CBON’S RIDICULOUS AND FUTILE WAR AGAINST SOCIAL MEDIA! LA RIDICULE ET FUTILE GUERRE DE CBON CONTRE LES RÉSEAUX SOCIAUX !
English version
The CBON regime has just ordered the suspension « until further notice » of the main social networks (Facebook, TikTok, WhatsApp, Instagram, YouTube).
The High Communication Authority (HAC) and the presidency justify this ban by the desire to bend the net giants, in particular the Meta group. The Gabonese authorities denounce the laxity of these platforms in the face of the spread of false information, cyberbullying and hate speech which, according to them, threaten to « destabilize the institutions of the Republic ». It would therefore be a tug-of-war to demand better moderation and establish a certain « digital sovereignty ».
But this massive interruption of social networks does not occur in a calm climate. CBON is currently going through the first real zone of turbulence of his mandate, facing a wave of significant social protest, marked in particular by a long teachers’ strike.
Many observers, journalists and citizens, share the opinion that attacking social networks is like « breaking the thermometer in the hope of lowering the fever ». This measure is perceived as an autocratic drift aimed at stifling social grumbling and preventing the organization of demonstrators. It is a violation of freedom of expression and penalizes the local economy, knowing that a large number of small businesses and service exchanges in Gabon are now based entirely on platforms such as Facebook or WhatsApp.
By wanting to control the digital space under the guise of maintaining moral and institutional order, the Gabonese government attracts the wrath of an increasingly connected population, making this approach as unpopular as it is difficult to maintain in the long term.
The tug-of-war with Meta struggles to convince anyone, because the balance of power is totally asymmetrical. Gabon has just over 2.4 million inhabitants. For its part, Meta (which includes Facebook, WhatsApp, Instagram) claims more than 3 billion monthly active users worldwide. The Gabonese market does not even represent 0.1% of their overall audience.
Meta’s business model is based on targeted advertising. The loss of revenue generated on Gabonese territory during this suspension is statistically invisible in the financial statements of Mark Zuckerberg’s company. Meta probably won’t even notice the drop in traffic.
In this type of suppression, the digital platform does not suffer, but the country suffers immediate collateral damage, because in Gabon, as in many countries on the continent, WhatsApp and Facebook are the backbone of the informal economy, small businesses, delivery services and communication of small and medium-sized enterprises.
Cutting off these networks is tantamount to freezing part of its own economy and isolating its population, without any consequence for the target company, Meta.
Since bending Meta by holding its traffic hostage is economically and mathematically unrealistic, this confirms the analysis of most observers: the real target is not Silicon Valley, but the Gabonese population.
The real objective of this measure is to slow down the coordination of strikes (especially that of teachers), to prevent the dissemination of images of demonstrations and to muzzle the social grumbling.
This is a strategy that may cost CBON dearly.
Version française
Le régime CBON vient d’ordonner la suspension "jusqu'à nouvel ordre" des principaux réseaux sociaux (Facebook, TikTok, WhatsApp, Instagram, YouTube).
La Haute Autorité de la Communication (HAC) et la présidence justifient cette interdiction par la volonté de faire plier les géants du net, en particulier le groupe Meta. Les autorités gabonaises dénoncent le laxisme de ces plateformes face à la propagation de fausses informations, au cyberharcèlement et aux propos haineux qui, selon elles, menacent de « déstabiliser les institutions de la République ». Il s'agirait donc d'un bras de fer pour exiger une meilleure modération et asseoir une certaine "souveraineté numérique".
Mais cette interruption massive des réseaux sociaux n'intervient pas dans un climat apaisé. CBON traverse actuellement la première véritable zone de turbulences de son mandat, devant faire face à une vague de contestation sociale importante, marquée notamment par une longue grève des enseignants.
De nombreux observateurs, des journalistes et des citoyens, partagent l’avis que de s'attaquer aux réseaux sociaux revient à « casser le thermomètre en espérant faire baisser la fièvre ». Cette mesure est perçue comme une dérive autocratique visant à étouffer la grogne sociale et à empêcher l'organisation des manifestants. Elle constitue une violation de la liberté d'expression et elle pénalise l'économie locale, sachant qu'un grand nombre de petits commerces et d'échanges de services au Gabon reposent aujourd'hui entièrement sur des plateformes comme Facebook ou WhatsApp.
En voulant contrôler l'espace numérique sous couvert de maintien de l'ordre moral et institutionnel, le gouvernement gabonais s'attire les foudres d'une population de plus en plus connectée, rendant cette démarche aussi impopulaire que difficile à tenir sur le long terme.
Le bras de fer avec Meta peine à convaincre qui que ce soit, car le rapport de force est totalement asymétrique. Le Gabon compte un peu plus de 2,4 millions d'habitants. De son côté, Meta (qui englobe Facebook, WhatsApp, Instagram) revendique plus de 3 milliards d'utilisateurs actifs mensuels dans le monde. Le marché gabonais ne représente même pas 0,1 % de leur audience globale.
Le modèle économique de Meta repose sur la publicité ciblée. La perte des revenus générés sur le territoire gabonais pendant cette suspension est statistiquement invisible dans les bilans financiers de l'entreprise de Mark Zuckerberg. Meta ne remarquera probablement même pas la baisse de trafic.
Dans ce type de suppression, la plateforme numérique ne souffre pas, mais le pays subit des dommages collatéraux immédiats, car au Gabon, comme dans de nombreux pays du continent, WhatsApp et Facebook sont l'épine dorsale de l'économie informelle, du petit commerce, des services de livraison et de la communication des petites et moyennes entreprises.
Couper ces réseaux revient à geler une partie de sa propre économie et à isoler sa population, sans aucune conséquence pour l'entreprise visée, Meta.
Puisque faire plier Meta en retenant son trafic en otage est économiquement et mathématiquement irréaliste, cela confirme l'analyse de la plupart des observateurs : la véritable cible n'est pas la Silicon Valley, mais bien la population gabonaise.
L’objectif réel de cette mesure est de ralentir la coordination des grèves (notamment celle des enseignants), d'empêcher la diffusion d'images de manifestations et de museler la grogne sociale.
C'est une stratégie qui risque de couter cher à CBON.
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