IN 2009, WHO WOULD HAVE THOUGHT ? EN 2009, QUI L’AURAIT CRU ?




English version


"A return to politics does not exempt one from the duty to account for one's record." The line comes from Serge William Akassaga Okinda and was shared by TV+ Afrique. It targets a man who is now calling for "dialogue, renewal, transparency and internal democracy within the PDG." Akassaga asks him why these demands were not priorities when he held power.


It is a fair question. But it has a flaw: it turns back on the one asking it. When it comes to accounting for one's record, Serge William Akassaga also has a few pages to explain.


2009: the birth certificate man

Back to May 2009. Omar Bongo has just died, and the candidacy of his son Ali is dividing the country. One issue poisons the campaign: his parentage and his civil status.


It is at the town hall of Libreville's 3rd district that an extract of Ali Bongo's birth certificate is issued. The mayor is Serge William Akassaga Okinda, elected under the banner of the Circle of Reformist Liberals (CLR), a party allied with the government.


The document is quickly challenged over procedural flaws and entries deemed inappropriate. This document is clearly a "forgery." The Gabonese courts never ruled to that effect, but the affair followed Ali Bongo throughout his presidency.


In 2009, then, Akassaga was no bystander. He was one of the cogs that allowed Ali Bongo's candidacy to go the distance. His career then continued under the same regime, up to the posts of first deputy mayor and then acting mayor of Libreville.


It is clearly this comeback that Akassaga is responding to. And on substance, he is not wrong: fourteen years in power without real dialogue, renewal or transparency within the PDG deserve a reckoning. Ali Bongo himself has refused to provide one, offering no mea culpa.


But the messenger is the problem. The man demanding accountability today is the one who, yesterday, signed the document at the heart of the regime's oldest controversy. The wind has shifted, and Akassaga has shifted with it.


The duty to account applies to everyone

Gabon has no shortage of such late conversions. Yesterday's zealots become today's prosecutors, without a word about their own role. This selective amnesia damages public debate as much as Ali Bongo's silences do.


Akassaga is right: a return to politics does not exempt one from the duty to account for one's record. So let him start with his own. What exactly happened at the 3rd district town hall in May 2009? On the basis of what documents was this birth certificate issued? As long as these questions go unanswered, his lessons in transparency will ring hollow.






Version française 


« Le retour en politique ne dispense du devoir de bilan. » La formule est signée Serge William Akassaga Okinda, relayée par TV+ Afrique. Elle vise un homme qui réclame aujourd'hui « dialogue, renouvellement, transparence et démocratie interne au PDG ». Akassaga lui demande pourquoi ces exigences n'étaient pas prioritaires quand il tenait le pouvoir.


La question est légitime. Mais elle a un défaut : elle se retourne contre celui qui la pose. Car en matière de bilan, Serge William Akassaga a, lui aussi, quelques pages à éclairer.


2009 : l'homme de l'acte de naissance

Retour en mai 2009. Omar Bongo vient de mourir, et la candidature de son fils Ali divise le pays. Une question empoisonne la campagne : celle de sa filiation et de son état civil.


C'est à la mairie du 3e arrondissement de Libreville qu'un extrait d'acte de naissance d'Ali Bongo est alors établi. Le maire s'appelle Serge William Akassaga Okinda, élu sous la bannière du Cercle des libéraux réformateurs (CLR), parti allié au pouvoir. 


Le document sera vite contesté : vices de forme, mentions jugées inappropriées. Ce document est manifestement un « faux ». La justice gabonaise n'a jamais tranché en ce sens, mais l'affaire a poursuivi Ali Bongo pendant toute sa présidence.


En 2009, donc, Akassaga n'était pas un observateur. Il était l'un des rouages qui ont permis à la candidature d'Ali Bongo d'aller au bout. Sa carrière s'est ensuite poursuivie sous ce même régime, jusqu'au poste de premier maire adjoint, puis de maire par intérim de Libreville.


2026 : le donneur de leçons

Dix-sept ans plus tard, le décor a changé. Ali Bongo a été renversé le 30 août 2023. En septembre 2024, il annonçait son retrait de la vie politique. Le 20 octobre 2026, il est revenu sur cette promesse : dans une adresse aux militants du PDG, il explique que ce retrait lui avait été imposé et conteste la direction actuelle du parti.


C'est visiblement à ce retour que répond Akassaga. Et sur le fond, il n'a pas tort : quatorze ans de pouvoir sans dialogue réel, sans renouvellement ni transparence au sein du PDG, cela mérite un inventaire. Ali Bongo lui-même s'y est refusé, sans mea culpa.


Mais le messager pose problème. L'homme qui exige aujourd'hui des comptes est celui qui, hier, a signé le document au cœur de la plus vieille polémique du régime. Le vent a tourné ; Akassaga a tourné avec lui.


Le devoir de bilan vaut pour tous

Le Gabon n'est pas avare de ces conversions tardives. Les zélateurs d'hier deviennent les procureurs d'aujourd'hui, sans un mot sur leur propre rôle. Cette amnésie sélective abîme le débat autant que les silences d'Ali Bongo.

Akassaga a raison : le retour en politique ne dispense pas du devoir de bilan. Qu'il commence donc par le sien. Que s'est-il passé exactement à la mairie du 3e arrondissement en mai 2009 ? Sur quelles pièces cet acte a-t-il été établi ? Tant que ces questions resteront sans réponse, ses leçons de transparence sonneront creux.

Comments

Popular posts from this blog

GAGAN GUPTA’S MASTERFUL TRICK! LA MAGISTRALE ENTOURLOUPE DE GAGAN GUPTA !

"THE DECLINE OF COURAGE" BY ALEXANDER SOLZHENITSYN! « LE DÉCLIN DU COURAGE » PAR ALEXANDRE SOLJENITSYNE !