Appointments in Gabon: Still Trapped by Geopolitics in 2026! Nominations au Gabon : en 2026, toujours prisonniers de la géopolitique!
English version
On October 16, GabonReview reported on a WhatsApp group in which senior Fang civil servants from the Estuaire province denounce their exclusion from the top levels of government. According to them, the latest cabinet reshuffle cut their community's presence in government from four ministers to two, and they no longer hold a single director-general or ministry secretary-general post. Beyond this particular case, the affair says something broader, and more troubling: in 2026, we are still counting positions by province and by ethnic group.
An unwritten rule that everyone applies
In Gabon, everyone knows about "geopolitics," even though no text defines it. The principle is simple: every province and every major community must see its people represented in ministries, the civil service and state-owned companies. Made into a method of government under Omar Bongo Ondimba, this unwritten rule was meant to contain rivalries in a country where no single group can govern alone.
The result: every appointee is also, whether they like it or not, a representative. And every reshuffle is read first as a distribution chart, before it is judged on competence or policy.
A complaint that confirms the rule
What stands out in these officials' indignation is that it does not challenge the system at all. They are not asking for appointments based on merit; they are asking for their community to get a better share. Their anger, however understandable, therefore validates the very logic that fuels their frustration.
That is the whole trap of "geopolitics": it turns every individual disappointment into a collective grievance. A sidelined official is no longer just a sidelined official; it is their province, their ethnic group, their political family that feels humiliated. The rule is often criticized for feeding the very divisions it claims to soothe. This affair is a case in point.
What the rule has achieved, and what it costs
It would be unfair to dismiss "geopolitics" out of hand. Its defenders point out that it has served as a safeguard for civil peace for decades, and that a community's sense of exclusion is never trivial in such a diverse country. Simply ignoring regional balances would carry risks of its own.
But the price is high. When belonging comes before competence, the state deprives itself of its best people. Patronage takes root, since loyalty to one's community becomes a career lever. And ministers themselves end up being judged not on their results but on their ability to "place" their own. The officials quoted by GabonReview say as much when they ask what their ministers' presence in government actually achieved.
Figures to handle with care
This kind of debate also thrives on approximations. One participant claims that Estuaire is home to three quarters of Gabon's population. That is an exaggeration: according to the 2013 census, the province accounted for just under half. The figure is still considerable, but the inflation of arguments shows how often these community tallies rest on perception rather than facts.
Likewise, GabonReview says it verified the core of the complaint, without detailing those checks in its article. If we want a serious debate on how representative the senior civil service is, we need public, reliable and verifiable data, not inventories traded on WhatsApp.
The Transition promised something else
The most disappointing part is the context. The Transition was presented as a break with the practices of the Bongo era. Yet three years on, reshuffles are still read through the same balances, settled quietly, with no criteria known to all. The change of regime has not, so far, changed the grammar of power.
Moving beyond the headcount
Getting out of "geopolitics" cannot happen overnight. But we can start by making it less necessary: transparent competitive exams and open calls for applications for leadership posts, published appointment criteria, performance-based evaluations. If everyone were assured that the rules are the same for all, the need to count one's own at every reshuffle would fade.
As long as appointments remain opaque, each community will keep its own tally, and every reshuffle will breed new resentment. In 2026, Gabon deserves better than a distribution chart.
Version française
Le 16 octobre, GabonReview a rapporté les échanges d'un groupe WhatsApp où des cadres Fang de l'Estuaire dénoncent leur mise à l'écart de la haute administration. Selon eux, le dernier remaniement a réduit leur présence au gouvernement de quatre ministres à deux, et leur communauté ne compterait plus aucun directeur général ni secrétaire général de ministère. Au-delà du cas particulier, cette affaire dit quelque chose de plus large, et de plus inquiétant : en 2026, nous en sommes encore à compter les postes par province et par ethnie.
Une règle sans texte, mais que tout le monde applique
Au Gabon, chacun connaît la « géopolitique », même si aucun texte n'en fixe les contours. Le principe est simple : chaque province et chaque grande communauté doit voir ses cadres représentés dans les ministères, l'administration et les entreprises publiques. Érigée en méthode de gouvernement sous Omar Bongo Ondimba, cette règle non écrite visait à contenir les rivalités dans un pays où aucun groupe ne peut gouverner seul.
Résultat : chaque nommé est aussi, qu'il le veuille ou non, un représentant. Et chaque remaniement se lit d'abord comme un tableau de répartition, avant d'être jugé sur les compétences ou le programme.
Une plainte qui confirme la règle
Ce qui frappe dans l'indignation de ces cadres, c'est qu'elle ne remet nullement en cause le système. Ils ne demandent pas que les nominations se fassent au mérite ; ils demandent que leur communauté soit mieux servie dans la répartition. Leur colère, aussi compréhensible soit-elle, valide donc la logique même qui alimente leur frustration.
C'est tout le piège de la « géopolitique » : elle transforme chaque déception individuelle en grief collectif. Un cadre écarté n'est plus seulement un cadre écarté ; c'est sa province, son ethnie, sa famille politique qui se sentent humiliées. On reproche à cette règle de nourrir les clivages qu'elle prétend apaiser. Cette affaire en est une illustration.
Ce que la règle a apporté, et ce qu'elle coûte
Il serait injuste de balayer la « géopolitique » d'un revers de main. Ses défenseurs rappellent qu'elle a servi de garde-fou à la paix civile pendant des décennies, et que le sentiment d'exclusion d'une communauté n'est jamais anodin dans un pays aussi divers. Ignorer purement et simplement les équilibres régionaux comporterait lui aussi des risques.
Mais le prix est lourd. Quand l'appartenance passe avant la compétence, l'État se prive de ses meilleurs profils. Le clientélisme s'installe, puisque la loyauté envers sa communauté devient un levier de carrière. Et les ministres eux-mêmes finissent par être jugés non sur leurs résultats, mais sur leur capacité à « placer » les leurs. Les cadres cités par GabonReview ne disent pas autre chose lorsqu'ils se demandent à quoi a servi la présence de leurs ministres au gouvernement.
Des chiffres à manier avec prudence
Ce type de débat se nourrit aussi d'approximations. L'un des intervenants affirme que l'Estuaire concentre les trois quarts de la population gabonaise. C'est exagéré : selon le recensement de 2013, la province en regroupait un peu moins de la moitié. Le chiffre reste considérable, mais l'inflation des arguments montre combien ces comptes communautaires reposent souvent sur le ressenti plus que sur les faits.
De même, GabonReview indique avoir vérifié l'essentiel du constat, sans détailler ces vérifications dans son article. Or, si l'on veut débattre sérieusement de la représentativité de la haute fonction publique, il faut des données publiques, fiables et vérifiables, et non des inventaires échangés sur WhatsApp.
La Transition promettait autre chose
Le plus décevant, c'est le contexte. La Transition avait été présentée comme une rupture avec les pratiques de l'ère Bongo. Or, trois ans plus tard, les remaniements continuent de se lire à l'aune des mêmes équilibres, réglés en silence, sans critères connus de tous. Le changement de régime n'a pas, pour l'instant, changé la grammaire du pouvoir.
Sortir du comptage
Sortir de la « géopolitique » ne se décrète pas du jour au lendemain. Mais on peut commencer par la rendre moins nécessaire : des concours et des appels à candidatures transparents pour les postes de direction, des critères de nomination publiés, des évaluations sur les résultats. Si chacun avait la garantie que les règles sont les mêmes pour tous, le besoin de compter les siens à chaque remaniement s'atténuerait.
Tant que les nominations resteront opaques, chaque communauté continuera de tenir ses comptes, et chaque remaniement nourrira de nouvelles rancœurs. En 2026, le Gabon mérite mieux qu'un tableau de répartition.

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