Tuesday, January 31, 2012

BYE BYE, JEAN PING




AFRICA NEWS ROOM du 30/01/12 - SEYCHELLES -... by AFRICA24
An Excellent analysis of the AU situation on the TV Channel Africa 24
Une excellente analyse de la situation a l'UA sur la chaine Africa 24


English version


The African Union leadership vote led to an impasse with neither candidate able to garner the two third of the vote needed to be elected. While this result looks like a no win for either candidate, this blog is of the opinion that Gabon and Francophone Africa are the losers of this contest. Here is why:

1. Jean Ping was the incumbent
Jean Ping was standing for reelection. This was clearly a referendum on his leadership. He ran on his record and since he did not receive the needed two third of the vote, it can be concluded that his leadership of the African Union was rejected. Ping failed in his bid to win a second term as AU chair, quite an unusual situation since in most international organization, leaders are almost always reelected. This is therefore a personal failure for Ping, a national failure for Gabon and a regional failure for francophone Africa.

2. South-Africa succeeded in shifting the AU leadership from francophone to Anglophone
During the campaign, South African officials made no bones about their disdain for Ping and the rest of francophone Africa. Many South-African diplomats used the very undiplomatic epithet of "stooges" to qualify Ping and his francophone brethrens. For South-African diplomats, francophone Africa is a wasteland of cowards and shameful yes men Uncle-Tom type leaders totally beholden to France and the West. For these South-Africans, it is for African peoples to decide who their regimes and leaders are, given that Africans are not in Europe dictating the politics of Europeans and neither are they dictating how European economies should be run to the benefit of foreigners only. For Jacob Zuma, Thabo Mbeki and the ANC leadership, Jean Ping was just another of these francophone Uncle Tom stooge-leaders who had to be removed from that post and to that effect, South Africa succeeded. For the South African, the French ruling elite sees Africa as a resource hole, that is why they prefer for the stooges to pocket the crumbs while the resources are looted by French companies. The resources are stolen by France to power its industry. With stronger Anglophone Africans at the helm of African institutions, South Africa thinks that the influence of the west would be reduced.

3. South Africa wanted a regime change at the African Union
According to several news reports, the South-African delegation erupted in joy and danced, when, after the fourth round of the election during which Jean Ping was the only candidate, Ping failed to garner the required number of votes. To demonstrate their strength and determination to unseat Jean Ping, South-Africa inflicted to the francophone countries the ultimate humiliation. After the first 3 rounds of votes, neither of the two candidates was able to win outright. For the 4th round, the South-African candidate, Nkosazana Dlamini-Zuma, withdrew from the election, leaving Jean Ping to run unopposed. But even as the only candidate, Jean Ping failed to obtain the two-thirds majority vote required, which was a humiliating result for Francophone countries and for Ping. Several reports are reporting that when Nkosazana Dlamini-Zuma withdrew her candidacy, South-Africa asked its block of supporters to not vote for Ping. The result is that Ping still failed even when he was the only candidate and South Africa succeeded in imposing a regime change at the head of the AU.

4. Jean Ping cannot be candidate again in 6 months in Malawi
Under the AU rules, neither Jean Ping nor Nkosazana Dlamini-Zuma can be allowed to stand again for an election for President of the African Union commission. Thus, a new president will come out of the new election that will be held at the next summit, in Malawi in six months' times. For that election in 6 months, South-Africa will have all the cards in its hands; because it would be in Malawi, in the southern hemisphere and francophone countries will have a lot of trouble finding a new stooge who could be a consensus candidate against the person South Africa would designate.

It would be interesting to read and hear how the Gabonese government media would contort itself in the coming days in trying to explain away this utter failure of Gabonese diplomacy.



Version française


Le vote pour le leadership de l'Union africaine a débouché sur une impasse, aucun des deux candidats n'étant en mesure de recueillir les deux tiers des voix nécessaires pour être élu. Bien que ce résultat ressemble à un nul entre ces candidats, ce blog est d'avis que le Gabon et l'Afrique francophone sont les grands perdants de ce scrutin. Voici pourquoi:

1. Jean Ping était le titulaire du poste
Jean Ping se présentait à la réélection. Ce scrutin a été clairement un référendum sur son leadership. Il se présentait pour défendre son bilan et comme il n'a pas reçu les deux tiers des voix nécessaires, il peut être conclu que son bilan et leadership de l'Union africaine aient été rejetés. Ping a échoué dans sa tentative de remporter un second mandat en tant que président de l'UA, une situation inhabituelle dans la plupart des organisations internationales, puisque les dirigeants sortant se représentant sont presque toujours réélus. C'est donc un échec personnel pour Ping, un échec national pour le Gabon et un échec régional pour l'Afrique francophone.

2. Afrique du Sud a réussi à passer le leadership de l'UA à partir francophones à anglophones
Pendant la campagne, les responsables sud-africains n'ont pas caché leur dédain pour Ping et le reste de l'Afrique francophone. Beaucoup de diplomates sud-africains ont utilisé l'épithète très peu diplomatiques de «larbin» pour qualifier Ping et ses collègues leaders francophones. Pour les diplomates sud-africains, l'Afrique francophone est un réservoir d'hommes politiques lâches et honteux, des béni-oui-oui de type Oncle-Tom entièrement redevable à la France et l'Occident. Pour ces Africains du Sud, il est temps pour les peuples africains de décider qui, leurs régimes et les dirigeants seront; étant donné que les Africains ne sont pas en Europe à dicter la voie politique des Européens et ils n'y sont pas non plus, à dicter comment les économies européennes doivent être managées au bénéfice des seuls étrangers. Pour Jacob Zuma, Thabo Mbeki et les dirigeants de l'ANC, M. Jean Ping était juste un autre de ces francophones larbins, Oncle-Tom, de dirigeants qui devait être écarté de ce poste et à cette fin, l'Afrique du Sud a réussi. Pour l'Afrique du Sud, l'élite dirigeante française voit l'Afrique comme une niche de ressources, c'est pourquoi ils préfèrent que leurs faire-valoir empochent les miettes alors que les ressources sont pillées par des sociétés françaises. Les ressources sont soustraites par la France pour alimenter son industrie. Avec des Africains anglophones fort à la tête des institutions africaines, l'Afrique du Sud pense que l'influence de l'Occident serait réduite.

3. L'Afrique du Sud souhaitait un changement de régime à l'Union africaine
Selon les rapports de plusieurs agences d'information, la délégation sud-africaine a éclaté de joie et a dansé, quand, après le quatrième tour de l'élection au cours duquel Jean Ping était le seul candidat, ce dernier n'a pas recueilli le nombre requis de voix. Pour démontrer sa force et sa détermination à destituer Jean Ping, l'Afrique du Sud a infligé aux pays francophones une humiliation ultime. Après les 3 premiers tours de vote, aucun des deux candidats n'a été capable de gagner d'emblée. Pour le 4e tour, le candidat sud-africain, Nkosazana Dlamini-Zuma, s'est retiré de l'élection, laissant Jean Ping se presenter sans opposition. Mais même en tant que seul candidat, Jean Ping n'a pas pu obtenir la majorité des voix, les deux tiers requis, ce qui est un résultat humiliant pour les pays francophones et pour Ping. Plusieurs rapports font état du fait que lorsque Mme Nkosazana Dlamini-Zuma a retiré sa candidature, l'Afrique du Sud ait demandé à son bloc de partisans de ne pas voter pour Ping. Le résultat est que Ping, même quand il était le seul candidat, a échoué et l'Afrique du Sud a réussi à imposer un changement de régime à la tête de l'UA.

4. Jean Ping ne peut être candidat à nouveau dans six mois au Malawi
Selon les règles de l'UA, ni Jean Ping, ni Nkosazana Dlamini-Zuma, ne peuvent être autorisés à présenter à nouveau à une élection à la présidence de la Commission de l'Union africaine. Ainsi, un nouveau président va sortir de la nouvelle élection qui aura lieu lors du prochain sommet, au Malawi, dans six mois. Pour ces élections dans six mois, l'Afrique du Sud aura toutes les cartes entre ses mains, parce que le sommet se tiendra au Malawi, dans l'hémisphère sud et les pays francophones auront beaucoup de mal à trouver un nouveau larbin qui pourrait être un candidat consensuel contre la personne que l'Afrique du Sud aurait désignée.

Il serait intéressant de lire et d'entendre comment les médias gouvernementaux gabonais vont se contorsionner dans les prochains jours à essayer d'expliquer cet échec total de la diplomatie gabonaise.

Monday, January 30, 2012

URGENT: THE FIRST ROUND OF THE ELECTION FOR NEW PRESIDENT OF THE AFRICAN UNION COMMISSION ENDS IN A STALEMATE. URGENT: LA PREMIÈRE MANCHE DE L'ÉLECTION DU PRÉSIDENT DE LA COMMISSION DE L'UNION AFRICAINE S'ACHÈVE SUR UNE IMPASSE





English version


The news from Addis-Ababa, Ethiopia, indicates that African leaders failed to elect a new chairman of the African Union Commission. It appears that Gabon's Jean Ping, who was running for a second, failed to secure the required two-third majority to win another term. Ping's main challenger Nkosazana Dlamini Zuma, withdrew from the election after three rounds of a stalemate situation.

As a result of this stalemate, none of the two candidates emerged as a winner.

The AU Commission's deputy chair, Erastus Mwencha who is from Kenya, will take over from Ping until the next AU summit in about six months in Malawi, when a new vote by African leaders will vote again. Therefore, for all intent and purposes, Jean Ping is out as president for the time being.

This blog will post a more substantive analysis in the hours to come.




Version française


Les nouvelles en provenance d'Addis-Abeba, en Ethiopie, indiquent que les dirigeants africains n'ont pas réussi à élire un nouveau président de la Commission de l'Union Africaine. Il semble que le Gabonais, Jean Ping, qui était candidat à un deuxième mandat, n'ait pas obtenu la nécessaire majorité des deux tiers pour remporter ce nouveau mandat. Le principal challenger de Ping, Nkosazana Dlamini-Zuma, s'est retiré de l'élection après trois tours d'une situation de blocage.

En raison de cette impasse, aucun des deux candidats n'apparaît comme gagnant.

Le Vice-président de la Commission de l'UA, Erastus Mwencha, qui est originaire du Kenya, va prendre le relais de Ping jusqu'à ce qu'au prochain sommet de l'UA, dans environ six mois au Malawi,  lors d'un nouveau scrutin, les dirigeants africains vont à nouveau voter. Par conséquent, à toutes fins utiles, M. Jean Ping n'est plus président, pour le moment.

Ce blog proposera une analyse plus approfondie dans les heures à venir.

THE VIEW FROM SOUTH-AFRICA REGARDING THE ELECTION FOR PRESIDENT OF THE AFRICAN UNION. OPINIONS SUD-AFRICAINES AU SUJET DE L’ÉLECTION POUR LA PRÉSIDENCE DE L’UNION AFRICAINE






English Version

On Monday, 30 January 2012, the chairperson of the African Union (AU) Commission will be elected by the AU heads of state. South African Home Affairs Minister, Nkosazana Dlamini-Zuma is challenging the incumbent chairperson, Jean Ping, a former Gabonese foreign minister, who is standing for a second four year term of office. In this post, this blog is proposing the views and opinions of the South African media concerning this election. The audio of these documents is English only, and they allow for a better understanding of the motivations and expectations of the South African political establishment.


Version française

Le lundi 30 Janvier 2012, le président de la Commission de l'Union africaine (UA) sera élu par les chefs d'état de l'UA. Pour cette élection, le Ministre de l'Intérieur d’Afrique du Sud, Nkosazana Dlamini-Zuma, défie le titulaire du poste, M. Jean Ping, ancien ministre des Affaires étrangères du Gabon, qui voudrait obtenir un second mandat de quatre ans. Dans ce post, ce blog vous propose des points de vue et opinions des médias sud-africains au sujet de cette élection. L'audio de ces documents est en anglais seulement, et ils permettent une meilleure compréhension des motivations et des attentes de l'establishment politique sud-africain.

Sunday, January 29, 2012

WHY DOES SOUTH AFRICA WANT THE PRESIDENCY OF THE AFRICAN UNION? POURQUOI L’AFRIQUE DU SUD VEUT-ELLE LA PRÉSIDENCE DE L’UNION AFRICAINE ?


Nkosazana Dlamini-Zuma

Jean Ping



English Version

Thabo Mbeki, the former president of South Africa who remains a very influential political player in his country and beyond, has been recently in writing and in various speeches, expressing his discontent with all international institutions, including NATO and the UN, especially in the way they have dealt with Africa, which in Mr. Mbeki’s opinion, was done in a manner akin to an insidious attempt to re-colonize Africa. According to him, was happened in Abidjan and Tripoli was evidence that the very independence for which Africans have fought so hard and long to achieve, was being undermined. Thabo Mbeki cannot take over NATO or the UN, but his country is the strongest in Africa and he believes that with South Africa at the head of the African Union, things would be different and Africa would have more of a backbone. This is why one of his protégé, Nkosazana Dlamini-Zuma, the current Interior Minister of South Africa, is running to unseat the Gabonese Jean Ping from the AU presidency because Ping and Gabon are considered stooges of France and the West.
In a recent interview by Gabonese television, Jean Ping lamented as to why a big country like South Africa would want the presidency of the African Union. Mr. Ping was being disingenuous because he knows very well why South Africa is unhappy with him as president of the AU; it is because Ping has gone along with the schemes and agendas of the western powers and not necessarily the interest of Africa and Africans. The South African press has been very explicit about the belief by the South African political establishment, especially the ANC, that the so called international community has complete disregard for Africa's rights and would like to continue to determine who its leaders should be and who should control Africa. The South African government is of the opinion that Africa risks losing all the gains it has made and allow the West to reassert their control. To South Africa, people like Jean Ping are allowing this to happen because they are weak and dependent upon the west and cannot stand up for African interests when push comes to shove.
At the moment, South Africa is president of the United Nations Security Council and at a recent council meeting, Jacob Zuma took the UN to task for ignoring the African Union and doing as it pleases in Africa. For some time now, there have been serious disagreements between South Africa and the west. South Africa’s ruling ANC has explicitly warned that the West was creating the conditions in Africa in order to take over the region’s rich oil and mineral resources. Nkosazana Dlamini-Zuma is the former wife of President Jacob Zuma and she wants to take the place of Jean Ping. The 18th Ordinary Session of the Assembly of Heads of State and Government of the African Union is opening on Sunday in Ethiopia and one of the highlight of that session will be the election of the president. The battle between Dlamini-Zuma and Ping is being played behind the scenes but it is fierce. Nkosazana Dlamini-Zuma is a heavy weight of South African politics, having been in all governments since 1994. She was Minister of foreign affairs for ten years and is now Minister of the Interior. She has the official support of countries that make up the SADC (the Community of Southern African Development), although when voting every state is protected by the secrecy of the vote. The SADC comprises 15 member states which are: Angola, Botswana, Democratic Republic of Congo (DRC), Lesotho, Madagascar, Malawi, Mauritius, Mozambique, Namibia, Seychelles, South Africa, Swaziland, United Republic of Tanzania, Zambia and Zimbabwe. Jean Ping’s support resides principally in West African francophone countries. How countries from North Africa and Anglophone West Africa would react is going to determine the outcome of this election. Would Nigeria, Liberia, Sierra Leone, Gambia and Ghana vote for Ping or Dlamini-Zuma? That is the key to this election because if South Africa seems determined to put its full weight to allow Dlamini-Zuma’s election, The US and France are campaigning for Jean Ping.
Last year, South Africa openly clashed with then UN Security Council members, Gabon, Nigeria and Ethiopia, because they had recognized Libya’s National Transitional Council even as President Jacob Zuma was persuading the AU to delay recognition. It is therefore unlikely that Nigeria and Ethiopia would vote for the South African candidate, especially given their closeness to the US. But South Africa has a third of Africa’s GDP and has a lot of trade and economic arguments. South African International Relations Minister Maite Nkoana-Mashabane has said that her country is seeking the post to ensure the union plays a more forceful role in world politics and is run more effectively. This is evidence that the South African think that Ping is just a spineless figurehead who does whatever the west tells him to do.
This is not the first time South Africa has found itself at odds with Francophone Africa. Last year, South Africa also differed with French-speaking African countries, wanting the International Monetary Fund to be headed by an emerging-market candidate while francophone African countries supported France’s Christine Lagarde.
In any event, the vote will be close.


Version française

Thabo Mbeki, l'ancien président d'Afrique du Sud qui reste très influent politiquement dans son pays et au-delà, a récemment par écrit et dans différents discours, exprimé son mécontentement en ce qui concerne toutes les institutions internationales, notamment l'OTAN et l'ONU en particulier, dans la manière dont elles traitent avec l'Afrique, qui de l'avis de M. Mbeki, s’apparente à une tentative insidieuse de recoloniser l'Afrique. Selon lui, ce qui est arrivé à Abidjan et à Tripoli a été la preuve que l'indépendance même pour laquelle les Africains ont combattu si dur et qui a été longue à réaliser, serait en train d’être minée. Thabo Mbeki ne peut pas prendre la tête de l'OTAN ou l'ONU, mais son pays est le plus fort en Afrique et il croit qu’avec l'Afrique du Sud à la tête de l'Union africaine, les choses seraient différentes et l’Afrique serait plus en mesure de se faire respecter. C'est pourquoi l'une de ses protégées, Nkosazana Dlamini-Zuma, l'actuel ministre l'Intérieur de l'Afrique du Sud, est candidate pour déloger le Gabonais Jean Ping de la présidence de l'UA, car Ping et le Gabon sont considérés comme comparses de la France et de l'Occident.

Dans une récente interview à la télévision gabonaise, Jean Ping a déploré pourquoi un grand pays comme l'Afrique du Sud voudrait de la présidence de l'Union africaine. M. Ping a été malhonnête, car il sait très bien pourquoi l'Afrique du Sud n’est pas satisfaite avec lui comme président de l'UA; c'est parce que Ping a été d'accord avec les directives et les agendas des puissances occidentales et pas nécessairement dans l'intérêt de l'Afrique et des Africains. La presse sud-africaine a été très explicite sur le sentiment par l'establishment politique sud-africain, en particulier l'ANC, que la soi-disant communauté internationale ait un mépris total des droits de l'Afrique et souhaiterait de continuer à déterminer qui sont ses dirigeants et qui devraient contrôler l’Afrique. Le gouvernement sud-africain est d'avis que l'Afrique risque de perdre tous les gains qu'elle a réalisé et de permettre à l'occident de réaffirmer son contrôle. Pour l'Afrique du Sud, des gens comme Jean Ping permettent que cela se produise, parce qu'ils sont faibles et dépendent de l'occident et ne peuvent pas défendre les intérêts africains quand les choses se corsent.

À l'heure actuelle, l'Afrique du Sud est le président du Conseil de sécurité des Nations Unies et lors d’une récente réunion du conseil, Jacob Zuma a pris l'ONU à parti pour avoir ignoré l'Union Africaine et de faire comme il lui plaît en Afrique. Depuis quelque temps, il y a de sérieux désaccords entre l'Afrique du Sud et de l'occident. Les dirigeants de l'ANC en Afrique du Sud ont explicitement averti que l'occident était en train de créer les conditions en Afrique lui permettant de prendre les richesses pétrolières et les ressources minérales de la région. Nkosazana Dlamini-Zuma, est l'ex-épouse du président Jacob Zuma et elle veut prendre la place de Jean Ping. La 18ème session ordinaire de l'Assemblée des Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine s’ouvre ce dimanche en Ethiopie et l'un des temps fort de cette session sera l'élection du président. La bataille entre Dlamini-Zuma, et Ping se joue dans les coulisses, mais elle est féroce. Nkosazana Dlamini-Zuma, est un poids lourd de la politique sud-africaine, ayant été dans tous les gouvernements depuis 1994. Elle a été Ministre des affaires étrangères pendant dix ans et est maintenant Ministre de l'Intérieur. Elle a le soutien officiel des pays qui composent la SADC (Communauté de Développement d'Afrique Australe), bien que lors du vote, chaque état soit protégé par le secret du scrutin. La SADC comprend 15 états membres qui sont: Angola, Botswana, République démocratique du Congo (RDC), le Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Afrique du Sud, Swaziland, République-Unie de Tanzanie, Zambie et Zimbabwe. Les soutiens de Jean Ping viennent principalement des pays francophones ouest-africains. Comment les pays d'Afrique du Nord et d’Afrique de l'Ouest anglophone réagiront, va déterminer le résultat de cette élection. Le Nigeria, le Liberia, la Sierra-Leone, la Gambie et le Ghana voteront-ils Ping ou Dlamini-Zuma? C'est la clé de cette élection parce que si l'Afrique du Sud semble déterminée à mettre tout son poids à contribution pour permettre l'élection de Dlamini-Zuma, Les Etats-Unis et la France font campagne pour Jean Ping.

L’année écoulée, l'Afrique du Sud a été ouvertement en conflit avec des membres du Conseil de sécurité de l'ONU d'alors, le Gabon, le Nigeria et l'Ethiopie ; parce qu'ils avaient reconnu le Conseil National de Transition libyen, alors même que le président Jacob Zuma avait persuadé l'UA de retarder la reconnaissance du CNT. Il est donc peu probable que le Nigeria et l'Ethiopie voteraient pour le candidat sud-africain, surtout étant donné leur proximité avec les États-Unis. Mais l'Afrique du Sud qui a un tiers du PIB de l'Afrique, a beaucoup d'arguments commerciaux et économiques à faire valoir. Le Ministre sud-africain des Relations Internationales, Maite Nkoana-Mashabane, a déclaré que son pays voulait ce poste pour assurer que l'UA joue un rôle plus déterminant dans la politique mondiale et soit géré de manière plus efficace. C'est la preuve que l'Afrique du Sud pense que Ping est juste un figurant qui fait tout ce que l'occident lui dicte.

Ce n'est pas la première fois que l’Afrique du Sud se retrouve en contradiction avec l'Afrique francophone. L'année dernière, l'Afrique du Sud différaient aussi des pays africains d’expression française des pays africains, quand elle voulut que le Fonds Monétaire International soit dirigé par un candidat des marchés émergents, tandis que les pays africains francophones soutenaient la France et Christine Lagarde.
En tout cas, le vote sera serré.

Saturday, January 28, 2012

A STATEMENT FROM UPG-NORTH AMERICA REGARDING THE GABONESE FOOTBALL TEAM. UN COMMUNIQUÉ DE L’UPG-AMÉRIQUE DU NORD AU SUJET DE L’ÉQUIPE GABONAISE DE FOOTBALL





English version




The North American branch of the party “Union du Peuple Gabonais” (UPG), has issued on Saturday the following statement:



Congratulations to our brothers, little brothers, nephews and children playing for the Panthers. The government has not given you the training, or given you the means to be who you are. You are the product of your own efforts. All of Gabon recognizes your success and encourages you. Do not be indebted to Ali Bongo who is using you and the CAN competition to recover polically, after mishandling the preparation of this CAN. To all Gabonese, your participation and passion at the stadium to support the Panthers are instructive. I believe in your ability to mobilize. The day comes when you should use that passion to do battle with Ali Bongo and the PDG and release Gabon from a half century of dictatorship and looting of our country.



You must also be aware that CAN2012 will end in a few days, the realities of daily life will always be there and the same type and system with which you watch the matches are the ones responsible for the precarious state of our country. Do not have qualms about Ali Bongo-PDG in the name of the CAN2012, even if Gabon wins it. We need this mobilization and passion to release Gabon from the grip of the system Ali Bongo-PDG. To win an African Cup of nations is an honor for a country, but to free his country from a dictatorship is to give rights and dignity to the lives of the people.



Think of your children and the future of our families, think of our country.


André Bouassa




Version française



La branche nord-américaine du parti «Union du Peuple Gabonais" (UPG), a publié samedi la déclaration suivante:


Félicitations à nos frères, petits frères, neveux et enfants les joueurs des panthères. Le gouvernement ne vous a pas formé ou donné les moyens pour être ce que vous êtes. Vous êtes le produit de vos efforts. Le Gabon reconnaît votre réussite et vous encourage. Ne soyez pas redevable à Ali Bongo qui fait de vous et la CAN une récupération politique après avoir mal geré la préparation de cette CAN. Gabonais, votre participation et votre passion au stade pour supporter les panthères sont édifiantes. Je crois à votre capacité de mobilisation. Le jour vient où cette passion vous prendra pour en découdre avec Ali Bongo-PDG et libérer le Gabon d'un demi-siècle de dictature et de pillage de notre pays.



Vous devez être seulement conscients que le CAN prendra fin dans quelques jours, les réalités de la vie quotidienne seront toujours là et le même type et son système avec qui vous suivez les matches sont ceux qui sont à l'origine de l'état précaire de notre pays. N'ayez pas d'état d’âmes envers Ali Bongo-PDG sous prétexte de la CAN, même si le Gabon l'empoterait. Nous avons besoin de cette mobilisation et cette passion pour libérer le Gabon de l'emprise du système Ali Bongo-PDG. Gagner une coupe d'Afrique est un honneur pour un pays, libérer son pays d'une dictature est donner une dignité des droits et une vie à un peuple.



Pensez à vos enfants et à l'avenir de nos familles, pensons à notre pays.


André Bouassa

THE FREEDOM HOUSE POLITICAL OBSERVATORY RECENT REPORT SHOWS THAT FRANCOPHONE AFRICA HAS AN ENORMOUS FREEDOM DEFICIT. L’OBSERVATOIRE POLITIQUE «FREEDON HOUSE», DANS SON RÉCENT RAPPORT, DÉMONTRE QUE L’AFRIQUE FRANCOPHONE Á UN ÉNORME DÉFICIT DE LIBERTÉ




English version

The Freedom House political observatory is an NGO (non-governmental organization) publishes an annual global survey of political rights and civil liberties. This survey examines the ability of various populations to exercise their political and civil rights in 195 countries and 14 territories around the world. The latest edition of the survey was just published and analyzes the global situation by the end of 2011. This survey assigns each country and territory a status of Free, Partly Free, or Not Free based on a scoring of their performance on key democracy indicators.

As you can see on the map above, Freedom House represents the countries that are free by the color green, those that are partly free by the color yellow and the not free by the color purple. Freedom House in their report, provides the following criteria:

1. Free Country: where there is open political competition, a climate of respect for civil liberties, significant independent civic life, and independent media.

2. Partly Free Country: where there is limited respect for political rights and civil liberties. Partly Free states frequently suffer from an environment of corruption, weak rule of law, ethnic and religious strife, and a political landscape in which a single party enjoys dominance despite a certain degree of pluralism.

3. Not Free Country: where basic political rights are absent, and basic civil liberties are widely and systematically denied.

As you can understand by this methodology, Gabon is unsurprisingly a purple country, a not free country. If we consider only sub-Saharan Africa, we find that there are 6 “Free Countries”: South Africa, Botswana, Namibia, Benin, Ghana and Mali. There are 4 Anglophone countries compared to only 2 francophone, in this category. There are half as many francophone countries that are free than francophone.
Sub Saharan Africa has 16 partly free countries. Of these, 10 are Anglophone, 5 are Francophone and 1 is Portuguese speaking (Mozambique). Once again, there are half as many partly free Francophone countries as there are Anglophone.
For not free countries, sub Saharan Africa has a total of 17 countries. Of these, 8 are Francophone, 7 are Anglophones and 1 is Portuguese speaking (Angola) and 1 is Spanish speaking (Equatorial Guinea).

The deficit of liberties in francophone Africa is very clear. The Freedom House report confirms what we already anticipated.

Version française

 
La Freedom House est une ONG (organisation non gouvernementale) qui est un observatoire politique et qui publie une étude annuelle mondiale des droits politiques et libertés civiles. Cette étude examine la capacité des différentes populations à exercer leurs droits politiques et civils dans 195 pays et 14 territoires à travers le monde. La dernière édition de l'enquête vient d'être publiée et elle analyse la situation mondiale telle quelle s’est présentée à la fin de 2011. Cette enquête attribue à chaque pays et territoire le statut soit de libre, partiellement libre ou non libre, sur la base d’une notation de leur performance concernant des indicateurs de démocratie clés.

Comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessus, Freedom House représente les pays qui sont libres par la couleur verte, ceux qui sont partiellement libres par la couleur jaune et les non libres par la couleur violette. Freedom House dans son rapport, fournit les critères suivants:

1. Pays libres: où il y a compétition politique ouverte, un climat de respect des libertés civiles, une vie civique significative et libre et des médias indépendants.

2. Pays en partie libres: où il y a un respect limité pour les droits politiques et libertés civiles. Les états partiellement libres souffrent fréquemment d'un environnement de corruption, faible état de droit, de conflits ethniques et religieux et un paysage politique dans lequel un seul parti est dominant, malgré un certain degré de pluralisme.

3. Pays non libres: où les droits politiques fondamentaux sont absents et les libertés civiles sont largement et systématiquement refusées.

Comme vous pouvez le comprendre par cette méthodologie, sans surprise le Gabon est un pays violet, un pays qui n'est pas libre. Si nous considérons seulement l’Afrique subsaharienne, on constate qu'il y a 6 "Pays libres": l'Afrique du Sud, le Botswana, la Namibie, le Bénin, le Ghana et le Mali. Il y a 4 pays anglophones, comparativement à seulement 2 francophones, dans cette catégorie. Il y a deux fois moins de francophones qui sont libres que de pays anglophones.
L’Afrique sub-saharienne compte 16 pays partiellement libres. Parmi eux, 10 sont anglophones, 5 sont francophones et 1 est lusophone (Mozambique). Une fois encore, on voit que les pays francophones ne se dénombrent qu’à moitié du nombre de pays anglophones dans cette catégorie.
Pour les pays non libres, l’Afrique sub-saharienne compte un total de 17 pays. Parmi eux, 8 sont francophones, 7 anglophones et 1 est lusophone (Angola) et 1 est hispanophone (Guinée-équatoriale).

Le déficit des libertés dans l'Afrique francophone est très clair. L’étude de Freedom House confirme ce dont nous nous doutions déjà.

Friday, January 27, 2012

ANSWER TO A READER ASKING US IF THIS BLOG IS WELL READ IN GABON. RÉPONSE Á UN LECTEUR QUI DEMANDE SI CE BLOG EST TRÈS LU AU GABON





English version

One of our readers, surely a friend of this blog, wrote to encourage the work this blog is doing, but he was interested in finding out whether enough people were able to read the content of this blog from Gabon. As a response, this blog wanted to reassure this reader and all others who may have the same question, by sharing with everybody the statistics of this blog.

The map above represents a world distribution of this blog audience and is provided to us in real time by our host Google. Countries colored in green are the ones where there are most of the readers and the darker the color green for a country; the more people read this blog from that country. Looking at this map, it can be easily seen that most of this blog readers come from France. However, Gabon is the second country from which this blog received the most readers. Below are the statistical numbers of visits per country for the day of Thursday, 26 January 2012. As you can see, France generated almost 5000 visitors, while Gabon had almost 3000. It is our opinion that given the fact that not every Gabonese person has access to the internet, our statistics from Gabon are actually very good and encouraging and demonstrate that many people locally are interested in what this blog publishes. There are other countries on the list but we did not publish any statistics below 100 readers. For example we got 86 visits from South Africa.


We hope to have answered satisfactorily those of you who wanted to gage how many readers could visit on a daily basis from Gabon, or the distribution of readership around the world. This blog wishes that more people could read its content from Gabon, but for the time being we are encouraged with where we are and we are encouraging all readers to continue to fight for freedom and equality and never give up.

Thank you!


Version française

Un de nos lecteurs, manifestement un ami de ce blog, a écrit pour encourager le travail que fait ce blog, mais il était aussi intéressé de savoir si suffisamment de gens lisaient le contenu de ce blog à partir du Gabon. Comme réponse, ce blog a tenu à rassurer ce lecteur et tous les autres qui peuvent se poser la même question, en partageant avec tout le monde les statistiques du blog.

La carte ci-dessus représente une distribution mondiale de l’audience de ce blog et elle nous est fournie en temps réel par notre hôte, Google. Les pays en vert sont ceux où il y a la plupart des lecteurs et plus la coloration verte est sombre pour un pays, plus il y a de gens qui lisent ce blog à partir de ce pays. En regardant cette carte, on peut facilement s’apercevoir que la plupart des lecteurs de ce blog viennent de France. Cependant, le Gabon est le deuxième pays à partir duquel ce blog reçoit le plus de lecteurs. Voici ci-dessous, les chiffres statistiques de visites par pays pour la journée du jeudi 26 Janvier 2012. Comme vous pouvez le voir, la France a généré près de 5000 visiteurs, tandis que le Gabon en a eu presque 3000. Il est de notre avis que compte tenu du fait que les gabonais n’ont pas un accès facile à l'internet, nos statistiques du Gabon sont effectivement très bonnes et encourageantes et montrent que beaucoup de gens localement sont intéressés par ce que ce blog publie. Il y a d'autres pays sur la liste mais nous n'avons pas publié les statistiques en dessous de 100 lecteurs par pays. Par exemple nous avons eu 86 visites en Afrique du Sud.


Nous espérons avoir répondu de façon satisfaisante à ceux d'entre vous qui voulaient jauger combien de lecteurs pouvaient consulter ce blog sur une base quotidienne à partir du Gabon, ou la distribution du lectorat dans le monde. Ce blog souhaiterait que davantage de gens puissent lire son contenu depuis le Gabon, mais pour le moment, nous sommes encouragés par là où nous sommes et nous exhortons tous les lecteurs de continuer à lutter pour la liberté et l'égalité et de ne jamais abandonner.

Merci !

Thursday, January 26, 2012

IF THE GABONESE PEOPLE WANT TO KNOW WHAT REAL PATRIOTISM IS, THEY COULD LOOK TO EGYPT. SI LES GABONAIS VEULENT SAVOIR CE QU'EST LE VÉRITABLE PATRIOTISME, ILS POURRAIENT REGARDER VERS L'ÉGYPTE


Egyptians jubilate for having topple their dictator
Les égyptiens jubilent pour avoir fait tomber leur dictateur



Gabonese jubilate for beating Niger in football
Les gabonais jubilent pour avoir battu le Niger au football





English version


While the Gabonese people are being asked by a de facto monarchy to dance in the street because they have beaten Niger, to the north of the continent, away from CAN 2012, the Egyptian people are slowly building strong foundations for a true and lasting democracy. While Gabon is a country of only about one million people, Egypt is a large, mostly Arab, mostly Muslim country of about 80 million people, making it the third-largest in Africa. Gabon has been ruled since 1967 by Omar Bongo (until 2009) and his son (until now), while Egypt was ruled by Hosni Mubarak from 1981 until February 2011.

During Mubarak's rule, Egyptians won the African Cup of Nations of football 5 times (86, 98, 2006, 2008 and 2010), while Gabon has won nothing in 44 years of Bongocracy.

During Mubarak's rule, Egyptians won 3 Nobel prizes, with Mohamed El Baradei in 2005, Naguib Mahfouz in 1988 and Ahmed Zewail in 1999. In 44 years of Bongocracy, Gabonese intellectuals have not had the opportunity to showcase their talents.

Egypt has world universities as proven in the 2011 Academic Ranking of World Universities (ARWU). While Harvard University is the world number 1, Cairo University makes the list and among a ranking of African universities, the first 7 are South African Universities, but Cairo University is number 8 and 3 more are in the top 20. There is no Gabonese university in the African top 100. Just to compare, the Cheik Anta Diop University of Senegal is 17th while University of Ouagadougou is 63.

Contrary to Gabon after 44 years of Bongocracy, Egypt under Mubarak boasted a broad, world-class infrastructure base; an independent mobile phone networks covering 100% of the country; wire line broadband readily available in urban centers; 15 commercial ports; an expanding airport network catering to a very heavy traffic and reliable supplies of electricity, water and natural gas.

Given these comparisons between Egypt and Gabon, one may ask why the Egyptian people have risen against Mubarak while the Gabonese people are still asleep. The answer is painful to admit, but must be said aloud. It is because the Egyptian people are more mature and use their brains to assess their conditions and come up with their own internal remedies. Despite all of Egypt's achievements, its people decided that it did not want to continue to live under an autocratic ruler and a series of despotic governments. It no longer wanted its economic progress to be hampered by high levels of corruption and its prospect for a better life only be met with grinding poverty. Having come to that collective realization and inspired by the Tunisian revolt, tens of thousands of protesters took to the streets in Cairo. The Egyptian people were not satisfied with the lack of political freedom, because they have a great sense of their possibilities as they compare themselves to the great civilisations of the world and would like to see themselves in the same league as western nations. In Gabon however, people are being told that as long as you have a little flag and the hope that "someday" Ali Bongo will transform the country into an emerging nation, everything is well in the country and anybody who thinks anything else is just jealous and resentful and dangerous for national unity.

Gabon is much richer per capita than Egypt, yet the Gabonese people are significantly poorer that the Egyptians people. But it is the people of Egypt who exhibited true patriotism by deciding to end tyranny and oppression under a dictator whose right to rule was predicated on an all encompassing police state. In Gabon, some people are doing their best to bring about change, but others would prefer to watch football games while their country is being pillaged by the Bongos and their friends and families. When would the Gabonese people understand that true patriotism should manifest itself with the desire of the population to put an end to the rule of the liars and purveyors of misery in Gabon?

So goes patriotism in Gabon




Version française


Alors qu'une de facto monarchie demande au peuple gabonais de danser dans la rue pour avoir battu le Niger, au nord du continent, loin de la CAN 2012, le peuple égyptien est lentement en train d'établir de solides fondations pour la mise en place d'une démocratie véritable et durable. Alors que le Gabon est peuplé de seulement environ un million de personnes, l'Egypte est un grand pays, peuplé 80 millions d'habitants, en majorité arabes et musulmans, ce qui en fait le troisième pays le plus peuplé d'Afrique. Le Gabon a été gouverné depuis 1967 par Omar Bongo (jusqu'en 2009) et son fils (jusqu'à maintenant), tandis que l'Egypte a été gouvernée par Hosni Moubarak de 1981 jusqu'en Février 2011.

Pendant le règne de Moubarak, les Egyptiens ont remporté la Coupe d'Afrique des nations de football 5 fois (86, 98, 2006, 2008 et 2010), tandis que le Gabon a rien gagné en 44 ans de Bongocratie.

Pendant le règne de Moubarak, les Egyptiens a remporté 3 prix Nobel, avec Mohamed El Baradei en 2005, Naguib Mahfouz en 1988 et Ahmed Zewail en 1999. En 44 ans de Bongocratie, les intellectuels gabonais n'ont pas eu l'occasion de démontrer leurs talents.

L'Egypte a des universités de reputation mondiale, comme le prouve le classement 2011 des Universités du Monde (ARWU). Alors que l'Université de Harvard est le numéro 1 mondial, l'Université du Caire est sur la liste et dans le classement des universités africaines, si les 7 premières sont les universités d'Afrique du Sud, l'Université du Caire est huitième et 3 autres sont dans le top 20. Il n'y a pas d'université gabonaise dans le top 100 des institutions africaines. Juste pour comparer, l'Université Cheik Anta Diop du Sénégal est 17ème tandis que l'Université de Ouagadougou occupe la 63ème place.

Contrairement au Gabon après 44 ans de Bongocratie, l'Egypte sous Moubarak pouvait se vanter de posséder une gamme d'infrastructures de classe mondiale; un réseau indépendant de téléphonie mobile couvrant 100% du pays; l'internet à haut débit disponible dans les centres urbains; 15 ports commerciaux, un réseau d'aéroports servant un important trafic aérien et un approvisionnement fiable en électricité, en eau et en gaz naturel.

Compte tenu de ces comparaisons entre l'Egypte et le Gabon, on peut se demander pourquoi le peuple égyptien s'est soulevé contre Moubarak tandis que le peuple gabonais reste encore endormi. La réponse est douloureuse à admettre, mais elle doit être dite à haute voix. C'est parce que le peuple égyptien est plus mature et utilise son cerveau pour évaluer ses conditions et trouver ses propres voies de recours internes. Malgré tous les lauriers de l'Egypte, son peuple a décidé qu'il ne voulait pas continuer à vivre sous un régime autocratique et sous une série de gouvernements despotiques. Il ne voulait plus que ses progrès économiques soient entravés par des niveaux élevés de corruption et que ses perspectives pour une vie meilleure ne rencontrent que la misère. Étant arrivés à cette prise de conscience collective et inspirés par la révolte tunisienne, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues du Caire. Le peuple égyptien ne s'est pas satisfait du manque de liberté individuelle parce qu'il a un grand sens de ses possibilités, car il se compare aux grandes civilisations du monde et aimerait se voir dans la même ligue que les peuples occidentaux. Au Gabon, cependant, les gens se font dire que tant que vous avez un petit drapeau et l'espoir qu'un jour Ali Bongo va transformer le pays en une nation émergente, tout est bon dans le pays et toute personne qui pense le contraire est juste jalouse, pleine de ressentiment et dangereuse pour l'unité nationale.

Le Gabon est beaucoup plus riche par été d'habitant que l'Egypte, et pourtant le peuple gabonais est nettement plus pauvre que le peuple égyptien. Mais c'est le peuple égyptien qui a exposé le vrai patriotisme en décidant de mettre fin à la tyrannie et l'oppression sous un dictateur dont le règne était fondé sur un état policier. Au Gabon, certaines personnes font de leur mieux pour apporter des changements, mais d'autres préfèrent regarder les matchs de football alors que leur pays est pillé par les Bongos, leurs amis et familles. Quand le peuple gabonais comprendra t-il que le vrai patriotisme doit se manifester par le désir de la population de mettre fin au règne du mensonge et des pourvoyeurs de la misère au Gabon?

Ainsi va le patriotisme au Gabon

Wednesday, January 25, 2012

OUR ANSWER TO THESE READERS TAUNTING US ABOUT THE GABON VICTORY AGAINST NIGER AT THE CAN 2012. NOTRE RÉPONSE Á CES LECTEURS QUI NOUS NARGUENT Á PROPOS DE LA VICTOIRE DU GABON FACE AU NIGER LORS DE LA CAN 2012





English version


Following the victory of Gabon against Niger on Monday in Libreville, this blog received numerous taunting messages from some Gabonese who essentially were calling this blog stance of not approving of this CAN, an unpatriotic act unworthy of a true Gabonese person. Here is this blog response to these people.

The etymological meaning of the word patriotism is: love for one's ancestry, culture or homeland. It is derived from the Greek kputrios (of one's fathers) or patris (one's fatherland). Most good dictionaries define a "patriot" as: "one who disinterestedly or self-sacrificingly exerts himself to promote the well-being of his country." A patriot is therefore: "one who maintains and defends his country's freedom or rights." Originally, the term meant one who supported the rights of "country" or "land" against the King and his court. In other words, a patriot stood for the rights of the people and was opposed to tyrannical. Thus, true patriotism is the impulse to defend one's land, country or way of life against unjust oppression. This blog would submit to all who have sent taunt messages that it adheres completely to the original meaning of "patriotism" and not the perverted and debased one that is being used by the Ali Bongo regime in Gabon.

This blog completely rejects the false patriotism that is artificially created to serve the needs of the monarchy in Gabon. A patriotism maintained through a network of lies and falsehoods disseminated using government medias. A form of patriotism that is encouraged by a regime that has robbed the average Gabonese of his dignity and his self-respect. This blog does not fault these readers who are confused about patriotism because they don't know any better. But to them, this blog would like to reiterate that patriotism means to stand by the country. IT DOES NOT MEAN to stand by a President or a king or a ruling family. This blog understands why some Gabonese may be confused because it is difficult to make the difference between the country and the Bongos. When people are celebrating Gabon victory at the CAN 2012, they may be feeling like they are being "patriotic", but in reality this is pseudo-patriotism because these poor people who were transported by bus to the stadium for the glorification of Ali Bongo, are in fact cheering against their own self interests. How can the Gabonese people be happy and cheering when it was just announce on Tuesday that the sport complex of Nzeng-Ayong, built with Gabonese taxpayers money, has just been given to Samuel Eto'o for his football center? Samuel Eto'o himself declared the following: "I did not spend anything; the facility was given to me by my brother Ali Bongo". How can the Gabonese people be happy and tolerate this kind of nonsense? How can the Gabonese people accept to have their money used to subsidize a billionaire like Eto'o?

A true patriot is someone who opposes the policies or decision of a President and other leaders, which do not meet the democratic standards or those of good governance. Given the way elections are conducted in Gabon and the state of justice and fairness in the way the country is managed, there is very little for the Gabonese public to cheer about. True patriots are people who genuinely want a more just and equitable society in Gabon. Given that Ali Bongo can just donate a public complex to his "friend" Samuel Eto'o, without the consent of the people, no one in their right mind should cheer anything. Moreover, while all of this is happening, women are still giving birth on the floor at the main hospital in Libreville; the main university is closed because students have not received their scholarships for 7 months and various administrative services are either on strike on about to go on strike. Going to the stadium, wearing the national colors as dictated by the regime and harboring the Gabonese flag, is not patriotism. To those who think that they were being patriotic by going to the stadium, this blog says that unfortunately your patriotism is not worth much. This blog is certainly not suggesting that flags, songs and national colors are wrong or silly. Not at all, but they are superficial. Real patriotism runs deeper. Real patriotism is not idolatry to an individual. Any form of patriotism that glorifies an individual puts itself at the service of demagogues and tyrants but serves no one else.

Those who taunt us must understand that disguised as patriotism and love of one's country, their CAN 2012 is just a vehicle to drive the Gabonese people further into the abyss of the unreason and a mass psychology exercise to make a variety of horrors seem acceptable to the people. Ali Bongo can do as he pleases, after all the people have their CAN 2012, their perfect opiate. Their sensory needs are fulfilled and therefore those who run the country can plunder it to the bones, no one would even know because they are all at the stadium, waiving the flag and singing "patriotic" songs. Patriotism is not loyalty to whichever regime controls power in the country, but is rather loyalty to the "homeland," or "nation".


So goes patriotism in Gabon




Version française


Après la victoire du Gabon contre le Niger, Lundi à Libreville, ce blog a reçu de nombreux messages de railleries de certains gabonais qui se résumaient essentiellement à appeler l'attitude de ce blog de ne pas approuver cette CAN, un acte antipatriotique indigne de vrais gabonais. Voici la réponse de ce blog à ces compatriotes.

Le sens étymologique du mot patriotisme est le suivant: l'amour pour l'ascendance, la culture ou la patrie. Il est dérivé du grec kputrios (de ses pères) ou Patris (sa patrie). La plupart des bons dictionnaires définissent un bon «patriote» comme: «celui qui de manière désintéressée ou par abnégation, s'exerce lui-même pour promouvoir le bien-être de son pays." Un patriote est donc: «celui qui maintient et défend la liberté et les droits dans son pays." A l'origine, le terme signifiait quelqu'un qui soutenait les droits du «pays» ou de ses «terres» contre le roi et sa cour. En d'autres termes, un patriote était pour les droits du peuple et était opposé à la tyrannie. Ainsi, le vrai patriotisme est l'impulsion à défendre sa terre, son pays ou son mode de vie contre l'injuste oppression. Ce blog voudrait affirmer à tous ceux qui ont envoyé des messages narquois, qu'il adhère complètement au sens originel du mot «patriotisme» et non à celui perverti et avili qui est d'usage par le régime Ali Bongo au Gabon.

Ce blog rejette complètement le faux patriotisme qui est artificiellement créé pour servir les besoins de la monarchie au Gabon. Un patriotisme maintenu grâce à un réseau mensonger diffusé par l'entremise des médias gouvernementaux. Une forme de patriotisme qui est encouragée par un régime qui a dénué le gabonais moyen de sa dignité et son respect de soi. Ce blog sait que ce n'est pas la faute de ces lecteurs s'ils sont confus au sujet du patriotisme, car ils n'en savent pas mieux. Mais pour leur bénéfice, ce blog tient à réitérer une fois pour toute que le patriotisme signifie soutenir son pays. IL NE SIGNIFIE PAS soutenir un président ou un roi ou encore une famille régnante. Ce blog comprend pourquoi certains gabonais peuvent être confondus, car il est difficile dans le Gabon actuel de faire la différence entre le pays et les Bongos. Quand les gens fêtent la victoire du Gabon à la CAN 2012, ils peuvent se sentir «patriotes»; mais en réalité ce n'est que du pseudo-patriotisme, car ces pauvres gens qui ont été transportés par bus vers le stade pour la glorification d'Ali Bongo, sont en fait en train de jubiler contre leurs propres intérêts. Comment le peuple gabonais peut-il être heureux et applaudir quand il vient juste d'être annoncé ce mardi que le complexe sportif de Nzeng-Ayong, construit avec l'argent des contribuables gabonais, a été donné à Samuel Eto'o pour son centre de formation de football? Samuel Eto'o y est même allé de la déclaration suivante: «Je n'ai rien dépensé; l'installation m'a été donnée par mon frère Ali Bongo". Comment le peuple gabonais peut-il être heureux et tolérer ce genre d'absurdité? Comment le peuple gabonais peut accepter de voir son argent utilisé pour subventionner un milliardaire comme Eto'o?

Un vrai patriote est quelqu'un qui s'oppose à la politique ou aux décisions d'un président et d'autres dirigeants, qui ne répondent pas aux normes démocratiques ou celles de bonne gouvernance. Vu la façon dont les élections se déroulent au Gabon, l'état de justice et d'équité dans la façon dont le pays est géré, il y a très peu de raisons pour le public gabonais de se réjouir. Les vrais patriotes sont ceux qui veulent véritablement une société plus juste et équitable au Gabon. Étant donné qu'Ali Bongo peut comme cela attribuer un complexe public à son «ami» Samuel Eto'o, sans le consentement du peuple, aucune personne sensée ne devrait encourager cela. En outre, pendant que tout cela se passe, les femmes en sont encore à donner naissance à même le sol à l'hôpital général de Libreville, la principale université est fermée parce que les étudiants n'ont pas reçu leurs bourses depuis 7 mois et divers services administratifs sont soit en grève, soit sur le point de se mettre en grève. D'aller au stade, de porter les couleurs nationales comme dicté par le régime et arborer le drapeau gabonais, n'est pas du patriotisme. Pour ceux qui pensent avoir démontré du patriotisme en allant au stade, ce blog dit que malheureusement, votre patriotisme ne vaut pas cher. Ce blog n'est certainement pas en train de suggérer que le drapeau, les chants et les couleurs nationales soient ridicules ou stupides. Pas du tout, mais ils sont superficiels. Le vrai patriotisme est plus profond. Le vrai patriotisme n'est pas l'idolâtrie à un individu. Toute forme de patriotisme qui glorifie l'individu se met au service des démagogues et des tyrans, et ne sert à rien d'autre.

Ceux qui nous pensent narguer ce blog doivent comprendre que, déguisé en patriotisme et en amour de la patrie, leur CAN 2012 est juste un véhicule pour conduire le peuple gabonais encore plus dans l'abîme de la déraison et un exercice de psychologie de masse pour qu'un éventail d'horreurs paraisse acceptable aux gens. Ali Bongo peut faire ce qu'il veut, après tout les gens ont leur CAN 2012, leur parfait opium. Leurs besoins sensoriels sont satisfaits et donc ceux qui dirigent le pays peuvent le piller jusqu'à l'os, personne ne dira rien, parce qu'ils sont tous au stade, emmitouflés dans le drapeau et entonnant des chants «patriotiques». Le patriotisme n'est pas la fidélité à un régime qui contrôle tout dans le pays, mais est plutôt la fidélité à la «patrie» ou à la «nation».


Ainsi va le patriotisme au Gabon

Tuesday, January 24, 2012

COULD FOOTBALL MASK THE HARSH REALITY OF PEOPLE LIVES IN GABON? LE FOOTBALL PEUT-IL CACHER LA RUDE RÉALITÉ DE LA VIE DES GENS AU GABON?

The clash between sporting fantasies and the reality of everyday life for ordinary Gabonese people
Le clash entre les fantasmes sportifs et la réalité de la vie de tous les jours des gabonais ordinaires





English version


For the past few days and probably over the next few weeks, the Gabonese government medias will attempt to use CAN 2012 as an opportunity to try to argue that the country is rapidly progressing toward development fueled by reforms and good governance. However, this blog believes that the football fanfare will not be able to mask the serious some underlying problems plaguing the country.

Despite what is being said or shown in government owned medias, the harsh reality remains the grinding poverty that continues to affect the majority of the people's lives. In fact according to a group of Gabonese businessmen operating in the construction's sector, CAN 2012 is serving as a boondoggle for a very few and carefully selected group of companies that are all either wholly owned by mostly controlled by members of the Gabonese ruling family, the Bongos. These companies are:

SOCOBA: a construction company that is led by Ali Bongo's brother in law.

ENTRACO: a construction company owned by the Bongos.

MIKA Service: a construction company controlled by the Bongos

Afrijet: an airline company owned by Corsicans and the Bongo family that is the only company allowed to charter flights for this competition.

The scenario is fairly simple: the Gabonese Sport or equipment ministries give construction contracts to these companies, then the treasury department pays them inflated amount for these services and the money goes back in the pockets of the Bongos. As simple as that, very smooth, just like butter. But while the Bongos and their friends are lining their own pockets, the plight of the Gabonese masses and poor remains unchanged. If the opulence of some is fairly obvious in Gabon, poverty is never very far behind, as can be seen just around the two highways of Libreville, "le Bord De Mer" and "La Voie Express", rickety neighborhoods with dusty streets, poor sanitation and no running water lurk around, even near the heart of town. Gabon has a history of more than 50 years of petroleum extraction and more than 40 years of Uranium and manganese exploitation, however, that wealth has yet to trickle through to the poor. Under such circumstances, usually, democracy is something the people could demand to speed up a proper distribution of wealth and better control of the state. But in Gabon, the Bongo regime has decided that democracy is something the people of Gabon do not need and will not have. So the misery must continue…

Against this backdrop, The CAN tournament does not seem to be that important when one takes into consideration the wealth of the country that is being squandered for the pleasure and entertainment of the few, despite the obvious misery of the many. Ordinary life remains a struggle for regular people, the vast majority of whom live below the poverty line with little or no access to regular electricity or clean running water and even less access to adequate health care. These people who are being asked by the regime to fill the stadium, do not see much of the money generated by the country's natural resources. Many of them would be lucky to live with 2 dollars a day. The gleaming new apartment complexes that are lining up along the "Bord De Mer" mostly belong to the Bongos and have been built by SOCOBA, ENTRACO and such companies which are also part of the Bongos portfolio. If most of these building appear empty, it is because not many Gabonese can afford to live in them with monthly rent being at a minimum of 2000 dollars. But at least, these buildings are tall and therefore can serve a very important function, which is to hide the crushing poverty just behind them.

If the Gabonese regime thinks that it would effectively use CAN 2012 as a smokescreen to disguise the grinding poverty that dominates the lives of most Gabonese people despite the vast riches of the country, it is sadly mistaken. Numerous free Gabonese will use this opportunity to remind the world, everyday, of the plight of the Gabonese people. CAN 2012 will be used to try to charm foreign visitors and impress the foreign media, but these superficial actions will not withstand the scrutiny applied by free Gabonese themselves.

So goes Gabon




Version française


Depuis quelques jours et probablement jusqu'à dans les semaines à venir, les médias gouvernementaux gabonais va tenter d'utiliser la CAN 2012 comme une opportunité pour faire valoir que le pays progresse rapidement vers un développement alimenté par les réformes et la bonne gouvernance. Toutefois, ce blog est d'avis que la fanfaronnade de football ne serait pas en mesure de masquer les graves problèmes sous-jacents qui affligent le pays.

Malgré ce qui est dit ou montré dans les médias gouvernementaux, la dure réalité reste la misère rude qui continue d'affecter la majorité des gens. En fait, selon un groupe d'hommes d'affaires gabonais opérant dans le secteur de la construction et des BTP, la CAN 2012 sert d'aubaine de pillage pour un groupe très restreint et soigneusement sélectionné de sociétés qui sont toutes soit entièrement détenues ou pour la plupart, contrôlées par des membres de la famille régnante du Gabon, les Bongos. Ces entreprises sont:

SOCOBA: une entreprise de construction qui est dirigé par le beau-frère d'Ali Bongo.

ENTRACO: une entreprise de construction détenue par les Bongos.

MIKA Service: une entreprise de construction contrôlée par les Bongos

Afrijet: une compagnie aérienne détenue par des Corses et la famille Bongo; qui est la seule compagnie autorisée à organiser des vols charters pour cette compétition.

Le scénario est assez simple: le ministère gabonais des sports ou celui de l'équipement donnent des contrats de construction de ces sociétés, alors le département du Trésor leur verse le montant gonflé pour ces services et l'argent va en boomerang dans les poches des Bongos et amis. C'est aussi simple que cela, très lisse, tout comme dans du beurre. Mais tandis que les Bongos et leurs amis s'en mettent plein les poches, le sort des masses gabonaises et celui des pauvres restent inchangés. Si l'opulence de certains est assez évidente au Gabon, la pauvreté n'est jamais très loin derrière, comme on peut le voir autour des deux boulevards de Libreville, "Le Bord De Mer" et "La Voie Expresse", les quartiers rachitiques avec des rues poussiéreuses, un assainissement médiocre et manque d'eau courante, rôdent autour, même près du cœur de la ville. Le Gabon a une histoire de plus de 50 années d'extraction de pétrole et plus de 40 années d'exploitation d'uranium et de manganèse; cependant, que cette richesse n'a toujours pas ruisselée vers les populations pauvres. Dans de telles circonstances, généralement, la démocratie est quelque chose que les gens pourraient demander afin d'accélérer une bonne répartition des richesses et un meilleur contrôle de l'Etat. Mais au Gabon, le régime Bongo a décidé que la démocratie est quelque chose dont le peuple n'a pas besoin et ne va pas avoir. Alors la misère doit continuer ...

Dans ce contexte, le tournoi de la CAN ne semble pas être si important que cela lorsque l'on prend en compte la richesse du pays qui est gaspillée pour le plaisir et le divertissement d'un nombre restreint, malgré la misère évidente de la majorité. La vie reste une bataille de tous les instants pour les gabonais ordinaires, la grande majorité d'entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté avec peu ou pas d'accès à l'électricité ou régulièrement l'eau courante et encore moins accès aux soins de santé adéquats. Ces gens à qui le régime demande de remplir le stade, ne voient pas vraiment l'argent généré par les ressources naturelles du pays. Pour beaucoup d'entre eux ce serait une chance de vivre avec 2 dollars par jour. Les complexes de nouveaux appartements longeant le "Bord De Mer", pour la plupart appartiennent aux Bongos et ont été construits par SOCOBA, Entraco et des entreprises de ce type qui font également partie du portefeuille des bongos. Si la plupart de ces bâtiments apparaissent vides, c'est parce que peu de Gabonais peuvent se permettre d'y vivre, avec des loyers mensuels étant à un minimum de 2000 dollars. Mais au moins, ces bâtiments sont hauts et peuvent donc servir une fonction très importante, celle qui est de cacher la pauvreté écrasante, juste derrière eux.

Si le régime gabonais pense qu'il pourrait utiliser efficacement la CAN 2012 comme un écran de fumée pour dissimuler la misère impitoyable qui mine la vie de la plupart des gabonais malgré les richesses immenses du pays, il se trompe. De nombreux gabonais libres saisiront aussi cette occasion pour rappeler au monde, au quotidien, le sort du peuple gabonais. La CAN 2012 sera utilisé pour tenter de séduire les visiteurs étrangers et d'impressionner les médias étrangers, mais ces démarches superficielles ne résisteront pas à l'examen appliqué fait par les gabonais libres eux-mêmes.

Ainsi va le Gabon