THE WORLD BANK SOUNDS THE ALARM ON GABON! LA BANQUE MONDIALE TIRE LA SONNETTE D’ALARME SUR LE GABON !






English version 


The verdict is unequivocal. On Tuesday, 29 September 2026, the World Bank's office in Libreville launched the 2026 Public Finance Review of Gabon, a 152-page document that scrutinises the country's budget management.

Public contracts awarded without competitive tender, struggling state-owned enterprises, extractive revenues falling short of their potential: the institution paints a stark picture. 


Public procurement: the reign of direct awards

The World Bank examined 2,273 contracts awarded between February 2020 and August 2025. They represent around 3,500 billion CFA francs, or roughly 4.4% of GDP over the period. Public works account for 45%, supplies for 36% and consulting services for 10%.

The findings are damning: a system dominated by direct awards, with contracts concentrated among a small number of beneficiaries. According to the institution, this concentration stifles competition and prevents the state from getting the best value for its money.

Another symptom: contract awards surge every year between September and December, as the fiscal year closes. This rush reveals poor procurement planning, made worse by cash-flow pressures at the Treasury. And by mid-2026, only two of the four regulatory texts deemed essential to modernise the framework had been drafted.


State-owned enterprises: 1,154 billion CFA francs at risk

The state's portfolio comprises 163 entities. The World Bank estimates the main fiscal risks they pose at 1,154 billion CFA francs, or 9.1% of GDP.

Six "strategic" companies are the main cause for concern. In 2024, they generated 1,402.8 billion CFA francs in revenue, but carried 1,064 billion CFA francs in debt.

  • SEEG: negative equity of 90.7 billion CFA francs in 2024 and cumulative losses of over 127 billion. Despite its recent split into two entities (water and electricity), its financial viability remains a major challenge.
  • CDC and FGIS: the state's two main investment vehicles manage portfolios of 152 and 354 billion CFA francs respectively, but both face performance difficulties.
  • Gabon Oil Company: its debt has risen sharply following its oil acquisitions.

For the institution, the legal framework, largely inherited from Law No. 11/82, is no longer fit for purpose.


Oil, mining, forestry: wealth slipping away

At comparable production levels, Gabon's Treasury collects less from its oil than neighbouring exporting countries. The same is true for mining and timber, whose revenues remain below their "tax potential", meaning what the state could collect under an optimised fiscal and contractual framework.

This gap is a direct loss for hospitals, schools and roads. It revives the debate over agreements signed with multinationals, which several voices are calling to be renegotiated.


The proposed remedies: up to 5.3% of GDP to be recovered

The World Bank does not stop at the diagnosis. It proposes a set of reforms with estimated net gains of between 1.8% and 5.3% of GDP:

  • Taxation: rationalise tax exemptions and apply the single property tax to all properties.
  • Extractive sectors: publish contracts in full, strengthen commitment to the EITI and consider more progressive oil and mining tax regimes.
  • Public procurement: promote competition and adopt electronic procurement.
  • State-owned enterprises: publish a first report on the portfolio, adopt a new law on their governance, restructure the most fragile ones and streamline the portfolio.


If used wisely, these resources could fund better public services and the investments planned under the National Growth and Development Plan (PNCD) 2026–2030.


A report landing in the middle of IMF negotiations

The report comes a few weeks after a high-level meeting. On Thursday, 3 September 2026, Vice-President of Government Hermann Immongault received the World Bank's new resident representative, Sylvain Kakou. The two sides agreed on a roadmap for stronger cooperation.

On that occasion, Libreville asked for the World Bank's support in its ongoing talks with the IMF. The government drew a red line: no budget reforms at the expense of social protection or the most vulnerable households.


From diagnosis to decisions

The paradox is striking. Gabon remains a resource-rich country, yet part of that wealth is lost to opaque contracts, loss-making state enterprises and under-optimised extractive revenues.

The World Bank has made its diagnosis and quantified the potential gains. It is now up to the authorities to turn it into decisions, without sacrificing the vulnerable households they have pledged to protect.




Version française 


Le diagnostic est sans appel. Le mardi 29 septembre 2026, le bureau de la Banque mondiale à Libreville a lancé la Revue des finances publiques du Gabon 2026, un document de 152 pages qui passe au crible la gestion budgétaire du pays.

Marchés publics attribués de gré à gré, entreprises publiques en difficulté, recettes extractives inférieures à leur potentiel : l'institution dresse un tableau sévère. 


Marchés publics : le règne du gré à gré

La Banque mondiale a examiné 2 273 contrats attribués entre février 2020 et août 2025. Ils représentent environ 3 500 milliards de FCFA, soit près de 4,4 % du PIB sur la période. Les travaux publics en absorbent 45 %, les fournitures 36 % et les prestations intellectuelles 10 %.


Le constat est sévère : un système dominé par l'attribution directe, avec une forte concentration des bénéficiaires. Selon l'institution, cette concentration réduit la concurrence et empêche l'État de tirer le meilleur parti de son argent.


Autre symptôme : les attributions explosent chaque année entre septembre et décembre, à la clôture de l'exercice. Cette précipitation trahit une planification défaillante des achats, aggravée par les tensions de trésorerie. Et à la mi-2026, seuls deux des quatre textes jugés indispensables pour moderniser le cadre réglementaire avaient été rédigés.


Entreprises publiques : 1 154 milliards de FCFA de risques

Le portefeuille de l'État compte 163 entités. La Banque mondiale évalue les principaux risques budgétaires qu'elles font peser à 1 154 milliards de FCFA, soit 9,1 % du PIB.


Six entreprises « stratégiques » concentrent l'inquiétude. En 2024, elles ont généré 1 402,8 milliards de FCFA de recettes, mais supportaient 1 064 milliards de FCFA de dette.


  • SEEG : 90,7 milliards de FCFA de capitaux propres négatifs en 2024 et plus de 127 milliards de pertes cumulées. Malgré sa récente scission en deux entités (eau et électricité), sa viabilité financière reste un défi majeur.
  • CDC et FGIS : les deux principaux véhicules d'investissement de l'État gèrent respectivement 152 et 354 milliards de FCFA, mais affichent des difficultés de performance.
  • Gabon Oil Company : sa dette a fortement progressé avec les acquisitions pétrolières.

Pour l'institution, le cadre juridique, largement hérité de la loi n° 11/82, n'est plus adapté.


Pétrole, mines, forêts : une richesse qui file

À production comparable, le Trésor gabonais perçoit moins sur son pétrole que les pays voisins exportateurs. Le constat est le même pour les mines et le bois, dont les recettes restent inférieures à leur « potentiel fiscal », c'est-à-dire ce que l'État pourrait percevoir avec un cadre fiscal et contractuel optimisé.


Cet écart est un manque à gagner direct pour les hôpitaux, les écoles et les routes. Il relance le débat sur les conventions signées avec les multinationales, dont plusieurs voix réclament la révision.


Les remèdes proposés : jusqu'à 5,3 % du PIB à récupérer

La Banque mondiale ne se contente pas du diagnostic. Elle propose une série de réformes dont les gains nets sont estimés entre 1,8 % et 5,3 % du PIB :

  • Fiscalité : rationaliser les exonérations et appliquer la contribution foncière unique à toutes les propriétés.
  • Secteurs extractifs : publier intégralement les contrats, renforcer l'engagement envers l'ITIE et étudier des régimes fiscaux pétroliers et miniers plus progressifs.
  • Commande publique : promouvoir la concurrence et adopter la passation électronique des marchés.
  • Entreprises publiques : publier un premier rapport sur leur portefeuille, adopter une nouvelle loi sur leur gouvernance, assainir les plus fragiles et rationaliser le portefeuille.


Bien employées, ces ressources pourraient financer l'amélioration des services publics et les investissements du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030.


Un rapport qui tombe en pleines négociations avec le FMI

Ce rapport intervient quelques semaines après une rencontre au sommet. Le jeudi 3 septembre 2026, le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a reçu le nouveau représentant résident de la Banque mondiale, Sylvain Kakou. Les deux parties ont arrêté une feuille de route pour une coopération renforcée.

À cette occasion, Libreville a sollicité l'appui de la Banque mondiale dans ses discussions en cours avec le FMI. Le gouvernement a fixé une ligne rouge : pas de réformes budgétaires au détriment de la protection sociale et des ménages les plus vulnérables.


Du diagnostic aux décisions

Le paradoxe est saisissant. Le Gabon reste un pays riche en ressources, mais une partie de cette richesse se perd entre contrats opaques, entreprises publiques déficitaires et recettes extractives sous-optimisées.


La Banque mondiale a posé le diagnostic et chiffré les gains possibles. Il revient désormais aux autorités de le traduire en décisions, sans sacrifier les ménages vulnérables qu'elles se sont engagées à protéger.


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