GABON, THIS OIL PRODUCER THAT LACKS FUEL! LE GABON, CE PRODUCTEUR DE PÉTROLE QUI MANQUE DE CARBURANT !
English version
Gabon has been pumping oil out of its ground for decades, and yet its motorists were once again queuing for fuel in early October 2026. This paradox places our country in a very exclusive club: oil producers unable to keep their pumps supplied. A club no one should ever aspire to join.
In late September and early October, several service stations in the capital ran out of diesel for days. Drivers were showing up as early as 6 a.m. in the hope of getting the precious liquid.
Relief came from the sea. On Sunday, October 4, the Gabonese Petroleum Products Storage Company (SGEPP) announced a gradual return to normal after a vessel carrying around 30,000 m³ of fuel docked at Owendo.
A second ship is expected on October 7.
The Director General of Downstream Oil and Gas, Thibault Gaël Idoumi, offers three explanations: disruptions to maritime transport, the scarcity of refined fuel on certain markets, and storage capacity that remains insufficient. In other words, Gabon was waiting for a boat to get its cars moving.
Gabon is not alone in combining rich subsoil with empty pumps: in 2026, a handful of other hydrocarbon producers are suffering the same fate. But the causes differ, and that is precisely the problem.
Country | Producer status | Situation in 2026 | Main cause |
Russia | Among the world's very top producers | Crisis worsened in mid-2026, with a state of emergency and a ban on fuel sales in Crimea | Ukrainian strikes on refineries |
Sudan | Crude producer, weakened by war | Black-market petrol at nearly double the official price in early October | Shortage of dollars to pay for imports |
Bolivia | Hydrocarbon producer, mainly gas | Queues for petrol and diesel nationwide on October 5 | Dependence on imports, irregular supply |
Gabon | Crude producer, OPEC member | Several days without diesel at Libreville stations in late September–early October | Delayed delivery of imported refined fuel, insufficient storage |
Russia has an excuse: its refineries are being bombed. Sudan is at war. Gabon, for its part, is at peace and has suffered no attack.
The paradox is simple to explain: Gabon sells its crude and buys back part of its refined fuel from abroad. The Port-Gentil refinery, Sogara, is not enough to meet the country's needs. Every imported litre therefore depends on a ship, an international market and a delivery schedule.
And that market is tight. The wars in Iran and Ukraine have taken millions of barrels a day off the market, and the global diesel shortage is expected to last into 2027. This crisis has been known for months. It does not justify our stocks running down to zero.
The real Achilles' heel, as the administration itself acknowledges, is that storage capacity for refined products remains insufficient. Without buffer reserves, the slightest delay to a ship turns into queues.
The irony is cruel. On October 5, the day after the shortage, Libreville was in London courting oil investors. Attracting capital to extract more is legitimate. But it would help to be able to serve diesel in Libreville first.
Leaving this club requires no miracle, just foresight. Three priorities stand out:
- Store more: safety reserves of refined products, able to absorb several weeks of delivery delays.
- Order earlier: in a strained global market, waiting for the tanks to run dry before placing orders is no longer tenable.
- Refine more at home: modernise or expand refining capacity to depend less on foreign ships.
The authorities promise a return to normal. So much the better. But an oil-producing country should not have to greet the arrival of a ship as a deliverance. As long as these issues remain unresolved, the next shortage is only a matter of time.
Version française
Le Gabon extrait du pétrole de son sol depuis des décennies, et pourtant ses automobilistes ont encore fait la queue pour du carburant début octobre 2026. Ce paradoxe range notre pays dans un club très fermé : celui des producteurs de brut incapables de garder leurs pompes approvisionnées. Un club où l'on ne devrait surtout pas chercher à figurer.
Fin septembre et début octobre, plusieurs stations-service de la capitale ont manqué de gasoil pendant plusieurs jours. Des chauffeurs se présentaient dès 6 heures du matin pour espérer obtenir le précieux liquide.
Le soulagement est venu de la mer. Le dimanche 4 octobre, la Société gabonaise d'entreposage des produits pétroliers (SGEPP) a annoncé un retour progressif à la normale, après l'accostage à Owendo d'un navire transportant environ 30 000 m³ de carburant.
Un second bateau est attendu le 7 octobre.
Le directeur général de l'Aval pétrolier et gazier, Thibault Gaël Idoumi, avance trois explications : les perturbations du transport maritime, la rareté du carburant raffiné sur certains marchés et une capacité de stockage encore insuffisante. Autrement dit, le Gabon attendait un bateau pour faire rouler ses voitures.
Le Gabon n'est pas seul à cumuler sous-sol riche et pompes vides : en 2026, quelques autres producteurs d'hydrocarbures connaissent le même sort. Mais les causes diffèrent, et c'est bien là le problème.
Pays | Statut de producteur | Situation en 2026 | Cause principale |
Russie | Parmi les tout premiers producteurs mondiaux | Crise aggravée à la mi-2026, état d'urgence et interdiction des ventes en Crimée | Frappes ukrainiennes sur les raffineries |
Soudan | Producteur de brut, affaibli par la guerre | Essence au marché parallèle à près du double du prix officiel début octobre | Pénurie de dollars pour importer |
Bolivie | Producteur d'hydrocarbures, surtout de gaz | Files d'attente pour l'essence et le diesel dans tout le pays le 5 octobre | Dépendance aux importations, approvisionnement irrégulier |
Gabon | Producteur de brut, membre de l'OPEP | Plusieurs jours sans gasoil dans des stations de Libreville fin septembre-début octobre | Retard de livraison du raffiné importé, stockage insuffisant |
La Russie a une excuse : ses raffineries sont bombardées. Le Soudan est en guerre. Le Gabon, lui, est en paix et n'a subi aucune attaque.
Le paradoxe s'explique simplement : le Gabon vend son brut et rachète une partie de son carburant raffiné à l'étranger. La raffinerie de Port-Gentil, la Sogara, ne suffit pas à couvrir les besoins du pays. Chaque litre importé dépend donc d'un bateau, d'un marché international et d'un calendrier de livraison.
Or ce marché est tendu. Les guerres en Iran et en Ukraine ont retiré des millions de barils par jour du marché, et la pénurie mondiale de diesel devrait durer jusqu'en 2027. Cette crise était connue depuis des mois. Elle ne justifie pas que nos stocks tombent à zéro.
Le vrai talon d'Achille, l'administration elle-même le reconnaît : la capacité de stockage des produits raffinés reste insuffisante. Sans réserves tampons, le moindre retard d'un navire se transforme en files d'attente.
L'ironie est cruelle. Le 5 octobre, au lendemain de la pénurie, Libreville était à Londres pour courtiser les investisseurs petroliers. Attirer des capitaux pour extraire davantage est légitime. Encore faudrait-il pouvoir servir du gasoil à Libreville.
Quitter ce club ne demande pas de miracle, seulement de l'anticipation. Trois chantiers s'imposent :
- Stocker davantage : des réserves de sécurité en produits raffinés, capables d'absorber plusieurs semaines de retard de livraison.
- Commander plus tôt : dans un marché mondial sous tension, attendre que les cuves se vident pour passer commande n'est plus tenable.
- Raffiner davantage sur place : moderniser ou étendre l'outil de raffinage pour dépendre moins des bateaux étrangers.
Les autorités promettent un retour à la normale. Tant mieux. Mais un pays pétrolier ne devrait pas avoir à célébrer l'arrivée d'un navire comme une délivrance. Tant que ces chantiers resteront ouverts, la prochaine pénurie n'est qu'une question de calendrier.
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