HOW CAN PEOPLE’S HOMES BE DESTROYED SO CAVALIERLY ? COMMENT PEUT-ON DÉTRUIRE LES LOGEMENTS DE GENS AVEC AUTANT DE LÉGÈRETÉ ?




English version 


Three days after bulldozers moved into Okala, Lac-Bleu and Diba-Diba, Minister Mays Mouissi has ordered a "retro-assessment" to compensate families affected "by mistake."

It is an admission that raises a simple question: how can anyone destroy a person's home before checking their rights?


The facts: 270 buildings in the path of the roads

On Wednesday, November 4, 2026, demolition machines went to work in Libreville's first district. The official goal: to clear the rights-of-way for two road corridors included in the 2026-2030 National Growth and Development Plan (PNCD).


The census presented by government spokesperson Emmanuel Eyeghe Nze shows the scale of the operation:

Area

Buildings affected

With land title

Okala

67

13

Lac Bleu

53

0

Diba-Diba

150

0

Cheques were indeed handed out before the demolitions. In Diba-Diba, 139 families received a combined total of just over 1.8 billion CFA francs. In Okala, 69 owners shared 2.58 billion CFA francs, along with plots carrying land titles. The largest single cheque there reached 640.8 million CFA francs.


"By mistake": a telling admission

This is where it hurts. If families must be compensated after the fact, it means their homes were razed before their situation was properly assessed. The normal order of things (survey, assess, compensate, then demolish) was reversed for them.


A mistake on a cheque can be corrected. A destroyed home cannot. In the meantime, these families must find shelter, keep their children in school and rebuild, without knowing when or how much they will receive.


The most telling sign came from the Ministry of National Education. On November 6, two days after the demolitions began, it announced a toll-free number and on-site contact points for displaced pupils. Support measures are arriving piecemeal, when they should have come before the bulldozers.


What the government says

The executive defends a well-prepared operation. According to the spokesperson, the road routes were optimized to limit the impact on residents. On November 1, the government's Vice-President, Hermann Immongault, chaired a coordination meeting on support for affected households. More than 4.3 billion CFA francs have been paid out across two sites.


The minister also deserves credit for acknowledging the mistake publicly rather than denying it. That is rare, and it is the first condition for putting things right. The question now is whether this retro-assessment will be swift, transparent and fair.


A long-standing collective responsibility

These demolitions did not come out of nowhere. Along the Lac Bleu–Diba-Diba corridor, not one of the 203 buildings surveyed had a land title. Entire neighborhoods were allowed to grow for years without the state drawing boundaries or regularizing anything.


The Ministry of Housing, the Land Registry, the Cadastre and ANUTTC (the national urban planning, surveying and cadastre agency) have all failed to manage land occupation. Residents are now paying for decades of administrative neglect. Tearing down, without care, homes the state allowed to be built means making the most vulnerable pay for the state's own failings.


The questions that remain

  • How many families were affected "by mistake," and at which sites?
  • What criteria will the retro-assessment be based on, and who will carry it out?
  • How soon will the families be compensated?
  • Will occupants without a land title receive compensation or rehousing?
  • Will the operations announced in Nzeng-Ayong, Ondongo and Charbonnages follow a corrected procedure?


Conclusion: modernize, yes, but not at any cost

No one disputes that Libreville needs proper roads. But a modernization drive that leaves families homeless "by mistake" fails at what matters most. A nation is judged by how it treats those whose lives it upends.


The announced retro-assessment must be more than a gesture. It must be completed quickly, publish its figures and set the rule from now on: no home should come down before its occupants have been heard, assessed and compensated.



Version française 


Trois jours après l'entrée des pelleteuses à Okala, Lac-Bleu et Diba-Diba, le ministre Mays Mouissi ordonne une « rétro-évaluation » pour indemniser les familles touchées « par erreur ». 


Un aveu qui pose une question simple : comment peut-on détruire le logement de quelqu'un avant d'avoir vérifié ses droits ?


Les faits : 270 bâtiments sur la trajectoire des routes

Le mercredi 4 novembre 2026, les engins de démolition sont entrés en action dans le premier arrondissement de Libreville. Objectif officiel : libérer les emprises de deux axes routiers inscrits au Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030.


Le recensement présenté par le porte-parole du gouvernement, Emmanuel Eyeghe Nze, donne la mesure de l'opération :

Zone

Bâtiments impactés

Avec titre foncier

Okala

67

13

Lac Bleu

53

0

Diba-Diba

150

0

Des chèques ont bien été remis avant les démolitions. À Diba-Diba, 139 familles ont reçu au total un peu plus de 1,8 milliard de FCFA. À Okala, 69 propriétaires se sont partagé 2,58 milliards de FCFA, assortis de parcelles avec titres fonciers. Le plus gros chèque y a atteint 640,8 millions de FCFA.


« Par erreur » : un aveu lourd de sens

C'est là que le bât blesse. Si des familles doivent être indemnisées après coup, c'est que leur maison a été rasée sans que leur situation ait été correctement évaluée. L'ordre normal des choses: recenser, évaluer, indemniser, puis démolir; a été inversé pour elles.


Une erreur sur un chèque se corrige. Une maison détruite, non. Entre-temps, ces familles doivent se loger, scolariser leurs enfants et reconstruire, sans savoir quand ni combien elles recevront.


Le signe le plus parlant est venu du ministère de l'Éducation nationale. Le 6 novembre, soit deux jours après le début des démolitions, il annonçait un numéro vert et des points focaux pour les élèves déguerpis. Les mesures d'accompagnement arrivent au fil de l'eau, alors qu'elles auraient dû précéder les pelleteuses.


Ce que dit le gouvernement

L'exécutif défend une opération préparée. Selon le porte-parole, les tracés ont été optimisés pour limiter l'impact sur les riverains. Le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a présidé le 1er novembre une réunion de coordination sur l'accompagnement des ménages. Plus de 4,3 milliards de FCFA ont été versés sur deux sites.


On peut aussi porter au crédit du ministre d'avoir reconnu publiquement l'erreur plutôt que de la nier. C'est rare, et c'est la condition pour la réparer. Reste à savoir si cette rétro-évaluation sera rapide, transparente et équitable.


Une responsabilité collective ancienne

Ces démolitions ne tombent pas du ciel. Sur le corridor Lac Bleu–Diba-Diba, aucun des 203 bâtiments recensés n'avait de titre foncier. Des quartiers entiers ont pu grandir pendant des années sans que l'État ne trace de limites ni ne régularise.


Le ministère de l'Habitat, Conservation foncière, Cadastre et ANUTTC ont tous échoué à encadrer l'occupation des sols. Les habitants paient aujourd'hui pour des décennies de laisser-faire administratif. Détruire sans ménagement des maisons que l'État a laissé construire, c'est faire porter aux plus fragiles le prix de ses propres manquements.


Les questions qui restent

  • Combien de familles ont été touchées « par erreur », et sur quels sites ?
  • Sur quels critères reposera la rétro-évaluation, et qui la conduit ?
  • Dans quel délai les familles seront-elles indemnisées ?
  • Les occupants sans titre foncier recevront-ils une compensation ou un relogement ?
  • Les opérations annoncées à Nzeng-Ayong, Ondongo et Charbonnages suivront-elles une procédure corrigée ?


Conclusion : moderniser, oui, mais pas à n'importe quel prix

Personne ne conteste que Libreville a besoin de routes dignes de ce nom. Mais une modernisation qui laisse des familles à la rue « par erreur » échoue sur l'essentiel. Une nation se juge à la manière dont elle traite ceux dont elle bouleverse la vie.


La rétro-évaluation annoncée doit être plus qu'un geste. Elle doit aboutir vite, publier ses chiffres et servir de règle pour la suite : plus aucune maison ne doit tomber avant que ses occupants aient été entendus, évalués et indemnisés.

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