NOTHING NEW IN THE GABONESE HANGER ON UNIVERSE! RIEN DE NOUVEAU DANS L’UNIVERS PRÉBENDIER GABONAIS!






English version 


When you look at what’s happening in Gabon, you’re forced to conclude, as one of our readers amusingly put it while paraphrasing the French chemist Lavoisier: “in Gabon, nothing is lost, nothing is created, everything is prebended.”


When you look at the trajectory of certain moralizers who move successively closer to different, rival powers, one cannot help but detect a shameless, unapologetic opportunism.


An artist or public figure who multiplies photos opportunities with the new leaders, whoever they may be, is naturally seeking to preserve or renew access, favors, or social standing, and that is the very meaning of the word hanger-on.


In our Gabonese world, a large part of the current political and social elite, including CBON himself, comes from the same inner circle, and moving between the two powers in succession reflects a continuity of the system implicitly acknowledged by opportunists of every stripe.


In our country, where access to resources, positions, public contracts, and favors depends largely on proximity to the top of power rather than on impersonal rules, the actors who depend on that proximity, courtisans, artists, officials, traditional chiefs, columnists, and so on; are structurally driven to follow power rather than their conscience, if they still have any left.


This is not so much individual betrayal as a rational adaptation to the architecture of the system: whoever fails to switch sides loses all access.


In Gabon in particular, the 2023 rupture is partly a façade: CBON himself is related to the Bongos and built his career under Omar and then Ali Bongo before overthrowing him. A large part of the administrative, economic, and social apparatus has remained in place. Hanger-ons therefore don’t always need to renounce much: they sing the praises of the top of the same pyramid, only the name at the summit has changed.


For many, this is not an ideological choice but a matter of survival: in an economy where the state and its entourage concentrate a large share of opportunities, staying away from those in power carries a real cost, lost contracts, lost positions, lost protection.


That said, this structural explanation does not entirely absolve individuals: some pile up successive allegiances with an eagerness and a lack of self-awareness that betray less a constraint than an active, cynical pursuit of advantage.


The hanger-ons drift from one power to another is explained less by sincere conversion than by the persistence of the same clientelist redistribution mechanisms, regardless of the head of state’s name. Everyone knows this; the hanger-ons first among them.




Version Française 


Quand on regarde ce qui se passe au Gabon, on est obligé de conclure comme le fait un de nos lecteurs amusé en paraphrasant le chimiste Français Lavoisier: « au Gabon, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se prébende ».


Quand on regarde la trajectoire de certains moralisateurs qui se rapprochent successivement de pouvoirs différents et rivaux, on ne peut s’empêcher de déceler un opportunisme indécent et sans état d’âme.


un artiste ou une personnalité publique qui multiplie les photos avec les nouveaux dirigeants, quels qu’ils soient, cherche naturellement à préserver ou renouveler des accès, des faveurs ou une position sociale; et c’est le sens même du mot prébendier.


Dans notre univers gabonais, une grande partie de l’élite politique et sociale actuelle, y compris CBON lui même, est issue du même sérail, et fréquenter successivement les deux pouvoirs reflète une continuité du système implicitement reconnue par les opportunistes de tous poils.


Dans notre pays où l’accès aux ressources, postes, marchés publics, faveurs, dépend largement de la proximité avec le sommet du pouvoir plutôt que de règles impersonnelles, les acteurs qui dépendent de cette proximité, c’est à dire les courtisans, artistes, cadres, chefs coutumiers, éditorialistes, etc., sont structurellement incités à suivre le pouvoir plutôt que leur conscience s’il leur en reste une. 


Ce n’est pas tant une trahison individuelle qu’une adaptation rationnelle à l’architecture du système : celui qui ne change pas de camp perd tout accès.


Au Gabon en particulier, la rupture de 2023 est en partie une rupture de façade : CBON lui même est apparenté aux Bongo et a fait carrière sous Omar puis Ali Bongo avant de le renverser. Une bonne partie de l’appareil administratif, économique et social est resté en place. Les prébendiers n’ont donc pas toujours besoin de renier grand-chose : ils chantent les louanges du sommet de la même pyramide, seul le nom au sommet a changé.


Pour beaucoup, ce n’est pas un choix idéologique mais une question de subsistance : dans une économie où l’État et son entourage concentrent une large part des opportunités, rester à l’écart du pouvoir en place a un coût réel: perte de marchés, de postes, de protection.


Cela dit, cette explication structurelle ne dédouane pas totalement les individus : certains cumulent les allégeances successives avec un empressement et une absence de recul qui trahissent moins une contrainte qu’une recherche active et cynique d’avantages.


Le glissement des prébendiers d’un pouvoir à l’autre s’explique moins par une conversion sincère que par la persistance des mêmes mécanismes de redistribution clientéliste, quel que soit le nom du chef de l’État. Tout le monde le sait, les prébendiers en premier.






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