WHAT DOES THIS QUOTE FROM BLAISE PASCAL MEAN? ? QUE SIGNIFIE CETTE CITATION DE BLAISE PASCAL ?




English version 


A compatriot posted this quote from Blaise Pascal, very fitting in this second half of August that sees the nation going from one celebration to another.


This blog wanted to analyze what the author meant by this remarkably elegant formula. Here is our deconstruction.


This quote is taken from the Pensées, a work in which Pascal develops his theory of diversion (divertissement).


For Pascal, man is fundamentally miserable: mortal, finite, incapable of finding lasting rest; and he knows this confusedly. But rather than confronting this condition, he keeps himself busy: through games, hunting, social life, fleeting ambition, and so on. All of this serves less to achieve a goal than to occupy the mind so as not to think about one’s own finitude.


Therein lies the full force of this formula: the remedy becomes the ill. Diversion soothes man’s misery by keeping him from thinking. But this perpetual flight is itself the deepest mark of his misery, since it reveals his inability to remain honest with himself; he must perpetually flee the reality of his condition.


Pascal writes elsewhere that all of man’s unhappiness comes from one single thing: not knowing how to remain at rest, and to face his reality.


This blog took the Pascalian framework and applied it, with caution, to the current moment in Gabon. We are well aware that Pascal is speaking of individual existential misery, and we are applying it at the scale of a country. So this is an exercise in transposition, not a literal reading.


In Gabon, three closely spaced celebrations — independence (August 17), the festival of cultures, then Liberation Day (August 30) — create a dense festive sequence. Following Pascalian logic, one might ask: are these moments experienced as an authentic collective renewal — reconnecting with one’s roots, one’s culture, a national narrative — or do they also function as diversion in the Pascalian sense, that is, a collective agitation that draws attention away from everyday difficulties: economic, social, political?


Just as individual diversion in Pascal prevents man from confronting his condition, a packed festive calendar could serve to occupy public space and cultivate a sense of unity that leaves little room for critical examination of structural problems.


But conversely, one could argue that the supporters of these festivities — who will swear up and down, hand on heart — that these celebrations are not a flight but the opposite: a moment when Gabonese society consciously turns back toward its history and culture, which is precisely what Pascalian diversion prevents.


The point most faithful to Pascal would be to ask whether this succession of celebrations keeps each Gabonese citizen from asking the fundamental questions about their country, their life, their future?


Each person can answer this question according to their own experience and reality.


We would like to thank our compatriot Romuald Assogho for elevating the debate.



Version Française 


Un compatriote a posté cette citation de Blaise Pascal, très à propos en cette deuxième moitié de mois d’août qui voit la nation aller de célébration en célébration.


Ce blog a voulu analyser ce que voulait exprimer l’auteur par cette fort élégante formule. Voici notre deconstruction.


Cette citation est tirée des Pensées, ouvrage dans lequel Pascal développe sa théorie du divertissement. 


Pour Pascal, l’homme est fondamentalement misérable: mortel, fini, incapable de trouver un repos durable; et il le sait confusément. Mais plutôt que d’affronter cette condition, il s’agite : par le jeu, la chasse, les mondanités, l’ambition éphémère etc. Tout cela sert moins à atteindre un but qu’à occuper son esprit pour ne pas penser à sa propre finitude.


C’est là toute la force de cette formule : le remède devient le mal. Le divertissement soulage la misère de l’homme en l’empêchant de penser. Mais cette fuite perpétuelle est elle-même la marque la plus profonde de sa misère, puisqu’elle révèle son incapacité à rester honnête avec lui-même; il faut perpétuellement fuir la réalité de sa condition.


Pascal écrit ailleurs que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose : ne pas savoir demeurer en repos, et faire face à sa réalité.


Ce blog a pris la grille pascalienne et l’a appliquée avec une précaution au contexte du moment au Gabon. Nous sommes bien conscients que Pascal parle de la misère existentielle individuelle, et nous l’appliquons à l’échelle d’un pays. Donc c’est un exercice de transposition, pas une lecture littérale.


Au Gabon, trois célébrations rapprochées: indépendance (17 août), fête des cultures, puis fête de la Libération (30 août); créent une séquence festive dense. Selon la logique pascalienne, on pourrait se demander : ces moments sont-ils vécus comme un ressourcement collectif authentique: retrouver ses racines, sa culture, un récit national, ou fonctionnent-ils aussi comme un divertissement au sens pascalien, c’est à dire une agitation collective qui détourne l’attention des difficultés du quotidien: économiques, sociales, politiques?


Comme le divertissement individuel chez Pascal empêche l’homme d’affronter sa condition, un calendrier festif chargé pourrait servir à occuper l’espace public et à cultiver un sentiment d’unité qui laisse peu de place à l’examen critique des problèmes structurels.


Mais à l’inverse, on peut soutenir que les partisans de ces bamboulas nous jurerons la main sur le cœur, que ces fêtes ne sont pas une fuite mais l’inverse, c’est à dire un moment où la société Gabonaise se retourne consciemment vers son histoire et sa culture, ce qui est précisément ce que le divertissement pascalien empêche.


Le point le plus fidèle à Pascal serait de se demander si la succession des célébrations empêche chaque citoyen gabonais de se poser les questions de fond sur son pays, sa vie, son avenir ?


Chacun peut répondre à cette interrogation, selon son vécu et sa réalité.


Nous venons ici remercier le compatriote Romuald Assogho, pour cette élévation du débat.

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