IS THIS A DANGEROUS CALL FOR THE RECOLONIZATION OF AFRICA? EST-CE UN DANGEREUX APPEL À LA RECOLONISATION DE L’AFRIQUE ?
English version
An image is circulating on social media. It shows Donald Trump alongside Erik Prince, founder of the private military company Blackwater. Over it runs a striking line: it is time for the United States to "put the imperial hat back on" and govern countries that, in his view, cannot govern themselves, starting with "pretty much all of Africa."
The quote is authentic. But does the image tell the whole story? And should we read it as a sign that recolonization is being prepared?
What Erik Prince actually said
The remarks date from February 2024. Prince made them on his podcast Off Leash, in an episode about immigration at the US southern border. The viral image summarizes his words faithfully, though it condenses them.
This was not a line taken out of context. His co-host, Mark Serrano, warned him that critics would accuse him of advocating colonialism again. Prince replied "Absolutely, yes," and added that the idea applied to Latin America too.
The video spread widely across Africa, notably through the Africa Facts Zone account, and sparked outrage in Ghana, Nigeria and elsewhere.
What the image doesn't tell you
It's Prince speaking, not Trump. Placing the US president's face beside the quote suggests official policy. Prince is an ally and a contractor close to the administration, not a government official. No known official statement has taken up his call to govern Africa.
His arguments. Prince justifies his position with corruption: in his view, many African leaders loot their countries instead of serving their citizens. He also ties the idea to immigration, which he describes as an "invasion" of the United States.
His interests. Prince is not just a commentator. He is expanding his activities in the Democratic Republic of Congo, and the New York Times reported that he met Belgium's top Africa diplomat in January 2026. His views on African governance cannot be separated from his business interests in the security sector.
Real danger or provocation?
For his critics, Prince's rhetoric is dangerous on several counts:
- It repeats, almost word for word, the justification for historical colonization: peoples supposedly "incapable" of self-rule who must be governed for their own good.
- It lumps together 54 countries with very different histories, institutions and trajectories.
- It comes from a man who would profit from security contracts in those same countries. His credibility is also disputed: Sean McFate, a former military contractor and Atlantic Council fellow, says Prince has no successful missions to his name in Africa.
Other voices add nuance. A writer for The American Conservative argues that Prince's warning deserves attention, without endorsing intervention. African commentators, such as on the Kenyan site Khusoko, reject his solution but acknowledge that part of his diagnosis about poor governance resonates. For them, the answer lies in more accountable African leaders, not the return of foreign powers.
What to watch
For now, Erik Prince's call is the rhetoric of an influential private actor, not a plan announced by Washington. The real danger will not come from a line on a podcast, but from whether it turns into policies or contracts.
That is where vigilance is needed: which security deals is Prince signing, with which governments, and on what terms? His growing presence in the DRC deserves more attention than his verbal provocations. For Africans, and for us in Gabon, the best answer to this rhetoric is to prove it wrong through strong, accountable institutions.
Version française
Une image circule sur les réseaux sociaux. On y voit Donald Trump et, à ses côtés, Erik Prince, le fondateur de la société militaire privée Blackwater. En surimpression, une phrase choc : il serait temps pour les États-Unis de « remettre le chapeau impérial » et de gouverner des pays qui, selon lui, en seraient incapables, à commencer par « pratiquement toute l'Afrique ».
La citation est authentique. Mais l'image raconte-t-elle toute l'histoire ? Et faut-il y voir le signal d'une recolonisation en préparation ?
Ce qu'Erik Prince a vraiment dit
Les propos datent de février 2024. Prince les a tenus dans son podcast Off Leash, lors d'un épisode consacré à l'immigration à la frontière sud des États-Unis. L'image virale résume fidèlement ses mots, même si elle les condense.
Il ne s'agit pas d'une phrase sortie de son contexte. Son co-animateur, Mark Serrano, l'a prévenu que ses détracteurs l'accuseraient de défendre à nouveau le colonialisme. Prince a répondu « Absolument, oui ». Il a même ajouté que l'idée valait aussi pour l'Amérique latine.
La vidéo a été largement relayée en Afrique, notamment par le compte Africa Facts Zone, et a suscité l'indignation au Ghana, au Nigeria et ailleurs.
Ce que l'image ne dit pas
C'est Prince qui parle, pas Trump. Placer le visage du président américain à côté de la citation laisse penser qu'il s'agit d'une politique officielle. Prince est un allié et un entrepreneur proche de l'administration, pas un responsable gouvernemental. Aucune déclaration officielle connue ne reprend son appel à gouverner l'Afrique.
Ses arguments. Prince justifie sa position par la corruption : selon lui, de nombreux dirigeants africains pilleraient leur pays au lieu de servir leurs citoyens. Il relie aussi son idée à l'immigration, qu'il présente comme une « invasion » des États-Unis.
Ses intérêts. Prince n'est pas un simple commentateur. Il développe ses activités en République démocratique du Congo, et le New York Times a rapporté qu'il a rencontré en janvier 2026 le principal diplomate belge chargé de l'Afrique. Ses opinions sur la gouvernance africaine ne peuvent donc pas être séparées de ses intérêts commerciaux dans le secteur de la sécurité.
Danger réel ou provocation ?
Pour ses critiques, le discours de Prince est dangereux à plusieurs titres :
- Il reprend mot pour mot la justification de la colonisation historique : des peuples prétendument « incapables » de se gouverner, qu'il faudrait diriger pour leur bien.
- Il met dans le même sac 54 pays aux histoires, aux institutions et aux trajectoires très différentes.
- Il émane d'un homme qui tirerait profit de contrats de sécurité dans ces mêmes pays. Sa crédibilité est d'ailleurs contestée : Sean McFate, ancien contractuel militaire et chercheur à l'Atlantic Council, affirme que Prince n'a aucune mission réussie à son actif en Afrique.
D'autres voix nuancent. Un auteur du magazine The American Conservative estime qu'il faut prêter attention à l'avertissement de Prince, sans pour autant prôner l'intervention. Des commentateurs africains, comme sur le site kenyan Khusoko, rejettent sa solution mais reconnaissent qu'une partie de son diagnostic sur la mauvaise gouvernance trouve un écho. Pour eux, la réponse passe par des dirigeants africains plus responsables, pas par un retour des puissances étrangères.
Ce qu'il faut surveiller
À ce stade, l'appel d'Erik Prince relève du discours d'un acteur privé influent, pas d'un plan annoncé par Washington. Le vrai danger ne viendra pas d'une phrase dans un podcast, mais de sa traduction éventuelle en politiques ou en contrats.
C'est là que la vigilance s'impose : quels accords de sécurité Prince signe-t-il, avec quels gouvernements, et à quelles conditions ? Sa présence croissante en RDC mérite plus d'attention que ses provocations verbales. Pour les Africains, et pour nous au Gabon, la meilleure réponse à ce discours reste de démontrer, par des institutions solides et redevables, qu'il a tort.

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