IN POLITICS AS IN CINEMA, THERE ARE THE MAIN ACTORS AND THERE ARE EXTRAS! EN POLITIQUE COMME AU CINÉMA, IL Y A LES ACTEURS PRINCIPAUX ET IL Y A LES EXTRAS!







English version


Dear readers, in politics as in cinema, it’s all about casting. The roles are well defined and each participant knows exactly what is expected of him or her in the scenario in question.


Dear readers, if we look carefully at our political scene, the analogy with the seventh art becomes self evident. Politics is a huge blockbuster where the line between reality and staging is often blurred.


But to truly understand where the power lies, we must stop looking only at those who are in the light to be interested in the end credits.


In this great institutional play, the cast is immutable.


The headliner is CBON. His face is on all the posters, he monopolizes the airtime and delivers grandiloquent speeches on emergence or sovereignty. He carries the country on his shoulders. However, like any actor, he is often required to recite a text he has not written. His margin for improvisation is narrow: if he moves too far away from the script, the production gets impatient.


The supporting roles, the guarantors of the scenario, are the ministers, the presidents of institutions, or even figures of the official opposition. They are there to give the reply. The opposition, in particular, plays an essential dramatic role: it creates the conflict necessary to keep the viewer in suspense and validate the film’s democracy label. When the scenario requires a twist or a scandal breaks out, these supporting roles serve as ideal fuses. They are cut in editing during the next rearrangement to save the headliner.


Then there are the extras, the cheap ones, those sold on sale, the people who rent themselves to make the number. In the official script, extras are essential, but only for large crowd scenes. They are summoned to provide impressive wide plans that will give legitimacy to the work. They make noise, wave flags, but don’t have a microphone. Their individual aspirations are drowned in the mass, and once the scene is done, they are asked to return in the shadows until the next event or electoral clap.


This is where the metaphor becomes revealing. Those who hold absolute power are never on screen. In the case of Gabon, it was the two neighbors who financed CBON’s fake coup d’état, while waiting for the grandson of one and the godson of the other to come and pick up the ripe fruit. They are the producers of the film; accompanied by financial markets, international creditors, influential chancelleries and large multinationals (especially in the extractive sectors). They are the ones who validate things. If the film does not serve their interests or the return on investment is threatened, they cut off the support.


Finally, the directors who are the networks of influence and the economic oligarchies who whisper in the ear of the main actors, orient the cameras (the media narrative) and decide the end of the story.


Finally, the real tragedy of Gabonese contemporary politics is that the extras and the people continue to pay for their movie seat to see a film whose end they already know, financed by producers who live far from the screening room. The challenge of tomorrow is no longer for the people to change the main actor, but to seize the camera to write their own script.






Version française 


Chers lecteurs, en politique comme au cinéma, tout est question de casting. Les rôles sont bien définis et chaque participant sais exactement ce qui est attendu de lui ou d’elle, dans le scénario en question.


Chers lecteurs, si l’on observe attentivement notre scène politique, l’analogie avec le septième art s’impose d’elle-même. La politique est une immense superproduction où la frontière entre la réalité et la mise en scène est souvent floue. 


Mais pour comprendre véritablement où réside le pouvoir, il faut cesser de regarder uniquement ceux qui sont dans la lumière pour s'intéresser au générique de fin.

Dans cette grande pièce de théâtre institutionnelle, le casting est immuable.


La tête d'affiche c’est CBON. Son visage est sur toutes les affiches, il monopolise le temps d'antenne et livre des discours grandiloquents sur l'émergence ou la souveraineté. Il porte le pays sur ses épaules. Pourtant, comme tout acteur, il est souvent tenu de réciter un texte qu’il n’a pas écrit. Sa marge d'improvisation est étroite : s'il s'éloigne trop du script, la production s'impatiente.


Les seconds rôles, les garants du scénario, sont les ministres, les présidents d’institutions, ou même des figures de l’opposition officielle. Ils sont là pour donner la réplique. L’opposition, en particulier, joue un rôle dramatique essentiel : elle crée le conflit nécessaire pour maintenir le spectateur en haleine et valider l'étiquette de démocratie du film. Lorsque le scénario exige un rebondissement ou qu'un scandale éclate, ces seconds rôles servent de fusibles idéaux. On les coupe au montage lors du prochain remaniement pour sauver la tête d'affiche.


Puis il y a les figurants, les moins chères, les vendus en solde, les gens qui se louent pour faire le nombre. Dans le script officiel, les figurants sont indispensables, mais uniquement pour les grandes scènes de foule. On les convoque pour fournir des plans larges impressionnants qui donneront une légitimité à l'œuvre. Ils font du bruit, agitent des drapeaux, mais n'ont pas de microphone. Leurs aspirations individuelles sont noyées dans la masse, et une fois la scène tournée, on leur demande de retourner dans l'ombre jusqu'au prochain clap évènementiel ou électoral.


C'est ici que la métaphore devient révélatrice. Ceux qui détiennent le pouvoir absolu ne sont jamais à l'écran. Dans le cas du Gabon, ce sont les deux voisins qui ont financé le faux coup d’Etat de CBON, en attendant que le petit fils de l’un et filleul de l’autre viennent ramasser le fruit mure. Ce sont eux les producteurs du film; en compagnie des marchés financiers, des créanciers internationaux, des chancelleries influentes et des grandes multinationales (notamment dans les secteurs extractifs). Ce sont eux qui valident l’affaire. Si le film ne sert pas leurs intérêts ou que le retour sur investissement est menacé, ils coupent les vivres.


Finalement les réalisateurs qui sont les réseaux d'influence et les oligarchies économiques qui murmurent à l'oreille des acteurs principaux, orientent les caméras (le narratif médiatique) et décident de la fin de l'histoire.


Finalement, la véritable tragédie de la politique contemporaine Gabonaise est que les figurants et le peuple continuent de payer leur place de cinéma pour voir un film dont ils connaissent déjà la fin, financé par des producteurs qui vivent loin de la salle de projection. L'enjeu de demain n'est plus pour le peuple de changer d'acteur principal, mais de s'emparer de la caméra pour écrire son propre scénario.

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