AND IF LIKE ARTHUR RIMBAUD, WE LOOKED AT OUR DRUNKEN BOATS! ET SI COMME ARTHUR RIMBAUD, NOUS NOUS PENCHIONS SUR NOS BATEAUX IVRES!
English version
Arthur Rimbaud wrote his poem « Le Bateau Ivre » in 1871, at the age of 16, just after the bloody collapse of the Paris Commune (May 1871).
The Drunken Boat is the cry of one who refuses to be guided by official speeches or authorities (ministers or institutions) to seek his own truth, even if this quest is perilous and sometimes ends in disenchantment (the « black puddle » at the end of the poem).
It is, basically, the poem of subversion: the individual (or the citizen) who decides that the paths traced by others are no longer enough for him.
The subversive character of the Bateau ivre lies not only in what it tells, but in the way in which it demolishes the foundations of thought of its time.
The 19th century is the era of industrial revolution and triumphant capitalism. A boat is supposed to carry goods. Rimbaud’s boat gets rid of its goods (« flemish wheat », « English cotton »). This is a radical criticism of utilitarian society. Rimbaud says that the value of a life is not measured by its productivity, but by the intensity of its experience. It is a praise of gratuitous wandering against forced labor.
Rimbaud rejects the sning of ubiquitous Catholicism. By becoming a seer, the poet no longer seeks the truth in religion, but in himself.
The end of the poem is probably the most subversive:
« If I want a water of Europe, it is the Black and cold flat where towards the trial of embalming A crouching child full of sadness, loose A fragile boat like a May butterfly. ”
Rimbaud prefers a puddle of dirty water and the sadness of a child to all the colonial and maritime conquests of greater Europe. He humiliates the technological and military power of his time by opposing the fragility of a paper toy.
In short, Le Bateau ivre is subversive because it says that the vision of a rebellious teenager is more valuable than all the briefings of ministers and diplomats of the well-thinking society.
Applied to Gabon, this poem is more than relevant to those who still measure the inequity of prohibiting access to social media !
Version française
Arthur Rimbaud écrit son poème « Le Bateau Ivre » en 1871, à l’âge de 16 ans, juste après l'écrasement sanglant de la Commune de Paris (mai 1871).
Le Bateau ivre est le cri de celui qui refuse d'être guidé par des discours officiels ou des autorités (les ministres ou les institutions) pour chercher sa propre vérité, même si cette quête est périlleuse et finit parfois dans le désenchantement (la "flaque noire" de la fin du poème).
C'est, au fond, le poème de la subversion : l'individu (ou le citoyen) qui décide que les chemins tracés par les autres ne lui suffisent plus.
Le caractère subversif du Bateau ivre ne réside pas seulement dans ce qu'il raconte, mais dans la manière dont il démolit les fondations de la pensée de son époque.
Le XIXe siècle est l'ère de la révolution industrielle et du capitalisme triomphant. Un bateau est censé transporter des marchandises. Le bateau de Rimbaud se débarrasse de ses marchandises (« froment flamand », « cotons anglais »). C'est une critique radicale de la société utilitariste. Rimbaud affirme que la valeur d'une vie ne se mesure pas à sa productivité, mais à l'intensité de son expérience. C'est un éloge de l'errance gratuite contre le travail forcé.
Rimbaud rejette le carcan du catholicisme omniprésent. En devenant voyant le poète ne cherche plus la vérité dans la religion, mais en lui-même.
La fin du poème est sans doute la plus subversive :
« Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache Noire et froide où vers l'éprou de l'embaumement Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche Un bateau frêle comme un papillon de mai. »
Rimbaud préfère une flaque d'eau sale et la tristesse d'un enfant à toutes les conquêtes coloniales et maritimes de la grande Europe. Il humilie la puissance technologique et militaire de son temps en lui opposant la fragilité d'un jouet en papier.
En somme, Le Bateau ivre est subversif parce qu'il dit que la vision d'un adolescent rebelle a plus de valeur que tous les briefings des ministres et des diplomates de la bien-pensante société.
Appliqué au Gabon, ce poème est plus que pertinent à ceux qui mesurent encore l’iniquité d’interdire l’accès aux réseaux sociaux !
Comments
Post a Comment