Tuesday, May 31, 2011

LA NÉCESSITÉ DE SE METTRE DEBOUT





On dit souvent que pour se construire, on doive souvent se remettre en question. On ne peut pas réellement "avancer", comme diraient les "émergents", si on n'a pas pris maturité en examinant au préalable ce qu'on a fait dans le passé. Un adulte doit, pour progresser dans la vie, savoir remettre les choses à plat et reprendre ou repartir à zéro. La maturité, c'est le fait de faire la distinction entre le rêve et la réalité. Pour cela il faut avoir appris des choses, avoir vécu... et continuer à grandir et apprendre. Par conséquent, dans un pays où le peuple est plus adulte, on devrait en principe avoir des dirigeants plus responsables. Mais voila qu'au Gabon, quand nous voulons jeter un coup d'œil critique sur le cheminement qui nous a conduit où nous en sommes aujourd'hui, on nous dit: "laissez-nous avancer". Dans l'esprit de ceux qui détiennent le pouvoir au Gabon aujourd'hui, "laissez-nous avancer" veut simplement dire interdire aux gabonais de faire l'autopsie de l'imposture. Nous sommes arrivés, au Gabon, au degré zéro du ridicule. Tout le monde ou presque sait que la vie du prince n'a été qu'une imposture continuelle, depuis sa venue au Gabon jusqu'à sa prise de pouvoir, mais chut personne ne doit rien dire car le prince fait tourner le pays autour de lui et les gens ont peur pour leurs postes.

1. On cherche à tout prix à normaliser l'imposture
La normalisation de l'imposture commence dans chaque bureau d'administration publique ou même privée. Dans ces bureaux, les occupants accrochent des portraits du prince, un peu comme des parents qui garniraient les murs de photos d'êtres chers. Pendant que les uns se contentent d'accrocher des portraits dans les bureaux, d'autres chantent, en continue, les louanges au prince; dans cette ambiance, se plaindre du prince peut vous mettre au banc très rapidement. Toutes ces petites mesures peuvent vous paraitre amusantes, mais dans un agrégat de 43 ans les traces deviennent profondes et les stigmates aussi. Petit à petit, au fil du temps, les habitudes sont prises et les Bongo n'ont même plus besoin de nécessairement utiliser la violence pour terroriser les opposants politiques. Chers lecteurs, si la violence demeure l'acte premier de l'imposture, l'intimidation par la force physique devient à la longue obsolète, car après 43 ans, la simple position des Bongo dans la hiérarchie socio-ethnico politique insulaire, leur suffi pour imposer leur loi. Dans leur fameux Gabon «émergent», ils n’ont plus besoin de menacer le fonctionnaire ou le cadre d'entreprise, à l’aide d’un fouet ou d’une arme pour obtenir leur obéissance. Ces derniers savent implicitement qu'ils se doivent d’obéir, c’est tout; et ils le font même avant que le prince le leur demande. Tout le landerneau politico-intellectuel gabonais qui est ostensiblement dévoué au Bongo, fonctionne dans cette manière. Il accepte et anticipe même l'ubiquité de la loi du plus fort au Gabon. Ces gens savent qu'il soit de rigueur, lorsqu'on prononce un discours, de citer des lignes tirées du projet de société "l'avenir en confiance" du prince et de bien mentionner que c'est grâce à ce projet de société qu'il a été "brillamment" élu. Ces gens savent pourtant que ce qu'ils racontent n'est que ramassis de conneries, mais ces conneries sont un passage obligé si on veut avoir un minimum de standing social au Gabon. On assiste à des curieux spectacles ou des gens qui ont été volés hier, dépouillés hier, bastonnés hier, torturés hier, viennent publiquement remercier leur tortionnaire. Cela s'appelle la légitimation et l'acceptation de l'imposture et un peuple à genoux l'accepte volontiers. A ce stade au Gabon, l'imposture est normalisée.

2. Hier debout, aujourd'hui à genoux, et demain?
L'imposture est le geste premier, l'acte fondateur du régime Bongo; les gabonais le savent. S'il a fallu tuer des gens comme Germain Mba et bien d'autres de sa génération dont aucune stèle n'existe et n'existera au Gabon des Bongo; il est bien inutile aujourd'hui pour les Bongo de se débarrasser physiquement de caricatures politiques comme Mba-Abessole ou Pierre Mamboundou. A y regarder de près, nous avons presque l'impression qu'au Gabon, la dictature et l'imposture sont voulues et mêmes désirées par "l'opposition officielle". Avec les exemples de Mba Abessole et Mamboundou, nous voyons des victimes de l'imposture qui sont devenues ses plus ardents défenseurs. Au point qu'aujourd'hui, Mba Abessole et Mamboundou font des consultations au nom du prince, vont à l'intérieur du pays parler pratiquement au nom du prince, à certaines populations. Il semble donc qu'aujourd'hui, plus profondes sont les blessures infligées par l'imposture, plus on la défendra. C'est opposants qui ont été emprisonnés, qui ont perdu des membres de leur famille, pour de simples lubies d'un imposteur, se demandent-ils encore si le jeu en valait chandelle? Mba Abessole déclarait en Aout 2009 qu'Ali Bongo ne pouvait absolument jamais gagner une élection au Gabon, même son de cloche chez Mamboundou à quelque chose près. Mais aujourd'hui les deux suivent Ali Bongo comme des chiens en laisse. Sont-ils devenus des enthousiastes de l'émergence parce qu'ils y croient ou tout simplement parce qu'y croire, ou feindre d'y croire rapporte gros? Quelque soit la réponse, la conséquence est que l'ensemble de la population ou presque, perd confiance en ses hommes et de cette perte de confiance nait la légitimation et la normalisation de l'imposture. Petit à petit, le peuple s'infantilise, au point où aujourd'hui quand vous écoutez beaucoup de gabonais parler d'Ali Bongo, on dirait qu'il s'agit de leur oncle ou d'un intime, mais pas du tout d'un chef d'état. Très peu de rigueur analytique est appliquée. Est-ce un réflexe naturel envers le chef "tribal", un réflexe hérité des âges lointains? La propagande leur propose des mots choisis (émergence), des anecdotes, etc., qui sont autant de raisons pour le peuple de s'agenouiller devant le prince. Il n'y a pas longtemps, nous correspondions avec un lecteur à qui nous soumettions les insuffisances de la conception du pouvoir d'après des gens comme Ali Bongo. Se sentant acculé, notre interlocuteur répondit: "oui mais vous savez, Ali a créé la salle polyvalente des jeunes de Ntoum". Chers lecteurs, comme si une salle polyvalente pour jeune était un fait majeur pour un pays produisant du pétrole depuis 50 ans. Mais la propagande à laquelle est soumise la population est pernicieuse, car nous entendons des gens dire: "oui mais tu sais, Ali a relancé l'économie". Essayez de leur faire justifier leur affirmation ils vous disent que le bois est désormais transformé sur place, alors que la réalité veut que ce secteur ne représente même pas 10% de ce qu'il a été par le passé. Mais un peuple à genoux ne pense plus. C'est le régime qui pense pour lui, et veut lui faire dire: "mais qu'il est gentil notre imposteur!"

L'objectif d'une longue dictature est que les gens croient sincèrement dans le dictateur; que son imposture soit perçue comme un acte salutaire pour le pays. En s'imposant aux gabonais pendant 43 ans, les Bongo ont réussi à mettre les gabonais à genoux. Ils leur imposent une vision et une façon de penser toutes choses relatives au fonctionnement du Gabon. Beaucoup s'y sont habituées, y trouvent leurs marques, un certain équilibre. Un tel peuple est tellement plus coopératif, craintif et docile. L'imposture est institutionnalisée au Gabon. Ce qui fait qu'a tous les niveaux, nous avons une pyramide de rackets dont les flux se concentrent vers le sommet de l'état. Ali Bongo nous parait pourtant n'être qu'un escroc, a en juger par la manière dont il arrive au pouvoir et les documents de naissance qu'il présente comme étant les siens. Mais son imposture ne peut être contestée officiellement au Gabon, en dehors de la volonté de gens courageux comme Luc Bengono-Nsi, car il contrôle toute la hiérarchie du pays, et les gens qui dirigent cette hiérarchie savent ce qu'ils doivent faire pour ne pas fâcher le prince. Voici ce qui arrive dans un pays où la population est à genoux. Mais a-t-elle encore la force de se mettre debout?

Monday, May 30, 2011

L’AFFAIRE DE LA « NAISSANCE » UN DISCOURS D’UN AUTRE TEMPS, D’APRÈS ALI BONGO. AH BON ?






Lors de son discours de ce jour à Koulamoutou, Ali Bongo a déclaré que ceux qui parlent de « cette affaire » de naissance, devraient « le laisser avancer », car ce serait d’après lui, un discours d’une autre époque. Voici qui est bien drôle, car pour nous ce qui est d’un autre temps et d’une autre époque, sont les pratiques suivantes:

1. Le besoin pour le pouvoir d'exalter la personnalité du chef pendant des semaines entières, par des chants à sa gloire sur les chaines de télévision publiques, pourquoi tant d’insistance ? Pour avoir un impact de masse ? Pour se légitimer malgré tout ? Pour sa satisfaction personnelle ? La création artistique n’est pas toujours libre, car pour bénéficier d’un soutient étatique, elle doit avant tout servir à glorifier le régime.
Si vous regardez la RTG, depuis plusieurs jours vous êtes soumis à un bombardement de chants à la gloire d’Ali Bongo par les groupes d’animations de l’Ogooué-Lolo. Comme quoi, on fait toujours autant bouger les fesses des femmes dans leur royaume





2. La promotion des béni oui ouistes et des mécanismes qui poussent les gabonais à accepter et aimer d’être asservis. On veut que la soumission envers le culte de la personnalité coure dans les veines des gabonais. La propagande du régime est surtout caractérisée par une présentation du prince comme un héros infaillible qui fait tout pour le bonheur de son peuple : les 5000 logements par année, etc. L’information est manipulée pour essayer de tromper l’opinion publique, mais en vain les canaux d’information indépendants sont là pour rétablir les faits.

3. La continuité de l’état totalitaire. Par définition, un régime est totalitaire quand la totalité des pouvoirs appartiennent à un individu, à parti unique et qui ne tolère aucune véritable opposition, sauf celle qui est contrôlée, c'est-à-dire « conviviale » et dite « responsable ». Tout est contrôlé par l’état ; la population est privée de libertés et de toutes véritables formes d’expression démocratique.

4. La terreur par laquelle le régime réduit les populations au silence et qui frappe tous ceux qui chercheraient à s’opposer trop énergiquement. Les opposants au régime sont radiés de la fonction publique, ou sont soustraits de leurs fonctions d’enseignants universitaires. Les individus soupçonnés de traîtrise au sein même du PDG, sont jugés et demis de leurs capacités de parlementaires de manière extrajudiciaires ; leurs émoluments sont tout de suite suspendus.

5. La population qui est surveillée étroitement par une police politique. Des cadres du pays sont régulièrement pris en filature pour savoir qui ils fréquentent, de manière à savoir s’ils sont vraiment dévoués au prince.

6. La manipulation de l’histoire, avec comme exemple des biographies truquées, des parents inventés, des lieux de naissance factices, des actes de naissance bidons.

7. La promotion de l’idée qui veuille que toute hostilité à la monarchie des Bongo au Gabon, ne puisse trouver sa source que de l’esprit des jaloux, des ennemis de l'unité national, car le bon gabonais obéissants, passif et totalement lessivé par le culte de la personnalité, doit penser que seuls les Bongo seraient garants de cette unité nationale.


Voici une série de pratiques d’un autre âge.

Sunday, May 29, 2011

QUELLE TRISTESSE DE VOIR DES HOMMES ET DES FEMMES TENTER DE RELATIVISER L’USAGE DU FAUX AU SOMMET DE L’ÉTAT







Parmi les nombreux mèls qui nous ont été adressés au sujet du faux acte de naissance présenté par Ali Bongo dans son dossier de candidature à la présidence de 2009, certains essayaient de nous persuader de la légèreté de la faute commise par Ali Bongo en nous proposant que si en échange le Gabon devenait « émergent », même si Ali Bongo ne mérite pas d’être président, c’est le Gabon qui gagnerait. Ces gens maintiennent que l’essentiel était d’avoir une transition paisible et prennent la Côte d’Ivoire comme l’exemple à éviter. Pour eux, pour éviter une guerre civile, il vaut mieux avoir un chef d’état illégitime qui maintiendrait la paix. Ce que ces compatriotes ne comprennent pas est que ce qui est en jeu n’est pas une petite affaire, mais bien la présidence de notre pays, c'est-à-dire la destinée de tout un peuple. A tous les niveaux, le faux et usage de faux est un crime, mais au sommet de l’état nous avons affaire à quelque chose de grave, très grave. Si le Gabon et l’Afrique en général doivent un jour passer de l’ombre à la lumière, c’est le sommet de l’état qui doit servir d’interrupteur. Au XVIIe siècle, en France, Jean de La Fontaine écrivait dans «Les animaux malades de la peste» : «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir». Evitons au Gabon de perpétuer insidieusement cette impunité et ce faux droit au XXIe siècle. D’autant qu’aujourd’hui, nous avons la preuve presque qu’irréfutable qu’Ali Bongo se soit rendu coupable d’un délit majeur envers notre pays.

1. Accepter le faux et usage de faux au sommet de l’état, c’est détruire la nation
Nous voulons être clairs, très clairs. Pour nous, la situation présente au Gabon, qui semble calme à qui ne sais observer, est en ébullition latente; qu'on ne s'y méprenne point. Par-dessus le marché, les gabonais savent qu’Ali Bongo est un imposteur, ce qui fausse complètement les bases morales et juridique du pays. En effet, accepter qu’Ali Bongo utilise des faux papiers pour s’investir candidat et qu’il truque les élections pour s’imposer au pouvoir, c’est accepter en définitive que la moralité publique s'éclipse, au profit d’un état voyou où la contrefaçon a pignon sur rue et où le droit disparait. Dès que le chef d’un état est un imposteur, en utilisant des documents si grossièrement et maladroitement faux, il se fait dans l'ordre social de cet état, une ombre qui dévalue toutes les garanties de mérite et de droit. Tous les points d'appui s'évanouissent et plus personne de croit en l’état ni en la nation. Dans un pays qui se proclame de droit, laisser impuni un faux et usage de faux au sommet de l’état c’est dire désormais que dans ce pays, il n'y a pas un tribunal, pas une cour, pas un juge qui puisse rendre justice et prononcer une peine, à propos de quoi que ce soit, contre qui que ce soit, au nom de quoi que ce soit. En plus clair, si on accepte qu’Ali Bongo puisse utiliser des faux papiers, on s’expose à ce qu’en traduisant devant les tribunaux un malfaiteur quelconque, le voleur pourrait dire au juge aux juges: le chef de l'état a aussi volé, vous avez fait quoi ? Le condamné pour mensonge et fausseté dira aux juges: le chef de l'état a fait un serment à la face de la constitution du pays, et ce serment, il l'a violé; vous avez fait quoi ? Le coupable de séquestration arbitraire dira: le chef de l'état a arrêté et détenu contre toutes les lois; l'escroc dira: le chef de l'état a escroqué son mandat, escroqué le pouvoir, escroqué la présidence; le faussaire dira: le chef de l'état a falsifié le scrutin; le meurtrier dira: le chef de l'état a fusillé, mitraillé, les gens dans les rues de Port-Gentil; et vous avez fait quoi ?

2. Accepter le faux au sommet de l’état c’est dévaluer toute la nation
Comme nous vous l’indiquons plus haut, quand un système judiciaire dans son ensemble, se fait complice d’un régime escroc et faussaire, quand nous gabonais dans notre ensemble, voyons les garants de la justice et des institutions gabonaises aller saluer cet homme qui a soumis de faux documents pour se présenter à l’élections ; quand nous les voyons le louer alors qu’il s’est ouvertement parjuré, c’est comme s’ils le complimentaient d'avoir fait un faux, comme s’ils le glorifiaient d'avoir réussi à escroquer le pouvoir, comme s’ils le félicitaient d'avoir volé la magistrature suprême. Comment voulez vous cultiver un sentiment de respect des institutions gabonaises dans un tel contexte ? Cet état de choses est très grave. Par conséquent, s'endormir sur une telle situation et l’oublier, comme nous le suggèrent certains, est une ignominie de plus. Il est temps, plus que temps, que le sommeil des consciences qui nous habite s’estompe. Si cet effrayant scandale n’est pas proprement examiné, alors le triomphe du crime et de l’imposture au sommet de l’état sera encore plus renforcé qu’il ne le fut par le passé. Si rien n’est fait, qui oserait reprocher aux gabonais leur indifférence face aux institutions de leur pays ? Chaque gabonais n’aura plus qu’a s'enfoncer dans la solitude et oublier le collectif qu’est la nation, car cette nation n’existe pas. L'homme juste, le gabonais juste, n’aura plus qu’à se voiler la face en présence de cet abaissement des standards et des institutions de son pays. Il n’aura plus qu’à se réfugier dans l'immensité du mépris qu’il éprouverait pour les garants de la justice dans notre pays.

Ceux qui nous demandent de laisser faire, d’adhérer au consentement de la léthargie, ne savent pas ce qu’est une nation et comment elle se construit. Il est important dans une nation, que les dirigeants se présentent sous leur vrai jour. Il importe qu'on sache qui ils sont, d’où ils viennent. Au Gabon, grâce à la suppression de la tribune publique, grâce à la suppression de la presse, grâce à la suppression de la parole, de la liberté et de la vérité, suppression qui a eu pour résultat de tout permettre aux Bongo pendant 43 ans, nous connaissons un étouffement systématique de toute plainte à l’encontre des Bongo. A tel point qu’aujourd’hui, les crimes des Bongo ne sont jamais des crimes. Quand Ali Bongo tue les gens à Port-Gentil, ce ne sont pas des assassinats mais des opérations de défense de l'ordre. Quand Ali Bongo vole le trésor gabonais pour s’acheter un hôtel particulier parisien à 100 millions d’euros, ce n’est pas un vol ou détournement, mais une mesures d'état pour le bien des gabonais. Les complices d’Ali Bongo, pour ces crimes, sont les nombreux magistrats, sénateurs, ministres, députés, etc., que compte ce pays. Il nous faut, en tant que simples gabonais que nous sommes, exposer cette arrogante imposture qui nous gouverne et pense nous gouverner pour l’éternité. Pour cela, nous devons sortir de la torpeur qui nous endort. Ce n’est que quand nous serons réveillés, quand nous ouvrirons les yeux, que nous distinguerons et verrons ce que nous avons devant nous. Pour nous qui l’apercevons déjà, ce sera un portrait monstrueux de forfaits et faussetés en tous genres. Il ne nous faut pas laisser mourir la liberté au Gabon. Il en va de notre survie.

Saturday, May 28, 2011

RÉPONSE Á NOS LECTEURS : DES GABONAIS LUCIDES, IL Y EN A BEAUCOUP, MÊME S’ILS FONT MINE DE MENER UN PROFIL PLUTÔT BAS PAR LES TEMPS QUI COURENT.

Sylvestre Ratanga, assis sur une natte, observant une grève de la faim en 2005 pour avoir été privé de passeport par Omar Bongo. Il est pourtant ancien ambassadeur du Gabon.






Suite a notre billet d’il y a deux jours qui faisait remarquer le caractère « insoumis » de Luc Bengono-Nsi, notre boite mèl a littéralement explosé de messages nous demandant pourquoi d’autres gabonais connus sur l’échiquier national n’emboitaient pas le pas à ce monsieur. Nous voulons répondre à ces lecteurs en leur disant que nombreux sont les gabonais qui se sont joint à la plainte de Luc Bengono-Nsi. Ils sont une cinquantaine ayant déposé une plainte commune. Aussi, nous voulons ajouter qu’il y a d’autres gabonais qui se sont déjà distingués de très éloquente manière par le passé, par des exposés directement adressés à Omar Bongo, qui lui rappelaient qu’il ne trompait pas tout le monde et que certains voyaient clairement ce qui se passait au Gabon. Dans cette catégorie, nous rangeons notre compatriote et père, Sylvestre Ratanga, qui le 16 décembre 2005, écrivit une lettre à Omar Bongo, qui restera dans les annales politiques du Gabon. Cette lettre au tranchant clair, remettait Omar Bongo à sa place et lui indiquait que certains gabonais n’était pas dupes quand à son arrivée au Gabon et ses petites manipulations. Oui chers lecteurs, vous ironiserez qu’aujourd’hui Sylvestre Ratanga milite au PDG pour Ali Bongo. Vous aurez raison de vous en étonner mais en ce qui nous concerne, nous pensons que les mots contenus dans la lettre de Sylvestre Ratanga restent d’actualité et pour cela nous devons, même aujourd’hui encore, reconnaitre son courage, car quelqu’un qui a écrit ses lignes, même s’il milite au PDG, sait au font de lui-même qui sont les Bongo et ne peut ne pas les mépriser au plus profond de son être. Pour vous rafraichir la mémoire, nous vous laissons relire la lettre de Sylvestre Ratanga à Omar Bongo, c’était en 2005. C’est une missive qui force l’admiration, vous en conviendrez.


SYLVESTRE RATANGA
Ambassadeur du Gabon
Commandeur de la Légion d'Honneur
Grand Officier du Mérite Allemand
B.P. 13.385 Libreville

Libreville, le 16 décembre 2005

A Monsieur le Président de la République
Chef de l’Etat

LIBREVILLE


Objet: Des étranges conditions posées à la délivrance d’un nouveau passeport
Et de la réaction de rejet suscitée par la tyrannie du pouvoir.

Monsieur le Président de la République,
Je viens, par la présente, vous prier de rendre publics les crimes dont je me serais rendu coupable contre la République et qui expliqueraient le comportement ignoble et déplorable du pouvoir que vous incarnez hélas encore pour quelque temps, envers un homme qui n’a jamais considéré qui que ce soit comme son ennemi et peut se targuer de n’avoir jamais cherché à nuire à son prochain. Qui oserait prouver le contraire?
Je considère en effet que l’agression psychologique dont vous, Président de la République, votre parent Ministre des Affaires Etrangères, et votre parent Directeur Général de l’Emi-Immigration, vous rendez coupables envers moi, constitue une grave atteinte aux droits de l’homme garantis à tout individu par la Déclaration Universelle adoptée le 10 décembre 1948 à Paris, par l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Une telle agression, caractéristique du régime répressif que vous avez mis en place dès votre accession à la magistrature suprême, découle d’une volonté manifeste d'étouffer, de tuer la différence, la révolte contre l'injustice. L'ordre de tuer sans sommation, donné aux forces de l'ordre réquisitionnées par le Premier Ministre, le 14 novembre 2005, procède de la même logique d’un pouvoir répressif, à bout de souffle qui, conscient de son impopularité, viole, sans état d’âme, les dispositions de la Constitution Gabonaise et ne se maintient que grâce à la fraude électorale, à l’achat permanent des consciences, à la peur qu’il distille par la répression. Messieurs Pierre MAMBOUNDOU et Zacharie MYBOTO, les vrais vainqueurs de l'élection présidentielle du mois dernier en savent quelque chose.

Vous conviendrez avec moi, Monsieur le Président de la République, que vos principes d’action sont incompatibles avec celui de bonne gouvernance dont vous semblez vous prévaloir dans la conduite de l’Etat alors qu’elle se définit comme « l’ensemble des pratiques publiques qui permettent à la fois de garantir un comportement démocratique et responsable des gouvernants et une capacité pour les citoyens de s’exprimer, de participer au processus de décision et d’exercer leur capacité de contrôle sur les pratiques et institutions publiques.»(1) Cette définition est aux antipodes des pratiques en vigueur. Et les rédacteurs du rapport du Conseil Economique et Social auxquels nous empruntons cette citation ont bien raison de dénoncer la politisation des différentes sphères administratives partant, le non respect de la déontologie par l’administration.(2) En effet, constatent-t-ils, si l’administration est « au service du pouvoir politique », la déontologie « garantit son impartialité, sa crédibilité et finalement son efficacité. » Malheureusement, « les agents de l’Etat ont moins de respect pour leur travail que pour la manière dont ils l’ont obtenu.» Ceci vous engage directement !

Comment comprendre que le Ministre des Affaires Etrangères qui n’ignore rien de mon statut d’Ambassadeur du Gabon, me demande aujourd’hui, pour m’octroyer un nouveau passeport, de prouver que je suis bel et bien Ambassadeur dignitaire ?

Cette situation est aussi incongrue que si je lui demandais, demain, de prouver qu’il a occupé le poste de … Ministre des Affaires Etrangères ou si je vous demandais de prouver, demain, que vous avez été Président de la République, quand l’Opposition sera parvenue au sommet de l’Etat par la voie démocratique des urnes, sans manipulation de la liste électorale et des procès-verbaux du dépouillement du scrutin !
Comment accepter que le Commissariat Général à l’Emi-Immigration me demande, pour m’octroyer un passeport ordinaire, de fournir une attestation de prise en charge rédigée par un Gabonais encore en activité et confirmant que je suis sous sa responsabilité… à 60 ans ?
Sur quelles dispositions réglementaires se fonde-t-on pour brandir de telles conditions ?
La Constitution de la République Gabonaise est pourtant d’une clarté sans équivoque sur les principes et les droits fondamentaux (Titre préliminaire) du citoyen que je suis. Sauf à considérer que le Chef de l’Etat, les Ministres et Hauts Fonctionnaires sont au dessus de la loi, ils sont tenus de respecter notre loi fondamentale qui, faut-il vous le rappeler, prescrit ce qui suit, à l’article premier :

« La République Gabonaise reconnaît et garantit les droits inviolables et imprescriptibles de l’Homme, qui lient obligatoirement les pouvoirs publics.
Alinéa 1 :
Chaque citoyen a droit au libre développement de sa personnalité, dans le respect des droits d’autrui et de l’ordre public. Nul ne peut être humilié…
Alinéa 2 :
La liberté de conscience, de pensée, d’opinion, d’expression, de communication, la libre pratique de la religion, sont garantis à tous, sous réserve du respect de l’ordre public ;
Alinéa 3 :
La liberté d’aller et venir à l’intérieur du territoire de la République Gabonaise, d’en sortir et d’y revenir, est garantie à tous les citoyens gabonais, sous réserve du respect de l’ordre public ;

En violant ces dispositions de la Constitution qui, du reste, s'inspirent de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme précitée, vous-même et vos hommes de confiance ternissez un peu plus, à l’intérieur comme à l’extérieur, votre propre image et celle du Gabon qui a pourtant présidé l'Assemblée Générale de l'ONU en 2004! Comment, dans ces conditions, ne pas assimiler votre régime à celui d'une république bananière où ne règnerait d’autre loi que celle de la jungle édictée par des gouvernants pour lesquels le droit est un privilège qui s'octroie ou se refuse à ceux qu’ils considèrent comme des êtres inférieurs ou des traîtres! Il est vraiment affligeant de constater que le pouvoir que vous incarnez semble n'avoir jamais compris qu'il suscitait lui-même nombre de ses problèmes avec tous ceux dont il attend, inutilement, un comportement servile, leur niant ainsi tout droit à la différence, dans le respect des lois et règlements. Le meilleur moyen de se faire respecter de son vis-à-vis, quel que fût son rang, n'est-il pas Monsieur le Président de la République, de le respecter d’abord soi-même, et non de le traiter avec arrogance quand on sait d'où nous venons tous!

Votre problème, me semble-t-il, vient de ce que vous vous êtes retrouvé au sommet de l’Etat, à 30 ans, soit au lendemain du départ du Président Léon MBA, malade, pour la France (18 août 1965). Un mois plus tard, vous aviez pratiquement les pleins pouvoirs, en tant que Ministre chargé de la Coordination à la Présidence de la République. A cet âge-là, vous n’aviez pourtant aucune expérience professionnelle, aucune connaissance du pays que vous aviez découvert en venant du Congo cinq ans plus tôt! En cinq ans, vous êtes passé de simple agent des Postes (manipulateur), parallèlement à vos activités au sein du Troisième Bureau (la Contre-Ingérence, sous l’autorité de Monsieur Luc IVANGA), à Président bis de la République (remaniement du 24 septembre 1965)!
Ainsi avez-vous ancré dans votre esprit, depuis ce temps-là, que vous étiez désormais le maître du monde et deviez le rester, avec le soutien inconditionnel du seul pays européen qui, à ce jour, vous a félicité pour votre prouesse électorale du 27 novembre 2005. Ainsi n’avez-vous jamais hésité, une fraction de seconde, à éliminer, d’une manière ou d’une autre, tous ceux qui pouvaient s’opposer à votre vision des choses ou risquaient de le faire. Et votre entourage s’est engouffré dans la brèche pour être toujours bien en cour!

Ma carrière administrative est clairement explicitée dans la lettre confidentielle N°00448/PR. du 20 août 1991, adressée par vous-même à Monsieur le Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative. Je vous en donne copie.
Enfin, il est intéressant de noter que le 24 janvier 2001, Monsieur le Ministre d'Etat Jean PING, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie, a délivré le passeport diplomatique N° D 001538, à Sylvestre RATANGA, Ambassadeur dignitaire. Le même Ministre d’Etat a prorogé le même passeport au même Ambassadeur dignitaire, le 23 juin 2004.
D'où vient-il qu'à présent, personne ne se souvient plus de tout cela? L’on a même oublié l’existence du décret N°349/PR/MAECF du 10 mai 2000 fixant le régime de délivrance, de prorogation et de renouvellement des passeports diplomatiques et des passeports de service! L’article 13 est, pourtant, on ne peut plus explicite sur les ayants droit tels que moi !

Oui, je sais. Vous allez me sortir l’éternelle rengaine : Je suis, moi aussi, l’une de vos créatures artificielles et je vous ai trahi. Non ! Monsieur le Président de la République! La marque d’origine est inscrite sur le front et dans la démarche de ceux que l’on fabrique et je n’en suis pas !
J’ai fait des études universitaires qui ont rendu possible mon intégration à la Fonction Publique. Je ne suis pas le seul dans ce cas.
Et, pendant plus de 25 ans, j’ai servi loyalement le Gabon, sous votre autorité, sans avoir jamais signé un acte d’adhésion à votre parti, le P.D.G. et sans avoir jamais défilé le 12 Mars, fête du parti, sauf en 1976. Je ne suis pas, non plus, le seul dans ce cas. Le hasard a fait que j’étais là où il le fallait quand il le fallait. Quel autre choix y avait-il que de me prendre ? Et rien n’indique que je n’aurais pas fait la même carrière ou une autre à l’extérieur comme au Gabon sous un autre Chef d’Etat, si vous n’étiez pas resté si longtemps au pouvoir.
En France, pour ne prendre que cet exemple, le Président François MITTERRAND a propulsé la Gauche au pouvoir en 1981. Mais, avant cette date, nombre de hauts cadres de Gauche servaient déjà la République depuis longtemps, sous des Présidents de droite !

Nous étions deux garçons pour cinquante filles dans ma classe à l’Université de Bordeaux, en 1966.
Mon collègue, Sénégalais, est, depuis quelques années, représentant (ambassadeur) de l’Unesco. Il était en poste en Europe quand nous nous sommes vus la dernière fois.
Un autre de mes amis de Bordeaux, Burkinabé, était, tout comme moi, ambassadeur en Allemagne et à la même période que moi.

L’on dénombre, parmi mes 24 collègues d’Université à Nice, en 1974 :
- Un ambassadeur (Français) ;
- Le responsable (Néerlandais) d’une institution ayant plus de mille agents ;
- Plusieurs ministres (Europe centrale et de l’Est).
- Un ancien ministre gabonais ( J.B. NGOMO OBIANG ), décédé.
Vous savez bien que l’UNESCO était d’accord pour me prendre après votre refus d’accepter que M. Jean PING, ancien fonctionnaire à l’UNESCO, regagne, comme l’aurait souhaité M. Amadou MAHTAR M’BOW, cette institution où il a débuté sa carrière. M. MAHTAR M’BOW vous avait dépêché à cet effet, en mars 1981, son directeur de cabinet M. CHIK BEKRI. M. Martin BONGO, Ministre des Affaires Etrangères, n'a pas voulu me laisser partir et m’a fait nommer Secrétaire Général du Ministère une semaine plus tard.

Lorsque je vous ai remis, le 5 mai 1997, en mains propres, en présence d’un de vos proches collaborateurs, ma démission de mon poste d’ambassadeur en Allemagne, car j’en avais assez d’avoir l’impression de tourner en rond, j’avais des propositions d’emploi ailleurs. Lorsque vous m’avez reçu après, en présence de M. Martin BONGO, pour me demander où en étaient mes dossiers, j'ai compris que vous teniez à ce que je poursuive ma mission. Pourquoi ? Pourquoi avez-vous encore écrit au Ministre de la Fonction Publique à mon sujet, le 30 mai 2001 ?

Nous sommes trois universitaires arrivés à la Centrale des Affaires Etrangères en 1975.
- Le premier (Mme DOSSOU), par ordre d’arrivée, m’a précédé au poste de Directeur de la Coopération, avant d’être nommé Directeur adjoint de cabinet du Président, Délégué ministériel, Secrétaire d’Etat (1980), Conseiller du Chef de l’Etat, puis Ambassadeur (1994) et à nouveau Ministre (2002).
- Le deuxième (moi) a fait toute sa carrière, d’abord à la Centrale (1975-1987), puis dans le service extérieur (1987-2001) comme sus indiqué.
- Le troisième (Marcel NGUEMA MBA), aujourd’hui décédé, était Ambassadeur, lui aussi. Il avait choisi de servir à l’extérieur, dès son arrivée.
Les universitaires qui nous ont suivi, de 1976 à 1979, et qui, à l’une ou l’autre exception près, ont tous été mes collaborateurs à la Centrale, y occupent encore ou y ont occupé de hautes fonctions pour certains. D’autres sont Ambassadeurs, en poste à l’extérieur.
Dans les années 1980, sous le ministère de M. Martin BONGO qui n’a jamais considéré ses collaborateurs comme des êtres inférieurs et ne les a jamais humiliés, ni publiquement, ni en privé, nous avons envoyé en stage de perfectionnement, des agents qui étaient arrivés au département en 1974 et qui méritaient d’être promus par cette voie.
L’un d’entre eux est Ambassadeur du Gabon, Secrétaire Général du Ministère depuis cette année 2005. Lui posera-t-on, demain, la question qu’il a demandé à l’un de ses adjoints de me poser (la preuve de ma ‘‘dignité’’ d’Ambassadeur du Gabon)?
Vous ne pouvez pas prétendre avoir fabriqué tous ces cadres-là et tous les autres de la Fonction Publique, ou en avoir fait des privilégiés!

En attendant que soient développés d'autres arguments spécieux et fallacieux contre l'un de ceux dont vous avez écrit dans votre lettre de 1990 au Ministre de la Fonction Publique qu'ils "ont contribué positivement à la promotion du Gabon" et vous "ont toujours représenté dignement et loyalement", (mon épouse de l’époque et moi), permettez-moi de vous faire remarquer que si vous me privez de passeport diplomatique ou ordinaire, peu m'en importe la nature, vous et vos proches faites de moi un prisonnier politique dans mon propre pays, puisque vous me refuser le droit d'en sortir pourtant garanti par la Constitution. C'est le sort inique que vous avez réservé, de 1990 à 1993 au Sénégal, et de 1993 à 2005 au Gabon, à Monsieur Pierre MAMBOUNDOU, Président de l'UPG (Union du Peuple Gabonais). Vous n’avez aucun droit de m’empêchez d’aller passer les fêtes de fin d’année avec ma compagne et ma dernière fille à l’étranger où elles vivent puisque ma femme y travaille, alors que vous les passerez avec les vôtres où vous voudrez ! Quel être humain trouverait normal un tel "déni de justice"?

Je suis au regret de vous faire savoir, Monsieur le Président de la République, que si je ne dispose pas d’un passeport, le mercredi 21 décembre 2005, au plus tard, j’entame une grève de la faim jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Vous n’avez jamais reconnu votre responsabilité dans la mort d’opposants au Gabon. On lit, sur l’une de vos affiches, que vous mettez le Gabon entre les mains de Dieu. Je vous donne une bonne occasion de m’envoyer vers lui à moindres frais! Vous-même, le Ministre des Affaires Etrangères et le Directeur Général de l’Emi-Immigration ne pourrez pas nier votre responsabilité dans ma mort, d’autant que, dans votre haine, c’est le sort que vous me réserviez, semble-t-il, par des moyens plus subtils et plus sordides encore, en votre qualité de Maître ès qualité en toutes choses.
Vous connaissez mon état de santé et savez ce qu’il adviendra irrémédiablement de moi si, en sus de la grève de la faim, je me privais de mon traitement médical quotidien comme j’ai bien l’intention de le faire. Ainsi, aurai-je le privilège de vous permettre de sabler enfin le champagne après la mort publique d’un néo opposant, traître de surcroît à votre cause providentielle! N'avez-vous pas déclaré que vous enterreriez tous vos contradicteurs?

Je fais une large diffusion de la présente correspondance au Gabon – y compris et surtout dans ma province d’origine - comme à l’étranger, pour que vous n’ayez aucun doute sur ma détermination et pour que vous et vos affidés en assumiez les conséquences. Nous sommes en 2005 et non en 1990, année de l’assassinat de Joseph RENDJAMBE, originaire, lui aussi, de l'Ogooué Maritime, tout comme votre Ministre des Affaires Etrangères (son cousin). Mais, beaucoup de choses ont changé depuis sa mort et son oubli et vous semblez ne pas le savoir. J’en suis heureux pour vous-même et tous les vôtres qui avez passé un pacte avec l'éternité!

En vous remerciant de l'attention qu'il vous plaira de porter à la présente, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'assurance de la très haute et respectueuse considération d'un homme de 60 ans, blessé, depuis trop longtemps déjà, dans sa dignité d’homme par vous-même et vos affidés, y compris ceux de sa province.
Je ne suis le valet de personne, je ne l'ai jamais été et ne le serai jamais. Je ne fais rien d'autre que revendiquer mes droits, comme d’autres le font partout de par le monde, et de tous temps. Mais rassurez-vous, contrairement à ceux qui seraient prêts à tout, y compris au crime, pour maintenir leurs privilèges et barrer la route à ceux dont ils ont peur ou qu’ils haïssent, je n’ai pas d’autre arme que le droit, la fierté, pour revendiquer mon droit à la dignité, à la liberté.


SYLVESTRE RATANGA
(1), (2) Conseil Economique et Social, Commission sur la bonne gouvernance au Gabon, Rapport du 31 juillet 2004, pp.3 et 7.

Friday, May 27, 2011

CONTREFAÇON ET PIRATERIE AU SOMMET DE L'ÉTAT. ALI BONGO AURAIT DES FAUX PAPIERS






Chers lecteurs, contrairement à ce que voudraient faire croire ceux qui veulent tout excuser et demandent qu'on les laisse "avancer", le dossier de l'éligibilité d'Ali Bongo n'a jamais été évacué, puisque Mborantsuo avait choisi de purement et simplement ignorer les requêtes des plaignants. C'est le contraire qui nous aurait surpris, n'est ce pas? Non, la question qui n'a jamais été résolue n'est pas de savoir si Ali Bongo est Gabonais, mais plutôt et primordialement de savoir si les conditions de nationalité d'Ali Bongo sont conformes aux préalables nécessaires pour l'éligibilité à la magistrature suprême au Gabon. Là, chers lecteurs est tout le problème.

1. Au départ sont les conditions d'éligibilité à la candidature au poste de président au Gabon
La constitution gabonaise n'est pas parfaite, mais sur les conditions d'éligibilité au poste de président de la république gabonaise, elle dit ceci:

"Sont éligibles à la présidence de la République, tous les Gabonais des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques, âgés de quarante (40) ans au moins (L. 1/97 du 22 avril 1997). Toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se présenter comme candidat à la présidence de la République. Seule sa descendance ayant demeuré sans discontinuité au Gabon le peut, à partir de la quatrième génération. Les modalités d'application du présent article sont fixées par une loi organique”.

A partir de ce texte, les conditions d'éligibilité devraient présenter très peu d'ambigüités. Sauf si vous vous appelez Ali Bongo et que personne ne sache trop clairement d’où vous sortez! Pour remplir ces conditions, Ali Bongo introduit dans son dossier de candidature, l'acte de naissance ci-dessus. Mais cet acte n'est pas un original, et est supposé être une reproduction conforme et légalisée d'un acte de naissance de l'Afrique Equatoriale Française établi au Congo en 1959, lieu qu'on nous présente comme de naissance d'Ali venu de nulle part. Mais très vite, des gabonais qui ont vu Ali Bongo arriver dans notre pays, émettent des doutes sur l'authenticité du document introduit par sa candidature.

2. L'acte de naissance qu'Ali Bongo a introduit dans son dossier de candidature à l'élection présidentielle de 2009 est un faux document
Le Gabon, jusqu'en 1960, faisait parti de l'AEF (Afrique Equatoriale Française). Donc un gabonais qui voudrait se présenter aux présidentielles, doit démontrer s'il est né avant 1960, que sa famille faisait parti de l'espace qui allait devenir le Gabon, sous la coloniale. Cette personne gabonaise peut le faire de plusieurs manières:

A) Le droit du sang. La nationalité gabonaise est attribuée à un parent qui la transmet par le sang à ses descendants. Il faut donc démontrer par un acte de naissance prouvant que les parents ont bien donne naissance a cet enfant, dans les lieux et les temps inscrits sur le document. C'est cet acte de naissance comportant la filiation, qui est la preuve irréfutable de la nationalité de sang.

B) Le droit du sol. Il faut naître sur le territoire gabonais (avant ou après la colonisation), et démontrer par une forte corroboration que ses ancêtres aussi ont des racines locales, si aucun document n'est disponible. Par exemple, Casimir Oye Mba avait dit qu'il était né à Nzamaligue, de parents aussi issus de la même contrée. Personne ne peut le contester car ces faits sont vérifiables sur le terrain, par des enquêtes biographiques. Maganga Moussavou peut nous dire qu'il est né dans la Ngounié et nous pouvons vérifier qui sont ses parents, d’où viennent-ils, etc.

Le problème avec Ali Bongo est que son père arrive au Gabon, en provenance du Congo-Brazzaville dans les années 60s comme un cheveu dans la soupe, et qu'Ali Bongo lui-même n'apparait sur l'échiquier gabonais qu'au début des années 70, après la guerre du Biafra. Personne au Gabon ne peut établir à Ali Bongo un quelconque droit du sol, ses racines n'étant pas manifestement gabonaises, sur le plan du sol. Il lui faut procéder par la méthode du droit du sang, c'est-à-dire l'acte de naissance et c'est là où ses problèmes commencent. Voyez-vous, le premier problème est qu'Ali Bongo n'ait pas déposé un acte de naissance authentiquement de l'AEF, car nous savons tous que si Ali Bongo a été à l'école au Congo, en France ou au Gabon, il a dû introduire dans ses dossiers d'inscription des actes de naissance. S'il a dû attendre 2009 pour se faire établir un acte de naissance au Gabon, avec quel document a-t-il été dans ses diverses écoles? Avec quel document a-t-il constitué son dossier de candidature au bac gabonais dont son père organisa une session spéciale de septembre pour lui permettre de l'avoir, alors qu'il l'avait raté en France? Les raisons qui nous permettent d'affirmer que le document d'acte de naissance utilisé par Ali Bongo pour les elections de 2009, est un faux, sont les suivantes:

a) Les archives de l'AEF sont intactes et bien conservées en France. Jusqu'à ce jour, il reste possible à n'importe quelle personne née dans l'espace de l'AEF de faire une simple requête aux archives nationales de France pour solliciter une copie de bulletin de naissance. Mais le hic, est que vous devez fournir toutes les informations afférentes, c'est-à-dire date et lieu de naissance, non du père et de la mère etc. Donc si vous n'avez pas ces informations, c'est que votre acte de naissance n'existe pas dans ces archives et si votre acte de naissance n'existe pas dans ces archives c'est que vous n'êtes pas né dans un hôpital brazzavillois…



b) Nous vous présentons ci-dessus, un authentique acte de naissance de l'AEF. Tout les éléments y sont; le territoire, la région, le district. Il y a aussi les noms et signatures des témoins et aussi ceux du chef de district. Si le document qui a été établi à Ali Bongo, a la mairie du 3ieme arrondissement et signé par l'officier d'état Civil Serge William Akassaga Okanda, était conforme a l'original, ou sont toutes les informations contenues dans les actes de naissance de l'AEF?

c) Si l'acte de naissance original existe, pourquoi avoir présenté une copie non conforme à cet original? Au regard des informations contenues dans la copie qui sont ridicules, comme le nom de l'enfant qui est Ali alors que Bongo ne se convertit à l'Islam que dans les années 70.

Le document présenté par Ali Bongo est une fabrication d'amateur dans la contrefaçon. On pourrait en rigoler sauf qu'il s'agit ici de la présidence de notre pays. Comment expliquer que quelqu'un qui a autant de moyen qu'Ali Bongo ne soit pas allé proprement retirer une copie de son acte de naissance aux archives nationales de France, pour l'introduire à son dossier de candidature, mais ait décidé de tout simplement de se faire établir par des artisans "maisons", un document tellement faux qu'il faille être Mborantsuo pour l'accepter. Quand les plus hautes personnalités du pays sont impliquées dans de tels actes de pirateries, et que les garants de la justice constitutionnelle assurent une couverture légale à cette opération, mais dans quel pays sommes-nous supposés vivre? Nous comprenons mieux pourquoi le maintien de ce banditisme d'état nécessite le placement d'hommes et de femmes de confiance acquis aux Bongo, à tous les postes stratégiques à l’intérieur et à l’extérieur du pays et cela, sans tenir compte des critères administratifs et de compétence. Mais malheureusement pour eux, jouer à ce petit jeu de cache-cache dans ce Gabon est devenu difficile, car nos méthodes d'information qui sortent des circuits Bongo émettent plus puissamment que la RTG et la vérité ne peut plus être étouffée…Même quand Mborantsuo range les dossiers dans les tiroirs. Par conséquent, chers lecteurs, si Ali Bongo a usé d'un document frauduleux pour se présenter à la candidature aux élections Gabonaises, n'est-ce pas la un crime de la plus haute gravité?

Thursday, May 26, 2011

LUC BENGONO NSI: UN ESPRIT INSOUMIS






Depuis la consécration de la transformation du Gabon en un bien privé, transmissible de père en fils, Luc Bengono Nsi a sans nul doute été le gabonais qui nous a le plus rappelé, avec insistance, où se trouvait l'essentiel dans la problématique de l'usurpation du pouvoir et sa confiscation par le clan Bongo. C'est avec clarté et sans ambigüité aucune que Luc Bengono Nsi nous rappelle les évènements scabreux qui enveloppent l'héritage qu'est le pouvoir au Gabon. Son discours est livré sans clichés, sans raccourcis, mais avec plus de fouilles historiques permettant aux lecteurs mêmes naïfs de se poser de sérieuses questions sur la "vérité" lessivée au Pax et à l'OMO que nous servent les propriétaires du Gabon.

1. Au Gabon des Bongo, la vérité est subversive
Luc Bengono Nsi fait parti de ces pionniers qui en 1981, décidèrent que leur carrière personnelle n'était pas plus importante que de dénoncer la trajectoire dangereuse sur laquelle se plaçait notre pays. Il fut du groupe qui défia Omar Bongo en demandant la fin de la dictature et du monopartisme. Il avait pourtant gros à perde car il est inspecteur du trésor de formation et quand on sait que bien des gabonais sont prêts à tuer pour une place dans les régies financières, voici l'exemple d'un gabonais atypique qui mit en péril sa carrière, pour crier haut et fort ce dont le pays avait besoin, et ce que le régime ne voulait pas entendre. Pour avoir cela, Luc Bengono Nsi connaitra de nombreuses années de prison. Mais pour un esprit insoumis comme le sien, sitôt sorti, il se rendit compte que le Gabon n'avait changé qu'en pire et repris son bâton de pèlerin contre la dictature des Bongo, en leur assenant des coups de vérités, car la dictature n'aime et ne supporte pas la vérité. Dans son discours, Luc Bengono Nsi n'entretient pas le "politiquement correct", les petites paroles sages, non. Il conteste l'autorité quand cette autorité est dénuée de toute légitimité. Il n'est donc pas question, pour lui, d'accepter de se plier aux ordres, aux conventions, aux lois qui n'existent que pour mieux asservir le gabonais moyen et mieux accroitre le pouvoir de ceux qui ont reçu le Gabon en héritage. Pour lui, l'existence ne semble pouvoir s'envisager sans être libre de ses choix et de sa destinée. Il ne fait pas ce qu'on lui impose. Désobéir et dénoncer l'imposture sont des verbes qu'il se plait à conjuguer, aussi bien dans sa vie que dans ses textes. Il aspire à un Gabon affranchi des entraves imposées par ceux qui ne nous veulent pas toujours du bien.

2. Au-dessus de tout, la vérité fini par triompher
Les faits historiques au Gabon, nous forcent à rejeter avec force tout ce qu'on veut nous présenter régulièrement comme le légitime schéma du pouvoir dans notre pays. Le regard historique nous permet de savoir qu'il y a quelque chose qui cloche dans ce qu'on veut nous faire avaler. On pousse l'homme gabonais vers les abimes de la pauvreté, car un pauvre accepte plus facilement les dons; et ces dons sont la voie royale permettant l'asservissement de l'homme par l'homme de pouvoir. Observer la démarche de Luc Bengono Nsi, c'est voir se dessiner une mission dont les objectifs sont essentiels et recommandables pour les jeunes gabonais. Il n'est plus question d'accepter les désidératas cyniques, froidement prémédités par des présidents choisis puis imposés aux gabonais par la françafrique. Le courage face à l'imposture est la seule chance de succès demeurant toujours intacte et grande pour nous. Il est important de nous référer à une mémoire commune, quand il s'agit de penser le Gabon. C’est-à-dire, non seulement s'efforcer de partager le récit authentique de notre itinéraire, avec une connaissance de qui est qui, mais également avoir l’intelligence de reconnaitre ce qui cloche et ne cadre pas avec la logique. C'est grâce à cette pédagogie minutieuse et a ses sources, que nous puiserons la substance de la résistance et la force de continuer le combat pour la liberté comme le fait Luc Bengono Nsi. Il est vrai que la marge de manœuvre que le pouvoir laisse a la contestation au Gabon, parait bien étriquée. Mais face aux actions malveillantes de ce pouvoir, il est utile que nous nous inspirions de Luc Bengono Nsi et revenions aux questions essentielles.

Nous mesurons toute la difficulté à imposer la vérité à un régime. Quand on a la vérité avec soit, on a plus facilement la conviction ; la fidélité à ses engagements, et le courage d'aller sur la place publique confronter le mensonge d'état. Ceux qui craignent que les avantages souvent personnels qu’ils tirent du pouvoir, ne s’estompent, devraient comprendre qu'un jour ou l'autre ce pouvoir s'effondrera. Tout compte fait, les maitres savent qui sont leurs vassaux et ce qu'ils valent. Il nous est permis de douter du respect dû par la France à ceux qui comme les Bongo, contribuent à mettre leur pays à genoux au profit de la métropole. Ce ne sont que des idiots utiles qui servent un but précis. Les experts en fanfaronnades de mauvais gout du régime nous parlent d'un pays émergent doté d'une économie performante, mais ces mêmes idiots sont les promoteurs de la symbolique du fonctionnaire milliardaire narguant le petit peuple. Un exemple économique qu'on ne retrouve nulle part dans les vrais pays dotés de vraies économies. Le seul dynamisme observé au Gabon est celui qui consiste à se remuer pour piller le trésor public. Dans un pays ou le régime ne tolère que l'opposition entretenant avec lui des rapports de proximité conviviale, nous avons grand besoin de la voix de Luc Bengono Nsi qui sait aller droit au but et démasquer les grands mensonges, car il est inacceptable que nombre de gabonais ne veuillent pas faire l'effort de comprendre que la relation que nous entretenions avec la France soit une relation de maître à soumis. Ce n'est pas un partenariat comme veut nous le dire le pouvoir. Luc Bengono Nsi nous encourage à cesser d'être les dindons de la farce et de nous affranchir de notre existence de cocus de service. Il nous défier, grâce à la vérité, ce Gabon rancie que le pouvoir en place nous propose pour encore 30ans au minimum. Luc Bengono Nsi a assurément la passion intense du Gabon et essai autant que faire se peut, de nous la faire partager. Dans l'état actuel des choses, peut-on encore, au Gabon, parler d'une patrie à respecter?

Tuesday, May 24, 2011

ALERTE, LA MÉTHODE FRANÇAFRIQUE AU SECOURS DE DSK. DES ÉMISSAIRES FRANÇAIS EN GUINÉE POUR CORROMPRE LA FAMILLE DE LA VICTIME AFIN QU'ELLE DISE QUE L'ACTE ÉTAIT CONSENSUEL

La photo de certains membres de la famille de la victime qui auraient été approchés en Guinée-Conakry par des hommes d'affaires français




Dans son édition du jour, le journal "New-York Post" en première page titre: " Strauss-Kahn's pals bid to pay off woman's kin", ce qui donne en français: "Les amis de Strauss-Kahn essaient de corrompre la famille de la dame".

Le journal affirme que des "amis' francais de DSK auraient secrètement contacté la famille de la jeune dame présumée victime des violences sexuelles de DSK, en leur offrant d'importante sommes d'argent pour faire sur leur parente pour qu'elle fasse volte-face et revienne sur ses témoignages. Les contacts auraient eu lieu en Guinée, hors de portée de la protection des forces de police américaines. Le journal affirme qu'une femme d'affaires française aurait déclaré à un de ses journaliste: "Ils ont déjà parlé avec sa famille, c'est sûr, ça va finir sur une note calme." Malgré ce nouveau développement, les procureurs de New-York ont fait de leur mieux pour garder la femme hors de portée des amis de Strauss-Kahn, et même de sa propre famille. Mais la source du journal prédit déjà avec assurance, la réussite de leurs négociations avec la famille. Dans le journal, la même source affirme: "Il va s'en sortir et rentrer en France. Il ne va pas passer de temps en prison. La dame aura beaucoup d'argent". La source d'ajouter que le montant offert est une somme à sept chiffres, c'est-à-dire en millions soit en euros ou en dollars. Le journal s'est interroger comment une famille dont la plupart des membres vivent dans un village qui manque de routes, d'électricité et de lignes téléphoniques, et dont le revenu mensuel moyen est de 45 dollars, pourrait résister à autant d'argent?

Le bureau du procureur de New-York a déjà averti les membres de la famille de la dame vivant aux USA, qu'ils ne devaient pas accepter les appels à coopérer avec des associés de DSK. Les mêmes procureurs ajoutent que même si le témoignage de la dame changeait, ils ont des preuves accablantes de violences de DSK sur la victime et ces preuves avec effusion de sang trouvé sur les draps seraient suffisantes pour poursuivre DSK. Il ya aussi les déclarations des employés de l'hôtel qui ont immédiatement vu la victime et savent dans quel état elle se trouvait. Donc malgré les promesses faites à la famille de la victime, DSK n'est pas sorti de l'auberge.

UN GABONAIS LUCIDE QUI VOIT AU TRAVERS DES ÉCRANS DE FUMÉE DU POUVOIR






Nous savions déjà que Luc Bengone Nsi était un de ceux qui voient clairement ce de quoi est vraiment fait le pouvoir au Gabon. Mais en plus de cette clairvoyance, l'homme a passé plus de 8 ans dans les geôles du pouvoir pour avoir osé dire tout haut en l'époque du parti unique triomphant, que la Gabon avait besoin de démocratie. Mais les contributions récentes de ce grand monsieur sont celles pour lesquelles ce billet a été écrit. En effet, M. Bengone Nsi publie régulièrement ses pensées et impressions de la vie politique gabonaise. Vous pourrez trouver ses écrits transcrits assez régulièrement sur le site gabonais "LVDPG". Nous ne reproduirons pas les réflexions de M. Bengone Nsi dans ce billet, car nous savons que vous pourrez aller les lire à la source. Ce que nous ferons, c'est analyser la réflexion de ce monsieur et vous en proposer une synthèse.

1. Dans ses écrits, surtout pour les nouvelles générations de gabonais, Luc Bengone Nsi parle toujours de la relation entre le Gabon comme pourvoyeur de richesses et la France comme maitresse du jeu. Ce qui explique dans son ensemble notre destinée cinquantenaire.
Lu de manière condensée, les écrits de Luc Bengone Nsi ne perdent pas de temps à s'appesantir sur les personnages légers qui peuvent se pavaner dans Libreville au volant de rutilantes 4x4. Non, ce monsieur va droit au but et parle généralement de ceux qui comptent et ceux qui sont véritablement responsables du pouvoir au Gabon. Son regard sur les problèmes du Gabon en est un qui part du présent et remonte à l'origine et chemin faisant, nous éclaire sur les rôles qui ont été distribués, sur les tartufferies et sur ce qui est réel et ce qui ne serait que du décor de théâtre. A la lecture des textes de Luc Bengone Nsi, les points de départ et d'arrivée du pouvoir au Gabon sont mus par les matières premières, les gabonais n'étant rien que des pions dans un jeu qui leur échappe. Les Bongo ont leur rôle, certains opposants ont les leurs. Mais ceux qui ont une trop grande conscience politique, une trop grande gueule et joue les revendicatifs au point de mettre en péril la poule au œuf d'or, seront mis hors d'état de nuire. Vu à travers le prisme de Luc Bengone Nsi, le destin des gabonais n'est pas simplement et purement accidentel. Le destin de notre pays, qui n'est pas meilleur pour le gabonais, a été planifié et demeure sous contrôle.

2. Comment arriver à faire basculer l'équilibre dans lequel on nous force et on nous maintient?
Les textes de M. Bengone nous disent qu'à chaque fois que l'équilibre en place au Gabon est menacé, des mécanismes mis en place par la tutelle coloniale interviennent pour que les conflits et antagonismes qui existent depuis longtemps, ne fassent pas basculer l'ordre établi et que les dérapages soient sans conséquences pour la direction du pouvoir. Dans sa dernière intervention, M. Bengone Nsi nous parle du tragi-comique concept de la "consultation" qu'Ali Bongo utilise ces derniers temps pour se donner l'image d'un rassembleur. Il nous y explique l'aspect ridicule et contre nature d'un concept politique où le pouvoir qui contrôle systématiquement tout dans le pays, demande a ce qui fait office d'opposition de renoncer a toute revendication et toutes velléités d'alternance, pour se mettre aux côtés du pouvoir et faire ensemble quelque chose qui soit viable pour les deux parties. Luc Bengone Nsi a compris que sous ces dehors conciliateurs, le pouvoir demande simplement à l'opposition de se soumettre. Comme d'habitude. Il nous faut comprendre que le pouvoir exige qu'au Gabon, l'opposition soit toujours assise entre deux chaises. L'opposition doit toujours être très ouverte, prête à comprendre la situation, prête à accepter les conditions du pouvoir. Dans de telles circonstances nous dit Luc Bengone Nsi, cette opposition en vient à oublier les revendications telles que la répartition des richesses du pays et l'idée même de la nécessité de l'indépendance du pays ne l'effleure plus. A chacun son rôle dorénavant au Gabon des Bongo. Alors inexorablement, cette opposition est obligée de toujours courber l'échine. Nous arrivons donc a un équilibre où petit à petit, un système de caste se met en place au Gabon; ceux qui dirigent et ceux qui subissent. Les groupements étant hermétiques, c'est-à-dire que dans le temps il y a une sédimentation de ceux qui dirigent qui restent les mêmes, et ceux qui subissent restent aussi les mêmes.

En contrepartie de l'arrangement de gérance du Gabon, la classe dirigeante avec à sa tête les Bongo, est fait détentrice de richesses considérables, particulièrement au niveau foncier mais aussi des pans entiers de ces économies insulaires en possédant les principales sociétés d’importation et de distribution dans le pays et par français et libanais interposés. Cette concentration de la richesse est plus que flagrante au Gabon et laisse présager des soulèvements futurs si les équilibres ne sont pas revus. Dans une société insulaire, comme on peut designer la société gabonaise, la possession de richesses est cruciale car elle assure à cette caste au pouvoir, une hégémonique incontestable sur le reste de la population qui manque presque de tout. Cette richesse est utile à manœuvrer une population rendue servile par le besoin.

Grace aux écrits de Luc Bengone Nsi, le jeune gabonais peut arriver a la longue a comprendre vraiment ce qui se passe dans son. Trop de personnes restent lamentablement ignorantes de la situation du Gabon.

Monday, May 23, 2011

QUI EMPÊCHERAIT LA FRANÇAFRIQUE DE NOUS INFLIGER 40 ANS DE SUPPLICE SUPPLÉMENTAIRE? LE TEST D'ADN CONFIRME QUE LA SEMENCE EST CELLE DE DSK





Avec les disparitions d'Houphouët-Boigny, de Mobutu Sesse-Seko, de Gnassingbé Eyadema et d'Omar Bongo, le quatuor de choc de la françafrique éternelle, beaucoup avaient pensé qu'un dégel des positions figées en Afrique francophone s'effectuerait et que nos pays entreraient dans une nouvelle dynamique politique et économique qui se démarquerait des échecs passés. Mais aujourd'hui, force est de constater que dans tout ces pays, malgré quelques soubresauts, à la fin il apparait qu'aux dictatures pourries, ont succédé des dictatures pourries. Parfois de façon lignagère, le fils remplaçant carrément le père. En langage françafricain, cela s'appelle la "stabilité".

1. L'Afrique se réveille avec une belle gueule de bois en remarquant que son asservissement reste intact malgré les promesses de rupture
Nous africains qui aimons bien entretenir les espoirs les plus fous, "hope" comme dirait le cousin d'Amérique, avions depuis 1990, à chaque soubresaut sur le continent, trouvé des analogies toutes faites avec l'Europe de l'Est qui vit à la fin des années 80 un effondrement total de la dictature et la mise en place de transitions démocratiques. Mais après deux décennies d'atermoiements, nous affichons une gueule de bois digne des plus belles cuites de feu le "Boul-Bess", quand nous examinons notre environnement et remarquons qu'a tous les horizons, notre espace politique reste bloqué. Beaucoup de politologues ont même parlé d'une suite de chute de dominos inévitable qui partit des vagues similaires de transformation régionale précédentes qu'on a vu au Portugal, en Espagne, en Grèce, tous démocratisés dans le milieu des années 1970. Puis ce fut une grande partie de l'Amérique latine dont le Brésil; et après la Corée et Taiwan, rapidement suivie des Philippines qui s'ouvrit politiquement en 1986 avec le départ de Marcos. Puis vint la vague de changement en Afrique sub-saharienne qui débuta en 1990. Les africains francophones au sud du Sahara constatent que non seulement l'ordre ancien continue, mais il s'affirme même plus qu'avant, au moment où les maghrébins eux réussissent leur vague changements qui certes, n'est pas encore démocratique, mais est déjà au moins une série de vrais changements. Notre gueule de bois vient du fait que nous nous rendons compte que 21 ans après les évènements de 1990, nos régimes françafricains restent en place avec leurs méthodes autoritaires, on divise toujours aussi facilement nos oppositions pour leur donner des tendances régionales divergentes qui laisseraient le pouvoir central comme le seul rassembleur possible de la nation. Ce pouvoir central parle d'ouverture politique alors que sur le terrain on peut observer la fermeture à double tour de la compétition politique. Bref notre gueule de bois tient du fait qu'après 21 ans d'espoir, nous faisons systématiquement de grands bonds en arrière vers l'autocratie.

2. Qui peut encore se prévaloir d'optimisme, même prudent?
Depuis 1990, nous avons assisté impuissants au débarquage de Lissouba, démocratiquement élu; de Gbagbo démocratiquement élu et dont on a coupé le pays en deux pour lui mettre les bâtons dans les roues; et nous venons d'assister impuissants aux transitions héréditaires au Togo et au Gabon, avec plus ou moins de sang sur l'autel de la "stabilité". Au Gabon, un peuple fatigué des Bongo, sait que la situation du pays est très inquiétante. Cette inquiétude est due au fait que tout le monde sache que le corps familial et filial, qui contrôle actuellement le régime, ne veut rien savoir d'une véritable transition démocratique. Ils vont essayer de l'empêcher coûte que coûte, en minant à leur avantage les conditions sur le terrain économique et politique; en discréditant et sapant toute velléité de démocratie. Nous avons vu l'opposition avec laquelle le régime gabonais s'emploie à étouffer l'éclosion de nouvelles forces politiques qui auraient des chances d'être compétitives et établir des structures de campagne efficaces avec des médias de relais capables de faire ombrage au régime. Les Bongo et leur PDG restent dans la logique d'un système électoral qui leur permet de conserver leur caractère fortement majoritaire dans les assemblées, et uniquement monarchique au sommet de l'état. Toute formation politique qui mettra en péril cet arrangement sera tout simplement éliminée d'une manière ou une autre. La place ne sera faite qu'à des Paul Mba Abessole et Pierre Mamboundou complètement diminués, dans leur fin de carrière d'alibi politique; un peu comme ces vieux footballeurs qui vont finir leur carrière avec un dernier contrat juteux au Qatar. Tout le monde sait que le cœur n'y est plus, mais on fait encore quand même semblant.

Comment demander au pauvre peuple gabonais si fatigué, de s'intéresser aux prochaines législatives quand nous savons tous que tout ça n'est que connerie? Que le PDG aura sa majorité écrasante et que les autres partis ne seront que des faire-valoir? L'expérience nous apprend que le régime dont la légitimité est inexistante, se maintiendra par la cooptation, les négociations avec des "opposants" pour quelques futurs accords bidons de partage du pouvoir. Sur ce point, rien de bien nouveau.



Á PROPOS DE DSK

La police a notifiée les autorités ce Lundi, des résultats des tests comparés d'ADN entre les prélèvements effectués sur la Guinéenne présumée victime d'un assaut sexuel, et ceux prélevés sur DSK. Les résultats sont formels. C'est bien le sperme de DSK qui a été prélevé sur les vêtements de l'africaine. Le quotidien "New-York Post" publie aujourd'hui le contenu d'un email que DSK aurait envoyé aux agents du FMI dans lequel il se plaint d'avoir du démissionner de son post et de fait que la France ait permis aux USA de l'incarcérer. Il va devoir expliquer à l'opinion ce que son sperme faisait sur les vêtements de la dame.

Sunday, May 22, 2011

OUF ! AVEC LA CÔTE D’IVOIRE REMISE ENTRE DES MAINS SURES, LA FRANCE TIENT Á NOUVEAU TOUT SON PRÉ-CARRÉ TRADITIONNEL








La France a eu peur que sa zone d’influence ne lui échappa en Afrique. Après l’affront rwandais il fallait s’assurer que d’autres pays africains ne prendraient pas ce mauvais exemple. La France ne permettra pas à d’autres de se prendre en main. Les Togolais et Gabonais furent introduits au pouvoir héréditaire, tandis que la Côte d’Ivoire devait absolument être débarrassée de ce trouble fête de Gbagbo qui avait souvent la témérité de se croire homme libre au lieu de simplement gérer un bien au nom de la tutelle coloniale. Maintenant tout est rentré dans l’ordre. Le pré-carré retrouve tout son caractère franco-africain d’entant avec des décideurs tout à fait prévisibles qui feront tout ce que Sarkozy leur demande.

1. Comme il l’avait fait en se rendant au Gabon, Sarkozy va personnellement installer Ouattara en Côte d’Ivoire
C’est un tapis rouge sang, comme pour symboliser le sang des ivoiriens, que Dramane Ouattara a déroulé sous les pieds de Nicholas Sarkozy, pour l’accueillir à son investiture. Sarkozy ne s’est certainement pas fait prier pour faire comprendre à ceux qui ne l’avaient pas encore fait, que la Côte d’Ivoire était désormais sous contrôle étroit français, en annonçant que les forces françaises resteront sur place et ce pour une durée indéterminée, certainement éternelle comme au Gabon. Pour narguer encore plus les ivoiriens et africains, Nicolas Sarkozy a précisé dans sa déclaration, que c’était uniquement pour protéger les ressortissants français au nombre de 15000 environ, que son pays est intervenu en Côte d’Ivoire, et non pour soutenir un quelconque candidat. Mais qui peut être assez naïf pour croire à cette assertion ? Avec un Gbagbo écarté du pouvoir, les opérateurs français auront à nouveau l’exclusivité des marchés juteux concernant l’exploitation et le pillage des richesses de ce pays. Dans le sillage de Sarkozy, on retrouvait les mêmes du pré-carré, c'est-à-dire Faure Gnassingbé, Ali Bongo, Paul Biya, Sassou Nguesso, Blaise Compaoré etc. Pas vraiment de présence maghrébine, et une toute petite présence anglophone. L’investiture de Ouattara était une fête de Sarkozy et de la françafrique.

2. La France affirme ne pas avoir besoin de l’Afrique, mais pourquoi elle insiste à être présente chez nous ?
Sarkozy qui dit pouvoir se passer de l’Afrique, s’est personnellement déplacé pour assister à l’installation d’un président africain qui a été littéralement porté au pouvoir par des bombardements préalables de l’armée française pour déloger l’ancien occupant des lieux. Oui la France n’a pas besoin de l’Afrique et c’est seulement pour protéger les 15000 ressortissants français que l’armée française a bombardé Gbagbo. Pour ceux qui l’ignorent encore, eh bien un colonel de l’armée française est détaché au cœur du régime Ouattara pour assurer sa sécurité. Comme quoi, on a peur des balles perdues entre ivoiriens. C’est la consécration de la françafrique avec le retour des conseillers militaires au cœur des régimes nègres, pour leur montrer comment mater leur propre population. Des gens à mater, Ouattara en aura beaucoup. La France n’a pas besoin de l’Afrique mais alors pourquoi le conseiller militaire de Ouattara doit être un délégué de Sarkozy ? Pourquoi assistons-nous au retour de la philosophie qui veut entourer les présidences du pré-carré de conseillers français qui ne seraient que les yeux, les oreilles et les bras séculiers de Paris dans le pays ? Pourquoi l’escorte du nouveau président ivoirien doit être assurée par l’armée française ? Pourquoi la régulation de la circulation à Abidjan est-elle faite par des gendarmes français ? Nous sommes en lieu de conclure que la France semble vouloir ostensiblement marquer sa présence et son retour en force en Côte d’Ivoire. On peut même encore aller plus loin et affirmer tout de go que la France est « au pouvoir » en Côte d’Ivoire. Le président français est le seul leader occidental à assister à la cérémonie d'investiture de Ouattara, nous vous l’avions dit. Mais comme nous a révélé un ami un peu boute-en-train, c’est un peu normal, puisque les autres européens s'en foutent, car aucun autre pays occidental ne possède une ambassade directement reliée par tunnel secret avec la présidence d'un pays souverain, ce qui est la cas de la France avec la Côte d'Ivoire, et peut être aussi entre la France et le Gabon.

Chers lecteurs, dans notre pré-carré français en Afrique, nous assistons à une grossière caricature qui consiste au retour triomphal de la françafrique de papa. La mise sous tutelle de nos pays donc de nos richesses sera encore plus effective.

Saturday, May 21, 2011

UNE SUCCESSION DE COMMUNIQUÉS ROCAMBOLESQUES ÉMANANT DU POUVOIR






L’un des derniers communiqués du pouvoir Ali Bongo, qui se voulait explicatif concernant la curieuse présence d’hommes armés autour du domicile de André Mba Obame, n’a réussi qu’à conforter les gabonais dans l’opinion que ce régime n’a vraiment pas le souci d’éviter de se couvrir de honte quand il s’agit de concocter des excuses rocambolesques pour justifier leurs manœuvres.

1. La dictature décrète sa « vérité » par l'étouffement de la vérité
Dans un étrange communiqué lu par le porte parole du ministre de l’intérieur (photo ci dessus), le pouvoir donnait « son » explication de la présence d’hommes armés dans les alentours du domicile de quelqu’un qui se dit être dans le collimateur du régime en ce moment. Il y a certaines coïncidences qui laissent songeur, mais le récit du porte parole du ministre de l’intérieur est aussi étanche qu’une passoire trouée. Par ce récit, le régime demande aux gabonais de croire à l’enchainement suivant:

a. Dans la nuit, une dame est braquée au niveau de l’échangeur de l’aéroport.

b. Elle appelle ses frères dont un ou plusieurs sont des agents des forces de sécurité.

c. Les frères en question arrivent sur les lieux, avec au moins une arme de service.

d. Les frères en questions prennent en chasse le braqueur, qui certainement, comme tout bon braqueur, attendait patiemment que les frères de sa victime arrivent sur les lieux du supposé crime et qu’elle l’identifie.

e. Les frères avec leurs armes, pourchassent le braqueur qui, après avoir attendu leur arrivée, décide de fuir seulement une fois les 3 individus à une distance qui leur permet de l’identifier.

f. Le fameux braqueur, qui du reste doit être le brigand le plus incompétent de la planète, a le choix de disparaitre vers les zones denses comme derrière l’aéroport et se perdre dans le noir qui y sévit la nuit. Mais non, ce braqueur prend la direction de la maison d’André Mba Obame.

g. Coup de bol pour le braqueur, cette maison est gardée par une foule qui veille au grain et filtre les entrées. Mais notre braqueur réussi l’exploit de se fondre sans aucune peine dans cette foule, sans être inquiété.

h. Mais quand les 3 fameux frères arrivent, ils sont tout de suite repérés par la foule qui ne les reconnait pas comme étant des leurs. La foule les immobilise et leur fait passer un sale quart d’heure. La foule découvre que ces hommes sont armés et la suite vous la connaissez.

Chers lecteurs, si vous croyez en ce récit, c’est que vous croyez aussi que la fameuse Brigitte Canon de l’affaire Rendjambe existe aussi. N’importe quel amateur de séries policières B, sait que ce récit est cousu de fil blanc ; tellement mal monté qu’il faut avoir pitié des penseurs de ce régime. Ils devraient laisser ce genre de choses à leur barbouzes françaises qui leur font toujours un travail plus propre.

2. Ce que croit ce blog là propos de cet évènement
Au lieu de se perdre dans des explications folkloriques, le régime devrait simplement savoir qu’il y ait des gabonais qui ont suffisamment d’expérience en matière de surveillance et filature, qui nous ont affirmés que cet épisode ressemblait à une sinistre opération de reconnaissance militaire. En effet, chers lecteurs, avant toute opération militaire, il faut savoir comment se présente l’ennemi sur son territoire de manière à mieux planifier son attaque et en maximiser l’efficacité. C’est à cette fin que nous pensons que le régime ait envoyé ces gens, certainement pas les seuls, pour se livrer a des opérations de reconnaissance autour du domicile d’André Mba Obame, opérations qui consisteraient à :

-Evaluer les capacités de défenses d’André Mba Obame.
-Surveiller les va et viens et déterminer le nombre de personnes à neutraliser s’il fallait faire une descente musclée.
-Etablir le degré de conviction de la foule autour de ce domicile. Sont-ils des gens qui s’enfuiraient au premier coup de feu ou des gens prêts à se battre. Sont-ils armés, si oui, quels types d’armes disposent-ils.

Autre fait non négligeable, les 3 personnes stoppées dans le périmètre du domicile de Mba Obame étaient toutes d’ethnie Fang. Cette coïncidence n’est pas anodine quand on peut facilement imaginer que beaucoup de ceux qui serviraient de bouclier humain autour de cette maison seraient certainement des membres de la famille de Mba Obame. Alors pour passer aussi inaperçu que possible, et pouvoir obtenir le plus de renseignements possible, quoi de mieux que d’envoyer des agents originaires du même espace sociologique que beaucoup de ceux qui se trouveraient autour de cette maison. C’est vraiment élémentaire comme déduction et le pouvoir ne devrait se donner tout ce mal à inventer des histoires à dormir debout, quand la réalité est bien plus limpide. Chers lecteurs, la preuve que cette histoire de braquage n’est que du bidon, réside dans les deux faits suivants :

a. Le fameux braqueur n’a jamais été identifié et ne le sera certainement jamais, malgré le fait que la foule ait tout de suite reconnu les 3 « assaillants » comme des corps étrangers à leur regroupement autour de cette maison. Donc si la foule a tout de suite identifié les 3 assaillants comme des intrus, et ce en pleine nuit noire librevilloise, elle n’aurait dû avoir aucun mal à détecter le fameux braqueur et à le mettre hors d’état de nuire. Le braqueur n’existe pas, il est semble t-il sorti de l’imagination des services de sécurités d’Ali Bongo.

b. Les fameux 3 assaillants qui ont été conduits dans les services de sécurité gabonais, ont été simplement libérés sans autre forme de procès.

De qui se moque t-on ?

Friday, May 20, 2011

LE CNC MENACE Á NOUVEAU TV+




Le Conseil National de la Communication ou CNC, dans un communiqué lu hier soir sur la RTG1, menaçait la chaine de télévision privée gabonaise, TV+ de nouvelles sanctions. Le crime de cette chaine de télévision, d'après le même communiqué, est d'avoir ouvert ses antennes aux membres du parti UN. Le raisonnement du CNC s'articule comme suit: "vu que le parti UN a été dissout par un décret émanant de la présidence, tout passage dans les médias des membres de ce parti deviendrait de facto un acte illégal passible de la plus grave sanction dans l'arsenal du CNC". Chers lecteurs, ne riez point, car nous sommes en plein délit d'opinion.

1. Quand on n'arrive pas gérer une opposition politique, il faut la faire disparaitre
Le pouvoir gabonais, en place, agit comme s'il refusait de reconnaître l’existence d’une opposition politique qu’il n’arrive pas à gérer. Alors ayant peur des arguments, ce pouvoir se lance de manière systématique dans la négation et la criminalisation de tout ce qui pourrait lui être une opposition forte. A l'opposée, nous assistons à un cajolement et à une légitimation de ce qui se présente comme opposition conviviale à l’ordre dominant. Donc, chez nous au Gabon d'aujourd'hui, la reconnaissance du statut d'opposant est devenue tributaire du degré de convivialité des rapports entretenus avec le pouvoir. Toute force politique qui sort de ce périmètre politique, doit être systématiquement anéantie. L'un des organes chargés de cet anéantissement est le CNC, dont le rôle est de réguler les médias au Gabon. Mais quand le CNC tourne à plein régime, comme c'est le cas en ce moment, on a plus l'impression que son rôle principal est de juger et souvent condamner à de lourdes peines des personnes, des titres journalistiques et des chaines de télévisions, pour leurs opinions trop indépendantes de l'ordre établi. Des personnalités politiques de l’opposition, des journalistes, des chaines de radio/TV, sont tous poursuivis régulièrement pour avoir émis des opinions qui ne vont pas dans la ligne idéologique du régime. La critique de l’action gouvernementale, partout ailleurs admise comme pratique démocratique normale, est assimilée par le régime Ali Bongo, comme crime grave. En évitant toute critique, le régime s'assure que sa seule voix soit celle entendue par les gabonais.

2. Pourquoi les dirigeants du parti UN n'auraient-ils plus droit à la parole au Gabon?
Quelque soit le bord politique, une prépondérance de gabonais avoueront que l'élection présidentielle de 2009 fut un simulacre et que pour se proclamer élu, Ali Bongo du mettre sa machine répressive en marche. Nous pouvons publier la phrase qui précède, sur ce blog, sans risquer de représailles parce que nous utilisons un médium hors de porté des autorités gabonaises. Mais imaginez que nous avions prononcés cette phrase sur les ondes de TV+, le CNC serait monté au créneau et dans un communiqué musclé, aurait soutenu que cette chaine tentait de porter atteinte à la sécurité de l’Etat. Cher compatriotes, quand on menace une chaine de télévision pour avoir diffusé les propos de membres d'un parti, fut il dissout, c'est qu'on criminalise tout simplement l'opinion des gens. Il n'y a pourtant aucune lois qui au Gabon, dit qu'émettre des opinions soit illégal. Nous avons tous lu des articles de presse dont le contenu n'avait rien de séditieux, si ce n'est qu'ils critiquaient le régime, être condamnés par le CNC. Nous avons l'impression que la seule chose qui intéresse le régime soit de présenter aux gabonais l’illusion de vivre dans un pays ou toutes les opinions sont admises. On tente de nous imposer une pensée unique de manière dévoyée, car par le truchement du CNC, c'est en fait la prééminence du triomphe de la pensée unique qui se manifeste. Sans facétie aucune, nous parlerons même d'une dérive globalement soviétisé du système. Dérive qui s'exprime pêle-mêle par des atteintes répétées à l’indépendance de la justice, par le contrôle renforcé des médias, et surtout par la fermeture du champ politique à la concurrence et par l’impunité légale de la nomenklatura au pouvoir. Le CNC opère dans une situation juridiquement floue qui lui donne libre cours à la persécution politique. L'objectif final est pour le pouvoir de toujours cultiver et entretenir une population servile.

Les accusations fantaisistes du CNC envers TV+, sont prononcées de façon si maladroite qu’elles ne tiendraient jamais devant un procureur lisant le droit. Depuis quand la dissolution d'un parti sous entend que ses adhérents perdent la liberté d'opinion? Si les partisans du parti UN ont encore le droit de s'exprimer, pourquoi alors s'attaquer à TV+ qui leur donne la possibilité de le faire, vu que la RTG reste complètement fermée à la compétition politique. Le vrai crime et le seul crime est que TV+ ose donner l'occasion à des gens qui défient le régime Ali Bongo, de s'exprimer. Au Gabon, qu'on le veuille ou non, cela est un délit.

SRAUSS-KAHN OBTIENT LA LIBERTÉ PROVISOIRE SOUS CAUTION, MAIS SES ENNUIS JUDICAIRES NE FONT QUE COMMENCER

Anne Sinclair et la fille de DSK à la sortie d'audience.





Après avoir passé quatre nuits dans une petite cellule d'une prison de New York, Dominique Strauss-Kahn a été remis en liberté sous caution. La caution a été fixée à 1 millions de dollars et est associée à d'autres conditions. Il devrait rester dans un appartement loué par sa femme, soumis à une surveillance électronique et gardé par des policiers armés 24/24, le tout à ses propres frais. Il lui a été demandé de fournir une assurance supplémentaire de 5 millions de dollars qui doit s'ajouter a sa caution. En tout, c'est 6 millions de dollars que DSK doit payer soit environ 3 milliards de francs CFA.

L'épouse de DSK, Anne Sinclair se trouvait dans la salle d'audience ce jour, avec les 4 filles de DSK. Il devait passer la nuit de Jeudi en prison, avant de commencer sa résidence surveillée le vendredi. Mais lors de la même audience de Jeudi, les procureurs ont révélé qu'ils avaient obtenu un acte d'accusation, c'est-à-dire une déclaration formelle d'accusations criminelles sur sept chefs d'accusation liés à l'agression sexuelle. Les éléments de preuve contre lui seraient substantiels et l'accusatrice africaine a aussi fait sa déposition.

Dans un communiqué publié jeudi matin, DSK a démissionné de la tête du Fonds monétaire international, un poste qu'il occupait depuis 2007.

Thursday, May 19, 2011

D’OÙ VIENT LE REPLI IDENTITAIRE AU GABON ET COMMENT SE MANIFESTE T-IL?

Illustration Ecovox.





Il est grand temps que la situation funeste, qui veuille que le pouvoir fasse passer n'importe quel argument dans les médias d'états, sans se soucier du rapport à la vérité, se termine et que le peuple gabonais sorte de sa torpeur et saisisse à deux mains ses responsabilités, pour rappeler à ce pouvoir la vérité telle que vécue au quotidien par le commun des gabonais. Nous pouvons ici affirmer, et ce devant ceux qui font semblant de ne rien voir et de ne rien entendre, que les gabonais, de toutes appartenances, oui toutes; de toutes croyances ou sensibilités; qu'ils soient intellectuels, chercheurs, économistes, banquiers, journalistes, ingénieurs, commerçants, membres de professions libérales, artisans, ouvriers, étudiants et autres, reconnaitrons que notre pays souffre d'une gouvernance de quatre décennies, centrée sur le copinage, le favoritisme et le népotisme. Ne pas l'avouer serait se disqualifier de tout sérieux comme interlocuteur. Ce n'est pas parce que telle ou telle personne est du pouvoir ou de l'opposition que cette intransigeante vérité devrait être variable. On peut manger au râtelier d'Ali Bongo et reconnaitre que le pouvoir dont il a hérité est une caricature népotique. On peut avoir été premier ministre de Bongo père, comme Jean Eyeghe-Ndong, et reconnaitre comme le fit ce dernier que le régime Bongo laissait et laisse encore d'avantage à désirer. Ce que nous n'acceptons pas est que le régime rejette de manière systématique, ses propres tares et modus operandi, sur des innocents en disant que ceux qui refusent de plier sous le joug des Bongo, ne le font que par "reflexe identitaire". Ceci est d'une profonde fausseté et ne mesure pas les glissements que ce régime fait courir à la cohabitation sociale au Gabon.

1. Un pays qui baigne désormais dans un état de pourrissement et de décadence sociale entretenu par le régime depuis des décennies
Chers lecteurs, nous ne vous ferons pas l'insulte de vous énumérez les nombreuses preuves de la préférence ethnique quand il s'agit de nominations à des postes clés dans l'administration gabonaise, ce serait enfoncer des portes grandement ouvertes, et ce serait aussi une insulte à votre intelligence car nous savons tous ce qui se passe au Gabon et qui sont ceux qui peuvent nier cette réalité. Non, nous voulons aller plus loin dans le débat et prendre au mot les tenants du pouvoir en leur présentant une analyse qui invite à la réplique, s'ils en ont les moyens. Mais nous sommes confiants qu'ils préféreront se débiner comme d'habitude et demeurer très proche du terre à terre, leur jardin de prédilection. Nous voulons ici, rappeler aux uns et aux autres que le repli sur soi a été pratiqué sans retenue par le pouvoir Bongo et ce depuis 1967. Ceci est vrai dans les faits de nominations qui perdurent jusqu'aujourd'hui, et dans la philosophie de vie qui a vu certaines communautés développer à la longue des reflexes d'accusés tandis que d'autres développaient des reflexes d'assiégés. Le Gabon d'aujourd'hui n'est pas un accident, car la peur de l’autre qui a été véhiculée et encouragée, a conduit à un resserrement d’abord solitaire de la personne concernée, puis de ses proches, puis d'une frange de la population concernée, puis à des antagonismes qui naissaient entre groupes et communautés culturels. Les conséquences de ces progressions sont en train de conduire la société gabonaise toute entière à la division, voire à l’éclatement. Demandez aux gabonais quels est la situation entre les communautés Fang et Kota dans l'Ogooué-Ivindo? Ou encore entre Miène et non Miène dans l'Ogooué-Maritime ou le Moyen Ogooué? Le système de gouvernance Bongo avait voulu dresser des palissades ethniques permettant à chaque groupe de vivre une sorte de fièvre sécuritaire, craignant que le groupe d'en face lui arrache ses maigres privilèges. Dans ce contexte, plus on était replié sur soi, mieux on se sentait protégé. Au bout du compte, nous avons aujourd'hui au Gabon, des communautés ethniques qui ne sont plus que des citadelles assiégées vivant la perte ou le gain d'un poste de ministre ou de directeur comme révélateurs de l'attention ou du dédain du pouvoir. Ceci est vécu avec le plus grand plaisir par le prince qui y voit l'efficacité de sa politique du diviser pour mieux régner. Alors chers lecteurs, quand un tel pouvoir vient nous parler aujourd'hui du repli identitaire, il ya lieu de nous demander de qui se moque t-il?
1. Contraindre à tout prix les gabonais à se considérer comme ennemis
Pendant que le pouvoir encourageait et continue d'encourager les gabonais à se regarder en chien de faïence, il s'assurait et continue de s'assurer que cette population ne pourrait pas trop s'appesantir sur le fait qu'elle ploie sous le fardeau d’une situation économique et sociale de plus en plus précaire due à une gouvernance, pour le moins, médiocre et défaillante. En contraignant le gabonais à regarder son voisin comme l'ennemi, le pouvoir s'assure que ce compatriote ne se rendra pas compte que son quotidien soit constamment assombri par un pouvoir d’une immoralité écœurante, et dont le déficit de conscience n'offre aucune perspective d'avenir à la population. Si l'ennemi c'est le Punu, personne ne remarquera l'immigration qui galope jusqu'à s'installer à la présidence en lieu et place de nationaux purs-laines. Si l'ennemi c'est le Miène, mais qui prêtera encore attention au taux de chômage élevé qui compromet l'avenir de jeunes gabonais de générations en générations? Si la crainte du Fang génère une peur persistante et une psychose permanente, mais qui va se préoccuper de savoir où passent les revenus pétroliers? Chers lecteurs, l'histoire nous dit qu'au Gabon il y a eu des gens courageux et entreprenant. Dans des conditions de gouvernance habiles, ces gens auraient mérité de jouir de la tranquillité, de la sécurité, du développement, de la stabilité, de la confiance dans l’avenir et bénéficier d'une politique de planification pour de meilleurs lendemains, sans se soucier au premier chef, de qui était Punu, Fang etc. Mais le pouvoir Bongo en a voulu autrement. Le prix de sa longévité au pouvoir, fut un morcellement du pays en chefferies ou bantoustans politiques. Nous avons assisté à un partage du pouvoir où les forces armés, les régies financières et le pouvoir central avait un propriétaire; ou le milieu des affaires entre sociétés françaises et gabonaises avait son propriétaire etc. Dès lors, il devint légitime que ces propriétaires, l'appétit venant en mangeant, se soient repliés sur eux mêmes, cherchant par le truchement de la cohésion et l’unité ethnique, de préserver leurs acquis matériels, face à un ennemi polymorphe originaire d'ethnies voisines. De cette posture, sont donc nés des antagonismes profonds au sein de la société gabonaise. Nous pouvons dire aujourd'hui sans sourciller, que l’unité du pays est mise à mal. Nous nous demandons ce qui peut bien servir de ciment à l’unité nationale au Gabon; nous ne trouvons pas de réponse satisfaisante. Ne venez surtout pas nous répondre "la paix" comme tout bongoïste qui se respecte, car cette réponse est idiote, ne voulant absolument rien dire.

Chers lecteurs, par cette modeste analyse, nous avons voulu vous soumettre les raisons des antagonismes au sein de la société gabonaise. Nous pensons fermement que le Gabon n’intègre plus ses citoyens, que la société se referme dans la logique du morcellement et s’éloigne d’un état normal où les citoyens sont solidaires dans un projet commun et de ce projet émane une cohésion donnant corps à une nation. Nous mettons au défi quiconque d'argumenter le contraire.