Saturday, June 30, 2012

THE HURT OF FRANÇAFRIQUE. LES DOULEURS DE LA FRANÇAFRIQUE


Première partie "L'assassinat de Félix Moumié" by nadytch

2ème partie de "L'assassinat de Félix Moumié" by nadytch

3ème partie de "L'assassinat de Félix Moumié" by nadytch



English version

The other day, while watching the documentary "Françafrique" for the umpteenth time, we again measured just how revolting the collective treatment inflicted upon the people of Africa, really is. One such moment is the sad end of Felix Moumié in Geneva, at the hand of the French secret service. To further explore the damage Françafrique continues to inflict upon Africans today, we are proposing to you the videos above, which chronicle the assassination the Felix Moumie and the impact on his wife and family. We wish such a cinematographic document existed for the Gabonese diplomat Germain Mba or other Gabonese leaders who were cut down by Françafrique. But we are certain that their assassinations were equally as devastating to their families and love ones.




Version française

L'autre jour, tout en regardant le documentaire "Françafrique" pour la énième fois, nous avons de nouveau mesuré à quel point était réellement révoltant, le traitement collectif infligé aux peuples d'Afrique. Un tel moment du documentaire, est la triste fin de Félix Moumié à Genève, aux mains des services secrets français. Pour explorer davantage les dommages que la Françafrique continue d'infliger aux Africains aujourd'hui, nous vous proposons les vidéos ci-dessus, qui sont la chronique de l'assassinat de Félix Moumié et de l'impact qu'il eut sur sa femme et sa famille. Nous aurions souhaité qu'un tel document cinématographique exista au sujet du diplomate gabonais Germain Mba ou d'autres dirigeants gabonais ayant été abattus par la Françafrique. Mais nous sommes certains que leurs assassinats furent tout aussi dévastateurs pour leurs familles et leurs proches.

Friday, June 29, 2012

PAULETTE OYANE-ONDO WRITES TO THE MINISTER OF THE INTERIOR. PAULETTE OYANE-ONDO ÉCRIT AU MINISTRE DE L'INTÉRIEUR
















FRANÇOIS HOLLANDE DANS LA CONTINUITÉ DE LA FRANÇAFRIQUE CLASSIQUE; L'ILLUSION N'AURAIT PAS DURÉE LONGTEMPS. FRANÇOIS HOLLANDE CARRYING ON WITH FRANÇAFRIQUE; THE ILLUSION DID NOT LAST FOR LONG


Laurent Fabuis and/et Ali Bongo



English version

The Gabonese people have found out that Ali Bongo, the man François Hollande said was not elected democratically, would be received at the Elysée palace in Paris on 5 July 2012. While many Africans were clearly expressing their skepticism about the ability of Francois Hollande to initiate a break with Françafrique, the cynicism of Holland in this area is still outrageous. Those who, like in 1981 with François Mitterrand, naively thought that the arrival of the left to power would put a damper on the nebulous system of Françafrique, may be in for a surprise.

Once again, the Gabonese people in particular and Africans in general have confirmation that the failure of Nicolas Sarkozy and his party and the "change" in France has virtually no impact on France's African policy. At all times, the left and right must maintain intact the primary interests of France and so, do they keep in our African and Gabonese eyes, the same exploitative policies of African states in the interests of large industrial French groups. Once and for all, the people of Gabon in particular and Africa in general must understand that they can only rely on their own strength. The French politicians do not seem to take seriously the complaints of African people as the French economy reaps benefits through Françafrique.

As explained in the Patrick Benquet's documentary "Françafrique", historically, the left and right have pursued French interests without qualms. That's all! What interests France in Gabon, is mainly the natural resources. Therefore, the misery experienced by thousands of Gabonese people does not prevent Hollande from really sleep well at night. Ali Bongo may well be a usurper, but if it is he who is judged to provide the stable regime France requires in Gabon, that is to say a docile regime, then Holland will find a reason to receive Ali Bongo on the steps of the Elysée palace and congratulate him on his "bold reforms" that will make Gabon one "emerging" country and blah blah! From that moment, all talk of democracy and human rights that would be told to Africans would be empty talks for the naive and lazy, because France will continue to delegate full powers in Africa and Gabon to persons it has selected and therefore not elected by the people. The objective of this maneuver is to ensure the continued looting of African wealth.

Meanwhile, the impoverishment of the population continues. Its access to education and health care is always more and more compromised. Its water and electricity supply is mostly random. Oil exploitation for 50 years, that of uranium for 40 years and also manganese, all in favor of France, have brought nothing to the local Gabonese population which remains poor even more so. But for Holland, perpetuating the mechanisms of Françafrique for the prosperity of France is a necessity. We can not blame him because he is president of France. But, we definitely can blame ourselves for not being brave and strong enough to take control of our destiny and free ourselves of all these weights that keep us from moving ahead.

Ali Bongo's visit to the Elysée palace is strongly indicative of the clear positioning of Francois Hollande in favor of Françafrique and lobbies that are for maintaining the status quo in Africa. If Francois Hollande displays a different policy from his predecessor in regard to France and Europe, for Africa, he certainly fits into the continuity of De Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac and Sarkozy . You can be assured that he will be making well intended declarations in the coming days. We will hear him say that we should clean up the Franco-African relationship; we will hear him talk symbolically about the end of Françafrique, etc., of a new era. But in deed, we will easily recognize the same methods that have made us into eternal children.





Version française

Les Gabonais viennent d'avoir la confirmation qu'Ali Bongo, l'homme a propos duquel François Hollande avait déclaré que l'élection ne fut pas démocratique, serait reçu à l'Elysée à Paris le 5 Juillet 2012. Même si beaucoup d'africains exprimaient clairement leur scepticisme quand à la capacité de François Hollande d'amorcer une rupture avec la Françafrique, le cynisme d'Hollande en la matière est quand même outrancier. Ceux qui, comme en 1981 avec François Mitterrand, pensaient naïvement que l’arrivée de la gauche aux affaires mettrait un bémol au système nébuleux de la Françafrique, risquent d'en avoir pour leur compte.

Une fois de plus, les gabonais en particulier et les africains en général ont la confirmation que les revers de Nicolas Sarkozy et de son parti et le "changement" en France n'a pratiquement pas d'incidence sur la politique africaine de la France en Afrique. En tout temps, la gauche et la droite se doivent de maintenir intacts les intérêts premiers de la France et ainsi, conservent-ils à nos yeux d'africains et de gabonais, les mêmes orientations exploitantes des états africains au nom des intérêts des grands groupes industriels français. Une fois pour toute, le peuple Gabonais en particulier et africain en général doit comprendre qu'il ne peut compter que sur ses propres forces. Les acteurs politiques français ne semblent pas près de prendre sérieusement en considération les complaintes des peuples africains tant que l'économie française engrange des bénéfices grâce à la Françafrique.

Comme explicité dans le documentaire Françafrique de Patrick Benquet, historiquement la gauche et la droite défendent sans état d’âme les intérêts français. Point barre! Ce qui intéresse principalement la France au Gabon, est au sous sol. Par conséquent, la misère vécue par les milliers de gabonais n'empêche pas vraiment Francois Hollande de dormir du sommeil du juste. Ali Bongo a beau être un usurpateur, mais si c'est lui qui est jugé procurer à la France le régime stable, c'est-à-dire docile, qu'elle exige au Gabon, alors Hollande va se faire une raison et recevoir Ali Bongo au perron de l'Elysée et le féliciter de ses "reformes courageuses" qui feront du Gabon un pays "émergent" et blabla bla! A partir de ce moment, tout discours de démocratie et de droit de l'homme qu'on tiendrait aux africains ne représente plus qu'une coquille vide pour naïfs et oisifs; car la France continuera à déléguer ses pleins pouvoirs en Afrique et au Gabon, à des personnes choisies par elle et par conséquent non élu par le peuple. L’objectif de cette manœuvre est de s’assurer de la poursuite du pillage des richesses africaines.

Pendant ce temps, la paupérisation de la population continue. Son accès à l'éducation et à la santé est toujours de plus en plus compromis. Son approvisionnement en eau et en électricité reste des plus aléatoires. L'exploitation du pétrole depuis 50 ans, celle de l'uranium depuis 40 ans et du manganèse aussi, le tout au profit de la France, n'ont rien apporté à la population gabonaise locale qui reste plus pauvres encore. Mais pour Hollande, la perpétuation des mécanismes de la Françafrique, pour la prospérité de la France est une nécessité. Nous ne pouvons pas lui en vouloir, car il est président de la France. Par contre, nous devons absolument nous en vouloir de ne pas être suffisamment fort et courageux de prendre en main notre destin et nous affranchir de tous ces boulets qui nous empêchent de nous mouvoir.

La visite d'Ali Bongo à l'Elysée est fermement indicatrice du positionnement limpide de François Hollande en faveur de la Françafrique et des lobbies qui sont pour le maintien du statu quo en Afrique. Si François Hollande affiche une politique différente de son prédécesseur en ce qui concerne la France et l'Europe, pour l'Afrique, il s'inscrit assurément dans la continuité de De Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac et Sarkozy. On peut être assuré qu'il va se fendre en déclarations d’intention dans les prochains jours. On l'entendra dire qu'il faille assainir les relations Franco-Africaines; on le verra même symboliquement parler de la fin de la françafrique, d'une nouvelle ère etc. Mais dans les actes, nous reconnaitrons facilement les mêmes méthodes qui font de nous d'eternels enfants.

Thursday, June 28, 2012

HERE IS WHAT FRANÇOIS HOLLANDE'S FRENCH SOCIALIST PARTY SAID ON THE 3RD OF SEPTEMBER 2009. VOICI CE QUE DISAIT LE PARTI SOCIALISTE FRANÇAIS DE FRANÇOIS HOLLANDE LE 3 SEPTEMBRE 2009





FRANÇOIS HOLLANDE IS HOSTING ALI BONGO AT THE ÉLYSÉE PALACE ON THE 5TH OF JULY 2012. NOTHING HAS CHANGED! FRANÇOIS HOLLANDE REÇOIT ALI BONGO Á L’ÉLYSÉE LE 5 JUILLET 2012. RIEN N’A CHANGÉ!



Vidéo: Françafrique la Raison d’état from GriGriNews on Vimeo.



English version

The recently elected new president of France, Francois Hollande, said during his presidential campaign that Ali Bongo was not elected under democratic conditions and that he wanted to eliminate the françafrique networks. Now that he is president, what does it do? He receives Ali Bongo at the Elysée palace. What about the fact that Ali Bongo was not democratically elected? That is no longer important, it seems. The “raison d’état” is alive and well and everything is back to normal. The video above is the documentary “Françafrique” that we think is appropriate as a reminder of the franco-african relations.



Version française

Le président français récemment élu, François Hollande, avait déclaré pendant sa campagne présidentielle qu’Ali Bongo n'avait pas été élu dans des conditions démocratiques et qu'il voulait en finir avec les réseaux de la Françafrique. Maintenant qu'il est président, que fait-il? Il reçoit Ali Bongo à l'Elysée. Qu'en est-il du fait qu’Ali Bongo n'ait pas été élu démocratiquement? Ce n'est plus important, il semble. La "raison d'Etat" est bien vivante et tout est revenu à la normale. La vidéo ci-dessus est celle du documentaire «Françafrique» que nous jugeons approprié comme rappel des relations franco-africaines.

Wednesday, June 27, 2012

WHAT IS THE STRATEGIC VISION OF THE GABONESE OPPOSITION? QUELLE EST LA VISION STRATÉGIQUE DE L'OPPOSITION GABONAISE?













English version

There were many reader's reactions to the posts we published in the last 3 days. The contortions of the Richard Attias & Associates company, obliged to publish their shallow recommendations that have never been received by the G20 (a reading of these would make you understand why); have amused many readers who often sent us mails boiling down to: "7 billion CFA francs for this? I could have written these recommendations for free!" Readers were also particularly interested in the immobility of the official opposition which seems to not know what it could or should do and a reader suggested that maybe, the lack of leadership of the opposition could be due to an absence of strategic vision in the sense that the opposition is the mirror image of the regime: the regime with its announcement effects and the official opposition with theirs. The perfect balance. We thought about that and respond to this reader by the reflections below.

The above videos are very interesting and even very informative. They send a very good example of internal discussions within the opposition and these discussions are very rich and essential. The problem however remains that at no point does the official opposition present a plan, a vision that could be regarded as a blue print of how to proceed with the conquest of power. A serious opposition would always bear in mind that its very existence depends on a single objective, the conquest of power. Everything else being unimportant. In Gabon, one has the impression that the official opposition is just there to be a small irritant to the regime, but lacks the confidence to be bold and assertive enough to launch actions that are designed to take power. Without a clear mission, a powerful alternative idea of Gabon, a strategic vision for the future, the official opposition will just continue the same little dance and Ali Bongo could quietly groom his son to take over in 25 years. There is a difference between an academic exercise of philosophical discussions among members of the opposition and real consultations about the conquest of power. These videos are mostly philosophical in their content but the Gabonese people are looking for more.

In business as in politics, having a vision is critical to success. It is this vision that identifies the aim to be achieved. Once the vision is set, the parameters that are necessary for that vision to become reality become clear and can be built. The intermediary stages on the road leading to that vision can also be identified and properly targeted. The resources needed to achieve the vision can also be determined. So you see, dear readers, without a clear vision, success is very difficult because no one knows what is it that needs to be done and for what purpose and aim.

A good strategic vision must first and foremost be realistic. In order for a vision to be realistic, it must be very specific, viable and not at all vague and full of uncertainties. For example, a strategic vision is not a vague idea about the future as we see continuously with Ali Bongo. When he says that he wishes to turn Gabon into an emerging country, this is not a strategic vision but a prayer, a wish, a hope. This is way too vague to be a concise and measurable strategic vision. Here are examples of good strategic vision:

Nelson Mandela: When the African National Congress was created in 1912, its charter said that its main objective, its goal, its aim, was to end the White domination and create a multi-racial South Africa. When Nelson Mandela became its leader, he made the ANC vision his vision. In response to this vision, the ANC members developed program of actions calling for mass strikes, boycotts, protests and resistance, because they knew where they were going. Because of this clarity, the ANC acquired more members. During his 27 years in prison, Nelson Mandela's vision remained the same. When he was released from prison, he was able to fulfill the vision that was first formulated in 1912. This is a strong strategic vision. This is in contrast to Ali Bongo's shallow pronouncements of wanting to make Gabon into an emerging country, a totally rhetorically empty statement.

The free Gabonese civil society: during the last legislative election, the free Gabonese civil society came up with a strong strategic play of how that election was going to be handled. They simply said: "No biometrics, no election". Very simple and very direct. They campaigned on this theme and when the election tool place close to 90% of the people boycotted it. A major success!

The Indignants Forum: Gregory Ngbwa-Mintsa the spokesperson of that counter forum to the New-York Forum Africa, expressed to goal of their forum as: "the basis idea is a recapturing of our sovereignty. What does that mean? It means that it is scandalous to us to bring people who know nothing about Gabon, at a cost of billions CFA francs, to decide our destiny for us, while our aspirations are being considered to be troubling public order. Those who are in power are serving the state, are serving us. Therefore, we must stop acting as if we were their slaves and they were our masters. What Gabon for the Gabonese people? Such is the question of the Indignants Forum." Once again these free Gabonese citizens have formulated a strong and clear vision that everybody can understand. Nothing foggy; everything is clear.

In contrast, when one asks what the vision of the official Gabonese opposition is, what their goals and objectives are, it is very difficult to come up with a coherent answer. Apart from their usual rhetoric about elections, they tend to do absolutely nothing even to satisfy the most basic needs of the people. Recently, when Marc Ona-Essangui and more than 40 others were arrested for having organized the Indignants forum, the official opposition stayed silent. Similarly, when the students were arrested, it was the civil society and independent electronic social networks that got involved. The official opposition remained lethargic. If they really want to unseat Ali Bongo, they sure have a funny way of going about it. The official opposition may mean well, but if it lacks the necessary vision and direction to uplift the status of the Gabonese people, then empty rhetoric is certainly not going to help. The entire Gabonese population knows that the Bongo regime uses power for 3 purposes: To loot the public treasury, to squash all dissent and to perpetuate themselves in office. Thus, political tyranny is the order of the day for the Gabonese population. What is the official opposition's strategy to end this tyranny that is suffocating the people? Boycotting the local election is good, but certainly not enough. A better and stronger strategy is needed.

The Bongos have remained in power in Gabon, not so much because of their cunning skills at politics, but because of the nature and character of those who have opposed them. To be sure, the Bongos are crafty at using intimidation, mass arrest, murder, bribery; they easily co-opt their enemies by giving them government positions and ministerial appointments, but the incapacity of the opposition to be strong, firm and resolute is the main problem. The Bongos have prevailed for decades because the forces of opposition against them are weak and sometimes even no-existent. This needs to change! The opposition needs leadership that is strong and has a clear vision and the ability to convey it unambiguously to the people. The opposition needs to convey where it wants to lead the people; how it plans to get them there, and communicate this destination clearly to the people.



Version française

Il y a eu beaucoup de réactions de lecteurs aux billets que nous avons publiés au cours des 3 derniers jours. Les contorsions de l’entreprise Richard Attias & Associés, obligés de publier leurs recommandations très légères, qui d’ailleurs n'ont jamais été introduites au G20 (une lecture de ces recommandations pourrait vous faire comprendre pourquoi), ont amusé beaucoup de lecteurs qui, souvent nous ont envoyé des mails se résumant à ceci: "7 milliards de francs CFA pour cela? J’aurais pu écrire ces recommandations gratuitement!" Les lecteurs ont également été particulièrement intéressé par l'immobilisme de l'opposition officielle, qui semble ne pas savoir ce qu'elle pourrait ou devrait faire, et un lecteur a suggéré que peut-être, le manque de leadership de l'opposition serait dû à une absence de vision stratégique en ce sens que l'opposition est l'image de reflet du régime: le régime avec ses effets d'annonce et l'opposition officielle avec les siens. L'équilibre parfait. Nous avons pensé à ce sujet et répondons à ce lecteur par les réflexions ci-dessous.

Les vidéos ci-dessus sont très intéressantes et même très instructives, en toute honnêteté. Elles renvoient un très bon exemple des discussions internes au sein de l'opposition et ces discussions sont très riches et indispensables. Le problème reste cependant qu’à aucun moment, l'opposition officielle ne présente un plan, une vision qui pourrait être considérée comme un guide, un phare, de la façon de procéder pour la conquête du pouvoir. Une opposition sérieuse devrait toujours garder à l'esprit que son existence même, dépend d'un seul objectif : la conquête du pouvoir. Tout le reste étant sans importance. Au Gabon, on a l'impression que l'opposition officielle est juste là pour être un petit irritant pour le régime, mais qu’il lui manque la confiance nécessaire pour faire preuve d'audace et de suffisamment d'assurance pour lancer des actions qui sont conçues pour prendre le pouvoir. Sans une mission claire, une puissante idée d’alternative pour le Gabon, une vision stratégique pour l'avenir, l'opposition officielle va tout simplement continuer la même danse et Ali Bongo pourra tranquillement préparer son fils à prendre le relais dans 25 ans. Il y a une différence entre un exercice académique de discussions philosophiques entre les membres de l'opposition et des consultations réelles sur la conquête du pouvoir. Ces vidéos sont plus philosophiques dans leur contenu, mais le peuple gabonais s’attend à bien plus que ça.

En affaires comme en politique, avoir une vision est essentielle au succès. C'est cette vision qui identifie le but à atteindre. Une fois la vision énoncée, les paramètres qui sont nécessaires pour que cette vision se matérialise, deviennent claire et peuvent être érigés. Les étapes intermédiaires sur la route menant à cette vision peuvent également être identifiées et bien ciblées. Les ressources nécessaires pour atteindre la vision peuvent également être déterminées. Donc, vous voyez chers lecteurs, sans une vision claire, le succès est très difficile car on ne sait pas ce qui doit être fait et dans quel but et objectif on le ferait.

Une bonne vision stratégique doit d'abord et avant tout être réaliste. Pour qu’une vision soit réaliste, il faut qu’elle soit très précise, viable et pas du tout vague et pleine d'incertitudes. Par exemple, une vision stratégique n'est pas une idée vague de l'avenir comme nous le voyons en permanence avec Ali Bongo. Quand il dit qu'il veut faire du Gabon un pays émergent, ce n'est pas une vision stratégique, mais une prière, un souhait, un espoir. C'est beaucoup trop vague pour être d'une vision stratégique concise et mesurable. Voici des exemples de bonnes visions stratégiques:

Nelson Mandela: Lorsque le Congrès National Africain a été créé en 1912, sa charte déclarait que son objectif principal, son but, sa mission était de mettre fin à la domination blanche et créer une Afrique du Sud multi-raciale. Lorsque Nelson Mandela est devenu son chef, il a fait de la vision de l'ANC, sa vision. En réponse à cette vision, les membres de l'ANC ont élaboré un programme d'actions appelant à des grèves en masse, à des boycotts, à des manifestations et à la résistance, parce qu'ils savaient où ils allaient. En raison de cette clarté, l'ANC a recruté plus de membres. Au cours de ses 27 ans de prison, la vision de Nelson Mandela est restée la même. Quand il a été libéré de prison, il a été en mesure de réaliser cette vision qui avait été formulée pour la première en 1912. Voici une vision stratégique forte. Ceci est en contraste avec les déclarations superficielles d’Ali Bongo de vouloir faire du Gabon un pays émergent, une déclaration totalement et rhétoriquement vide.

La Société Civile gabonaise libre: au cours de la dernière élection législative, la libre société civile gabonaise a développé un plan stratégique fort, de la façon dont cette élection allait être traitée. Elle a simplement dit: "Pas de biométrie, pas d'élection". Très simple et très directe. Elle a fait campagne sur ce thème quand les élections eurent lieu, près de 90% de la population les boycotta. Un grand succès!

Le Forum des Indignés: Gregory Ngbwa-Mintsa le porte-parole de ce contre forum au New-York Forum Africa, a exprimé l'objectif de leur forum de la manière qui suit: "l'idée à la base est la réappropriation de notre souveraineté. Qu'est-ce que ça veut dire? Il est absolument et proprement scandaleux pour nous, qu'on fasse venir à grands frais et à coup de milliards, des gens qui ne connaissent rien du Gabon, qui vont prétendre décider de notre destinée à notre place; alors que nos aspirations sont considérées comme des troubles de l'ordre public. Il faut que nous les gabonais comprenions que les gens qui sont au pouvoir sont les serviteurs de l'état gabonais, sont nos serviteurs. Donc nous devons cesser de nous considérer comme leurs esclaves et eux comme nos maitres. Quel Gabon pour les Gabonais? C'est ça le sens du Forum des Indignés." Une fois de plus ces citoyens gabonais libres ont formulé une vision forte et claire que tout le monde peut comprendre. Pas de brouillard, tout est clair.

En revanche, quand on demande quelle est la vision de l'opposition gabonaise officielle, quels sont leurs buts et objectifs, il est très difficile de trouver une réponse cohérente. En dehors de leur rhétorique habituelle sur les élections, ils ont tendance à ne rien faire d’autre, même pour satisfaire les besoins les plus élémentaires du peuple. Récemment, lorsque Marc Ona-Essangui et plus de 40 autres ont été arrêtés pour avoir organisé le forum des indignés, l'opposition officielle est resté très discrète. De même, lorsque les étudiants ont été arrêtés, c'est la société civile et des réseaux sociaux indépendants qui se sont impliqués. L'opposition officielle est restée léthargique. S’ils veulent vraiment détrôner Ali Bongo, ils ont une drôle de façon de s'y prendre. L'opposition officielle peut avoir de bonnes intentions, mais s'il lui manque la nécessaire vision et orientation pour élever le statut du peuple gabonais ; alors franchement, la rhétorique vide ne mènera nulle part. La population gabonaise entière sait que le régime Bongo utilise le pouvoir à 3 fins: piller le trésor public, mater toute dissidence et se perpétuer au pouvoir. Ainsi, la tyrannie est à l'ordre du jour pour la population gabonaise. Quelle est la stratégie de l'opposition officielle pour mettre fin à cette tyrannie qui étouffe les gens? Le boycott de l'élection locale est une bonne chose, mais certainement assez marginal. Une stratégie plus forte et mieux pensée est nécessaire.

Les Bongos sont restés au pouvoir au Gabon, non pas tant en raison de leurs compétences et ruse politique, mais en raison de la nature et des caractéristiques de ceux qui se sont opposés à eux. Une chose est sûre, les Bongos savent manier l'intimidation, les arrestations, les assassinats, la corruption ; ils cooptent facilement leurs ennemis en leur offrant des postes importants et des nominations ministérielles ; mais l'incapacité de l'opposition à être forte, ferme et résolue est le principal problème. Les Bongos ont prévalu pendant des décennies parce que les forces d'opposition contre eux ont été souvent faibles et parfois même non existantes. Cela doit changer! L'opposition a besoin d’un leadership qui est solide et qui a une vision claire ainsi que la capacité de la transmettre sans ambiguïté à la population. L'opposition a besoin de définir où veut-elle conduire le peuple et comment envisage-t-elle y arriver, et de communiquer cette destination clairement au peuple.

Tuesday, June 26, 2012

WHAT DOES EGYPT TEACH US? QUE NOUS APPREND L’EGYPTE ?





English version

Beneath the chaos of repeated public demonstrations in Tahrir Square, the Egyptian people are slowly but surely asserting their authority on the future of their country. Egyptians have decided to no longer be like children waiting for their mother to come rescue them, but to take responsibility for their own destiny. If only the people of Gabon were watching them.

A year ago, Hosni Mubarak wanted to engineer the monarchic takeover of the presidency by his son, the people of Egypt said no, took to the street and told Mubarak to go. The dictator fought back and put his tanks in the street, expecting that the people were going to run away. But the Egyptians people stayed firm and in the end it was Mubarak who had to go and today he is in the coma.

Then the Egyptian military was put in charge of the transition and of the organization of the election. This military wanted to manipulate the election results but once again the Egyptian people took to the street and the military backed off and had to reveal the real results of the election which saw the election of Morsi, the candidate of the Muslim brotherhood. It is clear that Morsi may not be everybody’s idea of the idyllic leader for Egypt, but the people of Egypt chose him democratically and that is what is important. The Egyptian people have now established control over who rules their country and they now know that through the democratic process, they can now remove an ineffectual leader. Therefore, in Egypt, the people have been able in the span of a year, to go from a vile dictatorship to a measure of democracy; although admittedly they still have a very long way to go before they achieve a full and successful democratic system.

For the Gabonese people, the persistence of the Egyptians should serve as an example of the level of sacrificed and commitment that is needed to get rid of an entrenched dictator. The Egyptian people have now spent 18 months fighting relentlessly to make progress towards democracy. Had they not been vigilant and courageous, the army would have reversed their march to freedom, or at least to put a heavy brake on it. But the people were determined not to return to dictatorship. For Gabon, this courage should serve as an indication of what a people can achieve when they are determined to only accept to be ruled by democratically elected politicians.

The Gabonese people should take notice of the achievement of the Egyptians. In 18 months, they had a power struggle with a very powerful dictator, backed by very powerful countries, and the dictator lost the fight. Then they fought the military and once again they won. They have now elected for the first time, in a free presidential election, a head of state legitimized by the popular will. The Gabonese people no longer have the excuse of saying that they are powerless to take matters into their own hands. They have seen how freedom could be obtained by a courageous citizenry in Egypt. The Bongos have never been keen to let Gabon become a fully-fledged democracy and they will never be. The Bongos strategy is to snuff out anything evolving toward democracy in Gabon, by controlling and slowing down the process as much as possible. The Bongos priority is to keep their economic privileges and they are determined to block democracy as long as the Gabonese people would not be courageous and ask for their voices to be heard.

There are no longer any excuses for Gabon. Egypt has shown the way. The process of fighting for freedom can be messy, but the frequent and firm insistence of a people to fulfill its democratic promise is stronger than any dictator will to cling to power. By pressing dictators to leave power, a people can free its country and allow democracy to take root. Of course, democracy is about votes and free and fair elections – but it is also about far more than that. It is about the respect for the rule of law, freedom of speech, an independent judiciary and an impartial administration. Free people everywhere, want to run their own affairs. Kings, crown princes or presidents for life may slow that progress down, but they cannot stop it if the people are determined. Only a willing people allow tyrants to rule forever.




Version française

Sous le chaos des manifestations populaires répétées dans Tahrir Square, le peuple égyptien est lentement mais sûrement parvenu à affirmer son autorité sur l'avenir de son pays. Les Egyptiens ont décidé de ne plus être comme des enfants qui attendent que leur mère vienne les sauver, mais de prendre la responsabilité de leur propre destin. Si seulement les Gabonais pouvaient s’en inspirer!

Il y a un an, Hosni Moubarak a voulu imposer la transmission monarchique de la présidence vers son fils ; le peuple égyptien a dit non, il est descendu dans la rue et a demandé à Moubarak de partir. Le dictateur a résisté et mis ses chars dans la rue, s'attendant à ce que les gens prennent la fuite. Mais les égyptiens sont restés fermes et à la fin, c’est Moubarak qui a dû s’en aller et aujourd'hui il est dans le coma.

Puis l'armée égyptienne a été placée en charge de la transition et de l'organisation des élections. Ces militaires ont voulu manipuler les résultats des élections, mais une fois de plus le peuple égyptien a pris les devants en descendant dans la rue et l'armée a fait marche arrière et a dû proclamer les résultats réels qui ont vu l'élection de Morsi, le candidat des Frères Musulmans. Il est clair que Morsi n’est peut-être pas le choix idyllique de tout le monde pour l'Egypte, mais la population égyptienne l'a choisi démocratiquement et c’est ce qui est important. Le peuple égyptien a maintenant pris le contrôle de qui gouverne son pays et il sait désormais que par processus démocratique, il peut maintenant remplacer un chef d’état inefficace. Par conséquent, en Egypte, les gens ont pu en l'espace d'une année, passer d'une dictature ignoble à une mesure de démocratie; même s'il est vrai qu'ils ont encore un très long chemin à parcourir avant d’obtenir un système démocratique complet et réussi.

Pour le peuple gabonais, la persistance des égyptiens devrait servir d'exemple du niveau de sacrifice et d'engagement qui est nécessaire pour se débarrasser d'un dictateur enraciné. Le peuple égyptien a passé 18 mois sans relâche à lutter pour faire des progrès vers la démocratie. S’il n’avait pas été vigilant et courageux, l'armée aurait refoulé cette marche vers la liberté, ou du moins y aurait mis un frein lourd. Mais les égyptiens ont été déterminés à ne pas retourner à la dictature. Pour le Gabon, ce courage doit servir d'indication de ce qu'un peuple peut réaliser quand il est déterminé à n'accepter d'être gouverné que par des politiciens démocratiquement élus.

Les Gabonais devraient prendre note de ce qu’ont réalisé les égyptiens. En 18 mois, ils ont combattu un dictateur très puissant, soutenu par des pays très puissants, et le dictateur a perdu le combat. Puis ils se sont battus contre l'armée et encore une fois ils ont gagné. Ils ont désormais élu pour la première fois, dans une élection libre et transparente, un chef d'état légitimé par la volonté populaire. Les Gabonais n'ont plus l'excuse de dire qu'ils sont impuissants à prendre les choses en mains propres. Ils ont vu comment la liberté peut être obtenue par une population courageuse en Egypte. Les Bongo n'ont jamais eu à cœur de laisser le Gabon devenir une démocratie à part entière et ils ne l’auront jamais. La stratégie des Bongo est d'étouffer toute évolution vers la démocratie au Gabon, en contrôlant et en ralentissant le processus autant que possible. La priorité des Bongos est de conserver leurs privilèges économiques et ils sont déterminés à bloquer la démocratie aussi longtemps que le peuple gabonais ne serait pas courageux et demander fermement que sa voix soit entendue.

Il n'y a plus aucune excuse pour le Gabon. L'Egypte a montré la voie. Le processus de lutte pour la liberté peut être éclaboussant, mais l'insistance fréquente et ferme d'un peuple à remplir sa promesse démocratique est plus forte que n'importe quelle volonté dictatoriale de s'accrocher au pouvoir. En pressant le dictateur à quitter le pouvoir, un peuple peut libérer son pays et permettre à la démocratie de prendre racine. Bien sûr, la démocratie est la tenue des élections libres et équitables, mais il s'agit aussi de bien plus que cela. Il s’agit du respect de la primauté du droit, de la liberté d’expression, d’un pouvoir judiciaire indépendant et d'une administration impartiale. Les peuples libres partout, veulent gérer leurs propres affaires. Les rois, princes héritiers ou présidents à vie, peuvent ralentir le processus ; mais ils ne peuvent pas l'arrêter si les peuples sont déterminés. Seules les populations complices se laissent dominer par des tyrans pour l’éternité.

Monday, June 25, 2012

AFTER OUR LATEST POSTING, RICHARD ATTIAS &ASSOCIATES PUBLISH WHAT THEY SAY ARE THEIR PROPOSALS TO THE G20. Á LA SUITE DE NOTRE DERNIER BILLET, RICHARD ATTIAS ET ASSOCIÉS, ONT PUBLIÉ CE QU'ILS PRÉTENDENT ÊTRE LEURS RECOMMENDATIONS AU G20



Richard Attias



English version


Following our latest post revealing Ali Bongo and Richard Attias deception about some recommendations made to the G20 by their New-York Forum Africa, the company Richard Attias and Associates sent this Monday, precipitously to African press agencies, a clumsy document they say contains their recommendation to the G20. Anybody can tell that this document was assembled by amateurs, quickly and without any regard to structure and content. This is a face saving document put out by people who have been caught in a lie are trying to cover their tracks. Nothing less could be expected by Attias.

Dear readers, this document is made public more than a week AFTER the G20 concluded and if you want a good laugh, you can read it here.

So goes the imposture



Version française


Suite à notre dernier billet révélant l'imposture d'Ali Bongo et Richard Attias concernant certaines recommandations faites au G20 par leur New-York Forum Africa, l'entreprise Richard Attias et Associés a envoyé ce lundi, dans les agences de presse africaines, un document maladroit qu'ils disent contenir leurs recommandations au G20. N'importe qui peut se rendre compte que ce document a été assemblé par des amateurs, rapidement et sans aucun égard à la structure et au contenu. Ceci est un document qui est publié pour sauver la face; par des personnes qui ont été prises en flagrant délit de mensonge et qui tentent maintenant de brouiller les pistes. On ne pouvait s'attendre à rien de moins d'Attias.

Chers lecteurs, ce document est d'autant plus ridicule qu'il est rendu public plus d'une semaine après la conclusion du G20 et si vous voulez rire un peu, vous pouvez le lire ici.

Ainsi va l'imposture

WHAT EVER HAPPENED TO THE SO CALLED RECOMMENDATIONS OF THE NEW-YORK FORUM AFRICA? QUE SONT DEVENUES LES FAMEUSES RECOMMENDATIONS DU NEW-YORK FORUM AFRICA?





English version

During the New-York Forum Africa that just took place in Libreville, its organizer, Richard Attias, told anybody who wanted to listen that his forum was actually fairly substantive in that it was “a resolutely action-oriented platform.” For good measure, he added the following: “What is specific about this assembly is that it will enable concrete solutions to be proposed and implemented” and that at the end of the forum, “a final document containing proposals and recommendations would be presented to the G20 in Mexico.” Attias even exaggerated the imposture and the hyperbole by declaring that his New-York Forum Africa organized in Libreville was going to serve as a “think tank” for the G20. No kidding!

Well dear readers, the New-York Forum Africa came and went; the G20 summit in Mexico took place as well. This blog wanted to verify what recommendations were received by the G20 from the New-York Forum Africa. We looked to Gabon to provide us with a copy of such a document; friends of this blogs who have been looking in Gabon tell us that such a document does not exist. So, determined to find out what happened to the recommendations promised by Richard Attias; recommendation for which the Gabonese tax payers had to pay for a forum that is estimated to have cost as much as 7 billion CFA francs, this blog contacted the G20 organization via their website www.g20.org and a phone number was given to us. We called that phone number and we were told that all documents submitted to the G20 were part of the public record and every resolution was made public either via broadcast press release, and via their website. We asked our interlocutor whether the country of Gabon or an organization called New-York Forum Africa had submitted a recommendation to the G20 during the summit in Mexico. The individual said they would look and email us the answer.

Two days later, we received an email from that individual informing us that they have reviewed the meetings minutes and could not find any reference of a recommendation coming from Gabon or from New-York Forum Africa and he also told us that Benin and Ethiopia had been invited to the meeting but he could not find anything about Gabon. This individual trying to help us find this phantom recommendation then asked us to tell him in which topic Gabon was supposed to have made that recommendation. We answered that we did not know because this recommendation seemed secret since it was not made public within Gabon, even to those who attended the New-York Forum Africa. Our interlocutor then gave us a list a topics being worked on the G20 and asked us which ones were Gabon most likely to have provided some recommendations about. Was it about Globalization? Food Security? Development? Anti-Corruption? Multilateral Trade? Strengthening of the International Financial System? Once again we told him that we did not know about which sector Gabon felt that they had recommendations to make to the G20. He then emailed us the “G20 Leaders Declaration”, which is the summary document of that summit. We read it 4 times and there was no mention of Gabon anywhere. It is a 14 page PDF document containing 85 points. There is nothing about Gabon nor New-York Forum Africa in it. However, Africa is mentioned 2 times: the crisis in Sahel is mentioned; agriculture in Sub-Saharan Africa is mentioned. That is all.

Dear readers, we are still waiting for Ali Bongo and Richard Attias to tell us what happened to the recommendations of their “think thank for the G20” forum!



Version française

Au cours du New-York Forum Africa qui vient d’avoir lieu à Libreville, son organisateur Richard Attias, déclarait à qui voulait l'entendre que son forum avait de la substance en ce qu'il était "une plate-forme résolument orientée vers l'action." Pour bonne mesure, il a ajouté ce qui suit: "la spécificité de cette assemblée, c'est qu'elle permettra d’obtenir des solutions concrètes qui seront proposées et mises en œuvre» et que, à la fin du forum, "un document final contenant des propositions et des recommandations sera présenté au G20 au Mexique." Attias même exagéré l'imposture et l'hyperbole en déclarant que son New-York Forum Africa organisé à Libreville allait servir de« think tank »pour le G20. Sans blague!

Eh bien, chers lecteurs, le New-York Forum Africa s’est achevé, le sommet du G20 au Mexique a aussi eu lieu. Ce blog a voulu vérifier quelles étaient les recommandations reçues par le G20, du New-York Forum Africa. Nous avons essayé d’obtenir un tel document du Gabon; des amis de ce blog qui ont été à la recherche au Gabon d’un tel document, nous ont dit qu’il n'existait pas. Alors, déterminé à trouver ce que sont advenues les recommandations promises par Richard Attias; recommandations pour lesquelles le contribuable gabonais a dû débourser, pour financer ce forum, un montant qui est estimé à jusqu’à 7 milliards de francs CFA ; ce blog a contacté l'organisation du G20 par l'intermédiaire leur site internet www.g20.org et un numéro de téléphone nous a été donné. Nous avons appelé ce numéro de téléphone et on nous a dit que tous les documents soumis au G20 faisaient partie du domaine public et toutes les résolutions prises à ce sommet étaient aussi rendues publiques, soit par voie de diffusion dans la presse, soit via leur site internet. Nous avons demandé à notre interlocuteur si le Gabon ou une organisation appelée New-York Forum Africa avait présenté une recommandation au G20 lors du sommet au Mexique. L'individu dit qu'ils allaient vérifier et nous envoyer la réponse.

Deux jours plus tard, nous avons reçu un email de cette personne nous informant qu'il avait vérifié les procès-verbaux des réunions et ne put trouver aucune référence d’une recommandation venant du Gabon ou du New-York Forum Africa et il nous a également dit que le Bénin et l'Ethiopie avaient été invités à la conférence, mais qu’il n'avait pu trouver quoi que ce soit sur le Gabon. Cette personne essayant de nous aider à trouver cette recommandation fantôme, nous a alors demandé de lui dire sur quel sujet le Gabon était censé avoir fait cette recommandation. Nous avons répondu que nous ne le savions pas, car cette recommandation semblait secrète, n'ayant pas été rendue publique au Gabon, même à ceux qui ont assisté au New-York Forum Africa. Notre interlocuteur, nous a donné alors une liste des sujets évoqués lors du G20 et nous a demandé quels étaient ceux dont le Gabon était plus susceptible d'avoir fourni quelques recommandations. S'agissait-il de la mondialisation? La sécurité alimentaire? Le développement? L’anti-corruption? Le commerce multilatéral? Le renforcement du système financier international? Une fois de plus nous lui avons dit que nous n’en savions rien à propos du secteur au sujet duquel le Gabon aurait eu à faire des recommandations au G20. Il nous a ensuite envoyé par courrier électronique, la "Déclaration des dirigeants du G20", qui est le document de synthèse de ce sommet. Nous l’avons lu 4 fois et il n'y a aucune mention du Gabon. Il s'agit d'un document PDF de 14 pages, contenant 85 points d’ordre du jour. Il n'y a rien sur le Gabon, ni le New-York Forum Africa dans son contenu. Cependant, l'Afrique est mentionnée 2 fois: la crise dans le Sahel est mentionnée, l'agriculture en Afrique sub-saharienne est mentionnée. C'est tout!

Chers lecteurs, nous sommes toujours en attente qu’Ali Bongo et Richard Attias nous disent ce que sont devenues les recommandations de leur forum qui était le «think tank pour le G20"!

Sunday, June 24, 2012

WHY EVEN WASTE TIME TALKING ABOUT LOCAL ELECTIONS? POURQUOI PERDRE SON TEMPS Á MÊME DISCUTER D’ÉLECTIONS LOCALES?





English version

This Saturday, members of the Gabonese political opposition called a press conference to announce that they were going to boycott the local elections in 2013, if a more transparent application of biometrics was not implemented. In a normal democratic country, such a demand would be seminal and could sway the government. But in Gabon, unfortunately, the regime can care less about what the opposition is threatening to do. If the opposition wants to obtain results, it has to be bolder and exert real threats that could topple the regime. Boycotting local elections is not going to do it.

During their press conference the opposition demanded that the proposed introduction of biometrics in the electoral process not only includes enrollment on the electoral list, but also and foremost, contains a process of authentication of each voter as well. The problem is that all members of the Gabonese opposition, in fact this blog could go as far as affirming that all participants in the Gabonese political system know that 2 things will remain absolute as long as the Bongos are in power in Gabon:

1. First, the ballot will always be rigged so that the “right” candidates are elected

2. Second, the so called international community will remain indifferent whether or not the Gabonese elections are free and fair, because the Bongos serve their purpose.

The logical question, then, is why some of the most brilliant Gabonese who are members of this opposition still bother to organize press conferences and invite foreign observers to hear them speak of boycotting elections everybody knows are absolutely meaningless. Would it not be easier and more honest to drop all pretenses and treat the Bongo regime like the dictatorship it really is? Everybody knows that the only reason the Bongos even organize elections is because these elections are a smokescreen that plays a crucial role for the external legitimacy of the Bongos regime. Nothing more, nothing less!

Since 2009, when Ali Bongo, in front of everybody and without hiding his intensions, stole the presidency and instituted the monarchy in Gabon, the opposition has been calling press conferences asking for this and asking for that! But the real work that is impactful is coming from the free Civil Society that has taken the initiative and shown great imagination in calling the regime out. The successful boycott of the legislative election in 2011 was achieved because of a relentless ground campaign and not some tepid press conferences. The Forum of Indignants attracted the internal press because people like Marc Ona-Essangui, Gregory Ngbwa-Mintsa, Georges Mpaga and other took the initiative and not because they were timid and asked permission to the government. If the opposition wants to be heard, it must take the initiative. The university students have shown what taking the initiative means.

While the political opposition calls press conferences after press conferences, Ali Bongo and his buddies of the PDG party are proceeding in an authoritarian consolidation of power. All elections in Gabon are marred by serious campaign irregularities and voting fraud. Nothing is going to change soon, not as long as the Bongos rule Gabon. No need to call a press a press conference to talk about boycotting elections, just take grass roots actions that would bring political awareness to the population and would provide them with the ambition to say no to this regime and to the Bongos political monopoly in Gabon. All political actors in Gabon know that elections organize by the Bongo regime have no real significance because the whole political system is placed under the Bongo’s full control. So promising to boycott elections you are not supposed to win or even challenge, in the first place, is pointless. The opposition must be more imaginative and come up with real plans and actions.


Version française

Ce samedi, les membres de l'opposition politique gabonaise ont convoqué une conférence de presse pour annoncer qu'ils allaient boycotter les élections locales en 2013, si une application plus transparente de la biométrie n'est pas été mise en œuvre. Dans un pays démocratique normal, une telle demande serait séminale et pourrait influencer le gouvernement. Mais au Gabon, malheureusement, le régime se soucie peu de ce que l'opposition menacerait de faire. Si l'opposition veut obtenir des résultats, elle doit être plus audacieuse et exercer des méthodes de pression réelles qui pourraient désarçonner le régime. Menacer de boycotter des élections locales n’est pas vraiment la formule.

Au cours de leur conférence de presse, l'opposition a exigé que l'introduction proposée de la biométrie dans le processus électoral ne comprenne pas que l'inscription sur la liste électorale, mais aussi et surtout qu’elle contienne un processus d'authentification de chaque électeur. Le problème est que tous les membres de l'opposition gabonaise, en fait, ce blog pourrait aller jusqu'à affirmer que tous les participants au système politique gabonais savent que 2 choses resteront absolues aussi longtemps que les Bongo seront au pouvoir au Gabon:

1. Tout d'abord, le vote sera toujours truqué de sorte que les «bons» candidats soient élus

2. Deuxièmement, la soit disant communauté internationale restera indifférente, si les élections gabonaises sont libres et équitables ou si elles ne le sont pas, parce que les Bongos leur servent.

La question logique, alors, c'est pourquoi quelques-uns des brillants gabonaise qui sont membres de cette opposition prennent encore la peine d'organiser des conférences de presse et d'inviter des observateurs étrangers pour leur parler de boycotter des élections dont le monde sait qu’elles sont absolument dénuées de tout sens. N'aurait-il pas été plus facile et plus honnête de laisser tomber tous les prétextes et de traiter le régime Bongo comme la dictature qu’elle est vraiment? Tout le monde sait que la seule raison pour laquelle les Bongos organisent des élections, est parce que ces élections sont un écran de fumée qui joue un rôle crucial pour la légitimité externe du régime Bongo. Rien de plus, rien de moins!

Depuis 2009, quand Ali Bongo, devant tout le monde et sans cacher ses intentions, a usurpé la présidence et a institué la monarchie au Gabon, l'opposition convoque des conférences de presse demandant ceci et cela! Mais le vrai travail percutant est venu de la société civile libre qui a pris l'initiative et démontré une grande imagination en confrontant le régime. Le boycott réussi de l'élection législative en 2011 a été obtenu en raison d'une campagne de terrain sans relâche et non par des conférences de presse tièdes. Le Forum des Indignés a attiré l’attention parce que des gens comme Marc Ona-Essangui, Gregory Ngbwa-Mintsa, Georges Mpaga et d'autres ont pris l'initiative et non parce qu'ils étaient timides et ont demandé la permission au gouvernement. Si l'opposition veut se faire entendre, elle doit prendre l'initiative. Les étudiants de l’université ont montré ce que signifie prendre l'initiative.

Alors que l'opposition politique convoque conférences de presse après conférences de presse, Ali Bongo et ses copains du PDG s’engagent inexorablement dans une consolidation autoritaire du pouvoir. Toutes les élections au Gabon sont entachées d'irrégularités et de fraudes graves. Rien ne va changer de sitôt, pas tant que les Bongo gouvernent le Gabon. Pas besoin de convoquer une conférence de presse pour parler de boycotter des élections, prenez plutôt des initiatives et faites des actions qui apportent une conscience politique à la population et leur donnerait l'ambition de dire non à ce régime et au monopole politique des Bongos au Gabon. Tous les acteurs politiques gabonais savent que les élections organisées par ce régime Bongo n'ont aucune signification réelle parce que le système politique dans son ensemble est placé sous le contrôle complet des Bongo. Donc, en promettant de boycotter des élections que vous n’êtes déjà pas censées remporter ou même d’y sérieusement figurer en premier lieu, est inutile. L'opposition doit être plus imaginative et proposer des plans réels et des actions porteuses.

Saturday, June 23, 2012

GABON AVOIDS DEFAULT AT THE LAST MINUTE. LE GABON ÉVITE LE DÉFAUT DE PAIEMENT IN EXTREMIS





English version

As we reported in our last post, Gabon was being threatened with a default of its Eurobond coupon payment if it did not settle a financial dispute with the South African group Aveng. On Friday, 22 June 2012, the date limit of the coupon payment, the rating agency Standard & Poors (S&P) announced that Gabon had reached an agreement with its South African Creditor and thus the funds for the coupon payment could be made available. Below is the statement from S&P.


June 22

Overview

-- We understand that following a legal dispute between Gabon and a supplier company, an English court order froze Gabon's funds on the paying agent account. These funds were to be used for a $32 billion coupon payment, due June 12, 2012, on Gabon's $1 billion Eurobond.
-- We also understand that following a settlement between Gabon and the plaintiff, the sovereign's paying agent made the payment to the bondholders on June 21, 2012.
-- We are therefore affirming our 'BB-/B' long- and short-term local and foreign currency sovereign credit ratings on the Gabonese Republic.
-- The stable outlook balances Gabon's rich natural resource endowment and the relatively high income it generates against the country's weak payment culture and economic and fiscal challenges.

Rating Action

On June 22, 2012, Standard & Poor's Ratings Services affirmed its 'BB-/B' long- and short-term local and foreign currency sovereign credit ratings on the Gabonese Republic. The outlook is stable.

Rationale

According to information from the issuer or its agents, an English court order froze the sovereign's funds on the paying agent account following a legal dispute between Gabon and a supplier company. The paying agent was to use the funds for a $32 million coupon payment on Gabon's $1 billion Eurobond.
After a settlement between Gabon and the plaintiff, the funds were unfrozen, and the paying agent made the $32 million coupon payment, which was originally due June 12, 2012, on the Eurobond on June 21, 2012. We understand Gabon had transferred the funds to the paying agent in full and on time. We consider that the delayed coupon payment was unrelated to Gabon's ability and willingness to make that payment. In our view, the government moved quickly to unfreeze the funds in order to service its debt within the contractual grace period.
We believe that the credit constraints on Gabon continue to be the government's poor track record in its fiscal management, limited experience with orderly election processes and smooth political transition, and heavy reliance on oil revenue. The supporting factors are the sovereign's strong external balance sheet and public finance performance--albeit vulnerable to changes in the terms of trade--and high GDP per capita of more than $9,000 in 2012.

Outlook

The stable outlook balances Gabon's rich natural resource endowment and the relatively high income it generates against the country's weak payment culture and economic and fiscal challenges, particularly if terms of trade deteriorate.
We could lower the ratings if the government were to fail to achieve its economic reform plans or allow domestic arrears to grow again. We could also lower the ratings if legal challenges similar to the ones affecting the recent coupon payment were to occur again, or if the government were to reduce contributions to the sinking fund for its Eurobond. We could raise the ratings if economic reforms result in the sovereign's lesser dependence on oil income while it significantly addresses the country's pressing social development needs, or if the fiscal and external balance sheets become much stronger and data reliability improves.



Version française


Comme nous l'indiquions dans notre dernier billet, le Gabon était menacé de défaut de paiement du coupon de son euro-obligation s'il n'arrivait pas à régler un différend financier avec le groupe sud-africain Aveng. Le vendredi 22 Juin 2012, la date limite de paiement du coupon, l'agence de notation Standard & Poors (S & P) a annoncé que le Gabon avait conclu un accord avec son créancier sud africain et que les fonds pour le paiement du coupon pourraient être distribués. Ci-dessous la déclaration de S & P.


22 juin

vue d'ensemble

- Nous comprenons que, suite à un différend juridique entre le Gabon et un fournisseur, une ordonnance du tribunal anglais a gelé les fonds du Gabon sur le compte de l'agent payeur. Ces fonds devaient être utilisés pour un paiement de $ 32 milliards coupon le 12 Juin 2012, du milliard de dollars d'emprunt obligataire contracté par le Gabon.
- Nous comprenons également que, suite à un règlement entre le Gabon et le plaintif, l'agent payeur du fond a effectué le paiement aux détenteurs d'obligations le 21 Juin 2012.
- Nous affirmons donc nos longs et courts termes notations de "BB-/ B" à la république Gabonaise pour les crédits en devises étrangères et la dette des fonds souverains.
- La perspective de la balance du Gabon est stable, vu sa riche dotation en ressources naturelles et les revenus relativement élevés qu'il génère, ceci malgré une faible culture de paiement et des défis économiques et budgétaires considérables dans ce pays.

Action de Notation

Le 22 Juin 2012, Standard & Poor a affirmé sa notation "BB-/ B" pour crédits à long et à court terme à la République gabonaise. Les perspectives sont stables.

Raisonnement

Selon les informations de l'émetteur ou de ses agents, une ordonnance d'un tribunal anglais a gelé les fonds souverains sur le compte de l'agent payeur à la suite d'un différend juridique entre le Gabon et une société créancière. L'agent payeur devait utiliser les fonds pour un paiement de 32 millions de dollar relatif au service d'un emprunt obligataire du Gabon d'un milliard de dollars.
Après un règlement entre le Gabon et le demandeur, les fonds ont été débloqués, et l'agent payeur a effectué le paiement de 32 millions de dollars du coupon, qui était initialement attendu le 12 Juin 2012, finalement le 21 Juin 2012. Nous comprenons que le Gabon a transféré les fonds à l'agent payeur dans leur entièreté et à temps. Nous considérons que le paiement différé du coupon n'était pas liée à la capacité du Gabon et à sa volonté de faire ce paiement. À notre avis, le gouvernement s'est empressé de débloquer des fonds afin de rembourser sa dette dans le délai de grâce prévu.
Nous pensons que les contraintes de crédit du Gabon continuent à démontrer le mauvais management du gouvernement dans sa gestion financière; son expérience limitée avec des processus électoraux ordonnés et des transitions politiques en douceur et sa forte dépendance des recettes pétrolières. Les facteurs de soutien sont les points forts du fond souverain, ainsi que les finances publiques - quoique vulnérable aux changements dans les termes de l'échange et finalement le PIB par habitant qui est élevé, de plus de 9000 dollars en 2012.

Perspective

La balance de paiement du Gabon a une perspective stable vu ses riches dotations en ressources naturelles et les revenus relativement élevés qu'il en tire, malgré la faible culture de paiement du pays et ses défis économiques et budgétaires, en particulier si les termes de l'échange se détériorent.
Nous pourrions abaisser la notation si le gouvernement échouait à réaliser ses plans de réforme économique ou s'il permettait que les arriérés internes s'accroissent à nouveau. On pourrait aussi abaisser la notation si des défis juridiques similaires à celui concernant le récent paiement du coupon, se produisaient à nouveau, ou si le gouvernement décidait de réduire les versements au fonds d'amortissement de son emprunt obligataire. Nous pourrions augmenter la notation si les nécessités économiques entraînaient des réformes conduisant à une moindre dépendance sur les revenus du pétrole et s'occupant de manière significative aux pressants besoins du pays en termes de développement social, ou encore si les bilans budgétaires et de balance de paiement devenaient beaucoup plus solides et si la fiabilité de leurs données s'améliorait.

Friday, June 22, 2012

IS GABON IN A DIFFICULT FINANCIAL STATE? LE GABON EST-IL EN PLEINE DIFFICULTÉ FINANCIÈRE?






English version


On Monday and Tuesday, the financial press made it public that Gabon's funds related to a 1 billion US dollars Eurobond, had been frozen by a court order obtained by a creditor, the South African company Aveng. The most curious in this is that not a single official Gabonese news outlet published this important information.

In 2007, Gabon sold Eurobonds to help repay part of its $2.1 billion outstanding debt to the Paris Club of creditor nations. But what is a Eurobond? You may ask. Here are a few definitions, but you may have to consult a financial expert to obtain a deeper understanding of these financial instruments.

A Bond: a loan that lasts for a fixed period that can range from three months to a decade and beyond. It pays out a monthly fee, or coupon, and at the end of the borrowing period the amount borrowed (the principle) is repaid in full.

A Eurobond: a bond issued by a sovereign state, Gabon for example, but whose coupon payments and principle payments are underwritten by the EU. They are less risky than bonds issued by an individual nation, without any guarantees.

Coupon payment: the monthly bond dividend paid out by the bond issuer to the bondholder, which is a percentage of the total loan. So if it is a 1 billion US dollar in 10-year bond with a 4% interest rate, which means the bond holder gets 40 millions US dollars a year, as well as 1 billion US dollars when the 10 years are up.

So dear readers, a bond is therefore another word for a loan. A Eurobond is a collective loan that a country takes from several sources. These loans are viewed favorably because investors are confident that stronger European countries stand behind that debt. The investors have two options once they have lent the money to a government like Gabon; they can just hold the bond once that bond has been issued and the government has the cash. These investors can just collect the interest every year until the loan is repaid. The second option is for investors to sell bonds that have already been issued on the financial markets, just like buying and selling shares on the stock market. The second option is what happened with Gabon Eurobond that was issued in 2007.

Ghana was the first sub-Saharan African country after South Africa to issue Eurobonds, with a $750 million bond issued in late 2007 with an 8.5 percent coupon. Gabon followed shortly after with a 1 billion US dollars issue carrying an 8.2 percent coupon. This means that Gabon borrowed 1 billion dollars for a 10 year term, at an annual interest rate of 8.2%, which is about 82 million dollars a year. But this week, we learn that Gabon was forced to delay the 32 million dollars it was scheduled to pay investors, because a South African company, the Aveng conglomerate, obtained a court order to freeze Gabon's at the financial institution Citi. No explanation was given regarding the nature of the dispute between the Gabonese government and the South African Conglomerate; but one thing is for sure, this dispute has to do with money.

The Aveng Group of South Africa is involved in many sectors, including infrastructure, construction, manufacturing, mining, water etc. According to press releases, the government of Gabon owes this South African Group a lot of money and the group has been waiting for payment for some time. Lately, the group decided to go ask an international financial court to intervene against Gabon. In a press release, Gabon Advisor in this matter, the Lazard Bank, said that: "Following a judgment against Gabon as guarantor obtained by a creditor, a court order has attached the funds at Citi intended for the coupon payment." This, dear readers, means that the Aveng group has obtained that Gabon's money be blocked until it receives a settlement in its financial dispute with its government. The coupon was supposed to be paid on 12 June 2012 and the bond term has a grace period of 10 days. This means, dear readers, that is Gabon does not pay by Friday, 22 June 2012; the country would have officially defaulted on its debt. Removing Aveng's court order very soon is therefore crucial if Gabon is to avoid being officially into default. The executor of this action on the South African side is Nedbank and they have confirmed that the court order was obtained in London and that they had received a proposal of settlement from the Gabonese government. But the South Africans declined to say how much they were asking the Gabonese government to pay, only saying that: "certain payments need to be made before we lift the freezing order."

What is going on? Why can't Gabon pay its bills on time?



Version française


Ce lundi et mardi, la presse financière a rendu public la nouvelle selon laquelle, les fonds du Gabon liés à un emprunt obligataire d'un milliard de dollars US, avaient été gelés par une ordonnance de tribunal obtenue par un créancier, le groupe industriel sud-africain Aveng. Le plus curieux dans tout ça, est qu'aucun organe de presse officielle gabonais n'ait publié cette importante information.

En 2007, le Gabon a vendu des euro-obligations pour aider à rembourser une partie de sa dette de 2,1 milliards de dollars US, auprès du Club de Paris. Mais qu'est-ce qu'une euro-obligation? Vous demanderez vous. Voici quelques définitions, mais vous pourriez aussi consulter un expert financier pour obtenir une meilleure compréhension de ces instruments financiers.

Une obligation: un prêt qui dure pendant une période déterminée qui peut aller de trois mois à une décennie et au-delà. L'emprunteur paie une redevance périodique, ou un coupon, et à la fin de la période d'emprunt, la somme est remboursée en totalité.

Un emprunt obligataire: un emprunt lance par un Etat souverain, le Gabon par exemple, sous formes d'obligations qui sont vendus à des investisseurs; mais dont les paiements de coupons et les paiements principe sont garantis par l'Union Européenne par exemple. Ils sont moins risqués que les obligations émises par une nation donnée, sans aucune garantie.

Paiement du coupon: le dividende obligataire périodique versé par l'émetteur des obligations (l'emprunteur) à l'obligataire (le prêteur), qui est un pourcentage du montant total du prêt. Donc, si c'est 1 milliard de dollars (US) en obligations de 10 ans avec un taux d'intérêt annuel de 4%; cela signifie que le prêteur reçoit 40 millions de dollars américains par an, ainsi que 1 milliard de dollars US lorsque les 10 ans arriveront à leur terme.

Donc, chers lecteurs, une obligation est ainsi un autre mot pour "un prêt". Un emprunt obligataire est un prêt collectif qui se contracte auprès de divers sources. Ces prêts sont considérés favorablement parce que les investisseurs sont confiants du fait que des pays de l'Union Européennes garantissent cette dette. Les investisseurs ont deux options une fois qu'ils ont prêté de l'argent à un gouvernement comme le Gabon. Ils peuvent simplement garder l'obligation, une fois qu'elle a été délivrée et que le gouvernement a perçu l'argent; dans ce cas, ces investisseurs peuvent tout simplement se contenter de recueillir l'intérêt chaque année jusqu'à ce que le prêt soit remboursé. La deuxième option est pour les investisseurs de vendre les obligations qui ont déjà été émises, sur les marchés financiers; tout comme on achète et vend des actions sur le marché boursier. La deuxième option est ce qui s'est passé avec l'emprunt obligataire Gabonais qui a été émis en 2007.

Le Ghana a été le second pays africain sub-saharien, après l'Afrique du Sud, à solliciter des emprunts obligataires, en contractant un tel emprunt de 750 millions de dollars émis à la fin 2007 avec un coupon de 8,5% annuel. Le Gabon a suivi peu de temps après, avec un emprunt d'1 milliard de dollars US, pour un coupon de 8,2% annuel. Cela signifie que le Gabon a emprunté 1 milliard de dollars pour une durée de 10 ans, à un taux d'intérêt annuel de 8,2%, ce qui est d'environ 82 millions de dollars par an. Mais cette semaine, nous apprenons que le Gabon a été contraint de retarder le paiement de 32 millions de dollars, qui était prévu être versé aux investisseurs, car une société sud-africaine, le conglomérat Aveng, a obtenu une ordonnance de la Cour afin de geler ce paiement du Gabon, auprès de l'institution financière Citi. Aucune explication n'a été donnée quant à la nature du différend entre le gouvernement gabonais et le conglomérat sud-africain, mais une chose est sûre, ce différend est d'origine financière.

Le Groupe Aveng d'Afrique du Sud est impliqué dans de nombreux secteurs, tels que l'infrastructure, la construction, la manufacture, l'eau, les mines etc. D'après les communiqués de presse, l'état Gabonais devrait à ce groupe sud-africain beaucoup d'argent et ce groupe est en attente de paiement depuis un certain temps. En définitive, le groupe aurait décidé d'aller demander à un tribunal financier international d'intervenir contre le Gabon. Dans un communiqué de presse, le conseil du Gabon dans cette affaire, la Banque Lazard, a déclaré: "Suite à un arrêté contre le Gabon obtenu par un créancier, une ordonnance du tribunal a gelé les fonds à Citi, destinés au paiement du coupon." Ceci, chers lecteurs, signifie que le groupe Aveng a obtenu que l'argent du Gabon soit bloqué jusqu'à ce qu'il reçoive un règlement dans son litige financier avec son gouvernement. Le coupon était censé être payé le 12 Juin 2012 et le terme d'obligation dispose d'un délai de grâce de 10 jours. Cela signifie, chers lecteurs, que si le Gabon ne paie pas avant le vendredi 22 Juin 2012, le pays aura officiellement fait défaut sur sa dette. Le retrait rapide de l'ordonnance de la cour obtenu par Aveng est donc crucial si le Gabon tient à éviter d'être officiellement en défaut de paiement. L'exécuteur de cette action légale côté sud-africaine est la Nedbank qui a confirmé que l'ordonnance du tribunal a été obtenue à Londres et qu'elle avait déjà reçu une proposition de règlement du gouvernement gabonais. Mais les Sud-Africains ont refusé de dire combien ils exigeaient que le gouvernement gabonais paie, ne se contentant d'affirmer que: "certains paiements doivent être faits avant que nous levions la décision de gel."

Qu'est-ce qui se passe? Pourquoi le Gabon ne peut-il pas payer ses factures à temps?