Duphy Minto’o (photo: Gabonreview)

English Version

A communication from the lawyer Paulette Oyane Ondo

Dear All,

The gentlemen Nicolas Ondo OBAME and Duphy Minto'o ELLA: They were arrested on 17 December 2014. They were taken to the office of the Prosecutor of the Republic who showered them of insults. She had them undergo a full body search and had their belonging taken away from them. While a judicial police officer was executing this dirty work, a phone rang in one of the students’ pockets and she asked the police officer to break that phone. Which was done: The police officer thus laid the phone on the ground and crushed it with his boots. Then she made both students take their shoes off and ordered that they be handcuffed, it is barefoot and handcuffed that they were escorted by police to the jail of the Courthouse where they were thrown into a cell like sacks of potatoes. They were stripped, left completely naked and wearing only underwear. They were sitting on the floor in a cell dirty and unlivable for any human being. Approximately two hours later, they were dressed again, handcuffed and taken to the central prison by the heavily armed to the teeth Judicial Police. There, they were again stripped, made to kneel with their face against the ground, their hands cuffed behind their back.

They remained in this position for about 2 hours. Then they were taken to the B2 (counter intelligence) where they were further beaten every day and this, several times a day, suffering abuse alternating between beatings, insults of all kinds, death threats, psychological pressure etc....
They lived like this from 17 to 29 December 2014.

They were fed a sardine can and half a bread baguette that was placed on the floor infested with urine and all kinds of parasites.

Nicolas Ondo OBAME, because of this torture developed pleurisy. He repeatedly called for a visit by a doctor, but these requests were in vain: he was not allowed to see a doctor until much later.
Mr. Minto'o ELLA Duphy developed acute dysentery contracted three days after arriving at the B2, but was taken to the military hospital only on 23 December 2014. He is suffering from that dysentery this to date.

On December 18, 2014 at about 9 am, gentlemen Edwin Ballack OBAME MEBIANE and Lionel ELLA ENGONGAH received a phone call from Ondo OBAME who had been arrested on 17 December 2014.

Nicolas Ondo OBAME asked them to come and see him urgently because he was hungry. They went there with the objective to give food to their friend. But once in the premises of B2, they are led into the office of Mr. Omer ELINGUI, which threatens to keep them at the B2 and put them in a cell, they were undressed, and were left only wearing underwear. Then they were each disposed of in an isolated cell. At 2 am, and Mr. Nicolas Ondo OBAME and Lionel ELLA ENGONGAH were forcibly taken to the office of Mr. Omer ELINGUI. Lionel ELLA ENGONGAH was summoned to lie down on his belly and Mr. Omer ELINGUI orders him to be pummeled by two officers with a belt, which was done. After that, he was thrown in a cell. He underwent this treatment daily until 20 December when he was woken up at 2 am by 2 people who crept into his cell, one put a weapon against his temple while the second made him undergo unspeakable acts of barbarity even telling him that failure of silence on his part would be his death in the B2 premises where it would not come out alive. Regarding Mr. Edwin Ballack OBAME MEBIANE, he suffered the same inhuman, humiliating and degrading treatment. He was pummeled the first day on 18 December 2014 as Mr. Lionel Ella ENGONGAH. The beating he took on the 2nd day put him into a coma. Yet while he was in a coma, they kept beating him from all sides and in every way. His torturers finally fearful of having killed him, took him by night to the military hospital. The rumor circulated that he had died. The Doctor was so shocked by his condition that he forbade his confinement and wrote a report in that regard. The authorities of the B2 ignored that recommendation. And he remained behind bars until 29 December 2014 at 11:00 pm when it was presented to the Prosecutor of the Republic.

Mr. Edwin Ballack OBAME MEBIANE and Mr. Lionel Ella ENGONGAH underwent an illegal custody of 12 days.

As for Mrs Nicolas Ondo OBAME and Duphy Minto'o ELLA, they underwent an illegally custody of 13 days.

These young men, held incommunicado, not allowed to receive any visits from their family or their lawyer: me, were subjected to inhuman and degrading treatment, prohibited by the Code of Criminal Procedure of Gabon (Article 50 paragraph 3 and 53) and by the provisions of the international law of human rights which Gabon is a party. Such treatments are considered acts of torture, under Article 5 of the African Charter of Human and Peoples' Rights.

It is the same of the Declaration on the Protection of all persons against torture and other cruel, inhuman or degrading treatment which qualify as torture "any act by which severe pain or suffering, physical or mental, is intentionally inflicted on a person by agents of the public force or at their instigation for such purposes as obtaining from them or a third person, information or a confession, punishing them for an act that they have committed or are suspected of having committed, or intimidating them or other persons.".

This is the ordeal of the four students.


Version française

Une communication de l’avocate Paulette Oyane Ondo

Chers Tous,

Messieurs Nicolas ONDO OBAME et Duphy MINTO’O ELLA : Ils ont été arrêtés le 17 décembre 2014. Ils ont été conduits dans le bureau de la Procureure de la République qui les a agonie d’injures. Leur a fait pratiquer une fouille au corps et a fait prendre les effets qu’ils avaient sur eux. Pendant qu’un OPJ exécutait cette basse besogne, un téléphone a sonné d’une des poches d’un des étudiants et elle demandé à l’OPJ de casser ce téléphone. Ce qui a été fait : L’OPJ a ainsi posé le téléphone par terre et l’a écrasé avec ses rangers. Ensuite, elle a fait déchausser les deux étudiants et ordonné qu’ils soient menottés, c’est ainsi déchaussés et menottés qu’ils ont été, sous escorte des forces de l’ordre, conduits à la Brigade du Palais de Justice où ils ont été jetés dans une cellule comme sac de patates. Ils ont été déshabillés, laissés totalement nus et ne portant qu’un slip. Ils étaient assis à même le sol, dans une cellule insalubre et invivable pour tout être humain. A peu près 2 heures plus tard, ils ont été rhabillés, remenottés et conduits à la prison centrale par la Police Judiciaire lourdement armée jusqu’aux dents. Y étant, ils ont été à nouveau déshabillés, mis à genou face contre terre, les mains menottées dans le dos.

Ils sont restés dans cette position pendant près de 2 heures. Ensuite, ils ont été conduits au B2 où ils ont été bastonnés tous les jours, et ce plusieurs fois par jours, subissant des mauvais traitements alternant entre le tabassage, les injures de toutes sortes, les menaces de mort, le rabaissement psychologique etc…. 
Ils ont vécu ainsi du 17 au 29 décembre 2014.

Ils étaient nourris d’une boîte de sardine et d’un demi-pain qui était posé à même le sol infesté d’urine et de toutes sortes de parasites.

Nicolas ONDO OBAME, à cause de cette torture a développé une pleurésie. Il n’a cessé de réclamer la visite d’un médecin, mais ces demandes sont restées vaines: il n'a pu voir le médecin que bien plus tard.
Monsieur MINTO’O ELLA Duphy a développé une dysenterie aigue contractée 3 jours après son arrivée au B2, mais n’a été conduit à l’hôpital militaire que le 23 décembre 2014. Il souffre de cette dysenterie jusqu’à ce jour

Le 18 décembre 2014 aux environs de 9h, Messieurs Edwin Ballack OBAME MEBIANE et Lionel ELLA ENGONGAH ont reçu un coup de téléphone de ONDO OBAME qui avait été mis aux arrêts le 17 décembre 2014.

Nicolas ONDO OBAME leur demandait de venir le voir d’urgence parce qu’il avait faim. Ils s’y sont rendus avec objectif de donner à manger pour leur ami. Mais, une fois dans les locaux du B2, ils sont conduits dans le bureau de Monsieur Omer ELINGUI, qui les menace de les garder au B2 et de les mettre en cellule, ils y sont déshabillés, ne portant sur eux qu’un slip. Ensuite ils sont jetés chacun dans une cellule isolée. A 2 heures du matin et Monsieur Nicolas ONDO OBAME et Lionel ELLA ENGONGAH sont manu militari conduits dans le bureau de Monsieur Omer ELINGUI. Lionel ELLA ENGONGAH est sommé de se mettre à plat ventre et Mr Omer ELINGUI ordonne qu’il soit bastonné par deux agents avec un ceinturon, ce qui a été fait. Après quoi, il est jeté en cellule. Il subit ce traitement tous les jours jusqu’au 20 décembre où il est réveillé à 2 heures du matin par 2 personnes qui s’introduisent dans sa cellule, une lui braque une arme contre la tempe pendant que la deuxième lui fait subir des actes de barbaries innommables qui vont même jusqu’à lui dire que tout défaut de silence de sa part, lui vaudrait la mort dans les locaux du B2 d’où il ne sortirait pas vivant. En ce qui concerne Mr Edwin Ballack OBAME MEBIANE, il a subi le même traitement inhumain, humiliant et dégradant. Il a été bastonné le 1er jour le 18 décembre 2014 comme Mr Lionel Ella ENGONGAH. Le tabassage subi le 2ème jour l’a fait tombé dans le coma. Pourtant, pendant qu’il était dans le coma, il était toujours tabassé de toutes parts et de toutes les manières. Ses tortionnaires craignant finalement de l’avoir tué, l’ont transporté nuitamment à l’hôpital militaire. Le bruit a d’ailleurs couru qu’il était décédé. Le Docteur a été si choqué par son état qu’il a interdit son enfermement et rédigé un rapport à cette fin. Les autorités du B2 n’en ont tenu aucun compte. Et il est resté enfermé jusqu’au 29 décembre 2014 à 23 heures où il a été présenté au Parquet de la République. 

Mr Edwin Ballack OBAME MEBIANE et Mr Lionel Ella ENGONGAH ont subi illégalement une garde à vue de 12 jours.

Quant à Mrs Nicolas ONDO OBAME et Duphy MINTO’O ELLA, ils ont subi illégalement une garde à vue de 13 jours.

Ces jeunes hommes, tenus au secret, n'ayant droit à aucune visite ni de leur famille ni de moi leur avocate, ont subi des traitements inhumains et dégradants, interdits aussi bien par le Code de Procédure Pénale gabonais (articles 50 alinéa 3 et 53) que par des dispositions du droit international des droits de l’Homme dont le Gabon est partie. De tels traitements sont considérés comme des actes de torture, notamment par l’article 5 de la Charte Africaine des droits de l’Homme et des Peuples.

Qu’il en est de même de la Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants qui considère comme un acte de torture: « tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont délibérément infligées à une personne par des agents de la fonction publique ou à leur instigation, aux fins notamment d'obtenir d'elle ou d'un tiers des renseignements ou des aveux, de la punir d'un acte qu'elle a commis ou qu'elle est soupçonnée d'avoir commis, ou de l'intimider ou d'intimider d’autres personnes. ».

Tel est le calvaire vécu par ces quatre étudiants.



Popular posts from this blog