GABONESE KOUNABELISTS CONGRATULATE MINISTER OYONO! LES KOUNABELISTES GABONAIS FÉLICITENT LE MINISTRE OYONO!
English version
On October 21, 2026, Gabonese-born Dieudonné Ella Oyono was sworn in as Quebec's Minister of International Relations, La Francophonie and Foreign Trade. On Gabonese social media, congratulations poured in from all sides.
That includes the kounabélistes, the ardent defenders of the government in Libreville. We can only rejoice to see a fellow citizen succeed. But we may also ask: what exactly are they celebrating?
What this career rewards
Mr. Ella Oyono's success did not fall from the sky. It rests on a specific system:
- An open civil service. He spent about ten years as a senior official at Quebec's Ministry of the Economy, then headed economic development for the City of Montreal.
- Contested elections. He had to win over the voters of his riding, against opponents free to campaign.
- Peaceful transfer of power. His party, long in opposition, has just replaced the outgoing government, which handed over the keys without drama.
- A free press. Quebec newspapers publish the list of ministers, and tomorrow they will criticize them without fear of reprisal.
In other words, cheering Ella Oyono means cheering competence, pluralism and alternation in power.
The kounabélistes' contradiction
Yet these are precisely the values many kounabélistes view with suspicion in Gabon. They welcome a change of government in Quebec, but see every criticism of those in power as a threat to stability. They admire a minister who came up through the civil service, but stay silent when 80% of Gabon's public servants are hired without a competitive exam (Gabonreview).
They applaud an opposition politician who became a minister through the ballot box in Quebec City. At home, they find it natural that the opposition is barely visible. When CBON launched his own political movement in June 2025, opponents challenged its legality under the Electoral Code; the local press noted at the time that no opposition voice was being heard (Gabon Media Time).
You cannot celebrate democracy thousands of kilometers away and distrust it at home. Otherwise, someone needs to explain why what is good for a Gabonese in Laval would not be good for a Gabonese in Libreville.
What the government's supporters say
To be fair, the kounabélistes have their arguments, and they deserve a hearing.
- The president was elected. CBON won the April 2025 election; his supporters see it as proof that the transition was endorsed at the ballot box.
- Every country has its own pace. Gabon is emerging from more than half a century of rule by one family; in their view, stability must come before full openness.
- Pride is not a political program. Congratulating a compatriot who succeeds abroad is an act of love for one's country, not a statement about the Quebec model.
These arguments deserve debate. But none of them explains why competence, transparency and alternation in power would be virtues in Quebec and dangers in Gabon.
Be consistent
Dear kounabélistes, your pride in Dieudonné Ella Oyono is sincere, and it is legitimate. So go all the way. If his career inspires you, demand for Gabon the same rules that made it possible: honest competitive exams, a free press, an opposition that can speak, and elections where the loser can one day win.
The day a Gabonese can become a minister in Libreville the way Ella Oyono did in Quebec City, without a patron or a pledge of allegiance, we will all applaud together. Only meritocracy sets us free.
Version française
Le 21 octobre 2026, Dieudonné Ella Oyono, né au Gabon, a prêté serment comme ministre québécois des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur. Sur les réseaux sociaux gabonais, les félicitations ont afflué de toutes parts.
Y compris de la part des kounabélistes, ces fervents défenseurs du pouvoir en place à Libreville. On ne peut que se réjouir de voir un compatriote réussir. Mais on peut aussi se demander : que célèbrent-ils, au juste ?
Ce que récompense ce parcours
La réussite de M. Ella Oyono n'est pas tombée du ciel. Elle repose sur un système précis :
- Une fonction publique ouverte. Il a été cadre au ministère québécois de l'Économie pendant une dizaine d'années, puis directeur du développement économique de Montréal.
- Des élections disputées. Il a dû convaincre les électeurs de sa circonscription, face à des adversaires libres de faire campagne.
- L'alternance. Son parti, longtemps dans l'opposition, vient de remplacer le gouvernement sortant, qui a remis les clés sans drame.
- Une presse libre. Les journaux québécois publient la liste des ministres, et ils les critiqueront demain sans craindre de représailles.
Autrement dit, applaudir Ella Oyono, c'est applaudir la compétence, le pluralisme et l'alternance.
La contradiction des kounabélistes
Or ce sont précisément ces valeurs que beaucoup de kounabélistes regardent avec méfiance au Gabon. Ils saluent l'alternance au Québec, mais voient dans chaque critique du pouvoir une menace pour la stabilité. Ils admirent un ministre issu d'un concours de la fonction publique, mais se taisent quand 80 % des agents de l'État gabonais sont recrutés sans concours (Gabonreview).
Ils applaudissent un opposant devenu ministre par les urnes à Québec. Chez nous, ils trouvent naturel qu'une opposition soit presque invisible. Quand CBON a créé son propre mouvement politique en juin 2025, des opposants ont contesté la légalité de la démarche au regard du Code électoral ; la presse locale notait alors l'absence d'opposition audible (Gabon Media Time).
On ne peut pas célébrer la démocratie à des milliers de kilomètres et s'en méfier à domicile. Ou alors, il faut nous expliquer pourquoi ce qui est bon pour un Gabonais de Laval ne le serait pas pour un Gabonais de Libreville.
Ce que répondent les partisans du pouvoir
Pour être juste, les kounabélistes ont leurs arguments, et il faut les entendre.
- Le président a été élu. CBON a remporté l'élection d'avril 2025 ; ses soutiens y voient la preuve que la transition a été validée par les urnes.
- Chaque pays a son rythme. Le Gabon sort de plus d'un demi-siècle de pouvoir d'une même famille ; selon eux, la stabilité doit précéder l'ouverture totale.
- La fierté n'est pas un programme. Féliciter un compatriote qui réussit à l'étranger relève de l'amour du pays, pas d'une prise de position sur le modèle québécois.
Ces arguments méritent débat. Mais aucun n'explique pourquoi la compétence, la transparence et l'alternance seraient des vertus au Québec et des dangers au Gabon.
Soyez cohérents
Chers kounabélistes, votre fierté pour Dieudonné Ella Oyono est sincère, et elle est légitime. Alors allez jusqu'au bout. Si son parcours vous inspire, exigez pour le Gabon les mêmes règles qui l'ont rendu possible : des concours honnêtes, une presse libre, une opposition qui peut parler, et des élections où le perdant peut un jour gagner.
Le jour où un Gabonais pourra devenir ministre à Libreville comme Ella Oyono l'est devenu à Québec, sans parrain ni allégeance, nous applaudirons tous ensemble. Seule la méritocratie libère.

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