ARREARS, THE OTHER DEBT FIGURE ! LES ARRIÉRÉS, L’AUTRE CHIFFRE DE LA DETTE !
English version
The figure has been making the rounds for a few days: Gabon's debt arrears reached CFA 1,198.8 billion at the end of June 2026, up nearly 10% in six months. In other words, the State keeps piling up bills it cannot pay on time, and the backlog keeps growing.
A debt that keeps rising
The background is well known. According to the bulletin of the Directorate General of Debt (DGD), public debt reached CFA 8,780 billion at the end of 2025, a 23% increase in one year.
Domestic debt drove this rise, jumping 57% to CFA 4,653 billion: the State borrowed heavily on the regional CEMAC market, often from banks based outside Gabon.
The same bulletin put arrears at CFA 459.5 billion at the time, already CFA 193 billion more than a year earlier.
A figure that raises questions
This is where the numbers don't add up. If arrears grew by about 10% in six months to reach CFA 1,198.8 billion, they must have been close to CFA 1,090 billion at the end of 2025. That is more than double the DGD's figure for the same date.
The most likely explanation is a difference in scope: the new figure probably includes unpaid sums that the DGD bulletin did not count, such as debts to suppliers or certain liabilities uncovered by the audit. But until that scope is clearly explained, citizens cannot tell whether the situation has suddenly worsened or whether we are simply discovering what was already there.
The battle of percentages
This confusion is not an isolated case. In September, the government's debt audit set the stock of debt and payable liabilities at CFA 9,524.6 billion, down from an initial estimate of nearly CFA 11,700 billion. Measured against a revised GDP of CFA 13,822 billion, that comes to 68.91% of GDP, just below the 70% ceiling set by CEMAC.
The catch: the audit report has not been made public. The World Bank, in its public finance review of September 29, puts the debt above 80% of GDP for 2025. The IMF, for its part, projected in April that debt would reach 86.1% of GDP in 2026 and 94.3% in 2027, with budget deficits of 10% and then 11.2% of GDP.
Two figures for the same country: that is exactly what worries the markets. The yield on Gabon's eurobond maturing in 2033 hit 13.1% in early October, a sign that investors are demanding a high premium to lend to Libreville.
What Gabonese people really pay
Arrears are not an accounting abstraction. Behind these amounts are companies waiting to be paid, small businesses laying off staff for lack of cash, and entire sectors, such as timber, waiting for VAT refunds. The CFA 51 billion announced on August 10 to clear part of the domestic debt is a gesture, but it remains small compared with the total backlog.
And the bill is set to grow. The draft 2027 budget projects debt interest costs rising by nearly 37% to CFA 667 billion, compared with only CFA 143 billion set aside to clear arrears. Meanwhile, public investment has already been cut almost in half in the revised 2026 budget.
The final arbiter: the IMF
Gabon requested a new IMF program in March 2026. Technical discussions are ongoing, and the Fund has still not said which debt figure it will use. Its answer will be decisive. A program would bring financing and credibility, but also strict targets on spending and arrears.
In the meantime, one question remains open: how much does the State really owe, and to whom? As long as the audit report stays in a drawer, each new figure will add to doubt rather than confidence.
Version française
Le chiffre circule depuis quelques jours; les arriérés de dette du Gabon atteignaient 1 198,8 milliards de FCFA à fin juin 2026, en hausse de près de 10 % en six mois. Autrement dit, l'État accumule des factures qu'il n'arrive pas à payer à temps, et le stock continue de grossir.
Une dette qui ne cesse de monter
Le contexte est connu. D'après le bulletin de la Direction générale de la Dette (DGD), l'encours de la dette publique a atteint 8 780 milliards de FCFA à fin 2025, soit une hausse de 23 % en un an. Le moteur de cette progression est la dette intérieure, qui a bondi de 57 % pour atteindre 4 653 milliards : l'État s'est massivement financé sur le marché régional de la CEMAC, auprès de banques souvent installées hors du Gabon.
Le même bulletin chiffrait alors les arriérés à 459,5 milliards de FCFA, déjà 193 milliards de plus qu'un an plus tôt.
Un chiffre qui interroge
C'est ici que les comptes ne se recoupent pas. Si les arriérés ont progressé d'environ 10 % en six mois pour atteindre 1 198,8 milliards, ils devaient avoisiner 1 090 milliards à fin 2025, soit plus du double du chiffre de la DGD pour la même date.
L'explication la plus probable est une différence de périmètre : le nouveau chiffre intègre sans doute des impayés que le bulletin de la DGD ne comptait pas, comme les dettes envers les fournisseurs ou certains passifs mis au jour par l'audit. Mais tant que ce périmètre n'est pas clairement expliqué, le citoyen ne peut pas savoir si la situation s'est brutalement dégradée, ou si l'on découvre simplement ce qui existait déjà.
La bataille des pourcentages
Cette confusion n'est pas isolée. En septembre, l'audit de la dette lancé par le gouvernement a arrêté le stock de dette et de passifs exigibles à 9 524,6 milliards de FCFA, contre une première estimation proche de 11 700 milliards. Rapporté à un PIB réévalué à 13 822 milliards, cela donne 68,91 % du PIB, juste sous le plafond de 70 % fixé par la CEMAC.
Le hic : le rapport d'audit n'est pas public, et la Banque mondiale, dans sa revue des finances publiques du 29 septembre, situe la dette au-dessus de 80 % du PIB pour 2025. Le FMI, de son côté, projetait en avril une dette à 86,1 % du PIB en 2026 et 94,3 % en 2027, avec un déficit budgétaire de 10 % puis 11,2 % du PIB.
Deux chiffres pour un même pays : c'est précisément ce qui inquiète les marchés. Le rendement de l'eurobond gabonais à échéance 2033 a touché 13,1 % début octobre, signe que les investisseurs exigent une prime élevée pour prêter à Libreville.
Ce que paient vraiment les Gabonais
Les arriérés ne sont pas une abstraction comptable. Derrière ces montants, il y a des entreprises qui attendent d'être payées, des PME qui licencient faute de trésorerie, des filières entières, comme le bois, qui attendent des remboursements de TVA. Les 51 milliards annoncés le 10 août pour apurer une partie de la dette intérieure sont un geste, mais restent modestes face au stock.
Et la facture va s'alourdir. Le projet de budget 2027 prévoit des charges d'intérêts en hausse de près de 37 %, à 667 milliards de FCFA, contre seulement 143 milliards consacrés à l'apurement des arriérés. Pendant ce temps, l'investissement public a déjà été divisé par près de deux dans le budget rectifié de 2026.
Le juge de paix : le FMI
Le Gabon a demandé un nouveau programme au FMI en mars 2026. Les discussions techniques se poursuivent, et le Fonds n'a toujours pas dit quel chiffre de dette il retiendra. Sa réponse sera décisive : un programme apporterait des financements et de la crédibilité, mais aussi des objectifs stricts sur les dépenses et les arriérés.
En attendant, une question reste entière : combien l'État doit-il réellement, et à qui ? Tant que le rapport d'audit restera dans les tiroirs, chaque nouveau chiffre ajoutera au doute plutôt qu'à la confiance.

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