A VERY GOOD ANALYSIS THAT JOINS OUR DIAGNOSIS OF THE END OF NATIONAL UNITY IN GABON AS LONG AS THE BONGOS ARE IN POWER. UNE TRÈS BONNE ANALYSE QUI NOUS REJOINT DANS LE DIAGNOSTIC DE LA FIN DE L’UNITÉ NATIONALE AU GABON TANT QUE LES BONGO SONT AU POUVOIR




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Traduction française

Gabon: aucun signe en vue de l’éclipse d'une dynastie familiale


Pour la deuxième fois en sept ans, une élection présidentielle au Gabon a débouché sur des troubles violents. Riche en pétrole, en uranium et en manganèse, le Gabon fait maintenant face à un avenir turbulent. La victoire étroite du président sortant Ali Bongo sur son adversaire Jean Ping, a enflammé les principales villes du pays et forcé un recomptage des voix.

La crise a éclaté lorsque le candidat de l'opposition unie, Ping, age de 73 ans, s’est déclaré vainqueur. Trois jours plus tard, Bongo, âgé de 57 ans, a accepté le résultat officiel annoncé par la Commission Electorale Nationale ou CENAP. Il n'y avait que 5594 votes séparant les deux sur un total de 627805 électeurs enregistrés.

Dans les principales villes de Libreville et Port-Gentil, les manifestants ont érigé des barricades et mis le feu à l'Assemblée nationale. En quelques jours, il y eu au moins trois morts. Plus d'un millier de manifestants ont été arrêtés.

La réaction internationale a été d'appeler à la paix et à un recomptage des voix. Les Nations Unies et l'Union Européenne quant à elles ont encouragé Ping à accepter une intervention officielle de la Cour Constitutionnelle du Gabon. En fin de compte, cette cour - une institution dont les juges sont dévoués à Ali Bongo - a décidé que ce dernier avait été victorieux avec une majorité légèrement supérieure à celle précédemment annoncée.

Néanmoins, les choses ne paraissent pas bonnes pour Bongo. Il a fait face à des protestations pendant l'élection de 2009, lorsque sa capacité de dirigeant était encore non testée. Dans le contexte économique actuel en 2016, il est maintenant un problème. Est-ce que ses défenseurs étrangers vont se lasser de son emprise de plus en plus fragile sur le pouvoir?
Au Gabon lui-même, on ne sait pas si l'élite qui se heurte contre Bongo a suffisamment de soutien populaire pour faire face à un président organisé et lourdement armé, président bien organisé. Les Gabonais ordinaires font face à des représailles impitoyables. Les observateurs étrangers ont rapporté que des barrages routiers obstruaient les routes principales à Libreville tandis que des avions de chasse volaient en basse altitude sur la ville.

Pourtant, le Gabon, une nation dont les Gabonais narquois aiment qualifier de «pays où rien ne se passe jamais, » peut toujours surprendre.

La naissance d'une « soft » dictature

Depuis son indépendance en 1960, le Gabon a entretenu de solides liens économiques et diplomatiques avec son ancien tuteur colonial, la France. Ces connexions durables ont une importante responsabilité dans la situation volatile que l’on constate aujourd'hui. En 2009, le Président Français d’alors, Nicolas Sarkozy, avait fait clairement savoir qu'il soutenait la candidature d'Ali Bongo. Ce choix, disent certains, portait sur le fait de s'assurer que la réputation de l'ancienne puissance coloniale ne serait pas souillée par des révélations contenues dans des documents secrets que l'ancien chef d’Etat Omar Bongo avait amassés au palais présidentiel.

La France n’est pas la seule démocratie occidentale à soutenir le gouvernement gabonais. Cela est dû principalement au fait que Gabon est resté une dictature "soft" basée sur la politique des équilibres régionaux et un système assez acclimaté de redistribution de la richesse nationale. Ces deux aspects ont épargné le pays des conflits ethniques sanglants observés chez ses voisins, et tempéré la convoitise de la classe politique locale.

Sous Omar Bongo entre 1967 et 2009, le contact entre la politique gabonaise et la base électorale a été construit sur un système flexible de rassemblement appelée «Union nationale». Cela avait été initié dans les années 1960 par le premier président du Gabon, Léon Mba. Un membre du groupe ethnique Fang et un adversaire rusé du système colonial français, Mba s’entoura dans son cabinet, de membres représentants tous les groupes ethniques et toutes les provinces du pays.

Mba a également sélectionné Omar Bongo, un jeune et énergique commis de bureau, d'un groupe ethnique minoritaire (Teke) de l'est du Gabon, comme son successeur présomptif. Lorsqu’Omar Bongo succéda à Mba, il embrassa "l’union nationale" et a ajouta de nouvelles formes de cooptations politiques destinées aux opposants à son régime.

Dans un pays de moins de deux millions d'habitants où plus de 50 langues différentes sont parlées, le public fut rassuré par le fait que le seul groupe ethnique avec un relatif avantage démographique, les Fang, ne serait pas en mesure de monopoliser le pouvoir au détriment des autres. Les Fang représentent environ 35% de la population.

La deuxième clé de la longévité de ce système politique réside dans les nombreux canaux par lesquels les largesses sont redistribuées. Même si l'élite politique siphonne la plus grande partie du revenu national, la plupart d'entre eux alimentent une pyramide d’alliés, de dépendants à charge et d’électeurs, par de l'argent, de l'aide et des dons en nature, en particulier pendant les campagnes électorales.

Le Gabon est un pays riche avec une population pauvre. Le PIB par habitant est l'un des plus élevés en Afrique. Pourtant, l'éducation publique est dégradée et il les coupures d'eau ou d'électricité quotidiennes sont communes. La majorité des Gabonais n’ont pas un emploi stable. L’insécurité économique endémique a empiré depuis 2014, lorsque la baisse des prix du pétrole a asséché les revenus du pays.

Privés de rendements réguliers et équitables de la manne minière et pétrolière, les Gabonais sont très dépendants des caprices de la classe politique. Cette classe se présente comme généreuse et ostentatoire - un style politique très populaire au Gabon - tout en restant au contrôle du revenu national.

Élections sous contrôle serré

Il est également essentiel de comprendre l'étendue du contrôle maintenu par l'Etat sur les opérations électorales. L'élection présidentielle de 2016 est un exemple parfait de la mainmise du gouvernement:

La date des élections a été annoncée seulement huit semaines avant le vote,

Les candidats avaient à peine cinq semaines pour soumettre leur candidature,

La campagne électorale officielle a été limitée à moins de 14 jours avant le vote,

Les 628124 cartes d'électeurs ont été imprimées par le gouvernement, et non pas les instances électorales.

Les cartes d'électeur ont été distribuées trois semaines à peine avant le vote, et, last but not least

La Cour Constitutionnelle, l'arbitre final de tout différend, est présidée par une ancienne amante du père d'Ali Bongo.

La fin de "l'unité nationale"

Les Gabonais expriment souvent une méfiance généralisée et une animosité envers le président. Ali Bongo est surnommé «le diable», et est considéré comme un intrus à la politique gabonaise traditionnelle. Son arrivée au pouvoir en 2009 a été imposée par une logique dynastique qui les dosages politiques et l'équilibre ethnique entretenus depuis les années 1960.

En revanche, le slogan de Ping – qui peut se traduire par «le bon dosage" - fait un clin d'œil à la tradition de l'équilibre ethnique et national. Ping, par ailleurs, est un homme politique chevronné d'envergure internationale. Il a servi en tant que Président de la Commission de l'Union africaine de 2008 à 2012. Lorsque son mandat n'a pas été renouvelé en 2012, Ping a ressenti le manque de soutien d'Ali Bongo.

Mais les obstacles contre un changement radical de pouvoir sont considérables. L'opposition au Gabon est historiquement faible, mal organisée et prête à agir de concert avec le pouvoir. La plupart des opposants au régime sont des technocrates, ou des personnes connues pour être proches de la famille Bongo.

Face à ces difficultés, la France et l'UE n’ont pris le risque de mettre la pression sur Bongo de quitter le pouvoir et encourager Ping d’entériner sa victoire électorale. Pourtant, leur réaction tiède à l’investiture de Bongo suggère que le régime est maintenant en mode de survie. Les possibilités d'un changement politique légal sont peut-être maintenant plus réelles que jamais.

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