Saturday, July 31, 2010

L’ART DE METTRE LA CHARRUE AVANT LES BOEUFS. CE N’EST QUE MAINTENANT QUE MARTIN MABALA FAIT L’ÉTAT DES LIEUX DE LA FILIÈRE BOIS.





Suite à l’interdiction de l’exportation des grumes par le régime Ali Bongo, tous les observateurs raisonnables de la situation dans la filière bois, au Gabon, constatent presqu’unanimement que la montagne accouche d’une souris. Empêtré entre sa logique habituelle d’effets d’annonce pour démontrer qu’il agit, le gouvernement semble tout simplement s’orienter vers la fuite en avant. C’est Martin Mabala, le ministre du département en charge de l’économie forestière, qui après avoir destitué bien des familles gabonaises, est allé sur les lieux du crime ces derniers jours, constater comment des compatriotes étaient en train de subir de plein fouet les effets de la crise du bois, qui aurait put être évitée, si le pouvoir avait été plus stratège et moins porté sur la politique spectacle.

1. L’attitude hypocrite d’un régime qui crée un désastre économique pour ensuite aller consoler les victimes de ce désastre avec des promesses pieuses.
Tout le monde est unanime, personne ne conteste le désir d’un état à l’industrialisation ; ceci est clair. Mais cette industrialisation doit suivre un schéma directeur clair avec des étapes précises et des objectifs prévisionnels établis. Malheureusement, force est de constater que la mesure d’interdiction d’exportation de bois a été décidée sans une étude solide préalable qui aurait permis d’endiguer les effets néfastes de cette interdiction. Quelques mois seulement après la mise en place effective de cette mesure, on s’aperçoit qu’elle a créé la dépossession d’une grande partie des nationaux qui œuvraient dans le secteur. En fait, il est désormais impossible aux émergents de passer sous silence le fait que la grande majorité des nationaux employés du secteur, sont aujourd’hui sur la paille. Aujourd’hui, ce même gouvernement, à l’origine de ce cataclysme économique pour ces gens ayant perdu leur principale source de revenu, veut faire croire qu’il se préoccupe du pouvoir d’achat de ces infortunés, en allant leur rendre visite dans leurs camps dévastés par le chômage et l’incertitude économique. Où sont donc les fameuses mesures d’accompagnements dont parlaient Mabala quand il est passé sur le plateau de la RTG1, dans l’émission « La Grande Interview » ? Finalement, force est de constater que ces mesures d’accompagnement n’ont jamais existées, et que le préjudice de perte d’emploi porté à ces familles restera entier. De plus, les grandes entreprises du domaine du bois dont les émergents nous disaient qu’elles étaient prêtes à bâtir des usines de transformation au Gabon, ne manifestent aucun enthousiasme dans ce sens.

2. L’attitude absurde d’un gouvernement qui dit aux gabonais qu’il va les enrichir en les appauvrissant.
A chaque fois qu’un émergent ouvre la bouche, on n’entend dire que : « les gabonais ne travaille pas ; il faut mettre les gabonais au travail ; il faut que les gabonais développent le sens des affaires ; il faut que les gabonais s’intéressent aux métiers non bureaucratiques etc. » Très bien, mais paradoxalement, le secteur bois est le domaine où on trouvait de nombreux gabonais qui s’essayaient encore dans l’ambition non « fonction publique », et dans le travail dur qui paie son homme à la sueur de son front. Et paradoxalement la majorité de ces gabonais sont aujourd’hui sur le carreau. Nous avons malheureusement constaté que l’attitude gouvernementale, par la visite abrégé de Mabala auprès des populations sinistrées par les décisions du régime, serait de démontrer que la planification soit futile pour les émergents. La responsabilité ne semble pas être une valeur intériorisée par ce régime, car leurs décisions sont souvent marquées par la négligence à mesurer et prévoir les conséquences de ces sentences et mettre en place des mécanismes permettant l’amortissement de leurs effets.

Va-t-on en vouloir aux gabonais de développer un scepticisme face à ce régime, quand on voit que ses décisions ont l’effet de décourager les gabonais les plus travailleurs et les plus indépendants de l’état. Chers lecteurs, les opérateurs économiques nationaux ont une éthique du travail qui est très différente de celle de nos émergents qui, à la personne près, à part un ou deux, ne savent rien faire de leur 10 doigts. Ils ne comprennent donc rien aux sacrifices qu’il faut pour monter sa propre petite exploitation forestière, comme l’ont fait des compatriotes aujourd’hui sur la touche économique. Et ces émergents nous demandent à tous, de respecter poliment, sans rien dire, leur ruine de la vie de certains compatriotes. A moment donné ça cesse d’être drôle, car il y a des familles qui subissent de manière traumatisante, tous ces décrets mal pensés.

Friday, July 30, 2010

NOTRE REVUE DE L’ÉMISSION « LE GABON 50 ANS APRÈS L’INDÉPENDANCE ». ET COMMUNIQUÉ DE L’UPG-AMÉRIQUE DU NORD




1. Jules Bourdes Ogouliguende et Professeur Minso dans une forme éblouissante, une Pierrette Djouassa dépassée par le débat.
Nous avons régressé ! Faut-il accepter une présidence à vie au Gabon ? La phrase est de Jules Bourdes-Ogouliguende. Il l’a prononcée au cours d’une émission télévisée dont le titre est : « Le Gabon 50 ans Apres L’Indépendance ». Le sujet ce jour là était : « Les Evolutions Constitutionnelles au Gabon 1969-2010 ». Cette émission avait 2 autres participants le Prof. Minso et Pierrette Djouassa. Si le professeur Minso a été d’un apport essentiel à l’émission, par contre elle aurait pu se passer de Pierrette Djouassa, car ses contributions étaient généralement de long silences, et les rares fois où elle a ouvert la bouche, ça a été pour sortir des banalités qui en fin de compte n’informaient personne. Mais notre attention a été surtout retenue par l’analyse de Jules Bourdes-Ogouliguende qui, sans langue de bois, a déclaré que le Gabon allait à reculons face au reste du monde, et cela principalement à cause de certains vides juridiques absolument inadmissibles dans un pays qui se veut de droit. JBO s’est inquiété du fait que malgré les 2 chambres du parlement, de la cour constitutionnelle et d’autres institutions susceptibles d’initier ou interpréter les lois, personne au Gabon ne pouvait vous dire quelle était la durée d’une présidence. Nous savons tous qu’au Gabon, les mandats sont de 7 ans. Mais ces mandats sont-ils illimités en nombre? Apparemment oui, puisque Bongo est mort au pouvoir, et son fils qui l’y a succédé s’embarque dans la même galère illimitée dans le temps. En fait, JBO a dit que la présidence au Gabon semblait être une fonction a vie, car le vide juridique a ce sujet permettait qu’un individu comme Omar Bongo s’éternise au pouvoir jusqu'à ce que mort s’en suive, et que rien n’empêchait son successeur de fils d’abouler dans le même sens. Deux présidences à vie d’affilées, avec un père mort au pouvoir qui se voit succéder par son fils lui aussi déterminé à crever au pouvoir ; ce serait certainement là un nouveau record mondial du genre.




2. David Ella Mintsa veut forcer les panelistes à donner un satisfecit prématuré à « l’émergence »
Dans une autre émission de la série « Le Gabon 50 ans Après L’Indépendance », le thème « Quels Enjeux pour le Développement Durable ? » a été débattu, avec pour panelistes : le professeur Zomo Yebe, doyen de la faculté de droit et sciences économiques de Libreville, Nicaise Moulombi de la société civile, Anaclet Bissielo, sociologue, et Georgette Koko, sénateur. Le débat a porté essentiellement sur la capacité du Gabon à répondre aux besoins du présent sans compromettre les chances des générations futures de pouvoir bénéficier d’un environnement propice. Il s’agissait donc de faire un certain inventaire de la manière dont le Gabon essaie de concilier développement économique et social et qualité de l’environnement. Le débat fut de bonne qualité avec des participants ayant une bonne maitrise du sujet, même si trop souvent, Georgette Koko se faisait l’écho sonore du professeur Zomo Yebe, par des onomatopées généralement cocasses. Mais le plus drôle de la soirée arriva quand Nicaise Moulombi a fustigé le fait que les parcs nationaux soient dorénavant gérés par la présidence, et non par le département des eaux et forêts ou de l’environnement. Nous faisons aussi remarquer que l’émission n’a pas du tout fait état de la décision d’Africa’s Eden de se retirer de Loango, ce qui est quand même surprenant quand on parle de développement durable. Donc suite au réquisitoire de Moulombi, David Ella-Mintsa se mit à énumérer les nombreux effets d’annonce à l’actif d’Ali Bongo, et de demander aux panelistes de reconnaitre que des choses étaient en train d’être faites grâce au programme ‘d’émergence ». C’est le professeur Zomo Yebe qui a ramené David Ella-mintsa sur la terre ferme, en lui rappelant que rien de ce qu’il avait énuméré n’avait été déjà réalisé, donc aucune appréciation ne pouvait être objectivement faite. Et Nicaise Moulombi de renchérir qu’il espérait que tous les chantiers annoncés ne restent pas que des éléphants blancs. C’était une façon polie, de la part de nos deux panelistes, de dire à David Ella-Mintsa que son griotisme allait un peut vite en besogne. Nous avons bien rigolé.


3. Communiquée :

Chers compatriotes,

Après les marches du Département d'Etat et de la Maison Blanche, le tour revient à l'Ambassade de France. Une marche de protestation est prévue le 17 Aout 2010 devant le portail central de l'Ambassade de France à Washington. Les informations et le programme vous seront communiqués dans les jours qui suivent.
Nous prions d'ores et déjà tous les gabonais de se mobiliser pour cet évènement. Apres 50 ans ''d'indépendance'', tout ce que les gabonais ont eu comme souvenir et acquis est Omar Bongo et son héritier monarchique Ali Bongo. La monarchie et le Bongoïsme ont été les seuls bénéficiaires de cette indépendance.
Nous prions les gabonais et amis du Gabon de venir ce jour ''remercier" la France pour ces deux dons maudits qu'elle nous a donné et protester contre la Françafrique.


André Bouassa

UPG Amérique, membre de la coordination de la marche

Wednesday, July 28, 2010

SERAPHIN MOUNDOUNGA CRIE BEAUCOUP; MAIS DANS SES DECIBELS, PAS BEAUCOUP DE RAISON



A écouter Séraphin Moundounga crier et vociférer comme un troubadour (il en est certainement un de l'émergence!), dans tous les sens, on se demande si ce bonhomme a vraiment réfléchi sur le problème de l'éducation au Gabon. Par exemple, il affirme á répétition que la valeur des examens gabonais a très fortement décliné depuis 10 á 15 ans, et que ce sont les syndicats et ceux qui ont refusé de cautionner Ali Bongo en quittant le PDG qui en sont á l'origine. Non Moundounga, Casimir Oye-Mba, Jean Eyeghe-Ndong ou même Mamboundou ou Mba Abessole, et encore moins les syndicats, ne sont à l' origine du naufrage éducatif du Gabon. Il ne faut pas raconter des bêtises, le système éducatif gabonais est pourri depuis longtemps car nous pouvons vous donner toutes les preuves du sabordage de l'éducation gabonaise par feu Omar Bongo Ondimba et affiliés depuis la fin des années 70.

1. Dans les années 70 on jeta la compétence aux orties en octroyant souvent des bourses d'études pour l'Amérique du Nord et la Roumanie, á de parfaits incapables
Le Gabon suit un système éducatif calqué sur le modèle français. Par conséquent, c'est un système dont la clé d'entrée à l'université est le baccalauréat. On mesure souvent au Gabon l'aptitude à réussir par le baromètre du Bac. On parle de Bac+2, Bac+5, Bac +7, Bac +12, pour définir les différentes catégories de diplômes et en déduire les types d'employés qui en découlent. Le Gabon étant démographiquement faible, il est très facile de recouper l'information et aller vérifier les performances scolaires de telle ou telle personne occupant un poste de haute responsabilité. Ce qui est important ici, n'est pas tant que ça de vérifier si un tel ou un tel a le Bac, mais plutôt de savoir á quel type d'étudiant avons-nous affaire, est-ce un cancre pendant 9 mois puis admis d'office au bac comme par miracle? C'est ce que nous avons fait et obtenu des informations relatives au systématique sabordage de l'éducation nationale par le pouvoir Bongo et ce depuis le milieu des années 70. En effet, nous avons de bonnes sources qui ont été au collège Bessieux, à l'Immaculée Conception, au collège Quaben, au lycée Léon Mba, au Lycée Technique d'Owendo, au Lycée d'état de l'estuaire, et à Raponda Walker. Si vous sortez d'un de ces établissements, il y a moyen de savoir si vous étiez un bon, moyen, ou minable élève, et si votre Bac peut être considéré comme suspect ou pas. D'après nos sources, c'est au milieu des années 70 qu'on a commencé à voir des gens ayant eu entre 5 et 7 de moyenne toute l'année dans nos lycées et collèges réussir brillamment comme par enchantement au Bac. A cette époque, il n'y avait aucun syndicat et tout le monde allait passer le Bac au lycée Léon Mba, et ni Oye-Mba, ni Eyeghe-Ndong, Mba-Obame ou Mamboundou et encore moins Mba-Abessole, n'étaient aux affaires. Il est aussi établi qu'a cette époque, tous ceux qui bénéficiaient de ces Bac miracles étaient invariablement "de la présidence" comme on disait par euphémisme. Nous avons eu un témoignage d'un ainé et ami de ce blog qui nous a affirmé qu'en terminale dans un établissement de la place, un de ses collègues de la "présidence" dont les notes dépassaient rarement les 5-6/20, se ventait de ne pas être inquiet car son Bac était une garantie et son départ pour le Canada une certitude. Nous avons vérifié et cette personne fait, en ce moment, une carrière exceptionnelle aux plus hautes sphères de l'état au Gabon. Nous ne voulons pas nous étendre mais c'est ce genre de comportement de la part de la présidence de la république, qui a tué l'éducation au Gabon. Ali Bongo lui-même est venu passer le Bac au Gabon, lors d'une session exceptionnelle de Septembre qu'avait décrété son père, exclusivement suite à son échec au Bac en France á la session de Juin. Vous vous rendez compte? On passe le Bac en France, on échoue; mais comme papa possède une république bananière, il décrète que fiston viendra réussir au Bac en Septembre dans la bananeraie. C'est ainsi qu'il est venu ramasser le Bac gabonais en septembre après avoir bringué tout l'été à Libreville à chanter avec Jimmy Ondo, ensuite il est reparti en France. C'est ce même Ali Bongo qui aujourd'hui parle d'excellence; mais qui est fou! Encore plus grave, dans le cadre de la coopération avec la Roumanie, des bourses d'études furent mise à la disposition du Gabon pour ce pays. Nous avons connaissance de personnes sans Bac qui bénéficièrent de bourses de catégories pour étudiants avec Bac. Nous ne voulons pas enfoncer inutilement le clou mais là encore le dénominateur commun était que les bénéficiaires de ces passe-droits étaient souvent en affiliation avec la présidence. Comment peut on croire que des gens dont l'existence dépend du dénie de la compétence, soient ceux par qui la compétence va être appliquée. Il ne faut pas se leurrer, ces gens de pouvoir se reserveront toujours la part du lion, dans tous les débouchés, compétences ou pas. Le vers est dans le fruit depuis longtemps et beaucoup de ceux qui crient à "l'émergence" aujourd'hui ont eux-mêmes bénéficiés du système de débasement de l'éducation gabonaise. Alors qu'on arrête la comédie!

2. Quand les diplômes dument obtenus ne servent à rien, alors c'est toute l'éducation qui en perd de son prestige
Séraphin Moundounga n'ignore pas que le Gabon a des médecins formés au CUSS (á l'époque) qui sont très compétents et d'autres sortis du même établissement et en parallèle avec les autres, qui sont de véritables charlatans n'ayant obtenu le diplôme que grâce á une directive présidentielle spéciale qui exigeait que la réussite soit toujours á la clé. Nous sommes près à lui citer des noms si nécessaire. Alors, quand on parle de la culpabilité des syndicats et autres, commençons par le commencement et examinons de fond en comble le problème. De notre point de vue, si la valeur des diplômes a très fortement déclinée au Gabon de nos jours, par rapport à ce que ces diplômes auraient donné trente ans plus tôt, ce n'est pas tant que ça la faute des syndicats, mais celle de ceux qui ont donné ces diplômes á des non méritants. C'est ça l'origine du problème, car á quoi sert il de trimer pendant 7 ans pour être médecin, si un ou une collègue peut arriver comme vous á destination, sans avoir á réellement travailler? De la même façon, á quoi servent le patriotisme et l'amour de la nation, si les élections au Gabon restent systématiquement truquées? Pourquoi un enseignant devrait se motiver s'il sait qu'il vit dans un quartier sous intégré, avec des rats gros comme des chats, sans eau ni électricité? Pourquoi les jeunes au sein des nouvelles générations devraient-ils travailler durs, s'ils peuvent obtenir de meilleurs résultats en faisant la campagne d'Ali Bongo á coup de music rap? D'autant plus que ces jeunes savent que ce n'est pas en ayant des diplômes que l'on est sûr de se loger décemment, ou de trouver une place de choix dans la société. Le système de passe-droit est tellement établi dans la société gabonaise que beaucoup de diplômés légitimes ne peuvent pas trouver des emplois correspondant aux qualifications scolaires qu'ils ont reçues, car ces emplois sont gangrenés par des "ayant droits arrogants". Beaucoup de ces jeunes diplômés restent ainsi aux crochets de leurs parents jusqu'à des âges vénérables, en raison d'une correspondance décroissante entre leurs qualifications et les emplois réels disponibles dans la société. Ce phénomène structurel est très lourd à porter. Il donne un sentiment délétère chez les parents qui se disent que leurs enfants, avec de nombreuses années d'études en plus, se retrouvent plus bas qu'eux-mêmes dans la société.

Quand Moundounga accuse les syndiqués, il oublie d'avouer qu'au Gabon, tout est mis en œuvre pour que l’école ne produise pas de véritables fruits, car tout est manipulé; de l'attribution des bourses aux embauches une fois les diplômes obtenus. Il y a aussi la précarité des enseignants qui empiète sur leur vocation et met leur conscience professionnelle à rude épreuve. La qualité des enseignants ne peut que s'en ressentir. Comment peut-il en être autrement quand ces enseignants font généralement de mauvaises entrées dans la vie active avec de longues périodes sans salaire qui ont des conséquences de longue durée. La fracture de l'éducation est là, mais on ne voit pas les dispositifs permettant de pallier aux difficultés. C'est bien beau de venir accuser les gens sur la place publique, mais Séraphin Moundounga devrait pousser l'analyse et la réflexion plus loin au lieu de jouer simplement au ventriloque émergent.

LA PREMIÈRE DÉCLARATION TÉLÉVISÉE DU FUTUR PRÉSIDENT DU GABON ; TANDIS QU’Á ATONG-ABÈ LA ROUTE DE L’ÉMERGENCE RESTE COUPÉE





1. La présidence héréditaire au Gabon, a de beaux jours devant elle
Les incongruités de l’émergence ne ratent jamais une occasion de s’immiscer de force dans le quotidien des Gabonais. C’est ainsi qu’aujourd’hui, les téléspectateurs du journal télévisé de la RTG1, dans son édition principale de 20h, ont pu regarder un élément concernant la famille présidentielle Gabonaise. Cet élément faisait référence à la remise de dons (quoi d’autre?) par cette famille, à des désœuvrés dans un quartier sous intégré. L’objectif de la diffusion de cette bouffonnerie sur la RTG1 étant de démontrer le caractère « généreux » de cette famille. Cette occasion a aussi servi de plate forme pour l’introduction du fils d’Ali Bongo comme porte parole de circonstance des activités de charité de sa mère ; une occasion pour lui de faire connaissance avec « son » futur peuple, car il n’y a pas de doute, nous avons été introduit au futur président du Gabon. Grace à ces présentations, nous ne serons plus surpris quand, le dauphin sera bombardé dans quelques années auprès de son père en qualité de conseiller de quoi de quoi ! Ni son jeune âge, et encore moins son inexpérience ne plaidera contre lui, et ses nominations aussi rapides que vertigineuses, le porteront aux portes du pouvoir, comme super ministre des finances, de l’éducation émergente (car le Gabon sera toujours en cours d’émergence, vous vous en doutez bien), des affaires étrangères et de la défense. Nous pouvons déjà imaginer son assurance et sa sérénité lors des obsèques de son père (qui mourra lui aussi au pouvoir, vous l’aurez deviné) sachant que son intronisation ne serait qu’une question de temps ; la chasse qui sera faite à tout ceux qui auront la témérité de penser que le pouvoir puisse échoir à d’autres gabonais que les Bongo. Dans le climat de peur qui s’en suivra, ceux qui voudront continuer à manger iront prêter allégeance et le jeune premier qui serait le nouveau Bongo-Ondimba président du Gabon, troisième du nom et millésime 2030, nous promettra un Gabon « … » (mettre entre les crochets le slogan de votre choix qui sera peut être à la mode en 2030). Comme il faut s’y attendre, une vaste campagne de presse sera ouverte pour rendre Bongo-Ondimba troisième président successif du nom, populaire aux yeux du peuple gabonais. La RTG1 ira même le filmer en train de manger dans les dos tournés de la ville avec autour de lui les 3 acolytes de Pluriel qui auraient pris un sacré coup de vieux mais ne s’empêcheront pas de littéralement « s’extasier » sur le fait que « le président mange des coupé-coupés avec les gabonais de la rue ; et on nous présentera ça en boucle à la télévision. Et des intellectuels un peu imposteurs sur les bords, viendrons nous dire que cette succession programmée à la présidence gabonaise représenterait la meilleure garantie de la poursuite de la politique de paix et du maintien de la stabilité au Gabon. Et la proverbiale boucle sera bouclée, nous serons partis pour un autre 40 ans supplémentaire de Bongo.



Le chantier émergent d'Atong-Abè est abandonné. La route reliant Nkembo à la Gare Routiere est coupée

2. Un chantier émergent qui est l’illustration même des mystifications en vigueurs au Gabon
Depuis bientôt un an, les riverains du chantier sur la route d’Atong-Abè subissent des nuisances de mobilité, suite au blocage de cette route par des travaux qui avaient été annoncés par les émergents pour 3 mois, mais qui ne sont toujours pas achevés après près d’un an. En fait, ces travaux sont tout simplement abandonnés en ce moment, et la route reste bloquée. Les riverains expriment leur ras-le-bol. Pourtant, comme à leur habitude, les effets d’annonce étaient très vociférant. Les émergents promettaient de refaire cette partie de la route en 3 mois. Au début du chantier, ce fut le pompon. Mais petit à petit, au fil du temps, les travaux ralentissaient, jusqu'à ce qu’à mi chemin, sans trop savoir pourquoi, l’entreprise chargée des travaux, arrêta carrément et abandonna le chantier, laissant la route coupée et les riverains sans explications. Depuis plusieurs mois donc, les travaux sur ce chantier ne finissent pas de finir. Regardez bien l’image ci-dessus : vous inspire t-elle un sentiment d’avancée vers l’émergence ? Vous incite t-elle à faire confiance à ce régime ?

Tuesday, July 27, 2010

COUP DUR POUR L’EMERGENCE, LE TOUR OPERATEUR « AFRICA’S EDEN » SE RETIRE DU PROJET LOANGO. AIE ÇA FAIT MAL! LE GABON VERT SUBIT UN REVERS.





Le 16 Mai 2010, le New York Times publiait un article de Nicholas Kristof, qui visitait le parc national de Loango. Mais cet article comportait un signe avant coureur qui aurait du nous mettre la puce à l’oreille. L’article décrivait la rencontre à Gamba entre le journaliste Nicholas Kristof et une bouillante gabonaise répondant au nom d’Evelyne Kinga. Cette gabonaise ne s’est pas embarrassée de cérémonial ; elle a carrément déclaré au journaliste du New York Times : « les parcs du Gabon c’est pour les étrangers et les riches gabonais. Les gens ordinaires comme nous n’y sont pas associés ». Et le journaliste d’écrire que cette femme l’a vraiment marqué et il se mit à se demander si le model touristique que le Gabon voulait lancer, en vue de diversifier (soit disant) son économie, était adapté à sa société et si le Gabon pouvait réussir cette entreprise en n’y associant pas les nationaux ordinaires, mais plutôt des opportunistes comme Michael Fay et Lee White, des néo-conquistadors qui voient en la forêt équatoriale, le nouvel or vert qui fera leur fortune. De manière prémonitoire, l’article déduisait que le model d’écotourisme qu’envisageait le Gabon ne montrait pas de signes de viabilité économique. Aujourd’hui, l’annonce du retrait du tour operateur « Africa’s Eden » donne raison au pressentiment du journaliste du New York Times.

La nouvelle a été annoncée ce lundi 26 Juillet au matin, dans un journal de voyage britannique, The Travel Daily, sous le titre : « Africa’s Eden ceases to promote Gabon », ce qui donne en français : « Africa’s Eden arrête la promotion du Gabon ». Ce tour operateur était installé dans 3 pays de notre sous région, la RCA, Sao Tome et le Gabon. Ce tour operateur a son siège aux Pays-Bas, et gérait au Gabon, les accommodations du parc de Loango. Comme nous savons que les émergents ne vous donneront jamais la primeur de ce retrait dans leur presse aux ordres, nous sur ce site vous livrons dans son intégralité, ci-dessous, le point de presse, en français, que la principale responsable de « Africa’s Eden » a rendu public ce lundi matin. Les journaux des « émergents », et leurs stations de télévision qui vous les bassinent avec leurs tournées inutiles à l’intérieur du pays, ont certainement honte de vous dire que le fameux « Gabon Vert » qui devait être l’un des piliers de « l’émergence » vient de prendre une gifle en aller-retour, assortie d’un bon mangamba étranglé ! Oh secours, l’émergence étouffe. L’article ci-dessous met en évidence les grosses carences des « émergents ».



LOANGO, LE PARC NATIONAL PHARE DU GABON DEVIENT INACCESSIBLE

Africa’s Eden SA, le principal opérateur touristique au Parc National de Loango, un parc décrit comme « le joyau de la couronne » du Gabon, a annoncé aujourd’hui qu’il se verra forcé d’abandonner ses activités d’écotourisme dans le parc à partir du 1er septembre 2010.
La décision a été prise bien que l’actionnaire de Africa’s Eden ait investi plus de 15 millions d’Euros au cours de ces neuf dernières années dans l’accès à l’aviation, l’infrastructure touristique, ainsi que la conservation de la nature : par la construction de logements, d’écocamps, la formation du personnel gabonais et des écoguides, et en donnant son soutien à la recherche et aux études de suivi en faveur de la conservation de l’exceptionnelle faune et riche biodiversité de Loango.

Ceci signifie que le Loango Lodge, qui depuis 2001 a accueilli des milliers de touristes internationaux pour leur faire découvrir les forêts à la faune abondante et le littoral du Gabon épargné par l’homme, ferme ses portes indéfiniment.

AFRICA’S EDEN SA SE RETIRE DU GABON
Ce départ est le résultat d’un échec des négociations suite à un différend opposant les autorités de l’aviation civile du Gabon (ANAC) et la société apparentée de Africa’s Eden, SCD Aviation, qui gérait une compagnie aérienne permettant de transporter les touristes de la capitale Libreville au parc.

Même le soutien actif des membres clefs du gouvernement gabonais n’aurait pu prévenir les graves conséquences d’une autorité de l’aviation civile défaillante (ANAC), autorité qui n’a pas su créer les conditions nécessaires à des transports aériens réguliers et sûrs : SCD Aviation s’est constamment vu refuser le renouvellement de son Certificat de Transporteur Aérien (CTA) bien que présentant toutes les conditions requises.

Une autre conséquence de cette situation épineuse est le fait que l’Union Européenne ait mis sur liste noire toutes les compagnies aériennes gabonaises en 2008, date à laquelle un grand nombre de déficiences furent constatées concernant la capacité de l’ANAC à « remplir ses responsabilités de surveillance en matière de sécurité », comme l’indiquait la Commission de la Commission Européenne. « Plus de 93% des normes de l’OACI n’étaient pas mises en oeuvre ». Ceci est le pourcentage le plus faible de tous les pays audités, et fait de l’ANAC au Gabon l’une des autorités de l’aviation civile les moins performantes du monde.

« Nous avons fait de nombreuses tentatives pour résoudre ce différend à l’amiable depuis maintenant plus d’un an », précise Robert Swanborn, le fondateur de Africa’s Eden et SCD Aviation. « Les événements actuels et les conséquences empêchant d’opérer nos avions ont handicapé financièrement notre organisation, ne nous laissant d’autre choix que de prendre cette mesure drastique ». Et d’ajouter : « Nous sommes profondément déçus étant donné qu’une solution aurait bénéficié toutes les parties impliquées, les Gabonais en fin de compte ».

Un procès a été entamé à l’encontre des autorités de l’aviation au Gabon afin de réclamer des dédommagements pour les pertes financières subies par SCD Aviation et Africa’s Eden.

DE GRAVES CONSEQUENCES POUR LE SECTEUR TOURISTIQUE ET DE CONSERVATION DU GABON
Feu le Président du Gabon, Omar Bongo, était célébré pour son leadership dans la conservation. En 2002, il affecta plus d’un dixième de son pays aux 13 parcs nationaux, plaçant la pierre angulaire de l’écotourisme, et s’attirant les acclamations de la communauté de conservation internationale.

Lee White, le chef de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux du Gabon (ANPN), décrivait le Parc National de Loango en 2007 comme « le joyau de la couronne » des 13 parcs nationaux du Gabon. « C’est vraiment un bon exemple de conservation qui se réalise sur la base d’une infrastructure touristique bien organisée », expliquait-il.

« La fermeture du Parc National de Loango est un véritable revers dans le développement du tourisme durable au Gabon, » remarque Jacqueline van den Broek, directrice des ventes et marketing de Africa’s Eden. Elle précise que Africa’s Eden était le principal opérateur de tourisme au Gabon et qu’il avait permis au pays de gagner une immense exposition médiatique grâce à ses activités promotionnelles dans les salons internationaux et médias de renom tels que le National Geographic et la BBC. En 2008, Africa’s Eden a gagné le British Guild of Travel Writers’ Best New Overseas Destination pour ses activités au Parc National de Loango au Gabon. Le British Guild of Travel Writers est la principale organisation d’écrivains de voyage professionnels.

« À partir d’aujourd’hui nous arrêtons de promouvoir et de vendre le Gabon comme destination touristique. Les dommages sont considérables : plus de 125 employés seront licenciés et des millions d’Euros investis dans le tourisme seront perdus, et ceci indépendamment des 3 millions d’Euros que Africa’s Eden a contribué à la recherche, la conservation et l’éducation dans le parc. »

Le parc accueille une variété de projets scientifiques, nombre d’entre eux étant en partie financés par l’argent provenant du tourisme, étant donné que Africa’s Eden opérait sous l’éthique du « tourisme paye pour la conservation ». Ces projets comprennent la recherche et des études de suivi sur les baleines, lamantins, crocodiles et tortues par la Wildlife Conservation Society (WCS) et le World Wildlife Fund (WWF). Dans le nord du parc, des primatologues de l’Institut Max Planck ont été les pionniers dans l’habituation des gorilles des plaines de l’ouest et les chimpanzés, et on espérait que les touristes puissent enfin les voir. Au parc, un autre projet pionnier de sanctuaire pour gorilles et de réinsertion a aussi été financé par Africa’s Eden et fait les gros titres internationaux lorsque six gorilles nouveau-nés et juvéniles des pleines, légalement confisqués et sauvés du commerce de la viande de brousse, ont été transférés sur une île en sûreté dans la Lagune de Fernan-Vaz en dehors du Parc National de Loango en juillet 2009, et considéré comme le premier transfert réussi.

Néanmoins, les projets de conservation de la nature à Loango font maintenant face à un futur incertain.

AFRICA’S EDEN CHANGE D’ORIENTATION
L’orientation du groupe d’investissement international soutenant Africa’s Eden va dorénavant se tourner vers des investissements dans le développement durable sur l’île de Príncipe, une île tropicale au large des côtes de l’Afrique de l’ouest, et dans la Réserve de Dzanga-Sangha en République de Centre Afrique.

Un autre communiqué de presse est à prévoir le 15 Août. Il porterait sur un projet de 35 millions d’Euros ayant but de créer un développement économique durable pour l’ensemble de l’île de Príncipe basé sur l’écotourisme. Les investissements prévus sur l’île sont d’ordre logistique, touristique et d’infrastructure de parc national.

HISTORIQUE
Depuis sa création en 2001, Africa’s Eden SA a eu pour but de développer un écotourisme à faible impact et la conservation dans le Parc National de Loango au Gabon, se basant sur le concept du « tourisme paye pour la conservation ». SCD Aviation SA a été mise en place simultanément pour opérer comme transporteur régional de Libreville vers les principales capitales en Afrique centrale de l’ouest et vers les parcs nationaux.

Le Parc National de Loango dispose d’un littoral épargné par l’homme s’étendant sur 100 kilomètres où les éléphants et les buffles se promènent en liberté. On y trouve un lodge principal avec logement de type bungalow de luxe surplombant une lagune, et cinq camps satellite confortables avec vue sur une mosaïque de savane ouverte, plage désertée, forêt tropicale et rivières. Les activités de safari incluent des tours en brousse, du kayak, des randonnées en forêt, l’observation des gorilles et oiseaux, et le parc est aussi reconnu pour être un site de pêche sportive de tarpon et barracuda.

Les revenus générés par Africa’s Eden sont réinvestis dans la recherche, la conservation, la gestion du parc et des activités éducatives dans le Parc National de Loango. Plus de 3 millions d’Euros ont été attribués à des partenaires dans la conservation tels que l’Institut Max Planck, la Wildlife Conservation Society, à des chercheurs d’universités renommées et locales, et à une école primaire locale.

Basé sur le concept du « Tourisme paye pour la Conservation », le bureau des ventes internationales et de marketing de Africa’s Eden aux Pays-Bas (www.africas-eden.com) continuera à organiser des voyages exclusifs sur les îles de São Tomé & Príncipe et la Réserve de Dzanga-Sangha dans la République de Centre Afrique.

Jacqueline van den Broek, Africa’s Eden

Monday, July 26, 2010

CERTAINES RÉGIONS DU GABON ONT DÉJÁ CONNU DES ANNÉES AGRICOLES GLORIEUSES. POURQUOI PRÉTENDRE QU’IL FAILLE REPARTIR Á ZERO ?




Le ministre de l’agriculture, Raymond Ndong Sima passait ce jour sur la RTG1 pour présenter son secteur et parler des différentes initiatives qu’il mènerait pour redresser le secteur agricole au Gabon. Bien que la franchise oblige à reconnaitre qu’il faille laisser du temps pour que les mécanismes de ce « supposé » redressement prennent formes, nous avons été surpris du fait que Raymond Ndong Sima a semblé ne pas du tout se souvenir que la pratique d’une agriculture efficace n’était pas du tout étrangère aux paysans gabonais. Par son discours, il semblait évoquer la nécessité de réapprendre aux gabonais à cultiver les mêmes produits que nous avons toujours cultivés depuis nos ancêtres, ce qui est une erreur fondamentale. Les Gabonais savent cultiver, ce qu’il faut c’est de leur permettre d’écouler le produit de leur labeur sur les marchés à des couts de production et de revient qui stimuleraient nos paysans. Les raisons des contres performances du Gabon en matière agricole sont connues, et le manque de technicité n’est pas la raison principale de l’abandon de l’agriculture par beaucoup de gabonais.

1. Les gabonais peuvent efficacement cultiver, les preuves…Nous avons été très frappé d’entendre Raymond Ndong Sima mettre l’accent sur les particularités méthodiques de notre agriculture qu’il trouvait défaillantes ; c'est-à-dire que selon lui, le gros problème de notre agriculture serait les méthodes utilisées qui ne seraient pas modernes. Nos friches et nos jachères, bref nos rotations agricoles, ne seraient pas pour lui appropriées à une agriculture efficace. Permettez nous d’indiquer à Raymond Ndong Sima qu’il se trompe, car si nous pensons qu’il a raison de vouloir moderniser l’agriculture gabonaise, il ne faut pas qu’il prétende que nous soyons dans une situation de tout ou rien, car nos méthodes artisanales ont été efficaces dans le passé, non seulement au Gabon mais aussi ailleurs en Afrique ; et que si des pays comme le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont des géants MONDIAUX dans certains secteurs agricoles, c’est grâce à ces méthodes artisanales d’abord, qui ont été par la suite améliorées. Donc quand il dit que nos méthodes sont mauvaises, c’est une fuite en avant car nos parents avaient des productions cacaoyères et caféières qui rivalisaient avec celles du Cameroun qui était 10 fois plus peuplé à l’époque. Nous produisions un tonnage d’hévéa qui était très appréciable à l’époque. Aujourd’hui, les 90% des plantations cacaoyères et caféières sont abandonnées, il y a aussi des centaines d’hectares d’hévéa qui sont abandonnés à la brousse. Ces abandons ne proviennent pas d’un manque de savoir faire des paysans ou de leurs descendants, mais plutôt du fait qu’après des décennies de productions concluantes, les soutiens à la filière café-cacao et hévéa furent arrêtés au Gabon. N’ayant plus un réseau d’acheteurs fiables et réguliers, et ne pouvant pas aller vendre eux-mêmes leurs produits aux acheteurs occidentaux sans l’entremise de l’état, les planteurs gabonais livrés à eux-mêmes durent abandonner car le secteur n’était plus rentable. Voila la principale raison de l’abandon par les gabonais de l’agriculture et non pas tant que ça le manque de technicité. Il faut aussi souligner qu’autour de ces cultures de rentes qui étaient très lucratives à l’époque pour nos paysans, il s’effectuait de la culture vivrière plus ou moins extensive dont les produits étaient écoulés dans les marchés locaux. C’est ainsi que la banane, le manioc et le taro gabonais dominèrent dans nos marchés par le passé. Il y a même eu des millionnaires agricoles au Gabon dans les années 60-70. Ce n’est qu’à partir du moment où les agriculteurs gabonais n’ont plus été en mesure de vendre à profit leurs cultures de rentes, qu’ils abandonnèrent les plantations pour d’autres activités car il fallait bien gagner de l’argent. Et c’est aussi à partir de ce moment là que le Cameroun est devenu le principal pourvoyeur du Gabon en produits agricoles.

2. La formulation des politiques agricoles est un exercice important et délicat
A la question de savoir pourquoi les gabonais se désintéressaient à l’agriculture, Raymond Ndong Sima a répondu que la raison était peut être due au manque d’exemple d’agriculteurs aisés au Gabon, et que si plus de gabonais voyaient les riches fermiers américains, ivoiriens, burkinabè ou camerounais, peut être que les gabonais comprendraient que le travail de la terre puisse rapporter gros. Mais Raymond Ndong Sima a oublié de préciser que dans ces pays, l’agriculture était un domaine de souveraineté très subventionné ; que dans ces pays, l’autosuffisance alimentaire était un objectif nationale, ce qui n’est pas le cas au Gabon où on consomme 80% de produits importés sans que personne ne s’en émeuve. Donc, comme dans les pays qu’il a cité, si Raymond Ndong Sima veut stimuler la production agricole au Gabon, il faut fortement la subventionner comme cela se fait dans tous les pays agricoles du monde. Même la France qui sert de modèle aux émergents, a une des subventions agricoles les plus élevées au monde. Si nous voulons que la banane plantain et les tubercules gabonaises dominent dans nos marchés, il faut :
a) Défiscaliser les outils, matériels et équipements agricoles en vue de favoriser leur achat par les des privés au revenus bas ou moyens.
b) Soutenir par des subventions le prix des engrais. Cette mesure fera chuter le prix d’achat des engrais et autres produits phytosanitaires de 40 à 50%, et les mettra a la portée de petits revenus
c) L’aménagement et le désenclavement des zones de production. Ceci est le plus gros problème aujourd’hui.
d) Susciter le dynamisme du marché interne et externe en créant des conditions d’écoulement de la production. On ne peut pas demander à l’agriculteur d’être à la fois à la plantation et au marché ; il faut une division du travail où chacun aura sa tache. Faute d’infrastructures adaptées, la production rurale pourrira comme par le passé et les agriculteurs vont se décourager à nouveau.

En somme, on ne peut pas ignorer qu’il faille faire des efforts considérables pour répondre aux besoins en vigueur si le Gabon doit retrouver ses lettres de noblesses agricoles. Un dispositif particulier peut, à très court terme, être mis en place pour commencer à régler certains problèmes relatifs à la commercialisation des produits de base dans une perspective de promotion du revenu des producteurs nationaux. La défiscalisation des outils et matériels agricole ainsi que la suspension des taxes à l’importation de certains engrais, devrait être poursuivie immédiatement. Au finish, un plan d’urgence avec ces composantes, devrait permettre d’enrayer progressivement le paradoxe de l’économie gabonaise qui importe en masse ce qu’elle peut produire (banane, taro etc.).

Sunday, July 25, 2010

"THE ECONOMIST" PENSE QUE LA POLITIQUE DE LA FRANCE DANS SON PRE CARRE AFRICAIN N'A PAS CHANGEE D'UN IOTA.




The Economist, un des magazines économiques les plus prestigieux dans le monde vient de donner son verdict, la politique de la France reste inchangée. Nous vous donnons ici un résumé de l'article (en Anglais).

Nous vous livrons ici de contenu de l'article de "The Economist" (anglais).


France beckons Africa

Please still need us

They say the old habits will end. Really?

Jun 3rd 2010 | PARIS

WHEN France’s president, Nicolas Sarkozy, first took office he treated Africa chiefly in terms of visas, immigration and security. When he was the interior minister, those were his main dealings with it. Unlike his predecessor, Jacques Chirac, he was not naturally drawn to the continent or its culture. In his first three years, Mr Sarkozy did not hold a single France-Africa summit. He once declared that “economically, France does not need Africa.”
So why did he ask 38 African heads of state and government to a jamboree in Nice this week? One reason is the 50th anniversary this year of the granting of independence by France to 14 of its former sub-Saharan colonies. As a mark of respect, African troops will march beside French ones in the July 14th Bastille Day parade in Paris. Another is Mr Sarkozy’s effort to promote Africa on the world stage. In Nice he said the absence of a permanent African seat on the UN Security Council was “absolutely abnormal”.
Above all, though, France has belatedly realised that, while it has gradually retreated, the Chinese, Indians and others have trampled straight into its backyard. Even in French-speaking parts, French firms are being squeezed by competition from Chinese and Indian business, for commodities as well as infrastructure projects, at a time when the region’s economy has begun to grow fast. China has now overtaken France as sub-Saharan Africa’s leading trading partner. Hence the 200-odd businessmen whom Mr Sarkozy invited to Nice, a first for this sort of summit. Hence also the presence there of English-speaking leaders, notably South Africa’s Jacob Zuma, who was treated to a gastronomic lunch à deux, and Nigeria’s Goodluck Jonathan.
Whether Mr Sarkozy can promote French firms without returning to the bad old ways of françafrique—that web of influence, soldier-rulers and petro-dollars—remains to be seen. He says he wants to turn the page and make dealings in Africa more open. Yet the French establishment may not be so sure. A preliminary French judicial investigation into a case brought against three African leaders by Transparency International, a Berlin-based anti-corruption lobby, showed that one of them and his family owned 39 properties in France. Last October, however, a French appeals court rejected the case. The leader in question was Gabon’s Omar Bongo, now deceased; happily his son, Ali, took over.

Saturday, July 24, 2010

BOUKOUBI Á BATA OU LA MARCHE DES HYPOCRITES





Lors de la dernière élection présidentielle, ceux qui incarnent le bongoïsme providentiel et estiment que le pouvoir au Gabon est bipède, c'est-à-dire avec un pied gauche et un pied droit voisin, et rien d’autre ; ceux la même qui voient partout des ennemis héréditaires, décidèrent de fédérer une bonne partie de l’opinion gabonaise autour de l’idée selon laquelle le péril était sur le point d’arriver par le nord. Il y a eu une explicite campagne dans la presse quasi officielle qui véhiculait cette idée. La Guinée Equatoriale fut accusée ouvertement par les tenants de la succession héréditaire au Gabon, de soutenir André Mba Obame. Et pour couronner le tout, après les évènements de Port-Gentil, le pouvoir a monté un simulacre de toute pièce avec Sala Ngouah-Beaud, lui faisant dire qu’il avait vu des mercenaires Equato-guinéens prendre militairement position à Port-Gentil avec but de déstabiliser le Gabon. Aujourd’hui, nous savons que ce sont les milices d’Ali Bongo qui ont massacré les Gabonais à Port-Gentil, et que la fable de Ngouah-Beaud qui passa en boucle sur la RTG, chaine publique donc sous le contrôle du ministère de la communication, était destinée à faire porter la responsabilité de ces massacres à ceux qui étaient soupçonnés avoir la témérité de leur contester le pouvoir, supposément avec la main invisible de la Guinée Equatoriale. C’est à en mourir de rire. Voici Boukoubi, dont l’équipe vomissait les accusations les plus ignobles envers la Guinée-Equatoriale, il y a quelques mois, qui aujourd’hui va signer un accord bidon et sans objet ni signification avec le parti au pouvoir de cette nation.

1. Les émergents qui ont lu un peut trop vite Machiavel, veulent appliquer la maxime qui consiste à se rapprocher de ceux qu’on craint
Les paresseux de l’anthropologie politique, ne retiennent souvent de l’œuvre de Machiavel, que des citations du genre : «garder vos amis près de vous, et vos ennemis encore plus proches». Les bongoïstes qui « pensent » le Gabon, semblent estimer que le chef de leur état devrait forcement mettre sous contrôle ses opposants ou ses empêcheurs de tourner en rond. Ils prônent à leur égard une politique alternant entre la fermeté et l’ouverture. Pour eux, la dissidence doit être endiguée car elle est la racine de la révolte. Or, selon eux, cela va de soi, le chef de l’état Bongo n’a qu’un seul but: la conservation du pouvoir. En un mot: la fin, là aussi, justifie les moyens. Si le pouvoir est menacé par ses opposants, il ne doit pas s'empêcher d’aller vers les pôles qui dans l’esprit de ce pouvoir pourraient être la base arrière de cette opposition, et y désamorcer toute velléité de soutient, avéré ou pure fantasme, envers les oppositions. Ainsi, le trait dominant du “bon” chef de l’état bongoïste, c’est le contrôle, la maîtrise de tout l’environnement politique. C’est pour cela qu’il n y a en au Gabon que pour Ali Bongo, et pas une petite seconde à quelqu’un d’autre. Le destin et l’avenir des partisans et opposants doit être entre ses mains. C’est cette politique de contrôle qui explique les simagrées de Boukoubi à Bata. En des termes très simples, le pouvoir pour ces bongoïstes, c'est éliminer les ennemis. Prendre toutes les précautions pour mettre à défaut tout ce qui peut aider « l’ennemi ». Comme la Guinée Equatoriale a été accusée d’être un potentiel soutien aux « ennemis », alors il faut se rapprocher pour infiltrer et bloquer cette supposée « alliance ».

2. La curiosité Sala Ngouah-Beaud
Au soir du scrutin, Sala Ngouah-Beaud est subitement frappé d’une crise de vertu, et décide de « sauver » le Gabon en dévoilant le grand complot qui se trame côté nord avec la complicité de deux pays voisins. Il en rajoute plusieurs couches pour bonne mesure, en affirmant être le témoin d’une déstabilisation du pays avec le soutien de mercenaires étrangers, en annonçant que les émeutes postélectorales de Port-Gentil auraient été planifiées par des agents équato-guinéens, en parlant d’un triangle qui s’est opéré avec le Cameroun et la Guinée Equatoriale pour occasionner une guerre ethnique au Gabon, etc. Cher amis, nous étions avec Sala Ngouah-Beaud dans une manipulation tellement maladroite qu’on se demandait si les gens qui pilotait le processus d’installation d’Ali Bongo sur le trône gabonais étaient aussi cancres que laissaient supposer les élucubrations de Sala Ngouah-Beaud. Un an plus tard, c’est Boukoubi qui va à Bata signer un accord avec ceux qui, d’après Sala Ngouah-Beaud, ont fomenté les massacres de Port-Gentil !

Depuis la Rome antique, il est conseillé aux dictateurs de disposer d’ennemis féroces, dont ils se serviraient comme épouvantails pour terroriser leur peuple, à des fins de gains politiques et personnels. Alors, la logique de la succession héréditaire voulait que le lien entre le nord du Gabon, le Cameroun et la Guinée Equatoriale, soit la menace grâce à laquelle certains gabonais devaient accepter Ali Bongo comme président car l’alternative était la « catastrophe » venu du péril décrit par Sala Ngouah-Beaud. Tout le monde sait qu’un peuple qui a peur accepte n’importe quoi, et ça, les bongoïstes le savent. Pour renforcer un pouvoir illégitime, rien de tel qu’un évènement qui alimente la peur et la psychose dans le cœur des citoyens. En amplifiant une menace imaginaire venu d’ailleurs, en jetant le blâme sur les “radicaux”, les “subversifs”, la “vaste conspiration equato-camerouno-nordiste”, et d’autres “ennemis imaginaires”; les mensonges bongoïstes éloignent les gabonais du questionnement de ceux qui les gouvernent, pour se préoccuper de ce qui arriverait si les « épouvantails » arrivaient au pouvoir. C’est pourquoi il faut réveiller les gabonais et leur dire que les gens responsables de la gouvernance du Gabon sont ceux sur lesquels il faut se concentrer. Le reste n’est que distraction.

Friday, July 23, 2010

L'EMPEREUR EST NU!

Ali Bongo distribuant des "cadeaux" à des populations de l'interieur du pays.

Ceux qui ont lu le merveilleux conte d’Andersen « les habits neufs de l’Empereur », se souviendront que cette phrase est tirée de cet ouvrage. La phrase qui est désormais entrée dans le langage commun, décrit un monarque au milieu des compliments des courtisans sur la beauté de sa tenue vestimentaire, quand le cri innocent d’un enfant vient mettre fin aux flatteries: « L’Empereur est nu ». L'enfant est celui qui fera réaliser à tout le monde une évidence qu'ils refusaient de voir. Dans le cas du Gabon, Ali Bongo est nu. Ali Bongo n’arrive plus à distraire les gabonais, car tout le monde sait que parader n'est pas gouverner, et gesticuler n'est pas agir.

1. Ali Bongo accélère… droit dans le mur
Ali Bongo nous propose une métamorphose spectaculaire à l'aide de méthodes dignes des bandes dessinées. Aux émergents qui aiment s'agiter nous rappelons que Singapour qui est aujourd'hui un pays développé a part entière, n'a été indépendant qu'en 1965. L'une des premières décisions que prendra Singapour en 1965 fut la création de la " Housing Development Board ", une agence d'état qui mettra en œuvre, par programmes quinquennaux, un immense projet de relogement en unités de type HLM pour les populations. Ils construiront plus de 65000 logements de 1965 à 1970, soit plus de 10000 logements par ans. Nous vous signalons que Singapour ne possède pas d'énormes ressources naturelles. Le Gabon pétrolier et minier d'Ali Bongo qui avait promis 5000 maisons par an, ne parvient pas à le faire. C'est 113000 logements que l'état de Singapour construit de 1971 à 1975, soit plus de 20000 logements par an; pour passer á 130000 de 1978 à 1982, soit plus de 40000 logements par an. Au total, en trente ans, près de 80 % de la population Singapourienne a été ainsi relogée, dont la majorité dans une douzaine de villes nouvelles. Ceci fut fait grâce à un système de prélèvement sur les salaires. Chers lecteurs, Singapour qui n'a pas nos richesses a réussi son pari en permettant à 80% de la population d'avoir un logement décent. Au Gabon, le régime Bongo n'arrive pas à construire 200 logements pour ne serait ce que sauver la face. Quel malheur!

2. Un interventionnisme public folklorique
L'interventionnisme étatique est une donnée essentielle de l'histoire économique des états qui se sont toujours sortis de la pauvreté. La Banque Mondiale soulignait dans un rapport que trois dragons asiatiques sur quatre (Corée, Taïwan et Singapour) disposaient dans leur système institutionnel, d'un ministère central de l'économie, d'une bureaucratie forte, d'une stabilité politique et d'un leadership politique " visionnaire ". La Banque Mondiale poursuit en affirmant que dans beaucoup de pays d'Asie du Sud-est ayant réussi leur industrialisation, l'administration a été l'agent du développement. Les technocrates ont pris part au choix politique de la réforme. A Singapour, bureaucrates et responsables politiques ont travaillé main dans la main pour le programme national ". Le même rapport indiquait que Singapour (comme la Corée et Taiwan) bénéficiait d'un leadership politique " visionnaire " et d'une administration efficace. Ces pays auraient également, toujours dans la même analyse, construit le consensus national sur l'objectif du développement et se seraient appuyés sur un appareil centralisé de mise en œuvre de leurs stratégies interventionnistes. Au Gabon, l'interventionnisme d'état se manifeste par des dons de camelote aux populations; et en lieu et place d'une politique visionnaire, nous avons droit à un chef d'état qui va dépenser 65 milliards de francs CFA pour une bâtisse inutile en France, alors que les élèves gabonais se disent que cet argent aurait pu faire beaucoup de biens à notre système éducatif.

Lee Kuan Yew a été premier ministre de Singapour pendant 30 ans. Quand il est arrivé au pouvoir, Singapour n'était qu'un pays pauvre, un pays du tiers monde. A son départ, il a laisse un pays développé. Tout le contraire du cas Bongo au Gabon. C'est Lee Kuan Yew qui disait: "quand on dirige un pays, il faut donner l’exemple, sinon, les gens ne vous respectent pas. Si vous ne faites pas ce que vous dites, les gens vous résistent. Un ministre dont le comportement est discutable ne peut pas montrer l’exemple au peuple. Les gens ne lui obéiront pas ". Donc d'après Lee Kwan Yew, les gens ont souvent besoin d’un modèle, d’un exemple pour démontrer leurs capacités et aller au bout de leurs objectifs. Ali Bongo peut servir de modèle a qui au Gabon? Qui le respecte au Gabon? Qui lui trouve une légitimité au Gabon? L'empereur gabonais devoile toute sa nudité.

Thursday, July 22, 2010

CE BONHOMME SAIT-IL SEULEMENT CE QU’EST L’EXCELLENCE ?




Les résultats du BEPC et du bac défraient la chronique nationale en ce moment. Ce blog a voulu prendre du recul et rattacher l’éducation au Gabon à son environnement social, culturel et politique. Nous nous sommes demandés si un personnage fantasque comme Ali Bongo était un porte parole crédible pour l’excellence intellectuelle. Si les élèves et étudiants voient en Ali Bongo la personnification de l’effort et l’incarnation du mérite. Nous osons penser que non. Alors, le désastre éducatif gabonais est peut être aussi alimenté par des mauvais modèles, des mauvais exemples et une trop forte dose d’imposture.

1. Ceux qui investissent dans l’éducation obtiennent les meilleurs resultats. Ce n’est pas sorcier.
Dans l'ensemble, les statistiques mondiales démontrent que les pays riches tendent à obtenir de meilleurs résultats que les pays pauvres en matière d'éducation. Les études laissent penser que les élèves tout comme les écoles réussissent le mieux dans un contexte caractérisé par de fortes ambitions qui sont aussi catalysées par des relations saines, étroites et de partenariat entre enseignants et élèves. C’est dans ce contexte que les élèves trouvent de meilleures dispositions à s'investir dans leurs études avec sérieux, d’être moins anxieux, et sont prêts à observer les règles disciplinaires nécessaires à une excellente éducation. Dans la plupart des pays qui ont réussi à établir un système éducatif performant, les intellectuels locaux jouent un grand rôle dans la définition du contenu de l'enseignement, dans l’évaluation des ressources nécessaire à cet enseignement et dans l'utilisation de ces ressources. Mais il y a des réalités accablantes qui démontrent qu’au Gabon nous sommes loin du compte. Par exemple nous savons que le statut économique d’un foyer a une forte incidence sur les résultats scolaires des enfants de ce foyer. Ainsi, les élèves dont les parents possèdent un emploi bien rémunéré, un bon niveau d'instruction et, à la maison, des biens "culturels", ont en moyenne, dans tous les pays, des résultats bien meilleurs que ceux qui n'ont pas ces avantages. Au Gabon, quel est le taux de foyers qui correspondent a cette description ? S’il n’y a que 10% des foyers gabonais offrant aux enfants des conditions économiques, culturelles et sociales propices, alors ne nous étonnons pas que cette même proportion soit celle qui réussie au Bac dans les conditions actuelles du pays. Quand on s’attaque aux élèves ou aux professeurs, demandons-nous dans quel environnement social opèrent ces derniers ? Nous voulons qu’ils soient des surhommes et fasse des miracles académiques dans un climat où tout est fait pour que l’échec scolaire soit la sentence la mieux partagée. Quand Ali Bongo parle d’excellence, il ne connait vraisemblablement rien des préalables qui devraient faciliter cette excellence.

2. Plus que jamais, comme le dit le proverbe, pour mieux éduquer les jeunes gabonais, il faut « un village » entier.
Nous l’avons dit et redit sur ce blog, nous nous répétons encore ; il faut arrêter avec les slogans creux et faire les choses de manière systématique avec le plus grand professionnalisme. On ne peut pas éduquer les gabonais avec la légèreté dont fait preuve le gouvernement d’Ali Bongo. Les choses sont tellement bancales au Gabon, que nous sommes persuadés que la majorité des gabonais ne sauraient pas répondre a la question de savoir : « quel est le but d’une éducation scolaire ? » Nous osons même nous avancer a prédire qu’après 42 ans de bongoïsme, la majorité des gabonais répondraient que l’éducation servirait pour être embauché dans une entreprise bien cotée, ou encore dans un bon ministère juteux avec des fonds communs. Mais ils se trompent, parce que le but d’une éducation, d’après les sociologues, est : « d’améliorer et de faire avancer les intérêts de sa communauté, de sa ville, de son pays, de l’humanité, et assurer sa survie ». Quand on étudie les civilisations africaines, nos ancêtres l’avaient clairement compris. S’il fallait un village entier pour élever un enfant, c’était parce que nos ancêtres travaillaient comme un seul groupe et qu’ils avaient compris qu’en arrivant à l’âge adulte, l’enfant ferait, à son tour, tout pour favoriser les intérêts de sa société. Rien n’interdit l’enrichissement, mais les motivations des jeunes japonais, américains, allemands, etc., sont d’abord sociétales. Un jeune américain rêve d’aller dans l’espace pour faire quelque chose de grand pour son pays. Un jeune Japonais est dévolu à Toyota ou Sony parce que ce sont les symboles d’un Japon fort. Ce sont ces genres de pays et sociétés qui produisent des Martin Luther King qui sont prêt à se sacrifier pour faire changer les choses, pour améliorer le sort du plus grand nombre. La société gabonaise ne saurait produire la même émulation car on dit au jeune gabonais qu’une Lexus est plus importante qu’un dispensaire. Ce concept est renforcé quand on voit Ali Bongo étaler ostentatoirement ses biens matériels dans un pays qui manque de tout. Comment quelqu’un dont la famille possède des dizaines de propriétés immobilières dans les endroits les plus chers du monde, tout ceci obtenu en pillant le Gabon et non par l’effort, viendra nous dire que seul le travail paie ? De qui se moque t-on ?

Nos ancêtres n’ont jamais laissé l’éducation de leurs enfants au hasard, parce que la cohésion de leur société était d’une importance primordiale. Il y avait des critères stricts d’avancement hiérarchique dans la société. Cette société avait un mode de fonctionnement qui était régulé et qui était applique à tous sans distinction. Aujourd’hui, peut-on dire que les économistes, éducateurs, sociologues, médecins, artistes, avocats, bref les instruits gabonais, ont une quelconque place dans l’élaboration des systèmes éducatifs en vigueur chez nous? Nous pensons que non. Alors pourquoi s’étonner que nous ayons le pire système d’éducation? Vu que notre éducation n’a jamais été conçue pour favoriser nos intérêts sociaux ou nationaux, ce système est complètement désorganisé et ne répond en rien aux besoins des étudiants nationaux. Ne nous étonnons donc pas que ce système éducatif montre des signes d’autodestruction. Dans ce contexte, de quelle excellence parle donc Ali Bongo ?

Wednesday, July 21, 2010

LE SCANDALE EST QUE LES ÉMERGENTS PRÉTENDENT AVOIR MIS Á JOUR LA DÉGRINGOLADE DU SYSTÈME ÉDUCATIF GABONAIS






Il faut les voir monter sur leurs grands chevaux à la télévision et « s’étonner » de la catastrophe du baccalauréat une minute, pour ensuite se féliciter d’avoir « découvert » le mal qui rongeait l’éducation gabonaise, dans la minute qui suit. Chers lecteurs, les émergents nous brassent de l’air, car la situation catastrophique du système éducatif gabonais est constante depuis au moins 20 ans. A tel point que même au milieu des années 90, la France se mit à contester les baccalauréats gabonais et il fallu d’âpres négociations pour que ce diplôme continua à être acceptée dans les universités Françaises. Alors quand les émergents prétendent avoir « découvert » un mal qui couvait, ils enfoncent des portes ouvertes car tout gabonais qui se donnait la peine d’observer, savait pertinemment que d’année en année les résultats des gabonais aux examens, allaient de mal en pis.




1. Le premier à avoir lavé le linge sale de l’éducation gabonaise sur la place publique fut Albert Ondo Ossa
Dans un article publie sur le lien suivant en 2006: http://www.afriquecentrale.info; Albert Ondo Ossa alors ministre de l’éducation nationale, qualifiait l’éducation gabonaise de "désastre national". L’article fait état des résultats de la session 2006 des examens du baccalauréat (35,13% d’admis au total après les oraux), et du BEPC (16,92% d’admis au total). Le même article fait dire à un collaborateur d’Ondo-Ossa que les résultats du BEPC n’avait jamais été aussi catastrophiques, et que ceux du bac de cette année là (2006) faisaient observer un pourcentage d’admis au premier tour de 7,67%. Donc chers lecteurs, en 2006 Ondo-Ossa avait prêché dans le désert quand il fit observer que des résultats du bac au premier tour de 7,67% étaient catastrophiques. Voila qu’aujourd’hui, les émergents veulent nous mettre la poudre aux yeux en nous disant qu’ils ont découvert un gros problème dans le système éducatif gabonais car leur résultats au bac 2010 donnent un premier tour à 4,82% sur le plan national et 7,11% à Libreville. Chers lecteurs, vous vous apercevez bien que la tendance déjà dénoncée par Ondo-Ossa n’a fait que se confirmer. Les chiffres de 2006 et ceux de 2010 s’intersectent. Il n’y a donc pas lieu pour les émergents de s’approprier une certaine hauteur morale, car ils n’ont fait que constater la même chose qu’avait déjà constaté Ondo-Ossa. Donc quand les émergents viendront se donner en spectacle dans des conférences de presse bidons, en se faisant passer pour ceux qui ont mesuré la « vraie » valeur des élèves gabonais, rappelez leur qu’en 2006, les analyses du ministère de l’éducation nationale disaient déjà ce qui suit :
« Le système scolaire est gangrené à plusieurs niveaux. La formation de base n’est pas toujours bien faite, les années sont amputées par des grèves et rares sont les enseignants qui terminent leur programme. Il y a le manque de motivation des professeurs qui vont à l’enseignement parce qu’ils ne savent plus où aller. Dans le primaire, où les profs se recrutent au niveau BEPC, se présentent les recalés du bac, sans véritable vocation d’enseignant. De nombreux enseignants refusent leur affectation en brousse où les conditions sont plus que spartiates. Dans certaines écoles de l’intérieur du pays, on trouve parfois un seul professeur pour l’ensemble des classes. Les parents pensent que l’école est l’endroit où on se débarrasse des enfants durant la journée et les élèves ont pris de mauvaises habitudes en se disant papa va payer pour que j’ai mon diplôme. A tout cela s’ajoute l’inertie de l’administration. Il y a un manque de suivi dans l’application des règlements, les responsables administratifs n’appliquent pas toujours les mesures prises par les ministres. Et à chaque changement de ministre, on recommence de zéro. Exemple en 2003, la découverte au lycée technique d’inscriptions frauduleuses, de classes de plus de cent élèves et de prostitution organisée avait fait scandale. Des décisions ont été prises, mais rien n’a changé. Les premiers états généraux de l’Education en 1983 s’alarmaient déjà des mauvais résultats, mais le plan de réforme n’a jamais été appliqué ».Alors, pourquoi les émergents feignent de s’étonner des résultats ? Ah l’hypocrisie !


2. Un rendement en régression certes, mais ce n’est pas une fatalité car la crise de l’éducation au Gabon n’est que le reflet de la crise sociale
L’école gabonaise se porte très mal, c’est un fait. Enseignants, encadreurs, parents d’élèves et observateurs comme ce blog, sont unanimes. Les méthodes utilisées au niveau de l’enseignement de base et du secondaire montrent leurs limites depuis des années. Mais nous sur ce blog, nous insurgeons contre les tentatives de récupérations qu’essaient de faire les émergents qui voudraient mettre sur le dos des enseignants, la responsabilité de ce marasme national. Quand on connait les conditions de travail difficiles et qui se détériorent inexorablement d’années en années, quand on connait les effectifs pléthoriques dans les établissements d’enseignement général du public, il faut être de mauvaise foi pour demander des miracles aux enseignants. Les conditions médiocres aboutissent à des résultats et rendements médiocres. Point barre. Il n’y a pas de miracle. Le pouvoir montre perpétuellement son incapacité à offrir des conditions d’études aux élèves et de travail aux enseignants qui seraient susceptibles de mener à la performance. L’éducation au Gabon traverse une crise très profonde. La baisse des rendements n’est qu’une conséquence de cette crise. Les causes sont cependant diverses. Il y a le désengagement de l’état. L’insuffisance des investissements est criarde, et par conséquent, les conditions d’études et de travail des établissements s’en ressentent. Ce manque de moyens est aussi un cauchemar pour les enseignants et les élèves. Les salles de classe sont insuffisantes, entraînant des effectifs pléthoriques. La réalisation d’infrastructures scolaire se fait aux compte-gouttes. Et tout le monde sait que les effectifs pléthoriques constituent un facteur d’échec scolaire. Avec un grand nombre, l’enseignement individualisé est difficile. L’enseignant doit pouvoir suivre chaque élève. Dans une telle ambiance, de nombreux élèves n’arrivent pas à suivre. Ce qui amène les enseignants à ne s’intéresser qu’à ceux qui brillent. Les autres ne sont plus suivis. Aux effectifs pléthoriques se greffent les conditions matérielles désastreuses des écoles et des établissements secondaires. Au regard de ces circonstances, les contres performances que nous observons aujourd’hui s’expliquent par ces conditions de travail médiocres. Donc, ceux qui nous nous fatiguent tous les jours à parler d’émergence, n’ont même pas compris qu’il n’y a pas de développement sans des ressources humaines bien formées. Alors ils se moquent de qui ?

Les émergents ne devraient pas s’amuser avec un domaine sensible comme l’éducation. Ils ne peuvent pas continuer à accuser les enseignants, sans regarder les manquements de l’état qui a lui aussi démissionné des ses missions principales. Aujourd’hui, de nombreux enseignants sont désarmés, désorientés face aux multiples difficultés. Quand en plus, on leur demande d’attendre des rappels de salaires allant parfois jusqu'à 5 ans, les plus pessimistes se laissent aller au découragement et se limitent au strict minimum. Peut-on leur en vouloir vraiment ?

Tuesday, July 20, 2010

IL FAUT CESSER DE TRAITER LES GABONAIS COMME DES RÉFUGIÉS Á QUI ON VIENT DISTRIBUER DES BISCOTTES, SOUS LE REGARD DES CAMERAS




A regarder le révoltant spectacle d’un Ali Bongo circulant dans les villages gabonais, soulevant la poussière, avec ses Chevrolet Suburban et autres 4x4, on se rend compte que les habitudes du bongoïsme ancien resteront de mise dans le bongoïsme nouveau. Ces gens ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre que ce dont les Gabonais ont besoin n’est pas de recevoir des dons de moteurs hors-bord, de filets de pêche, ou encore de pelles et râteaux; mais de recevoir le don de la liberté, le don d’un régime cohérent et voulu par le peuple qui poserait les jalons d’une véritable indépendance politique et économique, le don d’un état de droit et du respect des libertés individuelles. Ce n’est qu’à ce prix que le Gabon verra le niveau de vie des ses habitants augmenter, car ils seront mis dans un environnement politique et sociale propice à la compétition saine, c'est-à-dire au dépassement de soi et à la recherche et conquête du mieux être. C’est le mécanisme qu’ont suivi les autres pays qui se sont développés. La politique des dons ne mènera le Gabon nulle part, et c’est une honte pour les Bongo de continuer avec ces idioties.

1. Un pauvre n’est pas forcement un mendiant
C’est un mythe de croire à l’existence d’un cercle vicieux de la pauvreté dont certains sont condamnés à y séjourner à perpétuité et que seuls les dons de quelques nantis pourraient les soulager de cette pauvreté. Ce mythe est encore plus pernicieux quand les nantis en questions sont ceux là même qui devraient créer les conditions politiques et économiques nécessaires à la sortie de la masse de ce dit cercle de la pauvreté. La pauvreté des gabonais sert tellement bien à renforcer le pouvoir des Bongo que ces derniers s’accommodent parfaitement de cette pauvreté, à tel point qu’ils l’activent et l’entretiennent même. La politique des dons qu’entretient les Bongo, fait en sorte que les populations ne puissent pas contempler ou envisager un développement économique qui serait autonome aux Bongo. Le propre de la dictature est de toujours faire croire aux citoyens qu’ils ne sont rien sans les gouvernants. Il faut faire croire aux gabonais qu’ils ne peuvent pas s’en sortir tout seuls, que c’est forcement par Ali Bongo que leur conditions vont s’améliorer, pour preuve il vient de leur offrir (de sa poche évidement) de nouveaux moteurs hors-bords n’est ce pas? Il faut dissuader les gabonais de penser qu’ils seraient capables d’accumuler leur propre capital économique, si le pays était mieux géré. Mais ce genre de réflexion est en conflit avec la pérennisation des Bongo au pouvoir. Alors, il faut infantiliser le peuple à outrance. Le fils le fait car son père lui a montré la voie et prouvé que cette méthode marchait à merveille au Gabon. Quand un peuple ne croit pas en lui-même, il tend la main en attente des dons ; et c’est la triste situation au Gabon.

2. Pourtant la méthode par laquelle les autres sont sortis de la pauvreté est connue
Ce n’est pas grâce aux dons de leurs souverains, gouvernants ou tyrans que les USA, la Grande-Bretagne, la France, le Canada et les autres pays se sont développés. Tout ces pays étaient très pauvres par le passé, et sont aujourd’hui très riches. En fait, l’Europe pré-industrielle du 16ième siècle était de loin plus pauvre que ne l’est l’Afrique ou le Gabon contemporain. Un pays comme la France a connu plusieurs famines et épidémies qui tuèrent des centaines de milliers de personnes entre le 15ième et 18ième siècle. A cette époque, l’espérance de vie en France était de 20 ans, en Irlande elle était de 19 ans et à Londres au début du 18ième siècle, 74% des enfants mourraient d’infections avant l’âge de 5 ans. Comment donc ces pays ont pu se débarrasser de ces malédictions pour se présenter à nous aujourd’hui comme des réussites politiques, économiques et culturelles ? Au début du 18ième siècle, tout ces pays commencèrent à avoir une incroyable croissance économique, à cause de l’abolition des monarchies et l’instauration des démocraties, de l’instauration de l’école obligatoire et de la méritocratie qui en découle, de l’établissement d’un système de commerce compétitif et régulé par des gouvernements qui protégeaient le droit à la propriété privée, une taxation responsable pour financer les projets d’infrastructures, etc. Bref c’est la liberté politique qui engendra à son tour la liberté économique, qui elle engendra en fin de compte la richesse et la prospérité des nations occidentales. Aucun développement n’a été obtenu à coups de dons aux populations.

En fait ces dons ponctuels aux villageois gabonais accroissent a long terme la pauvreté, car ils encouragent l’assistanat et sont la source de la culture de corruption endémique au Gabon car les gens prennent habitude à espérer des cadeaux de la part des hauts placés. Il faut que les gabonais qui osent encore penser disent haut et fort au pouvoir Bongo que nous ne voulons plus voir nos familles utilisées de la sorte dans nos villages. Si rien de substantiel ne peut être fait pour nos villages, en termes de veritable développement rural, alors ne venez pas insulter les gens en leur distribuant un peu de camelote de temps en temps.

Monday, July 19, 2010

TENTATIVE PAR LE POUVOIR DE CRÉER SA PROPRE VERSION DE LA « SOCIÉTÉ CIVILE » QUI SERAIT MOINS INDÉPENDANTE ET PLUS CONVIVIALE

Le président de l'ONG Croissance Saine Environnement, Nicaise Moulombi





Dans une dictature, la société civile et les ONG sont malheureusement souvent, les derniers refuges des populations en quête d’un minimum de bien être et de justice, face au pouvoir qui est souvent total et implacable. Par conséquent, lorsque ce même pouvoir nomme des membres de la dite société civile, censée aider à la régulation de l’état, à des postes gouvernementaux, il y a lieu de s’inquiéter qu’au Gabon, le pouvoir semble décidé à se choisir lui-même « sa société civile » et la rendre malléable à souhait. C’est sous cet angle que ce blog a perçu la nomination du président de l'ONG Croissance Saine Environnement, Nicaise Moulombi, par le gouvernement au poste de coordinateur de la société civile pour toutes les questions d'environnement et de gouvernance. Il est absolument inadmissible qu’un gouvernement désigne qui doit être son interlocuteur dans la société civile. Par définition, la société civile est faite d’organes indépendants, et quand c’est le gouvernement qui les choisi, cette société civile cesse d’être libre et autonome.

1. Le pouvoir a été ébranlé par les actions de la société civile et voudrait que cela ne se reproduise plus
Deux évènements ont prouvé au pouvoir Bongo tous les dangers que pourrait représenter pour elle, une société civile forte et courageuse. Il s’agit de la publication d’une lettre réquisitoire à l’endroit du pouvoir kleptocratique des Bongo, lettre qui fut endossée par un bon nombre d’ONG gabonaises, et aussi de la fracassante affaire des biens mal acquis, qui vu plusieurs compatriotes s’allier à des ONG internationales comme Sherpa et Transparence International, pour dénoncer le vol des avoirs des peuples de la françafrique, pour la constitution de patrimoine immobiliers faramineux par les dictateurs équatoriaux, dont la famille Bongo. Le pouvoir Bongo fut secoué dans sa plus profonde chair, par cette plainte dont notre compatriote, Gregory Ngbwa Mintsa, se porta partie civile. Suite à cette plainte, dans ce qui restera l’un des actes les plus regrettables et répréhensifs d’André Mba Obame en sa qualité de ministre de l’intérieur des Bongo, donc chien de garde du pouvoir, Gregory Ngbwa Mintsa, Marc Ona-Essangui, Georges Mpaga, et Alain Moupopa, furent arrêtés. Cet épisode laissa des traces profondes et ridiculisa les Bongo dans toute la presse internationale. Certains disent au Gabon que le froid entre Ali Bongo et André Mba Obame serait né de cette affaire. Il fallu que la nébuleuse françafrique pesa de tout son poids pour que le dossier des biens mal acquis soit purement et simplement classé en France suite à un non lieu politique prononcé de manière scandaleuse par une justice vraisemblablement sous la pression de l’Elysée. Il semble que le pouvoir Bongo ait décidé qu’on ne lui ferrait plus le coup, et que si le Gabon devait avoir une société civile, eh bien s’en sera une taillée sur mesure pour « l’émergence », avec des responsables tirées sur le volet. Et dans la foulée, le gouvernement de « l’émergence », annonça la nomination de Nicaise Moulombi comme son interlocuteur de choix. Comment peut-on faire de l’environnement au Gabon sans consulter Marc Ona-Essangui? Seuls les « émergents » avec leurs nombreux « Lee White » savent.


2. Le pouvoir doit comprendre que toute société civile formée à son initiative ne sera jamais crédible
Il faut dire qu’en dictature, le déficit de crédibilité n’est pas un handicap, vu que le système est forcement Orwellien, c'est-à-dire que tout est illusion. Pour ce, les programmes télévisés vont dépeindre la société gabonaise comme étant moderne, alors que la réalité est que la restriction des libertés individuelles s’amplifie sournoisement ; et cette restriction des libertés est caution à la pérennité d’un système qui mute d’un modèle de gouvernance d’apparence ’’démocratique’’ vers une tyrannie à peine revendiquée. Cependant, nous pensons que tous, les membres du pouvoir en premier, comprennent parfaitement qu’il soit improductif et dans le principe même impossible et dangereux, de former la société civile selon les désirs et les plans du pouvoir. Nous comprenons tous que la société civile doit être indépendante, doit avoir ses propres bases et se nourrir de ses propres libertés. C’est seulement alors qu’elle peut être considérée comme étant réellement « civile ». Le pouvoir gabonais, dans un autre acte Orwellien, veut cultiver sa propre société civile avec obligation de résultats prédéterminés.

Si nous désirons d’une société civile qui soit un acteur important dans la dénonciation des injustices, qui soit une force de proposition incontournable dans la construction d'un Gabon plus juste, comme l’aimeraient les gabonais, alors on ne peut pas accepter les mesures de cooptation, de contrôle et d’infiltration de cette société civile, par le gouvernement. C’est Nietzsche qui disait : « Chez l'esclave, les forces du souvenir prennent le dessus. Au lieu d'agir, il se souvient (culpabilité, remords, ressentiment). Quand les maitres abusent de leur autorité et que la situation sociale se dégrade, en lieu et place de faire face à leurs responsabilités politiques, nos hypocrites maitres, pour occulter leurs incuries, culpabilisent le citoyen qui déjà à été réduit à la soumission la plus totale; soumission dans la manière de ‘’penser’’ (ou plus exactement de réfléchir) par les mensonges d’état. Alors, quand l'esclave, lui, prend plaisir à s'accuser puis à accuser les autres esclaves, le maître lui sait à qui s’en prendre, à l’esclave tout simplement. »

Sunday, July 18, 2010

LA BAISSE DU NIVEAU DES ÉLÈVES GABONAIS, MYTHE OU RÉALITÉ? QUI EN EST RESPONSABLE?

Bruno Ben MOUBAMBA , visitant son école primaire dans le quartier populaire dit de "La Sorbonne" à Libreville (photo Moubamba).


L’idée est assez répandue, les résultats des étudiants gabonais aux examens sont catastrophiques depuis plusieurs années. Mais la question est de savoir si ce constat est plus un mythe qu’une réalité, car on remarquera que le nombre d’étudiants gabonais réussissant dans les universités étrangères continue d’aller en croissant. Alors la question que se pose ce blog est de savoir si ce sont les étudiants gabonais qui n’ont pas le niveau, ou ce sont les conditions d’éducation au Gabon qui ne permettent pas aux étudiants d’avoir de bonnes performances ?

1. L’école gabonaise mérite t-elle de meilleurs résultats dans les circonstances actuelles?
Nous avons reçu des communications alarmistes d’amis de ce blog, nous demandant notre avis sur les résultats catastrophiques du BEPC gabonais cette année. Nous avons promis à ces lecteurs de très bonne volonté, que nous nous pencherions sur la question et apporterions notre contribution à la réflexion du pourquoi de cet état de fait. Primo, si on faisait un retour historique, on s’apercevrait que les grands établissements qui ont fait les lettres de noblesse de l’éducation gabonaise, bénéficiaient d’un environnement différent. Ces établissements comme le collège Bessieux, et l’Immaculée de Libreville, le Val Marie de Mouila, le séminaire St Kisito dans le Woleu-Ntem, étaient essentiellement religieux, avec un enseignement strict, des internats bien organisés et un corps enseignant principalement sorti des ordres religieux ainsi que des effectifs dans les salles de classes dépassant rarement le nombre de 30 élèves. Par la suite des établissements laïcs comme le lycée Léon Mba s’y sont rajoutés. Ces établissements ont formé les premières générations de cadres gabonais et nous avons pris contact avec certains ainés qui nous ont rassuré qu’aucun de ces établissements n’avaient jamais eu dans leur grande époque, des résultats aux examens, Bac ou BEPC, inferieur à au moins 60-70%. Donc au vu de ce constat, on peut affirmer que dans un bon encadrement, l’étudiant gabonais donne de bons résultats. Alors pourquoi les mauvais résultats d’aujourd’hui? A notre avis, l’excellence des premiers établissements n’a pas été maintenue avec la prolifération d’établissements de divers niveaux dans le pays. Les enfants entrant en maternelle n’avaient aucune garantie d’accès à des établissements de qualité durant toute leur scolarité. Il y a surtout le phénomène de la mi-temps qui est venu véritablement saborder l’éducation gabonaise. Au lieu d’investir dans les infrastructures de manière à accommoder tous les élèves et les mettre dans un cadre propice à la performance, l’état gabonais a pris un raccourci en gardant le même nombre de salles de classe et le même nombre d’enseignants, en divisant le temps de classe par deux. En fait, le régime Bongo solutionnait à cour terme son problème du manque d’infrastructures, en utilisant les salles de classe et les enseignants pour 2 fois plus d’élèves. Sachant qu’un programme scolaire est établi pour être dispensé pendant 9 mois, il est impossible qu’un programme soit proprement dispensé aux étudiants qui ne viennent en classe que pour une demi-journée, à raison de 100 élèves le matin et 100 élèves le soir, comment espérer la performance? C’est une éducation bâclée. Dans ce système, les étudiants n’ont plus reçu les enseignements propices à la performance, et le résultat est là aujourd’hui.

2. Le pouvoir a favorisé l’éducation à deux vitesses
Vu que c’est l’état gabonais qui assure la quasi-intégralité des salaires, qui est responsable des affectations, des nominations, des recrutements des enseignants, et aussi de la signature de contrats avec des tiers pays pour faire venir des professeurs au Gabon, évidemment, la responsabilité de l’état de l’éducation ne peut qu’incomber au gouvernement. Au fil du temps, sous le régime Bongo, nous avons assisté à un désagrégement d’une éducation centrale et codifiée, vers une éducation fragmentée, avec des lycées français suivant les programmes de France et des lycées gabonais manquant de tout. Nous nous sommes retrouvés littéralement avec une éducation à la tête du client, à une généralisation de la marchandisation de l’éducation. Pourtant, le discours officiel a toujours été que l’éducation restait un droit humain inaliénable et non soumis aux aléas conjoncturels du marché. Pourtant, nous avons assisté à une institutionnalisation d’une éducation à deux vitesses qui est si flagrante que nous ne pouvions plus parler aujourd’hui d’une vision éducative partagée et commune au Gabon. Le traitement fait aux enseignants reste simplement effarant. Les mesures annoncées par les gouvernements, envers les enseignants, sont souvent ridicules et inégales. Au Gabon, l'enseignement reste un métier trop ingrat (même s’il reste un très beau métier). Enfin, la gestion des ressources humaines dans l'éducation nationale est une honte. Et les réformes annoncées sont loin de convaincre les enseignants. Le gouvernement continue avec ses méthodes de tutorat imposé, pistons et copinage pour le recrutement.

La première solution pour l'éducation au Gabon serait d'écouter les enseignants au lieu d’en faire les boucs émissaires de la catastrophe gabonaise. Il est alarmant de remarquer que sur la RTG1 des « émergents » disent déjà que les problèmes de l’éducation au Gabon viennent des enseignants trop souvent grévistes. Nous sur ce blog disons que les grèves ne sont pas une cause, mais l’effet d’une crise dans notre éducation. Ces grèves sont malheureusement souvent justifiables au regard des conditions de travail réservées à ces enseignants. Nous conclurons en affirmant que les étudiants gabonais n’aient pas baissé de niveau, mais que l’enseignement qui leur est dispensé ne soit plus d’une qualité calibrée sur les exigences des performances d’examens comme le Bac et le BEPC. La preuve est que lorsque les étudiants gabonais sont mis dans des circonstances adéquates dans des institutions étrangères, ils tirent valablement leur épingle du jeu. Donc les capacités sont là, ce sont les conditions de travail qui laissent à désirer.

Saturday, July 17, 2010

“L’AFRIQUE FRANCOPHONE M’INQUIĖTE”. DIXIT, LE VICE PRĒSIDENT DE LA BANQUE AFRICAINE DE DĒVELOPPEMENT

Mthuli Ncube Vice-président et Chef Economiste à la BAD



Pendant que la françafrique était réunie sur les Champs à célébrer le passé glorieux de la France, des gens sérieux diagnostiquaient du devenir de cette Afrique, loin des sourires hypocrites et des politesses de circonstances. L’un de ceux qui nous livrent ce diagnostic, est sud-africain, et occupe l’un des postes de Vice-présidence à la BAD.

1. L’Afrique est la région qui a le mieux résisté à la crise mondiale
L’homme s’appelle Mthuli Ncube, il est professeur d’économie de nationalité Sud Africaine, Vice-président et Chef Economiste à la BAD. Il vient de publie un rapport dont le titre est : « African Economic Outlook 2010 », et c’est la revue « Engineering News » qui nous en parle. Dans ce rapport, l’illustre économiste nous apprend que l’Afrique serait la région qui jouirait de la croissance la plus rapide dans le monde en ce moment. En 2010, ce rapport de la BAD prédit une croissance globale de 4,5% pour l’Afrique, en 2011 elle serait de 5,5% et de 6% en 2012. En contrepartie, l’inflation en Afrique aurait un taux global de 6,3% et devrait encore chuter dans les 2 prochaines années. D’après cet économiste, l’environnement est propice pour un décollage économique en Afrique. D’après les analyses de cet économiste, les résultats positifs de l’Afrique aujourd’hui ont leurs origines dans les reformes prises par certains pays dans les années 90. Ces pays ont été disciplinés dans leur reformes économiques et ont maintenu des taux de croissance allant jusqu’à 2 chiffres, depuis plusieurs années. Plus important, cet économiste affirme encore qu’un autre aspect qui a aidé plusieurs pays africains a été la flexibilité de leur monnaie. Les pays ayant des monnaies flexibles ont été capables d’ajuster les taux de change face aux devises fortes étrangères comme le dollar ou l’euro, ce qui permit à ces pays de mieux absorber les chocs des fluctuations. Ici, il est important de noter que les pays de la zone franc ne disposent d’aucune flexibilité car leur monnaie est rigide avec des taux de change prédéterminés sur l’euro. Un autre facteur favorisant la croissance actuelle est que ces pays africains ont aborde la récession avec des surplus fiscaux, ce qui leur a permis de mieux résister face a la crise. En Afrique centrale, la Guinée-Equatoriale avait des surplus et n’a pas connu la récession alors que le Gabon était exsangue et a connu une « croissance négative ».

2. Toute l’Afrique n’a pas ces bons résultats ? Non, le pré-carré Français est la région la moins performante d’Afrique
La région la plus performante d’Afrique en termes de croissance serait, d’après ce rapport, l’Afrique de l’Est. L’Ethiopie avec ses 85 millions d’habitants a réussi ses reformes et connait une croissance en 2010 de 10%. Les pays comme la Tanzanie et le Rwanda ont de très impressionnants systèmes de management macroéconomiques. Le Rwanda serait le seul pays en Afrique qui a un département de planification stratégique sur le modèle de Singapour. En Afrique de l’Ouest, le Nigeria est en train de réussir son pari de diminuer sa dépendance économique envers le pétrole. En effet pour la première fois depuis les indépendances, ce pays qui dans les années 90 tirait 95% de ses revenus du pétrole, n’en tire plus aujourd’hui que 32,3%. Pour la première fois de son histoire, l’agriculture pèse plus lourd dans le produit intérieur brut du Nigeria que le pétrole ; l’agriculture est désormais à 36,5%. En Afrique du Nord, il ya des pays émergents comme l’Egypte qui ont développés une vraie culture de l’entreprenariat ; il y a l’Algérie et la Tunisie qui ont des matières premières mais aussi une bonne diversification grâce à l’agriculture et au tourisme. L’Afrique Australe n’a pas une croissance rapide en ce moment, mais ses économies sont stables et fortes avec l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, la Namibie. Notre économiste conclu son rapport avec ce qu’il appelle « the risk factors » (les facteurs de risques ». Dans cette catégorie, il range toute l’Afrique noire francophone, cette belle galette de défilants devant Sarkozy sur les Champs Elysées, dans le paragraphe suivant, dont nous vous donnons la version originale en Anglais pour vous communiquer avec fidélité la gravité du propos avant de vous le traduire en français :

“I am worried about French West Africa. It’s very closely tied to France and the eurozone. The four African countries whose economies shrank last year were all in Francophone West Africa – Chad, Gabon, Mauritania and Niger.”

Ce qui donne en français: “Je suis très inquiet de l’Afrique francophone. Elle est très liée à la France et à l’Euro. Les 4 pays africains dont les économies se sont réduites l’année dernière (2009), étaient tous des pays francophones d’Afrique de l’ouest, le Tchad, le Gabon, la Mauritanie et le Niger".


Chers lecteurs, pendant que les cigales françafricaines chantent, dansent et se font tout belles sur les champs pour le plaisir de Sarkozy, les autres pays africains eux s’activent vers les vrais enjeux et se prennent en mains. Un classement publié par le Forum Economique Mondial a répertorié les 10 économies les plus performantes d’Afrique. Seriez vous surpris d’apprendre que sur la liste il n y avait pas un seul pays de la françafrique sub-saharienne ? Le «Rapport sur la compétitivité en Afrique 2009», dont les résultats ont été publiés par le Forum économique mondial, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale, avait donné le classement suivant :

1. Tunisie
2. Afrique du Sud
3. Botswana
4. L’Ile Maurice
5. Maroc
6. Namibie
7. Egypte
8. Gambie
9 Kenya
10 Nigeria

Voici le genre de réalités sur lesquelles les émergents ne veulent pas que les gabonais s’attardent. Il est plus facile de vous promettre une émergence qui n’est que de la poudre aux yeux. Les chiffres sont là, dans toute leur crudité. La françafrique est lamentable, point barre.



Qui est Mthuli Ncube?

Il est né en 1965
Diplômée d’un doctorat de l’université de Cambridge en Angleterre
Avant la Vice-présidence de la BAD, il fut Doyen de la Business School, et Professeur de Finances à l’université de Witwatersrand, à Johannesburg (le Harvard de l’Afrique du Sud).