Africa Sits on Energy, Yet Lives in the Dark! L'Afrique assise sur l'énergie, mais plongée dans le noir!





English version 


Oil, gas, sunshine, rivers: Africa lacks none of the world's energy sources. Yet the 2025 global production figures tell a different story. The entire continent accounts for 7.6% of world oil output, while the United States alone produces 20%. For gas, it is 5.7% against 25.4%. And the gap becomes dizzying when we look at the energies of tomorrow: 1.2% of global wind power, 1.2% of solar, 0.4% of nuclear. China alone produces 40% of the planet's solar power.


A Gap Measured in Human Lives

Behind these percentages are families. Sub-Saharan Africa accounted for 86% of the global electricity access deficit in 2024, with 563 million people still living without power, according to the latest SDG 7 tracking report. Worse, the problem is not shrinking: between 2022 and 2024, the region recorded an average of 42 million new connections a year, while its population grew by roughly 38 million a year. In other words, we are running just to stand still.

Central Africa, our region, lags furthest behind: its access deficit grew by 34 million people since 2010, while East Africa cut its own by 35 million thanks to grid expansion and decentralized energy in countries like Rwanda and Kenya. Proof that this is not inevitable.


The Gabonese Paradox

Gabon perfectly illustrates this paradox. An oil-producing country for decades, it still lives to the rhythm of power cuts. Outages continue to disrupt daily life for households and businesses, despite more than 200 billion CFA francs mobilized since 2024 to boost production and modernize the grid. Just last month, the shutdown of the KarpowerShip floating power plant for emergency maintenance caused eleven hours of load-shedding in Greater Libreville. A capital city depending on a foreign power ship: that says it all.


The authorities have recognized the scale of the problem. The government approved a 1,000 billion CFA franc investment plan for SEEG, and President Oligui Nguema plans to restructure the utility by separating water from electricity, and splitting production, distribution and sales. Once connected, the Kinguélé Aval dam is expected to reduce dependence on fossil fuels and stabilize electricity costs. The challenge now is turning announcements into power that stays on.


Producing Is Not Enough

One nuance matters: Africa already produces far more oil and gas than it consumes. The problem is not only production, but keeping that energy at home, processing it and distributing it. We export crude oil and import darkness.

The real obstacle is money. Africa holds 60% of the world's solar potential but receives less than 3% of global energy financing. To provide universal electricity access in Sub-Saharan Africa by 2035, the IEA estimates investment needs at 150 billion US dollars. That is a lot, but less than what the continent loses every year to idle factories, generators and spoiled goods.


No Development Without Electricity

No country has ever industrialized in the dark. Without reliable power, there are no factories, no cold storage for our farmers, no functioning hospitals, no digital economy. Energy is not one sector among others: it is the condition for all the others.


Initiatives exist, such as Mission 300, a joint World Bank and African Development Bank program aiming to bring electricity to 300 million Africans by 2030. But no donor can replace good governance of our own public utilities. The day Africa produces its electricity as seriously as it extracts its oil, the gap will close. Not before.




Version française 


Pétrole, gaz, soleil, fleuves : l'Afrique ne manque d'aucune source d'énergie. Et pourtant, les chiffres de production mondiale de 2025 racontent une autre histoire. Le continent tout entier pèse 7,6 % de la production mondiale de pétrole, quand les seuls États-Unis en assurent 20 %. Pour le gaz, c'est 5,7 % contre 25,4 %. Et l'écart devient vertigineux dès qu'on regarde les énergies de demain : 1,2 % de l'éolien mondial, 1,2 % du solaire, 0,4 % du nucléaire. La Chine, à elle seule, produit 40 % du solaire de la planète.


Un retard qui se compte en vies humaines

Derrière ces pourcentages, il y a des familles. L'Afrique subsaharienne représentait 86 % du déficit mondial d'accès à l'électricité en 2024, avec 563 millions de personnes vivant encore sans électricité, selon le dernier rapport de suivi de l'ODD 7. Pire, le problème ne se résorbe pas : entre 2022 et 2024, la région a enregistré en moyenne 42 millions de nouveaux raccordements par an, mais sa population augmentait d'environ 38 millions de personnes par an. Autrement dit, on court pour rester sur place.


L'Afrique centrale, la nôtre, est la mauvaise élève : son déficit d'accès a augmenté de 34 millions de personnes depuis 2010, alors que l'Afrique de l'Est l'a réduit de 35 millions grâce au réseau et aux énergies décentralisées au Rwanda et au Kenya. La preuve que ce n'est pas une fatalité.


Le paradoxe gabonais

Le Gabon illustre parfaitement ce paradoxe. Pays pétrolier depuis des décennies, il vit pourtant au rythme des délestages. Les coupures continuent de rythmer le quotidien des ménages et des entreprises, malgré plus de 200 milliards FCFA mobilisés depuis 2024 pour renforcer la production et moderniser les réseaux. En septembre encore, l'arrêt de la centrale flottante KarpowerShip pour maintenance d'urgence a entraîné onze heures de délestages dans le Grand Libreville. Une capitale qui dépend d'un bateau-centrale étranger : tout est dit.


Le pouvoir a pris la mesure du problème. Le gouvernement a validé un plan d'investissement de 1 000 milliards FCFA pour la SEEG, et CBON prévoit de restructurer l'entreprise en séparant l'eau de l'électricité, ainsi que la production, la distribution et la commercialisation. Le barrage de Kinguélé Aval, une fois raccordé, doit réduire la dépendance aux combustibles fossiles et stabiliser les coûts de l'électricité. Reste à transformer les annonces en courant qui ne se coupe plus.


Produire ne suffit pas

Une nuance s'impose : l'Afrique produit déjà bien plus de pétrole et de gaz qu'elle n'en consomme. Le problème n'est pas seulement de produire, mais de garder cette énergie chez soi, de la transformer et de la distribuer. Nous exportons du brut et importons l'obscurité.

Le vrai frein, c'est l'argent. L'Afrique recèle 60 % du potentiel solaire mondial, mais reçoit moins de 3 % du financement énergétique mondial. Pour fournir l'électricité à tous en Afrique subsaharienne d'ici 2035, l'AIE estime les besoins à 150 milliards de dollars. C'est beaucoup, mais c'est moins que ce que le continent perd chaque année en usines à l'arrêt, en groupes électrogènes et en produits avariés.


Pas de développement sans électricité

Aucun pays ne s'est industrialisé dans le noir. Sans courant fiable, pas d'usines, pas de chambres froides pour nos agriculteurs, pas d'hôpitaux qui fonctionnent, pas d'économie numérique. L'énergie n'est pas un secteur parmi d'autres : c'est la condition de tous les autres.


Des initiatives existent, comme Mission 300, portée par la Banque mondiale et la BAD, qui vise à connecter 300 millions d'Africains d'ici 2030. Mais aucun bailleur ne remplacera la bonne gouvernance de nos propres entreprises publiques. Le jour où l'Afrique produira son électricité aussi sérieusement qu'elle extrait son pétrole, le retard se comblera. Pas avant.

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