THE GABONESE DO NOT LEARN FROM HISTORY! LES GABONAIS N’APPRENNENT PAS DE L’HISTOIRE!







English version


One of the most complex and tragic phenomena of Gabonese political sociology is the refusal of Gabonese to believe in the sincerity of the republican commitments of those who rise up against the regime.


The cases of André Mba Obama (AMO) and Jean Ping perfectly illustrate this dynamic: initial disbelief, followed by popular validation acquired only in blood, destruction or sacrifice.


If Gabonese public opinion seems to show amnesia or refuse to learn from history, it is not for lack of lucidity. It is actually the result of profound psychological and political mechanisms, forged by decades of specific governance; which make this cycle of suspicion repeated tirelessly.


For more than half a century, the Gabonese political system was structured around the ability of power to buy back or reintegrate its opponents.


The country’s political history is full of dissident figures who, after raising popular hopes, ended up returning to power or accepting compromises in exchange for positions.


Public opinion has retained these episodes. Therefore, it’s reflex of intellectual and emotional survival is cynicism: the population assumes that any dissent from the seraglio is a simple negotiation tactic to raise the stakes and find a place at the table.


Because the Gabonese have often seen false ruptures, the bar of credibility is set at an extremely high level for any defector of the system. For public opinion to accept the sincerity of a breakup, simple words are no longer enough. Material proof is needed that the link with power is definitively broken. Tragically, this evidence often takes the form of state violence:


Illness and death for AMO.


The bombing of the HQ and the deaths of August 2016 for Jean Ping.


Today, incarceration or prosecution for Alain Claude Bilié By Nzé. As long as the state does not violently beat the dissident, the street believes that he still benefits from secret protection from the system.


In regimes where major decisions are often made in closed circles, public space is deprived of transparent information. Nature hating emptiness, opacity feeds conspiracy. It is easier for an average citizen to believe in a Machiavellian arrangement orchestrated in the shadows, rather than to analyze the real ideological or strategic differences that can prompt a hierarch to leave the ship.


The case of Alain Claude Bilié By Nzé is even more complex because of his past role. Having been the spokesman, then the last Prime Minister and one of the most vocal defenders of the previous regime until its fall, the general public undergoes cognitive dissonance. It is extremely difficult for the citizen to accept that the one who embodied the repression or the justification of power yesterday may be the victim of the system today. History does not teach us to quickly forgive those who have long held the whip.


In the end, society is not amnesiac; it is hyper-vigilant and traumatized. This climate of perpetual distrust is the direct legacy of a State that has systematically blurred the lines between political opposition and internal clan struggles.


In view of this heavy liability, current political actors do not always have mechanisms to restore confidence in the public without having to go through the victim of physical or material violence box.




Version française 


L'un des phénomènes les plus complexes et tragiques de la sociologie politique gabonaise est le refus qu’on les Gabonais de croire en la sincérité des engagements républicains de ceux qui se lèvent contre le régime.


Les cas d'André Mba Obame (AMO) et de Jean Ping illustrent parfaitement cette dynamique : l'incrédulité initiale, suivie d'une validation populaire acquise uniquement dans le sang, la destruction ou le sacrifice.


Si l'opinion publique gabonaise semble faire preuve d'amnésie ou refuser d'apprendre de l'histoire, ce n'est pas par manque de lucidité. C'est en réalité le résultat de mécanismes psychologiques et politiques profonds, forgés par des décennies de gouvernance spécifique; qui font que ce cycle du soupçon se répète inlassablement.


Pendant plus d'un demi-siècle, le système politique gabonais s'est structuré autour de la capacité du pouvoir à racheter ou à réintégrer ses opposants. 


L'histoire politique du pays regorge de figures dissidentes qui, après avoir soulevé les espoirs populaires, ont fini par retourner dans le giron du pouvoir ou accepter des compromis en échange de postes. 


L'opinion publique a retenu ces épisodes-là. Par conséquent, son réflexe de survie intellectuelle et émotionnelle est le cynisme : la population part du principe que toute dissidence issue du sérail est une simple tactique de négociation pour faire monter les enchères et retrouver sa place à la table.


Parce que les Gabonais ont souvent vu de fausses ruptures, la barre de la crédibilité est fixée à un niveau extrêmement élevé pour tout transfuge du système. Pour que l'opinion publique accepte la sincérité d'une rupture, les simples mots ne suffisent plus. Il faut une preuve matérielle que le lien avec le pouvoir est définitivement rompu. Tragiquement, cette preuve prend souvent la forme d'une violence d'État :

  • La maladie et la mort pour AMO.
  • Le bombardement du QG et les morts d'août 2016 pour Jean Ping.
  • Aujourd'hui, l'incarcération ou les poursuites judiciaires pour Alain Claude Bilié By Nzé. Tant que l'État ne frappe pas violemment le dissident, la rue estime qu'il bénéficie encore d'une protection secrète du système.


Dans des régimes où les décisions majeures se prennent souvent en cercles fermés, l'espace public est privé d'informations transparentes. La nature ayant horreur du vide, l'opacité nourrit le complotisme. Il est plus facile pour un citoyen lambda de croire à un arrangement machiavélique orchestré dans l'ombre, plutôt que d'analyser les divergences idéologiques ou stratégiques réelles qui peuvent pousser un hiérarque à quitter le navire.


Le cas d'Alain Claude Bilié By Nzé est encore plus complexe en raison de son rôle passé. Ayant été le porte-parole, puis le dernier Premier ministre et l'un des défenseurs les plus vocaux du régime précédent jusqu'à sa chute, le grand public subit une dissonance cognitive. Il est extrêmement difficile pour le citoyen d'accepter que celui qui incarnait la répression ou la justification du pouvoir hier puisse être la victime du système aujourd'hui. L'histoire ne nous apprend pas à pardonner rapidement à ceux qui ont longtemps tenu le fouet.


Au final, la société n'est pas amnésique ; elle est hyper-vigilante et traumatisée. Ce climat de défiance perpétuelle est l’héritage direct d'un État qui a systématiquement brouillé les lignes entre l'opposition politique et les luttes de clans internes.


Au regard de ce lourd passif, les acteurs politiques actuels ne disposent pas toujours de mécanismes pour restaurer la confiance dans la parole publique sans avoir à passer par la case de victime de violence physique ou matérielle.

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