Tuesday, August 31, 2010

30 AOUT 2009-30 AOUT 2010 : UN AN DÉJÁ QUE SALAH NGOUAH BEAUD DISPARU DANS LA NATURE BONGOÏSTE




Le soir de l’élection du 30 Aout 2009, un étrange évènement se produisit au Gabon des Bongo. Francis Salah Ngouah Beaud, jusqu’alors directeur de TV+, démissionnait brusquement et disparu, laissant derrière lui un enregistrement accusant la Guinée-Equatoriale principalement, et le Cameroun accessoirement, d’avoir voulu déstabiliser le Gabon. Comme vous n’avez aucune chance de voir ces accusations examinées sur la RTG1 ou les autres organes de presse officielle du Gabon des Bongo, nous sur ce blog, en cette date marquant le premier anniversaire de ce vote, voulons revenir sur les dires de Salah Ngouah Beaud, car il est des choses qui méritent de n’être jamais oubliées. Ensemble, examinons cette vidéo.


Déclaration de Francis Sala Ngouah Beaud
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La vidéo fut diffusée en boucle sur la RTG1 et 2, et sur TeleAfrica le Jeudi 10 Septembre 2009, et aucun débat n’a jamais eu lieu au Gabon jusqu'à ce jour pour déterminer si le contenu de la vidéo était vrai ou faux. Ceux qui à longueur de journée crient hypocritement au danger du repli identitaire, sont bel et bien les commanditaires de Salah Ngouah Beaud.

1. Qui a donc réalisé cette video-interview ? Pendant les salutations d’usage, Salah Ngouah Beaud dit : « bonjour monsieur Olivier ». Mais qui est donc cet olivier ? Un faux nom ?

2. A partir de 1:58 minute, Salah Ngouah Beau prétend avoir mené campagne jusqu’au bout, mais qu’à la veille du scrutin, ses convictions sont revenues en avant et il n’a pas hésité à les faire valoir, vu que la campagne avait été mené avec pour seule volonté de provoquer un chaos, et d’entrainer le pays vers des voix innommables et irréparables. Ce qui est apparu des l’annonce des résultats n’a fait que le conforter dans le choix qu’il avait adopté. Il dit avoir donc été rattrapé par sa laïcité (?) et son esprit républicain. Il n’aurait pas apprécié un certain nombre de propos « haineux » qui tendaient à déchirer le tissu social, et avec tout ce qui s’est passé à Port-Gentil, il affirme et confirme même que les émeutes de Port-Gentil ont été prévues et préparées.

3. A partir de 4:16 minutes, Salah Ngouah Beaud dit: « j’ai été au cœur de cette campagne, j’ai été assez étroitement associé à un certain nombre de décisions qui se prenaient. J’ai pu parcourir certaines provinces avec cette équipe de campagne, j’ai pu être au fait d’un certains nombre d’éléments qui s’opéraient ; et je dois vous dire en toute honnêteté et en toute objectivité, que cela ne présageait rien de bon. Il y avait comme une volonté de partition du pays qui était mise en règle. Il y avait comme une volonté d’affrontement ethnique et provincialiste qui était entretenue, encouragée et il n’est un secret pour personne lorsque vous observez un tout petit peu la configuration politique du moment, à la veille de cette élection et tous les ralliements qui ont pu s’opérer en faveur du candidat André Mba Obame, il était clair et évident que l’objectif affirmé, avoué, était de faire prévaloir une certaine force identitaire ».

4. A partir de 6:20 minutes, Salah Ngouah Beaud dit : « il y a eu une espèce de triangle qui s’est opéré avec certains pays voisins, avec certains autres états africains, qui tendait à encourager une déstabilisation du pays. Cela s’est avéré à l’occasion d’un certain nombre de déplacements dans certains de ces pays là. J’y étais, j’ai été au Cameroun et j’ai été en Guinée Equatoriale. Il ya eu des rencontres qui se sont opérées avec des responsables de ces pays là. Il y a eu des deal qui se sont nourris et qui se sont crées, pour prévenir et préparer ce qui pouvait advenir au lendemain de l’élection présidentielle. Il fallait user de la force et faire rentrer des forces extérieures au pays sur le territoire national. Des mercenaires, qui ont même pris positions, qui sont arrivés, qui se sont permis de vérifier le positionnement exacte du pays ».

5. A partir de 8:00 minutes, Salah Ngouah Beaud dit : « Je suis prêt à soutenir un débat public avec qui le voudrait sur la question. Ils (les mercenaires) sont bien rentrés dans ce pays. C’est l’une des raisons pour lesquelles, et la raison principale d’ailleurs pour laquelle, le Samedi 29 Aout, lorsqu’il s’est agi d’aller à Port-Gentil pour l’avant dernier meeting, je me suis opposé, je n’y suis pas allé. J’ai refusé d’y aller parce que j’avais constaté que dans la délégation qui se rendait pour Port-Gentil, figuraient un certain nombre d’éléments extérieurs, des officiers extérieurs au pays qui y allaient certainement pour une reconnaissance du terrain et préparer tout ce qui s’est passé par la suite. Ces officiers venaient principalement de la Guinée Equatoriale. Il y a eu le Cameroun et la Guinée Equatoriale. Au Cameroun le président Biya était absent, donc aucune rencontre n’a pu se faire avec le chef de l’état Camerounais. Mais en Guinée-Equatoriale, il y a eu une rencontre avec le président Théodoro Obiang Nguema Mbasogo ».

6. A partir de 10:20 minutes, Salah Ngouah Beaud dit : « il est clair que pour la majorité des candidats dissidents du PDG, il était exclu que le candidat du PDG puisse être proclamé vainqueur par les urnes. Il y a eu une forte intimidation, fanatisation des foules les amenant à comprendre que l’heure du changement était arrivée, que ce changement là ne pouvait être opéré que par ces candidats la, dissidents du PDG ou de l’opposition traditionnelle, donc pour eux il n’était pas question qu’Ali Bongo soit proclamé vainqueur, car disaient-ils, il était impopulaire, comptable d’un bilan désastreux et étranger. Ce message était véhiculé à longueur de meetings et de causeries avec les populations ».

7. A partir de 11:55 minutes, Salah Ngouah Beaud dit : « On a vu monter progressivement cette fanatisation des foules. Au départ 2000 à 3000 personnes, on se dit que ce sont des curieux qui viennent entendre et se pénétrer de la nature du discours. Ensuite, on a assisté à un élargissement des foules, à des gens qui venaient de partout, qui étaient là complètement fanatisés. Complètement obnubilés par un discours extrêmement populiste, un discours extrêmement haineux, un discours qui tendait beaucoup plus à une partition de la république ».

8. A partir de 12:55 minutes, le questionneur, de manière très orientée, demande à Salah Ngouah Beaud si ce dernier n’avait pas eu peur à Oyem quand le candidat (André Mba Obame) a interprété les mythes Fang, Akoma Mba et autres. La question posée est la suivante : « à Oyem, est-ce que la fièvre haineuse a plus montée là bas qu’ailleurs ? » Et Sans se faire prier, Salah Ngouah Beaud de répondre : « beaucoup moins à Oyem qu’à Bitam (il répète pour l’emphase). C’est vrai qu’à Oyem, il y a eu foule énorme, et de mémoire de journaliste et d’observateur de la scène politique nationale, il ne m’avait pas souvent été donné de voir autant de monde assister à une rencontre politique, et même à l’époque du défunt Omar Bongo. Il y a eu un travail de fond qui a été opéré, sur l’angle identitaire, ethnique provincialiste, et on a voulu faire remonter l’essentiel des problèmes que rencontraient les populations dans cette localité là, à des insuffisances notoires qu’on devrait au PDG. Ce qui m’a le plus conforté dans cette position qu’on était parti pour des affrontements qui ne disaient pas leur nom, c’est qu’il y a eu volonté délibérée de s’arroger véritablement l’électorat de la province du Woleu-Ntem, en tenant un discours fondé sur un rappel de mythes, sur un rappel de faits traditionnelles, et puis surtout un langage qui en soit ne tenait qu’à une seule chose, moi ou le chaos. A partir de ce moment là, on n’avait plus à faire à une compétition électorale, on n’avait plus à faire à une élection que l’on préparait, on avait à faire à la limite à un règlement de compte qui aurait consisté à lancer les populations dans la rue, à lancer le peuple dans la rue, pour susciter des réactions comme on a vu, des forces de sécurité et faire porter le chapeau à d’autres ».

9. A la question de savoir s’il craint pour sa vie, Salah Noua Beaud répond : «j’ai énormément peur (il répète pour l’emphase). Ma famille est menacée, je n’arrête pas de recevoir des menaces de toutes sortes, je n’ai pas été le seul à sentir venir le danger. Je vis aujourd’hui dans une clandestinité quasiment totale. Mais si c’est le pris à payer pour préserver le Gabon de situations difficiles, pourquoi ne pas continuer à assumer ?

Chers lecteurs, ce blog, comme à son habitude, reste fidèle à son principe de la négation de la langue de bois. Lisez le compte rendu que nous vous donnons ci-dessus et regardez la vidéo de Salah Ngouah Beaud ; un jour peut être nous aurons l’équivalent d’une commission vérité au Gabon, comme il y en a eu en Afrique du Sud et au Rwanda. Mais entre temps, chers compatriote, notre devoir est de pas oublier le rôle que chacun a joué et peut être jouera encore dans l’évolution ou l’involution de notre pays. Quand les émergents disent devant les micros qu’ils collaborent avec les républiques « sœurs » du Cameroun et de la Guinée Equatoriale, pensez à cette vidéo. Quand les émergents viendront vous dire qu’il faut bâtir l’unité nationale, pensez à cette vidéo qui monte de toute pièce une ethnie gabonaise en épouvantail de destruction et de déstabilisation. Notre mémoire collective doit retenir ce genre de chose, car cette vidéo est l’explication de beaucoup de choses qui se passent dans le pays, sur lesquelles nous avons déjà écrit et écrirons encore davantage.

Monday, August 30, 2010

CHRONIQUE ÉCONOMIQUE. ACTE III: GABON, L’ÉCONOMIE RESTE OPAQUE ET SERT EN PRIORITÉ LA MÉTROPOLE








Nous l’avons déjà dit sur ce blog, la « françafrique » est unique aux relations entre les états africains et leur maitresse la France. Elle n’a pas un équivalent anglophone, hispanophone ou lusophone. Quand des candidats à l'élection présidentielle en France ou dans divers pays africains, parlent de réformer les liens entre la France et l'Afrique s'ils accèdent au pouvoir, ce ne sont que des paroles en l’air car le mécanisme économique qu’est la françafrique est un des leviers essentiels de l’économie française, et même de sa politique. On peut encore dire que de nos jours, nous assistons à une privatisation de la politique française en Afrique, car ce sont désormais les multinationales françaises qui gèrent l'Afrique francophone. Elles sont devenues des acteurs de premier plan dans les relations entre la France et ses anciennes colonies. Par conséquent, ces multinationales françaises ont les moyens de déstabiliser n'importe quel régime africain, qu’il soit démocratique ou dictatorial. Nous en avons eu la preuve avec les épisodes Lissouba au Congo et Gbagbo en Côte d’Ivoire. De ce fait, la politique africaine de la France, est d'abord la politique des multinationales françaises installées en Afrique. Ces dernières sont sans scrupule et ont les moyens financiers et politiques d’imposer à l’Afrique des dirigeants psychopathes travaillant pour leurs intérêts. C’est le regretté Mongo Béti qui disait justement : «Les nègres sont condamnés au destin d’éternels supplétifs de la grandeur française ».

1. L’économie du Gabon, un tiroir à double fond.
Lors de la dernière élection présidentielle, un économiste a dressé un portrait sans complaisance de notre économie, mais les gabonais n’ont rien compris à son discours. Ce qu’Albert Ondo Ossa, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait tenté de faire savoir aux gabonais, est que notre gouvernement dépensait plus qu’il ne produisait, et qu’au mois d’Aout 2009, les dépenses de l’état gabonais avaient déjà épuisé tout le budget alloué à cette année. Et Ondo-Ossa de dire qu’il n’était pas certain que les fonctionnaires gabonais soient payés à la fin de ce mois d’Aout 2009 et les mois qui allaient suivre. Ondo-Ossa avait raison sur toute la ligne, mais la désinformation du pouvoir a prétendu qu’il racontait des insanités, car ce pouvoir a continué à payer les fonctionnaires en contractant des dettes à taux d’intérêts prohibitifs qui ne feront qu’empirer notre dette globale. C’est ainsi que la dette publique du Gabon a continué de se boursouffler car l’état continue de dépenser à crédit faute de recettes suffisantes pour payer comptant. Tout le monde sait qu’au Gabon, les fonctionnaires sont désormais payés par l'emprunt. L'ensemble des travaux en cours sont aussi financés par le même mécanisme. Le problème avec cette méthode d’emprunt est qu’elle soit totalement opaque à la population. Même les employés du trésor gabonais sont incapables de vous dire avec exactitude combien le Gabon reçoit et dépense chaque mois. L’opacité de la gestion gabonaise est voulue, d’autant plus qu’elle favorise les ponctions budgétaires de la famille Bongo. Il nous est impossible de savoir combien l’état gabonais emprunte, et le montant des intérêts de ces emprunts. Autre exemple, le stade d’Agondje est en train d’être construit sur financement Chinois. La Chine ne fait rien pour rien et le Gabon a dû gager à la Chine certaines de nos richesses pour rembourser ce stade. Mais il nous est impossible de savoir ce que l’état gabonais a gagé en échange de ce stade. Ni la partie Chinoise, ni la partie gabonaise ne souhaite révéler la nature de la transaction. Chers amis, notre pays n’est pas sorti de l’auberge si une telle opacité est la règle à tous les niveaux.

2. Une économie de sous-traitance pour les intérêts étrangers.
Dans un état moderne, bien géré et surtout se voulant « émergent », les dépenses et les recettes de l'état doivent être visibles et connues de tous. Mais au Gabon, personne ne peut dire avec exactitude la part des dépenses de l'état dans le PIB, car il y a des dépenses hors budget qui se font par le deuxième fond du tiroir. Il y a aussi le principe de conserver les économies francophones africaines, donc gabonaise, dans un état de réservoir de ressources minières. Principe dont les modalités d’exécution donne la part belle aux entreprises françaises avec la complicité de nos dirigeants. En définitive, aujourd’hui encore, les dirigeants gabonais ont choisi de donner une priorité supérieure aux intérêts de la France, au point d’oublier ou de faire passer au second rang, le bien-être des populations. Il est clair que le Gabon des Bongo préfère l’endettement au lieu d’investissements productifs. On voit Ali Bongo décider de renflouer Eramet, alors que cette dépense de dizaines de milliards n’est pas nécessaire et que la profitabilité de cet investissement sur le long terme, laisse des doutes. Nous sur ce blog, disons que le Gabon ne maitrise pas son économie, c'est-à-dire que le pouvoir gabonais n’anticipe pas, et en conséquence ne reçoit que peu de dividendes économiques ; car en économie pour avoir des profits, il faut des investissements stratégiques. Nous avons un pays sans système d’entreprenariat qui aurait pu servir de levier pour créer des emplois, pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat à partir des ressources locales et promouvoir les capacités productives et l’innovation. Aucun pays n’a pu devenir émergent sans un entreprenariat local.

Chers lecteurs, nos analyses et non la propagande des émergents, nous amènent à la conclusion que nous ne vivons pas dans une véritable économie de marché. Les gabonais, dans l’état actuel des choses, sont incapables de manager de manière aussi qualitative que quantitative, les rouages de notre économie. Nous ne pensons pas que les gabonais soient des « incapables », non pas du tout; mais plutôt que les rouages de l’économie nous échappent complètement, car les recettes pétrolières et minières sont gérées grâce à des circuits françafricains qui échappent à tout contrôle. Donc chers compatriotes, nous sommes au regret d’arriver à la conclusion que le Gabon ne connaitra pas d’émergence, du moment où nous ne maitrisons pas le marché économique au sens entrepreneurial du terme. Nous ne maitrisons pas le marché des minerais, ni celui du bois, en dépit du bruit que peut faire Ali Bongo. Les 7 dragons d’Asie qui ont été d’abord émergents puis développés, avaient des modes et des méthodes de production basés sur des clientèles bien précises et une totale maitrise des circuits de distribution. Il y a 40 ans, on pouvait déjà trouver des produits « made in Taiwan » sur les marchés africains. Aujourd’hui, au marché de Mont-Bouet, bien malin qui pourra trouver le moindre produit « made in Gabon ». Au Gabon, nous n’avons aucune maitrise de la chaine de production d’une seule de nos matières premières. Même si le bois était transformé en totalité au Gabon, ça ne résoudrait rien car la CFG fut le premier producteur mondial de contre-plaqués et pourtant cette entreprise a fini par faire banqueroute. Il faut que les Bongo arrêtent de multiplier les approches messianiques en ce qui concerne l’économie. Ce n’est pas Areva et Total ou encore Rougier qui rendront le Gabon émergent. Le Gabon se développera quand les gabonais maitriseront les rouages de leur économie en toute transparence. Tant que l’opacité et la propagande seront les substituts d’une pensée économique rationnelle, nous pataugerons dans la même merde.

Sunday, August 29, 2010

CHRONIQUE ÉCONOMIQUE ACTE II: SUR UNE MÊME ÎLE, HAÏTI ET LA REP. DOMINICAINE OFFRENT DES DESTINS TRÈS DIFFERENTS, POURQUOI?




Pourquoi un tel fossé entre Haïti, pays francophone typiquement dans le chaos et en permanence dans le désespoir, et la République Dominicaine, pays hispanophone plutôt riche et prospère?
Pourtant au départ, Haïti fut une colonie prospère et mais maintenant c’est la nation la plus pauvre de l’hémisphère occidental. Haïti regorge de tous les signes des pays malades. On y retrouve le plus grand nombre d'ONG per capita dans le monde. Son gouvernement vit en permanence sous perfusion de l'aide internationale, la population reste chroniquement pauvre. Frontalière á Haïti, il y a la République Dominicaine, qui comme son voisin, a connu l'esclavage, l'oppression, le colonialisme et enfin des dictateurs impitoyables jusqu'à un passé très récent. Autre différence non négligeable, Haïti a subi le joug de la France tandis que la République Dominicaine connu la domination espagnole. Surnommée "la Perle des Antilles", Haïti longtemps colonisée par la France, compte 9 millions d'habitants. Plus de la moitié de sa population vit avec moins d'un dollar par jour et 78% avec moins de deux dollars. Haïti est situé dans la partie occidentale de l'île d'Hispaniola qu'il partage avec la République dominicaine. C'est en 1697 que la France récupère cette partie de l'île, l'envahisseur espagnol conservant l'autre partie, la future République dominicaine. La République dominicaine est prospère, resplendissante de santé, etc. Haïti est dans un état de pauvreté désespérante.

1. Haïti comme bien des pays francophones africains.
Comme pour bien d'anciennes colonies françaises, Haïti souffre de la corruption de ses élites. Comme en Afrique francophone, on a l'impression que ce pays est pauvre parce que les plus riches font en sorte que les choses restent ainsi. Tout pour eux et rien pour les autres, et tant pis si le pays crève de faim; du moment qu'eux s'en mettent plein les poches. C'est la mentalité issue de la colonisation française qui se retrouve dans tous pays d'Afrique francophone et aussi en Martinique et Guadeloupe avec les petits milieux d'affaires mafieux qui dominent tout pendant que le peuple crève. Haïti a un gouvernement qui est réduit à sa plus simple expression, comme en Afrique francophone, c'est-à-dire que la raison d'exister de ce gouvernement est d'assurer la protection des intérêts d'environ 1% de la population qui contrôle 95% de l'économie du pays, et laisse 88% du reste de la population vivre sous le seuil de la pauvreté. Comme dans les pays d'Afrique noire francophones, les dirigeants gèrent mal leur pays, ils sont incapables d'y implanter des institutions démocratiques solides, en restant tournés résolument vers la France, ils ont complètement raté l'évolution du pays vers la croissance, la stabilité sociale, économique et politique. Ce qui fait qu'aujourd'hui, ces pays francophones soient en perpétuelle faillite. Comme leurs collègues africains francophones, les hommes et femmes de pouvoir haïtiens n'investissent pas dans leur pays, leurs enfants n'y vont pas à l'école et leurs familles ne s'y font pas soigner. Donc ils s'en foutent! Juste à cote, la République Dominicaine se débrouille beaucoup mieux, même ile, mais deux situations aux antipodes l'une de l'autre. Comme en Afrique francophone, on rencontre beaucoup "d'intellectuels" haïtiens veulent devenirs ministres ou haut fonctionnaires, c'est le système français qui veut cela. Il faut absolument être un grand quelqu'un. Ils parlent sans fin mais parlent rarement de développement et de ce qu'il faut faire pour développer le pays.

2. Haïti a été mis en banqueroute dès son indépendance par la France
Les Haïtiens ont gagné la guerre contre l’armée qui faisait trembler l’Europe et le monde, l'armée de Napoléon Bonaparte. Suite á la révolution de Toussaint l'Ouverture et a l'indépendance d'Haïti, la France décréta qu'Haïti devait lui payer des réparations pendant des décennies, 150 millions de francs des 1825. en 1900, 80 % du budget du pays allait au paiement de la dette envers la France. Cette dette de l’indépendance est aujourd’hui évaluée à environ 17 milliards d’euros soit en gros 12000 milliards de francs CFA. Cette dette fut imposée à Haïti, sous la menace d’invasion militaire et de la restauration de l’esclavage par le roi français Charles X afin de dédommager les anciens colons propriétaires d’esclaves pour perte «de propriété», cette indemnité a fait ployer des générations de Haïtiens sous le poids d’une dette illégitime, dette que la nation haïtienne n’a fini de payer qu’en 1947. Haïti, une autre ex colonie française qui ne s'est jamais développée. Le mode de colonisation français a toujours été de soumettre le colonisé et empêcher sa prise en main de soi. C'est ainsi que comme en Haïti, le pouvoir au Gabon encourage le fatalisme et la "bondieuserie". Il y a même des pasteurs qui sont payés par le pouvoir pour passer tout le temps sur la RTG1, dire aux gabonais que dieu a béni le Gabon dans cette année jubilaire et que tous les "croyants" doivent prier pour "l'émergence". Dans la francophonie, il s'est développé une façon bien particulière de voir la vie, avec un certain fatalisme mêlé d'individualisme bête. Comme quoi, l'histoire finit toujours pas façonner un peu les mentalités et les peuples francophones sont un peu formatés a la mentalité imposée par le colonisateur français.


En parlant de colonisation, force est de constater que si on compare l'avenir des colonies françaises aux colonies anglaises, c'est le jour et la nuit. Tous les colonisateurs ont eu leurs échecs mais les Français étaient dans les pires de tous. Hong Kong vs. Indochine, Algérie vs. Égypte, Afrique du Sud vs. Madagascar, États-Unis, Canada, Australie vs. ... rien. La France a toujours voulu garder un contrôle très fort sur ses colonies, même aujourd'hui avec ses anciennes colonies comme le Gabon. L'Empire français s'est planté, point barre.

Saturday, August 28, 2010

DOSSIER ÉCONOMIQUE. ACTE 1: L'ESPACE FRANCOPHONE




Nous ouvrons une série économique, sur suggestion d'un lecteur. Nous examinerons ensembles les contours de l'espace économique autant macro que micro, qui enveloppe le Gabon. Nous commençons par faire un grand angle sur la francophonie et ses performances économiques. Nous examinons la place des pays d'expression française, souvent sous influences française, dans les échanges économiques mondiaux. Dans cette série, nous partirons du général, le monde entier, au particulier, le Gabon. Nous espérons qu'á la fin de la série, comme nous l'avons fait avec Léon Mba, nous aurons une meilleur compréhension des enjeux économiques qui nous attendent, et pourrons mieux évaluer si oui ou non, les élucubrations d'Ali Bongo ont un sens dans le contexte économique qui entoure le Gabon, car chers lecteurs, l'économie est une science et il n'y a pas de miracles. Seul le travail, la planification et la bonne gouvernance paie.

Les performances économiques des pays francophones dans le monde
Nous avons divisé le monde francophone en plusieurs zones: il y a, á tout seigneur tout honneur, la zone africaine au sud du Sahara; puis la zone nord africaine ou arabo musulmane; viennent ensuite l'Europe, les Caraïbes et l'Océanie, enfin le Québec. Quand nous jetons un regard économique sur les pays francophones dans leur zone géographique, comparé á des pays de même calibre mais d'expression non française, on s'aperçoit que:

a. Au sud du Sahara, les 4 pays aux économies les plus performantes sont tous non francophones. Il s'agit de l'Afrique du Sud, du Botswana, du Ghana et du Kenya. Ces pays sont des démocraties modèles, pour les 3 premiers, et douloureuse pour le Kenya dont le peuple a du descendre dans la rue pour défendre son "vote" lors de la dernière élection et ce pays vit désormais la cohabitation, une avancée très significative dans le contexte Africain. Ces 4 pays ont tous leur propre monnaie et une banque centrale indépendante qui ne dépend absolument pas des services d'un "grand frère" colonisateur qui doit lui tenir la main comme on le voit ailleurs. Les résultats sont là, ces pays font des miracles. Il y aussi L'Ile Maurice qui est bien classée, mais ce pays n'est que nominalement francophone. Son fonctionnement est loin de s'aligner dans la logique francophone.

b. En Afrique du Nord, c'est l'Egypte le leader. Cette nation écrase économiquement toutes les autres. Pourtant l'Égypte contrairement á la Lybie et á l'Algérie, n'a que peu de pétrole. Mais les égyptiens ont le système éducatif le plus performant du monde Arabe. Ce système est principalement anglophone. La Tunisie arrive en force mais reste derrière l'Egypte.

c. En Europe, l'Allemagne a la première économie, suivie de la Grande Bretagne. La France n'arrive qu'á la troisième position.

d. Dans les caraïbes, le classement est brutal et sans appel. Parmi les 8 premiers en terme d'économie, pas un seul territoire francophone. La liste s'établie comme suit: Porto-Rico en tête (certains dirons á cause de l'attache aux USA); puis Trinidad and Tobago, ensuite dans l'ordre les Bahamas, la Barbade, les Iles Caïmans, la Jamaïque et la République Dominicaine et Aruba. Les territoires francophones en tête desquels la Martinique, ne font pas vraiment le poids face aux autres, car si le PIB par habitant des Bahamas est d'environ 24585 $ en 2009, celui de la Martinique n'est qu'á 16450, et il est le plus élevé des francophones. La Guadeloupe a un PIB par habitant autour de 13071 (chiffres INSEE), tandis la marche est fermée par un autre francophone, Haïti, qui lui a un PIB par habitant d'á peine 500 dollars.

e. Au Canada, même si le Québec s'en sort plutôt bien, grâce au fait que cette province fonctionne sur le model nord américain, il demeure que cette province n'est que troisième dans le classement économique canadien. La première étant l'Alberta, suivie de l'Ontario.

Chers lecteurs, cet état des lieux sans complaisance de la place de la francophonie dans les classements économiques régionaux autour du monde, place le décor pour la suite de cette série. Nous voulons examiner pourquoi les économies des pays ayant subi l'influence française, sont généralement moins performantes que les autres. Au point que dans certaines régions comme l'Afrique au Sud du Sahara et les Caraïbes, les pays francophones sont les lanternes rouges économiques et politiques. Y aurait-il une explication historique de l'influence française qui soit préjudiciable aux performances économiques? Nulle part sur cette planète, n'avons-nous trouvé un pays francophone dominant économiquement une région. Même en Europe, dans un pays comme la Belgique, la partie "travailleuse" est perçue comme flamande. Cette série lèvera le voile sur cette Question.

Demain: L'influence de la France est-elle étouffante pour les économies Francophones? Etude comparative Haïti-République Dominicaine; deux pays sur une même ile mais aux performances économiques entièrement inverses.

Friday, August 27, 2010

HA LES ÉMERGENTS! ILS NOUS FONT L'ARGUMENT DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE SANS DÉMOCRATIE




Ils sont amusants, les émergents. Aussitôt avons-nous publié le billet sur leur argument de la bonne "dictature", qu'ils nous ont envoyé des messages soit disant savants, avec des citations s'il vous plait; on aurait dit que c'est Ntoutoume-Emane qui nous répondait, tellement le discours était pompeux. Vous savez ces émergents qui ont un peu appris l'économie, nous disent que de grands économistes ont déjà déterminé que la démocratie n'est pas indispensable pour le progrès économique. Il nous cite à ce titre les écrits de Milton Friedman et Hayek.


1. Hayek ne se résume pas à une petite citation citée hors contexte
La citation de Hayek que nous balancent les émergents, peut se traduire sous cette forme : "mieux vaut la dictature pratiquant l'économie de marché que la démocratie". Mais l'interprétation faite par les émergents, de cette citation, est fausse. Pour prouver aux émergents qu'ils font fausse route, nous leur présentons argument á l'appui le cas d'un pays qui a expérimenté, grandeur nature, la dictature comme mode de gouvernement á des fins de croissance économique. Ce pays est le Chili qui en fit l'expérience sous Augusto Pinochet. Et nous savons tous, le désastre en termes de droits de l'homme qui s'en suivi. Ce pays lors des 30 dernières années a été un véritable laboratoire économique, puisque suite aux insuccès d’un gouvernement tortionnaire et brutal, une profonde libéralisation de l’économie a été implantée par diverses réformes. Le résultat est souvent qualifié, avec raison, de « miracle économique ». Comme c'est le cas des partisans des Bongo, les défenseurs du régime dictatorial et brutal de Pinochet, dans les annees 70, aussi arguaient que la stratégie de la poigne de fer et de la consolidation du pouvoir, était nécessaire pour "remettre le pays au travail". Comme c'est le cas au Gabon, le régime dictatorial de Pinochet n'a servi qu'aux intérêts personnels des potentats du régime et leurs proches.


2. Quelles réformes économiques ont permis au Chili d'accéder à l’OCDE et de supplanter l’ensemble des pays d’Amérique du Sud au niveau du développement, après la chute de Pinochet?
Les réformes qui ont aidé le Chili ne nécessitaient pas une dictature militaire et de la répression pour être implantées. Au contraire, le retour à la démocratie et à la liberté ont fortement contribué au succès du Chili de façon significative. Alors chers émergents, n'allez pas encourager la dictature, pour nous faire croire qu'elle seule puisse résoudre les problèmes du Gabon. Bref, ne nous demandez pas de nous laisser aveugler par les promesses de mieux être du régime héréditaire, au point d'en oublier l’ignobilité. Chers émergents, les mentalités ont véritablement changé pour de bon au Gabon, et personne, pas même vous dans vos âmes et consciences, n'accepterait la dictature héréditaire. En parcourant les chiffres, on se rend compte que le PIB per capita du Chili a augmenté drastiquement au fur et à mesure que les réformes et la démocratie ont commencé à fonctionner. Si Entre 1973 et 1990, les années Pinochet, la croissance moyenne du PIB réel par habitant a été de 2%, le plus bas taux de croissance de tous les pays d’Amérique du Sud. Apres 1990, la fin des années Pinochet, et surtout a partir de 1996, le PIB réel par habitant a cru en moyenne de 7%. A ce jour, avec l'instauration de la démocratie, quand on compare les 10 plus grands pays de l’Amérique du Sud entre eux, on constate que le Chili a la meilleure note au niveau de la liberté économique et qu’il fait mieux que les neuf autres pays dans presque l’ensemble des catégories et mieux que la moyenne dans toutes les catégories. On peut affirmer hors de tout doute que le Chili est le pays d’Amérique du Sud offrant le meilleur niveau de vie. Ceci est désormais reconnu par toutes les publications économiques de renom.

Les émergents tentent par tous les moyens de justifier la présidence d'Ali Bongo, mais sans succès. Il n'y a tout simplement pas d'argument valable qui justifierait cette présidence héréditaire. Il essaient de se justifier soit en faisant référence à l’horrible spectre de la guerre que seule les Bongo pourraient prévenir; soit en pointant vers le coefficient de l'incertitude ethnique, vous savez le fameux péril nordiste dont a parlé Salah Ngouah-Beaud avec les chimériques mercenaires équato-guinéens qui avaient soit disant pris positions á Port-Gentil; soit en relatant l’ampleur du désastre économique gabonais causé paradoxalement par Bongo père, et demandant aux gabonais de permettre la dictature pour que le pays se "remette au travail". Pour nous, tous ces points sont à rejeter, car insuffisants pour démontrer que les gabonais méritent une dictature héréditaire pour qu'enfin leur niveau de vie s'améliore; non, non et trois fois non… Chers émergents, si vous cherchez des solutions aux problèmes économiques du Gabon, l’histoire du Miracle Chilien comporte certainement plusieurs ingrédients importants au développement d’un pays; le principal étant bien sûr la liberté politique; même si pour vous la Chine reste encore un exemple de réussite du totalitarisme.

Thursday, August 26, 2010

HA HA, LES ÉMERGENTS AYANT ÉPUISÉ LEURS EFFETS D'ANNONCE, EN SONT MAINTENANT Á UTILISER L'ARGUMENT DE LA "BONNE DICTATURE"




Ils sont drôles les zouaves qui gouvernent le Gabon. Ayant constaté l'échec de leurs effets d'annonce, les chantres de l'émergence parlent désormais d'une nécessaire restriction des droits humains au Gabo, pour faire "avancer" et le pays et "reformer" les mentalités. Certains vont même jusqu'à défendre les ministères mono-ethniques à la Moundounga, avec des arguments du genre: "tant que le ministre s'entoure de gens capables, même s'ils sont tous de la même région, où est le problème?" Chers lecteurs, n'est-ce pas là l'argument chef de tout régime totalitaire et discriminatoire? Les blancs d'Afrique du Sud au temps de l'apartheid ne disaient t-ils pas que les noirs étaient incapables de se gouverner et justifiaient leur politique d'exclusion en disant que le pouvoir était a 100% blancs et compétent. Donc les noirs n'avaient pas à se plaindre.

1. Une campagne médiatique tentant de convaincre les gabonais que leur vie va changer
Une campagne médiatique de grande ampleur a été déclenchée, véhiculée par les média d'état de l'invention, par Ali Bongo, d'une théorie politico-économique novatrice et révolutionnaire en Afrique, qui permet l'élaboration d'un programme politique et économique qui préconise un remède à tous les maux du Gabon et des gabonais. Ce programme, qu'Ali Bongo appelle "émergence", est essentiellement basé sur la proposition d'un changement radical de l'organisation politique, économique et social du pays, et par conséquence de ses dirigeants. Ce programme a pour but, selon Ali Bongo, de transformer homme et société, en préservant les valeurs et repères traditionnels, comme nous expliquerait son épouse Sylvia, pour qui le Gabon est "sa terre". L'"emergence", une doctrine donc? Pas uniquement voyons! Car elle vise à transformer l'homme sur le plan moral, professionnel, religieux, métaphysique, social, économique et civilisationnel, donc une métamorphose plus profonde et plus vaste que jamais vu dans l'histoire de notre pauvre humanité d'africains. Seul un homme de l'envergure d'Ali Bongo, rallié par les compétences de ses collaborateurs (tous intellectuels de haut niveau, bien sur), pouvait entreprendre une telle œuvre, sans peur de faillir devant les énormités et les ambitions d'un tel programme. Les tentatives historiques de transformation du Monde (fraude du communisme, mythe du libéralisme, les religions, les systèmes de pensée, etc.) gisent moribonds aux pieds du alibongoïsme. C'est la révolution gabonaise du 21ième siècle !

2. Argument numéro 2: pour réussir Ali Bongo a besoins d'une dictature
Quelles sont les grandes lignes du projet alibongoïste pour le Gabon? Nous pouvons affirmer qu'il prend naissance dans le réveil d'un homme exceptionnel, qui après tant d'années d'observation scientifiques détaillées du "système" de papa, a découvert l'élixir du bonheur et de la prospérité. Au lieu de breveter cette formule, il a par compassion avec le peuple gabonais décidé de lui en réserver la consommation bénévole et exclusive. Suprême, noble et fier, dans un élan de générosité et de sacrifice, Ali Bongo nous livre enfin le fruit de son labeur. Sous les applaudissements des démocrates gabonais, en tête desquels Mborantsuo, il s'avance vers ses admirateurs et dévoile les conclusions de ses recherches, et les objectifs de son ambition, ciblant la décennie 2010-2020 pour ce nouvel élan (avertissement pour ceux pas très familiers avec Platon et sa "République", introduisez vous vite à la philosophie grecque).

Chers lecteurs, le mythe séducteur de la "bonne dictature" façon Ali Bongo, voudrait qu'en temps de crise et de stress, un pays souffrant comme le Gabon ait besoin d'une poigne ferme au gouvernail avec un minimum possible de pluralisme. Ce mythe veut que seul "un homme fort" façon dictateurs africains, soit capable de maintenir la paix entre les ethnies et les intérêts variés dans le pays. Quand nous savons que le pouvoir perturbe les meilleurs esprits, et que seuls quelques êtres d’exception ont totalement résisté à la tentation de l’abus de pouvoir, nous ne voyons pas comment Ali Bongo pourrait amorcer la transformation dont on parle au Gabon. Les signes de l'échec sont déjà la, partout, autour de nous. Le régime Ali Bongo est déjà victimes de l’ivresse du pouvoir. On voit déjà se presser autour de ce régime des flatteurs qui deviennent de plus en plus présents. La mécanique de la corruption est déjà la aussi. A partir du moment où nous vivons le tout-Etat, nous sommes donc en présence avec Ali Bongo, d'un système de tout-corruption. L'argument selon lequel la dictature d'Ali Bongo est nécessaire pour changer le Gabon n'est qu'une autre connerie de gens n'ayant plus d'idées.


P.S. Pour nous contacter, cliquer sur le profile et sur le motif email qui devrait vous permettre de rentrer en liaison avec nous.

Wednesday, August 25, 2010

PAROLE Á NOS LECTEURS: "PARLER MANDARIN EST-IL PLUS IMPORTANT POUR NOS ENFANTS QUE D'APPRENDRE LEUR LANGUE MATERNELLE?"




Nous donnons aujourd'hui la parole á nos lecteurs á cause d'un texte poignant que nous avons reçu d'un de nos fidèles, nous faisant un plaidoyer en faveur de nos langues maternelles, qui á son avis, sont en train d'être assassinées par l'irresponsabilité des pouvoir publics, et aussi malheureusement des familles gabonaises. Nous reproduisons ici son texte, dans son intégralité. Seul son nom a été mis en initial car étant au Gabon, nous voulons lui éviter des ennuis même s'il nous a dit " s'en foutre" des conséquences de son association avec nous. Voici son réquisitoire:


Bonjour,

Je ne suis ni Poète, ni romancier, et encore moins essayiste; mais je viens m'adresser á vous car vous êtes le seul endroit qui va peut être répercuter mon désespoir, et mon ENERVEMENT devant un autre acte suicidaire de notre gouvernement. Cet acte est la décision d'enseigner aux petits gabonais dès la 6ième, la langue Chinoise qu'est le Mandarin. Voyez-vous, pour moi la question des langues locales occupe une place primordiale dans la réflexion de tous les jours. Je suis du Fernand-Vaz, d'ethnie Miène pour simplifier, et en une génération je constate autour de moi combien la connaissance de notre langue s'est érodée. C'est effarant mais nous avons de la peine à trouver aujourd'hui un jeune qui a 20 ans qui puisse vous donner une explication authentique d'une chanson de Pierre-Claver Akendengue. Rien qu'en une génération. Mais qu'en sera-t-il dans 50 ans? Je pense qu'il nous faut penser GABON D"ABORD á propos de nos langues qu'il faut absolument sauvegarder.

Attention, n'allez pas interpréter ma position comme étant anti-Mandarin, non pas du tout. Je pense seulement que le Mandarin ne devrait pas être enseigné en priorité dans nos lycées et collèges, en lieu et place de nos langues qui éprouvent de la peine à être introduite dans les programmes. Je pense qu'aujourd'hui, on ne pourrait nier la notion d’identité multiple que nous confère le monde moderne, une situation qui nous invite à plus d'ouverture sur le monde. Quand je parle de donner la priorité aux langues gabonaises, ou du moins de les mettre sur le même pied d'égalité que les langues étrangères, je voudrai dire simplement et sans agressivité qu’il est temps pour les gabonais de revenir à la réalité concrète de leurs milieux culturels. Nous avons tord de penser que c'est en apprenant les langues des autres, et en délaissant les nôtres, que nous allons nous développer. En Chine, on parle Chinois; et pourtant ce pays progresse. Au Japon tout le monde parle japonais. En France c'est le Français, en Allemagne l'allemand et ainsi de suite. Pourtant ces pays ont su trouver dans leur langue un vecteur de développement. J'ai fait me études au Québec, au Canada et il faut voir comment les francophones se battent pour préserver le français. La langue c'est important. Il n'y a que nous gabonais et africains qui ne réalisons pas cela. Comme la Négritude a imposé la culture negro Africaine par l'écriture et en a fait un phénomène historique absolument nécessaire et incontournable, le cheval de bataille des intellectuels africains et gabonais en particulier devrait être d'imposer nos langues, de les relever, de les promouvoir. C'est pour cette raison que mon cœur saigne quand je constate que mon ministre de l'éducation nationale prend des mesures prioritaires pour imposer le Mandarin aux jeunes gabonais, alors que ces enfants gagneraient á apprendre le Miène, le Fang, ou le Punu, pour ne citer que ces langues. Dans l'état actuel des choses, on peut absolument prévoir ce que vont devenir nos langues, elles vont mourir. Je vous apprends qu'il y a déjà de nombreuses familles au Gabon où seul le Français est parlé.

Si nous voulons sauver nos langues, c'est-à-dire en préserver le lexique, la grammaire, les modes de prononciation, il faut que les milieux éducatifs s'en mêlent. Si nos enfants parlent de plus en plus français aujourd'hui c'est à cause du matraquage qui est appliqué. De la même façon, il faut appliquer un matraquage de nos langues, car il en va de leur survie.
Mes chers frères et sœurs, j'ai mal, très mal de l'état de ma langue chez moi. Qu'adviendra t-il du Fernand-Vaz quand plus personne ne se souviendra de nos chansons d'enfance, des instruments de notre vie traditionnelle quotidienne, de la manière d’aimer, de haïr, de rire, de pleurer. Que deviendrons-nous? Pierre-Claver Akendengue est un trésor national à cause de sa connaissance de la langue et son talent de conteur et de compositeur. Mais je puis m'avancer pour affirmer que sans une bonne connaissance de la langue, Akendengue n'aurait pas été aussi complet comme musicien, poète et penseur.

Chers frères et sœurs, en perdant nos langues, nous perdront aussi notre personnalité originelle, et ne deviendront que des assimilées. Nos langues sont menacées, mais nous pouvons encore les sauver par une politique volontariste de nos pouvoirs publics. Mais il me semble que notre gouvernement préfère encore une fois aller dans le sens du suicide de nos langues en continuant une négligence que je qualifie de criminelle. Pour que nos langues survivent, il nous faut les faire passer de l'oralité à l'écriture, et le gouvernement doit jouer son rôle.

Merci

M. S. A.

Tuesday, August 24, 2010

QUELLE EST LA NATURE DES PROTOCOLES D'ACCORDS SIGNÉS ENTRE ALI BONGO ET LES FIRMES SINGAPOURIENNES ET INDIENNES




Les effets d'annonce ont ceci d'ennuyeux, qu'on se perd facilement dans le superficiel et l'essentiel est oublié. Le pouvoir Ali Bongo vient d'annoncer avoir signé des accords d'investissements avec 3 firmes asiatiques pour un montant de 2500 milliards de Francs CFA. Comme d'habitude, la presse gabonaise officielle ne s'est pas demandée quelle était la nature de ces partenariats, et les montants que devaient investir ces asiatiques au Gabon. Nous sur ce blog avons cherché à en savoir mieux sur ces fameux accords d'investissements.


1. Trois firmes pour 4 types de projets
Les projets dont parle l'effet d'annonce, sont au nombre de 4. Il s'agirait de:


a. La fameuse zone économique de Nkok qui serait destinée á la transformation du bois. Signature avec le Singapourien Olam.

b. La mise en place de palmeraies dans le pays. Signature avec le Singapourien Olam.

c. Construction de 1000 km de route. Signature avec l'Indien Ramky.

d. Construction de 5000 logements. Signature avec l'Indien M3M.


A la lecture de ces projet, ce blog s'est interrogé si l'apport de ces firmes dans le projet était aussi important que veulent l'affirmer les émergents. Nous avions le pressentiment que le Gabon allait encore s'endetter lourdement pour des projets mal pensés dont l'efficacité reste discutable, car Il est bon de rappeler que l’origine de notre dette provient essentiellement de dépenses non-productives; c'est à dire dépenses de prestige «éléphants blancs» servant les intérêts des particuliers détenteurs du pouvoir, dont on connaît aujourd'hui les effets catastrophiques.





2. Surprise, le Singapourien Olam n'investira en tout et pour tout que 6 milliards au Gabon.

Singapour est une démocratie, et son économie est transparente. Par conséquent, Olam étant une entreprise á capitaux publics, elle se doit d'informer ses investisseurs de ses projets. C'est ainsi que sur le site internet de cette entreprise, on peut lire comme l'indique le document ci-dessus, que pour les 2 projets dans lesquels cette entreprise est engagée au Gabon, elle investira en tout et pour tout 6 milliards de francs CFA. Chers lecteurs, la presse internationale, qui elle a des notions d'arithmétique, nous apprend que les 2 projets dans lesquelles est engagé Olam, ont des besoins d'investissement estimés á 120 milliards de Francs CFA chacun. Si nous comprenons bien, le document ci-dessus nous dit qu'Olam n'investira au Gabon que 6 milliards, sur les 240 milliards dont le projet aura besoin, soit 2,5% du total. Par contre, l'arrangement entre cette entreprise Singapourienne et l'état gabonais, d'après le document, nous révèle que les Singapouriens s'en tirent avec 60% des parts dans ce partenariat! Chers amis, comment peut-on investir 2,5% et empocher 60% des parts? Voici une question á laquelle les émergents devraient répondre. Mais nous voyons déjà venir l'excuse émergente qui voudrait nous faire croire que c'est l'apport en "savoir faire" singapourien qui justifie ce 60% même si financièrement leur contribution n'est que de 2,5%. Quand on regarde les 2 autres projets sur la liste, pour les 5000 logements, il est dit que la société indienne va préfinancer à hauteur de 50 milliards. Pour l'instant le projet de route sera totalement à la charge du Gabon.

Par conséquent, quand on fait le total, on se rend facilement compte que sur les 2500 milliards annoncés, l'apport en investissement étranger pour le moment n'est que de 56 milliards. Les 2444 restants devraient sortir de la trésorerie gabonaise. Il serait bien que les émergents fassent des effets d'annonce plus honnêtes, car il n'y a aucune déferlante d'investissements étrangers au Gabon en ce moment; l'apport des etrangers sur les 2500 milliards n'est que pour l'instant de 2%.

Monday, August 23, 2010

QUELLE DIFFÉRENCE DE CLASSE ET DE COMPORTEMENT ENTRE LES FAMILLES LÉON MBA ET BONGO !




Comme vous pouvez l’observer, les images que nous publions sont de l’émission Pluriel. Emission de propagande par excellence du régime en place. En effet, depuis que La Lettre Du Continent a mis sur la place publique les désaccords de certains membres de la famille Léon Mba, en tête desquels, Jean Eyeghe-Ndong, pour la succession héréditaire au Gabon, l’émission Pluriel fait des pieds et des mains pour aider Ali Bongo à véhiculer un message conciliateur à l’endroit de cette famille. Il s’agit de démontrer qu’Ali Bongo fasse des pieds et des mains pour préserver la mémoire du président Léon Mba. Mais sans le vouloir, les bonshommes de Pluriel nous ont permis de mesurer l’énorme écart d’éducation et de comportement entre les Mba et les Bongo. Lors du dépôt de la gerbe de fleur au mausolée Léon Mba, Pluriel a tendu son micro à certains membres de la famille Léon Mba. Mais quelle différence avec ce dont nous ont habitué les Bongo !







1. Une famille sobre qui respecte et comprend ce qu’est son droit et devoir de réserve
C’est une tradition planétaire. Les grandes familles de pouvoir sont encouragées à cultiver la discrétion et la sobriété. La famille Léon Mba ne déroge pas a la règle car tous les gabonais s’accorderont a dire que cette famille se distingue dans le fait que ses membres soient si discrets qu’ils restent tous autant qu’ils sont, inconnus des gabonais. Ce n’est certainement pas un Mba qui vous dira : « est-ce que vous savez à qui vous avez à faire ? ». Quand les commentateurs de Pluriel ont demandé à un des ainés de cette famille de s’expliquer sur l’absence à cette cérémonie de Jean Eyeghe-Ndong, il leur a simplement répondu que peut être que ce dernier avait d’autres préoccupations en ce jour de 16 Aout 2010. Voici une réponse qui a complètement désarçonné les gens de Pluriel car habitués aux bongoïsme, ils s’étonnèrent que quelqu’un puisse avoir d’autres priorités que de venir à une telle cérémonie. Pluriel ne comprît pas non plus que la famille Mba trouva l’absence de Jean Eyeghe-Ndong normale, car ils insistèrent en demandant à la même personne si le courant passait bien avec Jean Eyeghe-Ndong. A la surprise manifeste de Pluriel, le membre de la famille Mba a dit que le courant passait bien avec Eyeghe-Ndong, et qu’il lui avait rendu visite a la suite d’un récent retrait de deuil. Et de rappeler à Pluriel de séparer les relations familiales de la politique. Nous comprenons toute la difficulté de Pluriel à appréhender la séparation entre famille et politique, car baignant dans le bongoïsme farouche où il n’y a pas de différence entre l’état gabonais et la famille Bongo ; et par voie de conséquence, un problème avec la famille Bongo se répercute immédiatement en affaire d’état. Dans un climat où le destin de la famille Bongo s’est identifié à celui du pays, il n’est pas surprenant que des animateurs comme ceux de Pluriel ne comprennent pas la leçon de civisme que leur donnaient les membres de la famille Mba. Une des filles de Léon Mba leur a même raconté que leur père leur disait souvent que c’est lui qui était président et non sa famille. Des enseignements dont se moquent les bongoïstes pour qui, le pouvoir et la main mise sur les ressources du pays doivent se conserver et se consolider dans la famille ; et tous ceux qui pensent autrement ne sont que des aigris !





2. Non, nous n’avons pas de privilèges. La famille Mba n’est pas connue pour les privilèges.
A notre avis, l’intervention la plus remarquable, fut celle d’un jeune homme (image ci-dessus), descendant de Léon Mba qui répondait aux questions très révélatrices de l’état d’esprit bongoïste des commentateurs de Pluriel. Nous reproduisons l’échange qui nous a le plus marqué, ci-dessous :

a. Question de Pluriel : fréquentez-vous les Bongo ?
Réponse du jeune homme : non, nous ne nous fréquentons pas, mais chacun sait qui est qui. On se connait.

b. Question de Pluriel : avez-vous des privilèges ?
Réponse du jeune homme : non, je n’ai pas de privilèges. La famille Mba a toujours été pour la discrétion et la simplicité. Nous ne recherchons pas de privilèges.


Par les réponses de ce jeune homme, nous avons là le contraste entre quelqu’un élevé avec les valeurs de travail, de respect et d’EGALITE entre citoyen, et des gens élevés à la mamelle de l’état comme les Bongo qui pensent qu’il y ait une parfaite fusion entre l’état gabonais et leurs caprices d’enfants gâtés.

La famille Léon Mba apparait comme formée de gens très simples. Il n’est donc pas étonnant qu’en général, ses membres n'aient jamais prêté le flanc aux scandales dont nous ont habitué les Bongo. Même dans la meurtrissure, ils savent garder leur dignité. C’est aussi une famille de gens d’esprit dont certains membres sont des écrivains reconnu comme Lucie Mba. Le jour où un Bongo écrira de sa main un ouvrage intellectuel, on en reparlera. La famille Léon Mba nous rappelle qu’une grande famille publique, doit savoir rester en retrait et savoir s’effacer devant la marche du pays. La famille Bongo quand a elle nous rappelle ce qu’est la vulgarité des gens qui obtiennent le pouvoir sans y être préparés. Par ses comportements, on peut être fier d’avoir une famille du premier président du Gabon qui fasse honneur aux valeurs de désintéressement et de dignité personnelle, et représente de fort belle manière la version gabonaise de ce que nous pouvons appeler sans exagération « noblesse ». Quand aux Bongo, que peut-on dire, tant ces gens manquent totalement de tact et de carrure morale. Mais peut-il en être autrement quand on sait qu’ils sortent du néant comme le célèbre Apolongo du poète ?

Sunday, August 22, 2010

LE CINÉMA « ÉMERGENT » : LA PAROLE D’ALI BONGO PORTÉE Á L’ÉCRAN




Après la mise en place dans les media d’état, d’un matraquage pro Ali Bongo par le truchement d’émissions comme « Pluriel », et éditoriaux « voix de son maitre » de gens comme Lin-Joël Ndembet, c’est au tour d’un cinéma d’un genre un peu particulier d’être développé au Gabon, par le pouvoir. De petites productions financées par le ministère de la communication de Laure Ngondjout avec des thèmes tres « émergents » et des dialogues qui n’hésitent pas à directement paraphraser Ali Bongo, ont été portées à l’écran et sont diffusées en primeur sur la RTG1 en « prime time ».

1. Les dictatures adorent la création de mythes, et rien de tel que le cinéma pour le faire
C’est l’Allemagne nazie pendant la Seconde guerre mondiale qui la première, fit du cinéma un outil idéal de propagande. Hitler utilisa efficacement le cinéma dans son programme de la « Gleichschaltung », ou la « mise au pas » de la société allemande, et cet art devint un élément central du caractère totalitaire du régime. En effet, le cinéma est un puissant vecteur idéologique, en tant qu’il agit sur l’imaginaire collectif d’une population. La très talentueuse Leni Riefenstahl se mettra au service d’Hitler en réalisant des films qui encensaient le régime nazi. Au Gabon, l’échelle n’est pas la même, mais on observe déjà que le pouvoir par son bras séculier qu’est Laure Ngondjout, encourage la production de films dont les thèmes sont souvent identiques aux énoncés d’Ali Bongo. On assiste donc à une production pouvant s’apparenter plus ou moins fortement à de la propagande. Nous avons regardé le dernier film de Melchy Obiang, un gabonais très talentueux qui mérite vraiment mieux. Mais son film « La Pancarte » est une pâle excuse artistique qui en fait sert de véhicule à une espèce d’éducation bongoïste du peuple gabonais. C’est ainsi que ce film encourage dans sa mise en scène, des comportements allant dans le sens de la propagande d’Ali Bongo. Même les dialogues sont truffés de rengaines du style : « le pays en en train de changer », « nous sommes dans l’émergence », « il faut adopter les nouvelles méthodes » etc. Le film met en scène un politicien moralisateur qui va dans un village de Ntoum apporter la « bonne nouvelle » émergente aux populations. Pour quelqu’un d’aussi talentueux que Melchy Obiang, réaliser de tels navets propagandistes financés par Laure Ngondjout, est un vrai gâchis. Mais comme dirait l’autre, nous comprenons son mercantilisme car il lui faut bien vivre et la propagande d’Ali Bongo paie bien.

2. Heureusement qu’au Gabon, le peuple n’est pas aussi perméable à la propagande que le croit le pouvoir.
Même si le cinéma gabonais a connu une fluctuation historique en dents de scie, l’histoire nous apprend que le peuple gabonais a souvent été en mesure de séparer l’art cinématographique réel, des productions à caractère politique. C’est ainsi que les mêmes gabonais qui ont adoré « la Cage », « les Tam-tams se sont tus », « Où-Vas-Tu Koumba ?» et les autres productions artistiques, ont été très froids et assez réfractaires aux productions bongoïstes comme «Demain un Jour Nouveau», « Ayouma », « Obali » etc. Pourtant, ces productions bongoïstes bénéficiaient de budgets colossaux. Mais rien à faire, les gabonais on vu à travers la mascarade et son restés froids face à ces films. En dehors des tartuffes qui veulent se faire bien voir et affirment qu’ils adorèrent ces films, que ce sont des chefs d’œuvre etc. Ainsi, malgré les moyens à la disposition des bongoïstes, il ne leur est pas facile d’influencer les mentalités collectives des populations. Le problème pour les bongoïstes est que leur "guerre des images" exige plus de professionnalisme, car quand on regarde l’émission Pluriel par exemple, on est mort de rire tellement la propagande de cette émission est stéréotypée et caricaturale. Les gabonais sont heureusement plus futés qu’on ne le croit. Les messages bongoïstes recevrons certainement une approbation superficielle car les gens ont peur des représailles de perte d’emplois etc., mais notre public qui est de plus en plus critique, décèle facilement les visions manichéennes du bongoïsme, et les trouve peu crédibles, malgré les faux semblant de surface.

Nous ne nous faisons aucune illusion que certains de ces films connaitront un écho populaire ostentatoire car, ces films de propagande produits pour le cinquantenaire de l’indépendance, sous la tutelle du Ministère de l’Information, vont être diffusés au maximum. Comme d’habitude, les gabonais vont se lasser des bêtises bongoïstes, et les situations surréalistes avec des films où des images de posters d’Ali Bongo sont montrés de manière incongrue, vont avoir pour conséquence la decrédibilisation de ces films. Même la vague actuelle du « notre culture est vraiment formidable!” aussi passera, car au finish les gabonais resteront en manque de tout ; et comme dirait le philosophe : « ventre affamé n’a point d’oreille ». Donc, la mission bongoïste qui prône un cinéma qui doit encourager « l'adhésion » de la population au nouveau régime et « l’éduquer » à son goût. Pour les bongoïstes, la mission de ce cinéma de propagande serait de peindre la réalité du pays telle qu'elle « devrait être » et non telle qu'elle est. C’est ça le phantasme bongoïste qu’on veut vendre aux gabonais ; celui de la perpétuelle attente du lendemain meilleur.

Saturday, August 21, 2010

NEWSWEEK FAIT UN INVENTAIRE DE TOUS LES PAYS DU MONDE. LE GABON EST AUX CATACOMBES, MÊME EN AFRIQUE




Le magazine Américain Newsweek vient de publier son classement des pays où on vit le mieux. Ce classement a été établi par des experts internationaux, dont certains Prix Nobel comme Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie. Les critères de sélection étaient : l’éducation, la santé, la qualité de vie, le dynamisme économique, et enfin le climat politique. La Finlande est classée 1ière, la Suisse est 2ième, ensuite arrivent la Suède, l’Australie… Les USA sont en 11ième position, la France est 16ième juste derrière la Corée du Sud. Cuba est 50ième, la Chine est 59ième. En Afrique, le Maroc est 67ième, l’Egypte est 74ième, le Botswana est 80ième, le Ghana est 86ième, le Burkina est 100ième. Le Gabon est au plus bas de l’échelle. Si bas qu’il fait parti des pays non classés dans le classement général. Voici le genre de classement que n’aiment pas les « émergents », car il met en brèche toute la propagande qu’on propose aux gabonais dans les media d’état. Ces classements sur des bases scientifiques objectives nous démontrent le vrai visage hideux de notre pays et de ses performances. Pays qui est maintenu sous menottes et ligotes par la famille Bongo depuis bientôt une moitie de siècle.

1. Seul un petit groupe de pays au sud du Sahara a retenu l’attention des experts de Newsweek.
Ces pays sont dans l’ordre : Botswana, Afrique Du Sud, Ghana, Kenya, Madagascar, Sénégal Tanzanie, Ethiopie, Mozambique, Uganda, Zambie, Cameroun, Nigeria et Burkina. Vous comprendrez que le Gabon est juge par les expert d’être bien loin de ces pays cite plus haut. Donc quand les émergents viendront vous faire du bruit, avec leur Gabon, demandez leur de vous dire quelles sont les performances du Gabon.

2. Les leaders qui font avancer leur pays
Ellen Johnson Sirleaf est sur la liste pour avoir fait sortir son pays de la crise et remis sur la voie de la bonne gouvernance et l’observation des lois.

3. Le Gabon ne se classe parmi les 100 premiers dans les 5 critères du classement

a. Education : le 1er Africain au Sud du Sahara est le Kenya, suivi des pays suivants : Botswana, Uganda, Zambie, Madagascar, Cameroun, Nigeria, Ghana etc. Le Gabon est hors classement. Trop minable.

b. Sante : Madagascar est 1er, suivi de : Sénégal, Ghana, Ethiopie, Botswana, Afrique du Sud, Kenya etc. La aussi le Gabon est hors classement, trop minable.


c. Qualité de la vie : Le Botswana est 1er, suivi des pays suivants : Ghana, Afrique du Sud, Ouganda, Kenya etc. Le Gabon est hors classement pour cause de médiocrité.

d. Dynamisme économique : Ici pas de surprise, l’Afrique du Sud est largement en tête, viennent ensuite : Botswana, Kenya, Sénégal, Zambie, Madagascar, etc. Le Gabon n’est pas mentionné car aucune véritable économie compétitive n’y est encouragée.


e. Environnement politique : l’Afrique du Sud est encore en tête, ensuite viennent : le Botswana, le Ghana, le Mozambique, la Tanzanie. Dans cette rubrique le Gabon est encore parmi les mauvais élèves, pour des raisons que nous connaissons tous.


En conclusion, chers lecteurs, quand nos hypocrites viennent dire aux petit peuple que ça va au Gabon, mieux que dans d'autres pays Africains, demandez leur de vous en donner la liste et de vous dire en quoi le Gabon est plus performant que ces pays. Si vous leur poser cette question, ils vont détaler. Ils ne pourront pas vous soutenir un discours qui démontre les points forts du Gabon en termes économique, de la recherche scientifique, de l'éducation, de l'indépendance de la justice par rapport au pouvoir et de la liberté de la presse.

Friday, August 20, 2010

ALI BONGO SUR RFI. PURES RIGOLADES QUE NOUS BALAYONS DU REVERS DE LA MAIN








INV AFRIK 19/08 GABON: ali Bongo Version longue

(05:39)





















Ali Bongo a accordé une interview à Marie Pierre Olphand de RFI. Vous pouvez écouter cet entretien sur le lien ci-dessus et nous vous donnons nos répliques ci-dessous.

1. A propos des relations avec la France, Ali Bongo affirme que De Gaulle est populaire au Gabon.
a. Auprès de quelle population ?
b. Qui a fait ce sondage ?

2. Le Gabon émergent d’après Ali Bongo se fera grâce aux ressources du Gabon qu’il faut exploiter autrement
a. Très bien. Sommes-nous en train d’exploiter le pétrole autrement ? Alors que Samuel Dossou reste le seul maitre à bord et l’opacité continue à être de mise comme au bon vieux temps ?
b. Sommes nous en train d’exploiter le manganèse autrement quand on sait que c’est le cousin Abeke qui y est aux affaires et la manne est toujours géré de la manière la plus opaque ?
c. L’uranium est il géré autrement quand on sait qu’Areva fait ce qu’elle veut au Gabon ?
d. Le secteur du bois est complètement par terre avec des milliers d’emplois de perdus. C’est ça gérer autrement ?
e. Vous allez solliciter des investisseurs étrangers pour qu’ils viennent risquer leur argent au Gabon, mais vous-même partez faire vos courses immobilières à Paris, avec des achats totalement superflus de 65 milliards de francs CFA, pour un immeuble à la con dont personne sauf vous ne trouve l’utilité. C’est ca gérer le pays autrement ?

3. A propos de l’audit de la fonction publique, pourquoi sa non publication ?
a. Réponse idiote d’Ali Bongo qui affirme que la raison de la non publication est que les fonctionnaires fantômes apparaissent lors des audits pour disparaitre après. C’est quoi cette connerie ? Un fonctionnaire fantôme est par définition un fonctionnaire qui n’existe que sur le papier, quelqu’un de totalement fabriqué pour se donner 3, 4, 5 ou 10 salaires. Donc un fonctionnaire fantôme ne peut pas apparaitre, car même s’il se pointe sur son supposé lieu de travail, ses vrais faux collègues le dénonceront comme étant un imposteur. Donc cette raison donnée par Ali Bongo pour la non publication, est à mettre aux chiottes.
b. La raison pour laquelle Ali Bongo ne publiera pas cette liste, est parce que le plus grand nombre de fraudes étaient perpétré par les gens de pouvoir, dont beaucoup de coupables soutiennent Ali Bongo et sont même ses parents. Il s’agit donc de nettoyer cette liste et de ne condamner en définitive que du menu fretin. Si cette fameuse liste est publiée, nous pensons qu’elle sera principalement un alibi pour régler des comptes à certains et qu’elle ne sera jamais fidèle à la réalité.

4. A propos de la corruption, Ali Bongo promet assainir les mœurs financières du Gabon.
a. On attend de voir comment il va sévir contre Alaba Fall.
b. On attend de voir comment il va sévir contre Oyiba
c. On attend de voir comment il va sévir contre son conseiller Lemboumba.
d. On attend de voir comment il va sévir contre Souah Thomas
e. On attend de voir comment il va sévir contre Mborantsuo qui a construit un lycée de plusieurs milliards, avec quel argent ?
f. On attend de voir comment il va sévir contre sa « fausse » mère qui avait vidé toute une banque.

5. A propos des législatives 2011, Ali Bongo affirme qu’il ne soit pas possible de frauder massivement au Gabon.
a. Mais il se fout de lui-même et du derrière de Mborantsuo.
b. Ce ne sont pas seulement les anciens pedegistes qui demandent le départ de toute l’équipe qui organise les élections au Gabon, mais la population dans son ensemble. Les gens savent que la CENAP et Mborantsuo sont là pour entériner les victoires PDG. Mais nous ne nous faisons aucune illusion, car les Bongo sauront trouver des remplaçants tout aussi près à valider les fraudes que ne le font les actuels en postes.
c. Quand il dit que la fraude n’est pas que d’un seul coté, il admet implicitement qu’il y a fraude, ce qui est très grave. Donc si Ali Bongo reconnait qu’il y a fraude, c’est que les élections au Gabon ne valent pas un clou et ce n’est plus la peine de les organiser. Retournons au parti unique, ce sera plus sincère.

6. A propos d’une éventuelle cohabitation, Ali Bongo affirme que c’est le peuple qui pourrait l’imposer.
a. Quelle farce ? Le peuple n’a aucune marge de manœuvre au Gabon, les chiffres sont fictifs. La seule chose dont le peuple pourrait se saisir reste la rue, c’est le seul moyen ; les élections resterons des mascarades.
b. Nous savons tous que les Bongo sont des adeptes du pouvoir pour eux et rien pour les autres. Donc le concept même de la cohabitation est totalement superflu car cette famille contrôle tous les rouages du pays. Par quel moyen la cohabitions va arriver ? par quel mécanisme ? La majorité du PDG est assurée par la Cenap et Mborantsuo. Tout le reste c’est des histoires pour endormir les enfants.

Wednesday, August 18, 2010

APRÈS LES FÊTES, LE GABON RETROUVE LA GUEULE DE BOIS: CIMGABON ANNONCE SON INTENTION DE METTRE LA CLÉ SOUS LE PAILLASSON




Pendant que Patience Dabany et les ambianceurs de la famille Bongo demandaient aux gabonais de danser et de boire, un autre indicateur démontrant que l'économie gabonaise était mourante se profilait á l'horizon. La société mère de CIMGABON annonçait dans la presse internationale, curieusement non reprise au Gabon, son intention de fermer sa succursale Gabonaise, pour faute de rentabilité.

1. Grosse contradiction: Ali Bongo annonce tous les jours de nouveaux chantiers, mais CIMGABON enregistre de moins en moins de vente de ciment. Il y a quelque chose qui cloche dans ce schéma, cherchez l'erreur!
Si nous devrions croire Ali Bongo et ses effets d'annonce, le domaine de la construction au Gabon devrait être complètement emballé en ce moment. Chers lecteurs, avec l'annonce de la construction de 5000 logements par an, d'au moins 3 nouveaux échangeurs á Libreville, les infrastructures relatives á la CAN 2012, les fameuses grandes écoles annoncées qui doivent pousser partout comme des champignons après la pluie, les 3 barrages hydroélectriques, et tout le reste de la longue liste d'annonces faites par les émergents, CIMGABON devrait connaitre une croissance d'au moins 1000 pour cent. Mais malheureusement, sur le terrain, lá où comme disent les anglo-saxons, "the rubber meets the road", c'est l'effondrement presque total. Seulement, personne ne dit à nos compatriotes qu'Ali Bongo est en train de se foutre de leur gueule. Le fait est que la plupart des gabonais n’ont aucune idée de ce qui est réellement en train d’arriver à leur économie nationale. En effet, depuis l'arrivée d'Ali Bongo au pouvoir, le pays a connu une hemorragie en termes de pertes d'emplois. Il y a eu le Tsunali qui a chassé de l'administration un bon nombre de gabonais valides et valables, on a eu le mesure de la fin de l'exportation du bois qui a mis au chomage un minimum de 5000 et un maximum de 15000 gabonais, il y a eu Loango avec ses centaines d'emplois, Air Service etc., et maintenant CIMGABON. Que vont dire les émergents? Quelle est leur excuse?

2. La presse gabonaise occulte la nouvelle de la fermeture prochaine de CIMGABON
Pourtant, il nous a suffit de lire l'édition du jour du journal américain "The Christian Science Monitor", pour que nous tombions littéralement nez à nez avec cette nouvelle dévastatrice pour beaucoup de familles gabonaises. Ce journal nous dit que Les Ciments Du Gabon, une société en situation de monopole dans le pays (c'est-à-dire qu'elle soit la seule à y PRODUIRE du ciment), qui fournit annuellement 250000 tonnes de ciment, par la voix d'un de ses directeurs, Arthur Meka Me-Ndong, annonçait la fermeture prochaine de cette société au Gabon, á cause des mauvais résultats. Pauvre Gabon et pauvres employés gabonais qui, au nombre de 300, vont perdre leur emploi. Le plus triste dans cette histoire est que le même article nous dit que la situation de CIMGABON est assez insolite et unique en Afrique car dans les pays voisin, les sociétés de ciments se font des bénéfices fous fous fous… C'est ainsi qu'au Nigeria, Ashaka Cement, un des producteurs locaux de ciment connait une croissance de 42% depuis janvier 2010. Une autre société de ciment nigériane, Dangote Cement, est en train d'investir 1,5 milliards de dollars, soit environ 700 milliards de francs CFA, pour la construction de plusieurs unités de production de ciment. La production de Cimentos de Moçambique a plus que doublée cette année et en 2010, le Sénégal a doublé sa production en ciment. Le Gabon apparait donc comme l'exception, c'est-à-dire le seul pays en Afrique n'arrivant pas à rentabiliser sa propre production de ciment dans un environnement où il y a monopole de production. C'est encore là le paradoxe gabonais. Les émergents vous diront que CIMGABON souffre de la concurrence Chinoise, mais cette concurrence est aussi présente au Nigeria, au Cameroun, au Sénégal et pourtant dans ces pays, la production locale connait des succès. Alors chers lecteurs chercher l'erreur.

La vérité est que si CIMGABON décide de fermer au moment même où Ali Bongo annonce tous les jours des nouveaux travaux de génie civil, c'est que les industriels à la tête de cette entreprise ne croient pas un mot de ce que raconte Ali Bongo. Vu que si des grands travaux consommateurs de ciment étaient réalisés au Gabon, les ventes de ciment seraient les premières bénéficiaires, la fermeture de CIMGABON serait donc un autre camouflet pour Ali Bongo. Ce serait un geste désavouant totalement sa politique et l'expression d'un manque de confiance dévastateur d'un operateur clé investit dans la construction, envers la politique des effets annonce d'Ali Bongo. Mais entretemps, tous ceux qui perdront leur emploi pourront toujours se consoler en s'emmitouflant dans le drapeau gabonais, ou dans les pagnes qui viennent de leur être distribués, ou encore en dansant sur les aires de musiques "patriotiques" dont nous distillent Patience Dabany et sa bande. En 2010, alors qu’Ali faisait des annonces tous les jours, CIMGABON a vu sa rentabilité diminuer de 40%. Encore 300 emplois de perdus pour les gabonais pendant que nous "les laissons avancer".

Monday, August 16, 2010

POUVONS NOUS AVOIR UN PAYS LIBRE ET INDEPENDANT?




Ces derniers jours, nous vous avons offert une revue de la situation du Gabon pendant les années Léon Mba. Ce bref aperçu de l’histoire ne doit pas seulement susciter en nous des sentiments nostalgiques, et des regrets à propos d'un potentiel mal exploité, des opportunités ratées et notre destiné prise en otage par les Bongo. Nous ne pouvons pas seulement nous contenter de nous plaindre du statu quo. Nous devons regarder vers des solutions courageuses et substantives. En cette veille de 17 Aout, alors que nous avons décidé de ne pas publier un billet demain, nous voulons dire haut et fort que le Gabon doit corriger son passé et son présent. Le Gabon, pour être un pays moderne et libre, doit être dirigé par des gens qui reconnaissent et honorent leurs obligations fiduciaires envers le pays et sa population.

1. Briser les solitudes
Succinctement, pour être un pays libre et indépendant nous devons «briser les solitudes» entre gabonais. Car le sentiment d'appartenance à une seule communauté de destin, est partie intégrante de NOTRE devenir de gabonais. Avec une seule et même famille au pouvoir pendant un siècle, aucune communauté de destin n'est possible. Si le Gabon est une mosaïque unie pour une grande expérience commune; alors pour survivre, se développer, et prospérer ensemble, toutes les composantes de cette mosaïque doivent avoir les mêmes chances d'apporter leur pierre á l'édifice. Mais le Gabon d'aujourd'hui est un pays á risque, car les problèmes fondamentaux qui existent sont balayés sous le tapis, et nous espérons et prions qu’ils n'explosent. Ensuite, un jour, BOOM; et nous nous demanderons comment nous en sommes arrivés lá? C'est maintenant que nous devons attaquer ces enjeux; directement et sans langue de bois.

2. Les tactiques de peur et des menaces comme celles en cours au Gabon sont efficace seulement à court terme
Au Gabon, le leadership est mort. Pour justifier leur présence au pouvoir, les bongoïstes n'ont plus que l'argument de la peur: si le pouvoir échappe aux Bongo, c'est la guerre; les intérêts des français seront menacés etc. Aucune raison substantive n'est fournie aux gabonais expliquant pourquoi le pouvoir héréditaire est mieux placé pour faire avancer les Gabon vers "l'émergence". Aucune raison n'est offerte aux gabonais parce qu'aucune raison rationnelle n'existe qui légitimerait la succession héréditaire. Au train au vont les choses au Gabon, les langues vont se délier et c'est l'unité même du pays qui sera mise sur la sellette. En effet, combien de temps encore de pouvoir Bongo avant que parmi des segments de la population gabonaise on ne se pose ouvertement la question Shakespearienne: "to be Gabonese, or not to be"? C'est-à-dire, se séparer ou ne pas se séparer? Le sentiment est déjà la, il ne faut que laisser le temps a ce que cette notion prenne forme et ait de nombreux adhérents.

La souveraineté «folklorisée» que le pouvoir bongoïste célébrera demain, se fera sans nous. Car pour qu'un pays se développe harmonieusement, il faut que toutes ses composantes apportent leurs contributions à ce projet commun. Mais quand le projet national devient l'expression d'une ambition familiale, les enjeux sont faussés et il faut avoir le courage d'y remédier.


Reprise des billets quotidiens le 18 Aout 2010.


C. M.

ÉDITION DOUBLE: POUR L’INDÉPENDANCE LE BONGOÏSME DISTRIBUE DE LA CAMELOTTE AUX POPULATIONS; ET LES GOUVERNEMENTS DE LÉON MBA






A la veille du 17 Aout, pagnes, casquettes et T-shirts sont distribués aux populations

Les mauvaises habitudes ont la vie dure. Pour dire qu’alors que le peuple gabonais demande à cor et à cris des investissements dans les domaines susceptibles d’améliorer leur niveau de vie, les autorités ne trouvent rien de mieux que de distribuer aux gabonais, pour les fêtes du 17 Aout, l’équivalent de 200000 pagnes, au moins autant de casquettes et de T-shirts. Ceux qui entendent rester au pouvoir à vie, et ce pour des générations, estiment que le peuple a plus besoin de pagnes et casquettes, que de dispensaires équipés. C’est vraiment trop triste pour le Gabon, d’avoir pour témoignage de l’indice national de paupérisation, des mères de famille qui se battent pour avoir le moindre T-shirt ou le moindre pagne. Un des objectifs du bongoïsme a toujours été d’appauvrir les gabonais pour en faire de vrais mendiants qui, seraient facile à subjuguer car devenant avide de petits « cadeaux » du régime. Comment parler du développement de notre cher pays dans de telles conditions ? Avec des dirigeants qui pensent que ce dont a besoin le peuple gabonais, c’est le divertissement, le folklore, etc., au lieu de faire avancer leur pays. Pauvre Gabon !


Le Gabon de Léon Mba ; les différents gouvernements de 1960 à 1965

1960-1965 : les gouvernements sont généralement de 15 membres et aucune ethnie n’est propriétaire d’un ministère particulier.

On a vu sous Bongo des ministères comme les affaires étrangères, la défense nationale et les finances qui ont été pendant des décennies dirigés par les mêmes personnes, toutes issues de la région présidentielle. Les gouvernements Léon Mba ne montraient ces tendances car si Jean-François Ondo fut le premier ministre de la défense en 1960, ce ministère sera occupé par Pierre Avaro en 1963 et Albert Bongo en 1965. Même son de cloche aux affaires étrangères où Gustave Anguile fut le premier, puis Ondo et Ngoua en 1963, avant qu'arrive Avaro en 1964. Aux finances, on commence avec Meye en 1960, puis Lubin Ntoutoume-Obame en 1963, Leonard Mbadinga en fin 1963, puis Anguile en 1964.

Voyez-vous, chers lecteurs, Léon Mba était loin d'être parfait. Mais sa gouvernance montrait des signes infiniment plus républicains que les bêtises d'Omar Albert Bongo qui va introduire tout son village aux postes clés, ses maitresses pour verrouiller le système, ses beaux frères dans les forces armées, ses enfants dans les ministères clés, ses parents dans les ambassades clés. Chers lecteurs, ces gens ont acquis une culture de gouvernance qui leur interdit de se voir autrement qu'au pouvoir. Ils ne partiront jamais volontairement du pouvoir, il va falloir les en chasser.













CE 17 AOUT 2010, POUR LA PREMIÈRE FOIS DEPUIS SA CRÉATION, CE BLOG NE SERA PAS PUBLIÉ. CETTE MESURE EST PRISE EN SOLIDARITÉ AVEC LE SITE LVDPG QUI OBSERVE UN BOYCOTT DE CE JOUR. NOUS COMPTONS LES IMITER.

Sunday, August 15, 2010

ÉDITION DOUBLE : RÉPONSE Á UN COMPATRIOTE QUI NOUS A INTERPELÉ ; ET LE GABON DE LÉON MBA (V)





Un de nos critiques nous demande de comparer les nominations à la primature à celles de l’éducation nationale

Suite à notre billet paru dans l’édition d’hier qui donnait des chiffres statistiques aux nominations effectuées récemment au ministère de l’éducation nationale, un de nos lecteurs signant son mèl facétieusement au nom de « Pierre Mamboundou-Mamboundou », nous a violemment interpelé en nous traitant de tous les noms et nous accusant d’attaquer Séraphin Moudounga pour des raisons « ethniques ». Cette même personne a poursuivi en nous défiant de publier la même analyse sur les nominations à la primature de Paul Biyoghe-Mba. Dans un souci de transparence, et pour démontrer notre bonne foi à ce lecteur qui dit nous lire tous les jours, nous avons donc décidé de relever le défi qu’il nous a lancé et de publier la liste des nominations issues de la primature et de voir combien de ces nominés venaient de l’ethnie du premier ministre, chose que désirait le lecteur. Nous comparons au finish, selon le souhait du lecteur, les pourcentages communautaires de la primature et de l’éducation nationale pour vérifier si le lecteur a raison de nous accuser de passer sous silence les mêmes préférences ethniques observées dans les nominations de Paul Biyoghe-Mba. Pour cet exercice, nous nous sommes servis du communiqué final du conseil des ministres du Jeudi 5 février 2010 qui est publié ci-dessous. Nous tenons aussi à signaler à nos lecteurs que pour ce site, le bongoïsme reste le bongoïsme ; que ce soit à la primature, à la défense, ou à l’éducation nationale. L’intérêt de notre comparaison n’est que destiné à satisfaire le défi et le souhait d’un lecteur qui, même s’il est très critique à propos d’un de nos billets, affirme nous lire tous les jours. Vu que nous sommes un espace sans langue de bois, quand on nous interpelle, nous nous devons de rétablir les faits et laisser l’ensemble du lectorat décider.

• Les nominations à la primature furent d’un total de 80
• Sur ces 80 nominations nous avons relevé 32 noms à consonance ethnique Fang.
• Le pourcentage de nommés venant du même groupe ethnique que le premier ministre est de 40%.

Les chiffres sont là, chers lecteurs. A la primature 40% des nommés nos sont de la même origine que le premier ministre, tandis qu’à l’éducation nationale, nous avons un pourcentage de 71% de nominés qui sont d’une origine sociologique similaire à celle du ministre de tutelle. Nous osons croire que ces chiffres vont définitivement instruire notre assidu lecteur nous ayant défié, de bien comprendre nos objectifs. Si nous avons publié les statistiques des nominations de Moundounga, c’est parce que ces dernières étaient « sauvagement » empreintes d’ethnisme, et non pas pour nous attaquer à son ethnie en particulier. Il y a là plus qu’une nuance.

PRIMATURE
CABINET CIVIL
- Directeur de Cabinet : M. Louis Bernard AVELE OBAME.
- Directeurs Adjoints de Cabinet : MM.
o Jean Lucien DOUMBENENY ;
o Jean Jacques BOUKA BOUKA ;
o Flavien HEKELLA.

SECRETARIAT
- Secrétaire Particulière : Mme Pauline MANFOUMBI épouse ONDIMBA.
- Secrétaires de Cabinet : Mmes
o Patricia ABENGDANG NDONG ;
o Bellinda DIVEMBA MOUANDA.
- Chef de Cabinet : M. Edmond BAGNET.
- Chef de Cabinet Adjoint : M. Adam BABA GANA.

CONSEILLERS CHEFS DE DEPARTEMENT :

- Département Budget : M. Fidèle NTSISSI ;
- Département Finances : M. Jean Christian OBAME NDONG ;
- Département Juridique : M. Sylvestre KWAHOU ;
- Département Douane : M. Jean Jacques OGOULA ;
- Département Diplomatie et Relations Internationales : M. Jean Pierre LENDOYE ;
- Département Recherche Scientifique et Innovation : M. Lucien OBAME ;
- Département Relations avec le Parlement et les Institutions Constitutionnelles : M. MOULENGUI MOUELE ;
- Département Protocole : Mme Antoinette SANDOUNGOUT ;
- Département Mines : M. Jean Paulin EKOUA SIMA ;
- Département Infrastructures : Mme Brigitte BOUMAH ;
- Département Environnement : M. Adonis YAMBA ;
- Département Eaux et Forêts : M. OBAME NGUEMA ;
- Département Culture, Jeunesse et Sports : Mme Denise PITOU ;
- Département Commerce et Industrie : M. Michel LELAGA ;
- Département Administration et Décentralisation : M. Christian MINKO MI ETOUA ;
- Département Transports : M. Pierre NZAOU NZIENGUI ;
- Département Education Nationale et Enseignement Technique : M. Albert MOZOGO ASSOUMOU ;
- Département Communication : M. Guillaume RENDAMBO ;
- Département Habitat et Urbanisme : M. Jean Baptiste OBAME NTOUTOUME ;
- Département Economie Numérique : M. Christian Alain MAMERT N’NAH.

CONSEILLERS A LA PRIMATURE :

- Département Agriculture : Mme Florence ILAMA ;
- Département Economie Numérique : M. Jean Serge NZE ;
- Département Politique : M. Christian OPALI ;
- Département Budget : M. Noël NDONG MVE ;
- Département Habitat et Urbanisme : M. Jean Pierre MINTSA MI NDONG ;
- Département Protocole : M. Anicet YAYAS BARRO ;
- Département Commerce et Industrie : M. Jean François YANDA ;
- Département Economie : MM.
o Paul Henri NGUEMA MEYE ;
o Nicolas MENSAH ZEKPA ;
- Département Communication : MM.
o Serge Stéphane MOUANGA MABIKA ;
o Jean Pierre NDONG ABESSOLO ;
- Département Juridique : M. Jean de Dieu NZUE EDZANG ;
- Département Transport : M. Michel IGALA ;
- Département Diplomatie et Relations Internationales : MM.
o Michel OBIANG MEYO ;
o Serge MOMBEY ;
- Département Infrastructures : M. Dieudonné MABIALA ;
- Département Fonction Publique et Administration : MM.
o Saint Jean Stephi OBA’A.
o Henri WONO ;
- Département Education et Enseignement Supérieur : M. Michel MBOUMI.

Attachés de Cabinet du Premier Ministre :

- Mme Joséphine NTSONO ;
- Mme Thérèse NKOGHE NGUEMA ;
- Mme Joséphine GNEMBOU ;
- M. Gérard MEKINA ;
- M. Patrick NGOUSSI ;
- M. Laurent AKUE MEZUI ;
- M O’neyl DIBADY-PECAUTH ;
- Mme Adrienne MEYO épouse MBA ;
- M. Félicien ZAMBA ;
- Lt Joseph Marie NDONG EZEIGNE ;
- M. Christophe Charles OGANDAGA ;
- Lt Alain Richard NGOME BIBANG ;
- M. Jean Maurice NZIENGUI ;
- Mme Bernadette ZANG EYI ;
- M. Martial TCHIBINDA ;
- M. David ESSOUMA EYA ;
- M. Olivier ANTONIO ;
- M. Appolinaire TICHELE BOUITI.
Chargés de Missions à la Primature :
- Mme Léontine AGNAMANTSIE ;
- Mme Anastasie ABEGHE ;
- Mme Priscille NYEMBE ;
- Mme Hortense NSE MVIE ;
- M. Brice MOUNDOUNGA ;
- M. Ludovic MBA NKOGHE ;
- M. Jean Blaise KOUMBA NZATSI ;
- M. Ange NDAMA ;
- Mme Thérèse ABEME ALLOGHO ;
- M. Aloïse MAPINGA ;
- Mme Solange NGOUE ;
- M. Patrice MAHOUKOU ;
- M. LIPOCCKO MOMBO .
- Mme Angèle Corinne MILENDZI.




LE GABON DE LÉON MBA (V)






Demain, suite et fin avec une analyse « ethnique » de tous les gouvernements de Léon Mba. Là encore, vous aurez toute la différence entre la conception du pouvoir par Léon Mba et celle des Bongo.


CE 17 AOUT 2010, POUR LA PREMIÈRE FOIS DEPUIS SA CRÉATION, CE BLOG NE SERA PAS PUBLIÉ. CETTE MESURE EST PRISE EN SOLIDARITÉ AVEC LE SITE LVDPG QUI OBSERVE UN BOYCOTT DE CE JOUR. NOUS COMPTONS LES IMITER.