THE LIMIT OF POPULISM! LES LIMITES DU POPULISME!
English version
This Friday, CBON's
directive aimed at imposing or encouraging the wearing of traditional attire on
Fridays within the Gabonese public administration has significantly struggled
to take hold. While the initial intention was to promote national cultural identity,
an approach that, to a lesser extent, is reminiscent of the original logic of
Zairian authenticity; its implementation clashes with very concrete
socio-economic and practical realities.
The tailoring of traditional
custom outfits, which requires purchasing fabric and paying a tailor,
represents a significant financial cost. In a context where the cost of living
is high and households are facing inflationary pressures, requiring civil
servants to renew or adapt their professional wardrobes specifically for
Fridays is perceived as an unjustified financial burden. For many compatriots,
the household budget is allocated to absolute necessities, not to sartorial
directives.
There is a structural
confusion regarding what truly constitutes Gabonese traditional attire suitable
for a corporate or administrative environment. To comply with the spirit of the
law, many would turn to wax print cloth. However, this fabric is of Dutch or
Asian origin and in no way reflects local production.
Authentically
Gabonese fabrics, such as raffia, are rare, expensive, fall under the category
of artisanal crafts, and are generally reserved for major customary ceremonies.
They are neither practical nor produced in sufficient quantities to clothe
thousands of civil servants every week.
Current expectations
of the regime center on deep structural reforms: reducing public debt, reviving
the economy, improving infrastructure, and, above all, transparency and
accountability in the management of public funds. When an administration
focuses on symbolic or cosmetic measures such as a dress code, it is inevitably
perceived by observers and citizens as a diversion. The Gabonese people expect
tangible results regarding governance and the standard of living, relegating
the wearing of traditional clothing to a secondary concern.
Unlike countries in
West Africa or Asia that have successfully imposed local attire by relying on a
strong national textile industry, Gabon lacks the cotton processing or
large-scale garment factories capable of offering affordable, ready-to-wear
local clothing. The measure was therefore decreed without the economic
infrastructure necessary to support it being in place.
CBON's sartorial
order seems to have naturally transformed into a mere recommendation, which the
majority of Gabonese civil servants currently choose to ignore for reasons of
comfort and practicality.
Ultimately, this
measure will fail because a cultural identity cannot be decreed simply by memo.
For such a policy to work, it must be accompanied by a policy of local
production, adequate purchasing power, and must not appear out of step with the
country's true socio-economic emergencies.
Version française
Ce vendredi, la directive de CBON visant à imposer
ou encourager le port de tenues traditionnelles le vendredi dans
l'administration publique gabonaise, a considérablement peiné à s'imposer.
Si l'intention de départ était de valoriser
l'identité culturelle nationale, une démarche qui n'est d'ailleurs pas sans
rappeler, dans une moindre mesure, la logique initiale de l'authenticité
zaïroise, son application se heurte à des réalités socio-économiques et
pratiques très concrètes.
La confection de tenues traditionnelles sur mesure,
nécessitant l'achat de tissus et le paiement d'un tailleur, représente un coût
financier non négligeable. Dans un contexte où le coût de la vie est élevé et
où les ménages font face à des pressions inflationnistes, exiger des
fonctionnaires qu'ils renouvellent ou adaptent leur garde-robe professionnelle
spécifiquement pour le vendredi est perçu comme une charge financière
injustifiée. Pour beaucoup de compatriotes, le budget domestique est alloué aux
nécessités absolues, non à des directives vestimentaires.
Il existe une confusion structurelle sur ce qui
constitue véritablement une tenue traditionnelle gabonaise adaptée au milieu de
l'entreprise ou de l'administration. Pour se conformer à l'esprit de la loi,
beaucoup se tourneraient vers le pagne wax. Or, ce tissu est d'origine
hollandaise ou asiatique et ne reflète en rien une production locale.
Les tissus authentiquement gabonais comme le raphia
sont rares, coûteux, relèvent de l'artisanat d'art et sont généralement
réservés aux grandes cérémonies coutumières. Ils ne sont ni pratiques, ni
produits en quantité suffisante pour habiller des milliers de fonctionnaires
chaque semaine.
Les attentes actuelles vis-à-vis du régime portent
sur des réformes structurelles profondes : la réduction de la dette publique,
la relance économique, l'amélioration des infrastructures et, surtout, la
transparence et la responsabilité dans la gestion des deniers publics.
Lorsqu'une administration se focalise sur des
mesures symboliques ou cosmétiques comme le code vestimentaire, cela est
inevitablement perçu par les observateurs et les citoyens comme une diversion.
Les Gabonais attendent des résultats tangibles sur la gouvernance et le niveau
de vie, reléguant le port de l'habit traditionnel au rang de préoccupation
secondaire.
Contrairement à des pays d'Afrique de l'Ouest ou
d'Asie qui ont réussi à imposer des tenues locales en s'appuyant sur une
industrie textile nationale forte, le Gabon manque d'usines de transformation
du coton ou de confection à grande échelle capables de proposer des vêtements
locaux de prêt-à-porter à des prix abordables. La mesure a donc été décrétée
sans que les infrastructures économiques permettant de la soutenir ne soient en
place.
L'ordre vestimentaire de CBON semble s'être
naturellement transformé en simple recommandation, que la majorité des fonctionnaires
Gabonais choisit pour l’instant d'ignorer pour des raisons de confort et de
praticité.
Finalement, cette mesure va échouer parce qu'une
identité culturelle ne se décrète pas simplement par circulaire. Pour qu'une
telle politique fonctionne, elle doit s'accompagner d'une politique de
production locale, d'un pouvoir d'achat adéquat et ne pas paraître en décalage
avec les véritables urgences socio-économiques du pays.

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