BUILDER, CONSTRUCTER, OR DESTROYER, WHAT KIND OF LEADER IS CBON? BÂTISSEUR, CONSTRUCTEUR, OU DESTRUCTEUR, QUEL GENRE DE LEADER EST CBON?
English version
He calls himself a builder, but is he merely an apprentice constructor, or worse, actually a destroyer? This question marks a substantive distinction, not just a matter of vocabulary.
These three figures reflect different governance logics:
• The destroyer dismantles institutions, concentrates power, crushes checks and balances, and leaves a country more fragile than he found it, even if he can point to grand speeches or short-term successes.
• The constructor produces concrete, visible achievements such as roads, schools, hospitals, and one-off reforms, but without necessarily transforming the deep structures of the state, governance, justice, a diversified economy, and so on.
• The builder, in the most demanding sense, goes further: he lays lasting foundations, solid institutions, the rule of law, an economy less dependent on rent, mechanisms for peaceful transfer of power, so that the country keeps standing after he leaves. The builder constructs a state, not just infrastructure.
The difference is measured less by speeches than by the durability and distribution of what is built: does it outlast the leader, and does it broadly benefit the population, or mainly a clan?
What Oligui Nguema must prove
Since his coup d’état of August 30, 2023 against Ali Bongo, followed by his election in April 2025, Oligui Nguema has indeed adopted the label of builder, he even named his party the Democratic Union of Builders. In his State of the Nation address on June 15, 2026, he championed the idea of a political, economic, and social refoundation of a country he described as having inherited high public debt, a disorganized economy, degraded infrastructure, and systemic corruption, while highlighting investments in roads, housing, energy, and public infrastructure.
For the builder label to move beyond mere rhetorical posture, several concrete pieces of proof are generally expected:
1. Institutions that outlast the man
The adoption of a new Constitution, the revision of the electoral code, and the reform of political parties are necessary steps, but their true value will be judged by practice: will these rules be respected even when they constrain him, or will they be altered to suit him when convenient?
2. A genuine transfer of power
He will need to prove that parliament truly becomes the pivot of accountability rather than a rubber-stamp chamber, especially since his own party (UDB) holds a captive parliamentary majority.
3. Civil liberties
This is one of the most contested points. He notably sidestepped criticism about the state of civil liberties in his recent speech, a sensitive issue that observers, ourselves included, are watching closely.
4. Territorial sovereignty
The loss of the Mbanié Island dispute (a territorial dispute with Equatorial Guinea) is regularly cited as a setback, even as the president simultaneously emphasizes the reassertion of diplomatic sovereignty.
5. Tangible and lasting economic and social results
Beyond the announced construction projects, verifiable indicators will be needed on employment, health, education, and genuine economic diversification, not just roads inaugurated on the eve of political deadlines.
6. The long-term test
The true test of a builder, by definition, comes after he’s gone: will the Gabon he leaves behind, in ten or twenty years, stand on firmer ground than the one he found, regardless of who governs afterward?
The stated intentions and initial projects are a starting point, but the title of builder is earned over time, through institutions that hold up without their originator, respected freedoms, and prosperity that extends beyond the circle of power.
On these points, we are still light-years away!
Version Française
Il se fait appeler bâtisseur, mais n’est-il qu’un apprenti constructeur, ou pire, en fait un destructeur? Cette interrogation est une distinction de fond, pas seulement de vocabulaire.
Ces trois figures renvoient à des logiques différentes de gouvernance :
• Le destructeur défait les institutions, concentre le pouvoir, écrase les contre-pouvoirs et laisse un pays plus fragile qu’il ne l’a trouvé, même s’il peut se prévaloir de grands discours ou de succès de court terme.
• Le constructeur produit des réalisations concrètes et visibles tels que routes, écoles, hôpitaux, réformes ponctuelles, mais sans nécessairement transformer les structures profondes de l’État que sont gouvernance, justice, économie diversifiée, etc.
• Le bâtisseur, au sens le plus exigeant, va plus loin : il pose des fondations durables, des institutions solides, un État de droit, une économie moins dépendante de la rente, des mécanismes de transmission pacifique du pouvoir, de sorte que le pays continue de tenir debout après son départ. Le bâtisseur construit un État, pas seulement des infrastructures.
La différence se mesure donc moins aux discours qu’à la durabilité et à la répartition de ce qui est construit : est-ce que ça survit au dirigeant, et est-ce que ça profite largement à la population, ou non surtout à un clan ?
Ce qu’Oligui Nguema doit démontrer
Depuis son coup d’État du 30 août 2023 contre Ali Bongo, puis son élection en avril 2025, Oligui Nguema a effectivement adopté le vocable de bâtisseur, il a même nommé son parti l’Union démocratique des bâtisseurs. Lors de son discours sur l’état de la Nation du 15 juin 2026, il a défendu l’idée d’une refondation politique, économique et sociale face à un pays hérité d’une dette publique élevée, d’une économie désorganisée, d’infrastructures dégradées et d’une corruption systémique, tout en mettant en avant des investissements dans les routes, le logement, l’énergie et les infrastructures publiques.
Pour que cette étiquette de bâtisseur dépasse la posture rhétorique, plusieurs preuves concrètes sont généralement attendues :
1. Des institutions qui survivent à l’homme
L’adoption d’une nouvelle Constitution, la révision du code électoral et la réforme des partis politiques sont des étapes nécessaires, mais leur valeur se jugera à l’usage : ces règles seront-elles respectées même quand elles le contraignent, ou modifiées à sa convenance le moment venu ?
2. Une transition réelle du pouvoir
Il devra prouver que le parlement devienne réellement le pivot de la reddition des comptes plutôt qu’une chambre d’enregistrement — d’autant que son propre parti (UDB) dispose d’une majorité parlementaire acquise.
3. Les libertés publiques
C’est l’un des points les plus contestés. Il a d’ailleurs esquivé les critiques sur l’état des libertés publiques lors de son récent discours, un dossier sensible que les observateurs comme nous surveillent de près.
4. La souveraineté territoriale
La perte du dossier de l’île Mbanié (litige territorial avec la Guinée équatoriale) est régulièrement citée comme un revers, dans un contexte où le président met par ailleurs en avant la réaffirmation de la souveraineté diplomatique.
5. Des résultats économiques et sociaux tangibles et durables
Au delà des chantiers annoncés, il faudra des indicateurs vérifiables sur l’emploi, la santé, l’éducation et une diversification réelle de l’économie, pas seulement des routes inaugurées à la veille d’échéances politiques.
6. Le test du temps long
Le vrai test d’un bâtisseur, par définition, se passe après lui : est-ce que le Gabon qu’il laissera derrière lui, dans dix, vingt ans, tient sur des bases plus solides que celui qu’il a trouvé, indépendamment de qui gouverne ensuite ?
Les intentions affichées et les premiers chantiers sont un point de départ, mais le titre de bâtisseur se gagne sur la durée, à travers des institutions qui tiennent sans leur instigateur, des libertés respectées et une prospérité qui dépasse le cercle du pouvoir.
Sur ces points, nous en sommes encore à des années lumières !
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