cadres sont ses relais auprès de ces populations courtisées.
c) Le nerf de la guerre: l'argent: lors de son passage à Kinguélé ce jour, Ali Bongo a promis aux populations de ce "favela" gabonais qu'il allait leur donner de l'argent. Il leur a demandé de former un comité qui irait le voir pour discuter "des moyens". Voici la politique "d'émergence". On continue de distribuer de l'argent au lieu d'améliorer la vie des gens. Il va donner de l'argent a ces habitants désœuvrés, mais au finish ces derniers n'auront toujours pas d'eau ni électricité.

La déscente d'Ali Bongo a Kinguélé démontre une chose: Le peuple continu d'être abreuvé de beaux discours démagogiques. Mais, dans la pratique, que voit-on? Nul progrès, nulle amélioration, plutôt une aggravation continue de la carence du gouvernement et du parti-état, une absence totale de politique économique, la chute continuelle du pouvoir d'achat et l'aggravation générale des conditions de vie des travailleurs, misère de la jeunesse tant à la ville qu'à la campagne, chômage record…etc., etc.

Friday, April 16, 2010

LE CONSTAT GÉNÉRAL EST QUE "L'ÉMERGENCE" EST DANS LE COMA: LE TEMPS EST VENU POUR ALI BONGO DE S'EXPLIQUER




Qui se donne la peine d'examiner sans complaisance les performances du Gabon, dans tous les domaines, depuis la prise du pouvoir par Ali Bongo, arrive à une conclusion catégorique: les résultats sont ca-tas-tro-phiques! Dans les pays ayant des dirigeants responsables, quand la situation est critique, le président a le devoir de se présenter face au peuple et de s'expliquer par rapport aux performances de son équipe gouvernementale. Ce mois d'Avril représente le huitième de la gouvernance d'Ali Bongo et de son équipe. Pas une seule fois, ils ne se sont expliqués par rapport à leurs orientations et leurs résultats. Face au peuple Gabonais en demande de résultats, Ali Bongo fait "la chaise vide et le micro silencieux". Il est grand temps qu'Ali Bongo en personne passe à la télévision, en conférence de presse, non pas avec les journalistes "émergents" de la RTG1 et l'AGP, mais une conférence de presse ouverte à des gens comme Marc Ona Essangui, Gregory Ngbwa-Mintsa de la société civile, et des syndicalistes et journalistes indépendants, de façon à ce que ces gens lui posent de vraies questions sans langue de bois. Ce genre de conférences de presse est un exercice auquel doit se prêter tout président de la République responsable. Cette conférence de presse pourrait s'organiser autour des sujets brulants suivants:

1. Côté social, c'est l'effondrement dans l'éducation, la santé, le bois, le pétrole… On se demande quel secteur d'activité se porte bien au Gabon?
Quand une maison s'écroule, c'est souvent à cause d'une mauvaise construction. De la même façon, quand un système prend de l'eau de toute part, C'est la conception même de ce système qu'il faut remettre en cause. Au Gabon, bien trop souvent, la collusion entre journalistes et pouvoir est bien trop importante, pour que cette remise en question soit effective. La conséquence est qu'au Gabon, on pratique la langue de bois à tous les niveaux, rarement les hommes et femmes politiques acceptent ne serait ce que d'être véritablement interrogés par des journalistes, on estime que ça ne se fait pas. Tant qu'on considérera au Gabon, une interview comme un endroit pour un politique d'asséner les pires conneries sans risque d'être contredit, nous continuerons à avoir des politiciens langue de bois. Ali Bongo doit pouvoir s'expliquer sur la situation sociale au Gabon, sur les manquements de la SEEG, sur le non aboutissement de la mesure des salaires à 150000 francs CFA, sur les licenciements dans le secteur du bois, etc. Il faut rompre avec la servilité journalistique qui accepte une caste politique médiocre qui ne produit pas grand-chose et s'éternise aux commandes.

2. Côté politique, c'est la crispation
Le PDG a du mal à convaincre de sa mutation en un parti moderne. On retrouve les mêmes travers du passé, c'est-à-dire les groupes d'animations, la politique des ailes de dinde, la distribution des pagnes Bongo, pour quel résultat? Zéro! Le discours reste le même qu'à l'ancienne, c'est-à-dire Bongo hier, Bongo aujourd'hui, Bongo demain et Bongo pour l'éternité… Ali Bongo doit pouvoir s'expliquer sur les méthodes "nouvelles" qu'il avait promises. Où sont-elles? Il doit aussi s'expliquer sur la liberté d'expression au Gabon et les menaces dont sont l'objet les quelques journalistes téméraires que nous ayons. On doit pouvoir demander à Ali Bongo s'il est saint que ce soit sa belle mère qui soit aussi présidente de la cour constitutionnelle validant les élections. Finalement, Ali Bongo doit se prononcer sur l'application de la loi portant reconnaissance des partis politiques. Quelle est sa position concernant la réticence de son ministre de l'intérieur de reconnaitre le parti "UN" de ses anciens collègues aujourd'hui en rupture de banc avec lui? Les lois sont-elles des instruments judiciaires ou politiques?

3. Côté prestige national, le Gabon est au plus bas
Le Gabon est en train d'essuyer 2 revers sans précédent dans l'histoire Africaine. En effet, il est difficile de se remémorer une situation où le même pays a perdu la tête d'une grande institution bancaire régionale suite à un énorme scandale de détournement par ses ressortissants au sein de cette banque, tout en perdant aussi l'organisation de la plus importante compétition sportive du continent pour non respect par le pays du cahier de charge. Ça il faut le faire. Pourtant Ali Bongo avait promis pendant sa campagne, garder le gouvernorat de la BEAC et organiser la CAN de 2012. Il a déjà perdu la BEAC et est très mal en point pour la CAN; des explications de la part d'Ali Bongo s'imposent.

Le brouillard des contre-vérités du régime Ali Bongo doit être mis sous les feux des questions des Gabonais. Quand Ali Bongo ne s'exprime que devant les journalistes aux ordres qui ne relèvent aucune contradiction dans ses affirmations présidentielles et qui posent les seules questions autorisées et préparées longuement à l'avance, c'est tout le Gabon qui est diminué par ce simulacre de démocratie. Si Ali Bongo ne s'explique pas, c'est qu'il ne peut défendre son bilan. La conférence de presse est un excellent indicateur politique du degré de transparence d'un exécutif et de sa propension à se frotter à la contradiction, donc aux gabonais libres de leur parole. L'exercice est très saint, pour les gouvernants comme pour les populations.

Thursday, April 15, 2010

MAMBOUNDOU POURRAIT ÊTRE RÉCUPÉRÉ PAR FAMILLE INTERPOSÉE



La dictature en sursis d'Ali Bongo, en mal de popularité et d'adhésion cherche un grand coup médiatique. Mal en point dans le social où la grogne atteint tous les secteurs, Ali Bongo a du mal à s'imposer. Il lui faut reconstituer un PDG se donnant une image conquérante. Pour ce, il lui faut des alliances fortes et la décision de l'état major du PDG semble s'être portée sur la cooptation de l'UPG de Mamboundou, de façon indirect en intégrant des membres de sa famille.

1. Pourquoi Mamboundou?
Le genre de système qu'est la dictature bongoïste, ne laisse pas d’alternatives. Soit vous acceptez l’ordre tel qu’il est, c'est-à-dire: l’injustice et la corruption qui l’accompagnent et nombreux sont ceux qui font librement ce choix; soit vous ne pouvez l’admettre. Quoiqu'on pense de l'opposition Gabonaise, Mamboundou est un opposant qui n'a jamais fait entrée dans les gouvernements de Bongo, même si lui aussi à pratiqué la "convivialité" comme Mba Abessole. Mais ça c'est un autre débat. Ce qui est important est que Mamboundou dispose d'un capital sociologique de voix très important, et le PDG aimerait s'approprier ces voix et les utiliser pour projeter une image rassembleuse. Mais Mamboundou va-t-il basculer pour rejoindre ouvertement une dictature policière, crapuleuse et mafieuse, et finir dans les poubelles de l'histoire politique Gabonaise? Le calcul d'Ali Bongo est que de tous les opposants Gabonais importants du moment, Mamboundou est celui dont les partisans pourraient s'accommoder du PDG. Cette alliance serait une technique de camouflage dont Ali Bongo a besoin; en effet, il reprendrait à la fois les mécanismes de la démocratie et son langage, en s'alliant à Mamboundou; tout en devenant encore plus terrible et malsain, envers les leaders qui continuent de s'opposer. Pour arriver à ses fins, voici des mois qu'Ali Bongo pêche dans le camp Mamboundou. Il y a eu les cooptations directes du frère et des cousins, puis celle de la fille. Il s'agit d'habituer l'opinion à voir des Mamboundou dans le giron des Bongo. Le calcul PDG consiste à donner aux Mamboundou une visibilité de soutien à Ali Bongo. Le PDG pense, à tord ou à raison, que si les Mamboundou rejoignent le cette formation, la populace sudiste lui appartiendra. En Mouloungui, le PDG a trouvé un frère à Mamboundou, M. Mouloungui, qui a volonté de puissance. C'est Mouloungui qui met en place le dispositif de ralliement au PDG. C'est Mouloungui qui a recruté la fille de Mamboundou. La vraie question est de savoir si tout ceci se fait avec l'aval ou non de Mamboundou lui-même.



2. Avec ou sans l'aval de Mamboundou?
La dictature de « série B » d'Ali Bongo ne dispose plus aujourd’hui de la même marge de manœuvre que celle de son père. Le monde actuel empêchant de plus en plus de pratiquer la dictature sauvage, il faut s'habiller d'un peu de démocratie et ça suppose un vernis de popularité sur le terrain. Pour cette raison, la dictature s’est transformée pour s’éloigner du caudillo. Mais la dictature reste basée sur le mythe de l’homme providentiel, et elle nécessite fondamentalement le contrôle des cœurs et des esprits (par la propagande) et celui de la société (par le parti état et le contrôle de tous les postes importants et secteurs lucratifs). Malgré tout cela, le pouvoir a perdu d'avance la bataille de l’information et chacun connaît aujourd’hui les turpitudes de nos dirigeants. Il a aussi perdu le contrôle de la société par le parti-état, qui ne représente plus rien au Gabon. Il lui reste donc la seule arme qui vaille, le maintient du faux pluralisme, avec toutes les structures requises. Le pouvoir crée des structures politiques supposées être de l'opposition: partis de faux nationalistes, de faux écologistes, fausses associations féminines, et faux grands opposants dit "charismatiques et historiques". Dans le cas spécifique de l'UPG, le parti de Mamboundou, aucun élément de preuve disponible à ce blog ne lui permet d'affirmer que ce parti soit un vrai ou faux parti d'opposition. Mais ce qui est indiscutable est que la posture actuelle de son principal chef, M. Mamboundou, face aux écarts d'Ali Bongo et de son pouvoir et les nominations de son petit frère comme ministre et de sa fille comme haut fonctionnaire dans le même département que le petit frère, laissent des gouts de cooptation par Ali Bongo de certains éléments de cette famille. Si Mamboundou voyait ces agissements comme des risques à sa crédibilité politique à Ndendé et ailleurs, il en aurait dit quelque chose; et si sa famille pensait que l'alliance avec Ali Bongo pourrait tuer son avenir politique, ses membres auraient peut être été plus sélectifs et discrets dans leur adhésion au bongoïsme nouveau. Mais le silence de Mamboundou peut laisser supposer que tout le monde s'accommode de la situation qui voudrait que Mamboundou joue encore les opposants pour "fixer" une partie de son électorat qui risquerait de joindre d'autres formations politiques, que la nouvelle génération de sa famille rejoigne Ali Bongo et entraine une bonne partie de l'électorat UPGiste vers le PDG dans un acte qui mettrait du vent dans les amarres de "l'émergence" et permettra à Mamboundou de passer la main de son parti à cette nouvelle génération résolument bongoïste. Tout ceci avec à la clé des espèces sonnantes et trébuchantes qui remonteraient discrètement jusqu'à celui qui se tait. L'argent n'aime pas le bruit, disait quelqu'un. Le silence peut se monnayer à prix fort dans le contexte actuel et Ali Bongo saura se montrer généreux pour ceux qui l'aideraient à consolider son pouvoir sans trop de heurts.

Tuesday, April 13, 2010

LA BANQUE DE FRANCE ET L'AFRIQUE




La Zone franc regroupe 14 pays d'Afrique sub-saharienne qui sont: le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal le Togo, le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Tchad. Elle est l'aboutissement de l'évolution de l'ancien empire colonial français et de la volonté de la France de maintenir ces pays dans un cadre institutionnel qui lui soit favorable. Comme l'indique le document signé en 1973 entre le ministre Français des Finances de l'époque, V. G. d'Estaing, et le PCA de la BEAC, le Gabonais Paul Moukambi, En matière des finances des pays de la zone Francs, c'est la France qui gère (http://www.beac.int/Textes/beac/CONV%20Coop.pdf).

1. La zone CFA est une union monétaire dont les leviers sont tous contrôles par la France
Juste avant que la France n’accède aux demandes d’indépendance des pays africains dans les années 1960, elle a obligé ces Etats à placer 65% de leurs réserves de change sur un compte du Trésor français, après avoir défini un taux de change fixe du franc CFA. Bien que la gestion de cette monnaie ait été confiée à des banques centrales communes (BEAC et BCEAO), ces banques n’ont en réalité que peu de pouvoir face à la banque de France et ne décident pas vraiment des politiques monétaires de ces pays.

2. Les comptes d'opérations des pays Africains à la banque de France
En 1959, la France regroupe les pays d'Afrique de l'Ouest au sein de la BCEAO; la même année, les pays d'Afrique centrale créent la BCEAEC qui deviendra la BEAC. Ces banques centrales disposent d'un compte dit " d'opérations " ouvert sur les livres du Trésor français, qui garanti la convertibilité de leur monnaie. Les francs CFA ont été jusqu'au 1er janvier 1999 ancrés au franc français. Dès l'adoption de l'euro, la monnaie européenne a remplacé le franc comme ancre monétaire des francs CFA, sans que les mécanismes de coopération monétaire de la zone en soient affectés. La coopération monétaire entre la France et les pays africains de la Zone franc est régie par quatre principes fondamentaux: garantie de convertibilité illimitée du Trésor français, fixité des parités, libre transférabilité et centralisation des réserves de change. Le gros morceau c'est qu'en contrepartie de cette garantie, les banques centrales Africaines sont tenues de déposer une partie de leurs réserves de change auprès du Trésor français sur leur compte d'opérations.

3. Comment les comptes d'opérations Africains profitent à la Banque de France
Le fonctionnement des comptes d'opérations a été formalisé par des conventions entre les autorités françaises et les banques centrales de la Zone franc (voir document ci-dessus). Ils fonctionnent comme des comptes à vue ouverts auprès du Trésor français, sont rémunérés et peuvent, dans des circonstances exceptionnelles (presque jamais réalisées), devenir débiteurs. Toutefois, la France dispose de leviers pour éviter que ces comptes ne présentent durablement un découvert. Ces accords apportent à la France d’immenses avantages. Par exemple, les réserves de change des Etats de la zone franc sont placées sur un compte commun du Trésor français, mais aucun pays africain n’est capable de dire quelle partie de cet argent lui appartient. Les Africains n'ont pas accès à cette information. Seule la France a le privilège d’accéder à ces informations. Donc si un pays veut savoir combien il a, à la Banque de France, c'est cette banque qui lui donnera un chiffre, et ce pays Africains ne pourra faire de verification independante. Et pourtant ces fonds, placés sur des "comptes d’opérations", génèrent des intérêts enormes, à chaque fois que leur montant est supérieur aux besoins d’importation des pays africains concernés. Mais ces intérêts ne sont connus par la seule France. Toutes les opérations liées au franc CFA sont secrètes et seul le Trésor français connaît montant des fonds appartenant aux pays de la zone franc placés sur les comptes d’opérations. Seul le Trésor français peut indiquer le niveau de rémunération ainsi que les frais de gestion de compte. Le système est bancale car la France est juge et partie.

La France encourage les pays de la zone franc à continuer avec le CFA; pourtant, les pays de la zone CFA n'ont pas toujours des meilleures économies que celles des pays ayant leur propre monnaie. Peut-on dire que le Gabon est plus performant que le Ghana qui a sa monnaie, ou l'Angola qui possèdent leur propre monnaie ? Pire, aucun Africain ne siège ni a la Banque de France, ni au Trésor Français; alors que réciproquement, des Français sont installes aux plus hautes sphères de le BEAC et la BCEAO. Jusqu'à quand, l'esclavage?

Monday, April 12, 2010

LE PITOYABLE FOLKLORE POLITIQUE DU PDG




C'est un vieux remake datant du temps du parti unique, une relique, une tradition. Le PDG, "le grand parti de masse", ne saurait rien faire sans tamtameurs, danseuses bougeuses de fesses et griots dithyrambiques. Ils sont dans nos foyers, grâce à la bienveillante RTG1 qui nous tient au courant de ces faits hautement "culturo-politiques", spécialement habillé dans le même style, c'est à dire le pagne Bongo devenu ubiquitaire au Gabon (le fournisseur doit se faire un fric incroyable), la casquette Ali-9 vissée sur le crane. Le scenario est le même qu'on soit à Mandji, Bitam ou Bakoumba, c'est-à-dire une séquence formulaire s'établissant de manière suivante:


1. L'acte premier: les discours des soutiens associatifs
On trimbale un jeune lycéen devant les cameras, on lui met un micro devant la bouche et on lui fait lire un texte stéréotypé dont le point est devenu la grande maxime du Bongoïsme qui se décline de la façon qui suit: "NOUS, jeunes de Mabanda, soutenons le camarade-président et son projet de société bla-bla-bla, et mettons en gardes les vendeurs d'illusions bla-bla-bla…" Le jeune fini laborieusement son texte, et on lui remet sa petite enveloppe pour le coca-cola avec ses amis. Il a fait passer son message, les jeunes de Mabanda, ou de Ntoum, ou de Mekambo sont tous derrière Ali Bongo.

2. L'acte 2: le discours du doyen politique de la région
Si on a beau souvenir, n'est-ce pas le PDG qui promettait d'en finir avec les roitelets et princes politiques régionaux? N'était-ce pas là l'un des actes de rupture qu'était supposé apporter Ali Bongo? Mais bon peut être qu'il a déjà oublié toutes ses promesses. Toujours est-il que ces derniers temps, les doyens politiques régionaux reprennent du service avec l'énergie du désespoir. Un René Ndemezo'o va à Bitam prononcer un discours paternaliste à l'ancienne, à savoir: "on va s'occuper de vous, le PDG va vous soigner, vous éduquer, vous garantir la paix, vous laver, vous habiller, vous bichonner etc.". Suite aux discours de ces grands patrons, que dis-je, ces "doyens politiques", c'est souvent la déferlante des partisans dans les rues villageoises pour des marches de soutien à Ali Bongo, le tout devant les bienveillantes cameras de la RTG1. Pour une chaine de télévision dont les agents se plaignent de n'avoir que peu de moyens, il est quand même bizarre qu'ils arrivent à toujours envoyer une équipe filmer les activités folkloriques du PDG n' importe où dans le pays et en dehors.

3. L'acte 3: les dons aux populations
Le PDG est généreux, très généreux. Ça il faut que les gabonais le sachent. Grâce au PDG, 2 pêcheurs de Lambaréné ont reçu du "camarade" Emmanuel Latte, 2 moteurs hors bords Yamaha. Grâce au PDG, les pêcheurs Apindji de la Ngounié ont un tout neuf moteur hors bord. Grâce au PDG, la caravane médicale est passée par Mitzic et quelques villageois ont reçu des onguents pour traiter leurs rhumatismes. Grâce au PDG, un petit village près de Makokou a reçu 2 brouettes, 4 pelles et des marteaux. Grâce au PDG, un hôpital de Bitam a reçu des mains de Ndemezo'o, 4 lits avec 4 matelas. On entretien la pauvreté, pour ensuite faire semblant de soulager les pauvres avec des dons ponctuelles et symboliques, sans incidence sur la vie de l'ensemble de ces communautés, mais c'est ça la méthode PDG. Construire un pays solide est trop difficile, alors on fait avec les moyens du bord, on fait des dons ici et là et on prétend résoudre les problèmes des populations et du pays.

4. Le dernier acte: la gnole et la bouffe
Là ça devient sérieux, car les gabonais ont très soif et très faim. Alors dans leur infini bonté, les doyens politiques régionaux offrent des repas bien arrosés à la Régab et au Sovibor et son petit frère le Mabouela. Ordre du jour, faire s'empiffrer les villageois, pour leur rappeler qu'au PDG, on sait promouvoir l'alcoolisme et la mendicité villageoise. Ces villageois ne mangeront qu'une seule fois, mais ce n'est pas grave. A défaut d'eau potable, d'électricité fiable, de médicaments en quantité suffisante, on va au moins faire en sorte que les villageois se saoulent bien la gueule. Une fois qu'ils seront bien pétés, ils se souviendront toute leur vie de cette bonne pinte. Et qui leur a payé le vin? Le PDG bien sur.

Comme du temps du parti unique, le rôle de tout membre du parti-état et de tout apparatchik du régime, reste d'informer la population qu'Ali Bongo s'investisse beaucoup dans leur bien être. Même si cet investissement reste invisible, les griots persistent:«le gouvernement déploie des efforts remarquables pour améliorer la vie des citoyens» disent-ils dans tous leurs discours. La situation du Gabon est très sérieuse en ce moment et faire la fête n'est pas vraiment ce dont on le plus besoin les gabonais. De qui se moque-t-on ? À cette époque où il est beaucoup question de paupérisation de la population, voilà que les autorités officielles décident d'organiser ce « folklore » politique dont seuls les débits de boisson sortent gagnants. Quel triste spectacle que celui que donne le PDG, on y observe la concrétisation de la célèbre formule de Juvénal : « Du pain et des jeux » en lieu et place de vrais débats et de vrais initiatives. Le type d’événements qu'organisent le PDG n’a rien de commun avec ni la politique responsable, ni la culture de nos peuples. Le PDG se donne avant tout prétexte de défoulement et surtout de beuverie, pour abrutir encore un peu plus les Gabonais et les enfoncer plus profondément dans la dépendance. Plus les Gabonais seront dépendant, plus ils auront besoin du PDG.