WE MUST BE WARY OF ABSOLUTE POWER, AND ITS COROLLARY, ABSOLUTE KOUNABELISM! MÉFIONS NOUS ET DU POUVOIR ABSOLU, ET DE SON COROLLAIRE, LE KOUNABELISME ABSOLU!




English version 


Dear readers, when we look at what is happening in Gabon, one cannot help but notice that absolute power gives birth to something even more toxic and pernicious: absolute kounabelism.


Absolute power destroys all respect for diversity of opinion, through the absence of contradiction. Don't you hear the uncompromising outbursts of CBON and his courtiers: "Yes, we're going to break things, because the country needs to develop. You can't make an omelet without breaking eggs," and so on. When you speak to them of measure and dialogue, they come back shouting: "It's you who are holding the country back; Gabonese people must move forward under the whip." Others go so far as to become apostles of injustice, especially when it falls on Alain Claude Bilié By Nzé.


But history teaches us that all power needs resistance, a return of the real, to stay attuned to what it governs.


A power that no longer encounters any counter-power, any criticism, any institutional limit, progressively loses its capacity to correctly perceive the consequences of its actions. This is Montesquieu's central intuition: "So that power cannot be abused, it is necessary that, by the arrangement of things, power checks power." Without this friction, the ruler no longer governs reality, he governs his own representation of reality, which is the beginning of tyranny, even when it claims to be benevolent (here we find CBON's reckless demolitions).


Absolute courtiership is not a secondary moral phenomenon; it is the operating condition of absolute power. Power without limits mechanically creates incentives for flattery:


Telling the truth to the powerful becomes risky (disgrace, exile, death), and therefore rare.


Flattering becomes profitable (favors, staying in position), and therefore widespread.


The result: absolute power always ends up surrounding itself with a filter of approval that reflects back a distorted image of its own actions. La Boétie, in his Discourse on Voluntary Servitude, shows that tyranny does not hold through the tyrant's own force alone, but through the chain of courtiers who, each hoping for a small share of power, serve the one above them, all the way to the top, where the tyrant, isolated, paradoxically depends on all those he oppresses.


This is what makes the combination particularly dangerous: absolute power produces courtiership, and courtiership protects and worsens absolute power.


The courtier has an interest in power remaining absolute, otherwise his influence as a flatterer loses its value. Absolute power, fed by flattery, loses touch with criticism, and therefore becomes less and less capable of self-correction, and therefore more and more absolute.


The result is a closed system, where error can no longer be signaled before it becomes catastrophic, think of the historical examples in Gabon where entire courts validated disastrous decisions out of fear of contradicting the sovereign, who was inevitably called Bongo yesterday, and today is embodied by CBON.


A person who is flattered continuously loses touch with their own finitude and ends up believing the image that courtiers reflect back to them. Deprived of any real contradiction, power comes to see itself as the measure of good and truth, which is, in itself, the very definition of the fall.


Of absolute power and of kounabelism, one cannot be wary of one without being wary of the other, because attacking absolute power alone without attacking the culture of courtiership surrounding it merely displaces the problem. A new power, even a well-intentioned one, will quickly find courtiers ready to isolate it from reality. Conversely, denouncing individual flattery alone without addressing the structures that make it rational (absence of counter-powers, excessive concentration of authority) amounts to moralizing a problem that is, first and foremost, institutional.


This is why the political thinkers who have examined this question have sought structural rather than moral solutions: multiplying the places from which truth can be spoken without risk, so that no person, however virtuous they may be at the outset, ever finds themselves in a position where only flattery reaches them.



Version Française 


Chers lecteurs, quand on regarde ce qui se passe au Gabon, on ne peut que remarquer que le pouvoir absolu enfante quelque chose de plus toxique et pernicieux, le kounabelisme absolu.


Le pouvoir absolu supprime tout respect de la diversité d’opinions, par absence de contradiction. N’entendez vous pas les vociférations intransigeantes de CBON et de ses courtisans : « oui on va casser, car il faut que la pays se développe. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs etc. » Quand vous leur parlez du sens de la mesure et de la repartie, ils reviennent en hurlant: « c’est vous qui retardez le pays; les Gabonais doivent avancer à la chicote ». D’autres sont même apôtres de l’injustice , surtout lorsqu’elle s’abat sur Alain Claude Bilié By Nzé.


Mais l’histoire nous apprend que tout pouvoir a besoin d'une résistance, d'un retour du réel, pour rester ajusté à ce qu'il gouverne. 


Un pouvoir qui ne rencontre plus aucun contre-pouvoir, aucune critique, aucune limite institutionnelle, perd progressivement sa capacité à percevoir correctement les conséquences de ses actes. C'est l'intuition centrale de Montesquieu : « Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » Sans cette friction, le dirigeant ne gouverne plus le réel, il gouverne sa propre représentation du réel; ce qui est le début de la tyrannie, y compris quand elle se veut bienveillante (on retrouve ici le les démolissions sauvages de CBON).


La courtisanerie absolue n'est pas un phénomène moral secondaire, elle est la condition de fonctionnement du pouvoir absolu. Un pouvoir sans limite crée mécaniquement des incitations à la flatterie :


Dire la vérité au puissant devient risqué (disgrâce, exil, mort), donc rare.


Flatter devient rentable (faveurs, maintien en place), donc généralisé.


Résultat : le pouvoir absolu finit toujours par s'entourer d'un filtre d'approbation qui lui renvoie une image déformée de sa propre action. La Boétie, dans son Discours de la servitude volontaire,  montre que la tyrannie ne tient pas par la force du tyran seul, mais par la chaîne de courtisans qui, chacun espérant une petite part de pouvoir, servent celui qui est au-dessus d'eux; jusqu'au sommet, où le tyran, isolé, dépend paradoxalement de tous ceux qu'il opprime.


C'est ce qui rend la combinaison particulièrement dangereuse : le pouvoir absolu produit la courtisanerie, et la courtisanerie protège et aggrave le pouvoir absolu.


Le courtisan a intérêt à ce que le pouvoir reste absolu, sinon son influence de flatteur perd sa valeur. Le pouvoir absolu, nourri de flatterie, perd le contact avec la critique, donc devient de moins en moins capable de s'autocorriger, donc de plus en plus absolu.


On obtient un système clos, où l'erreur ne peut plus être signalée avant qu'elle ne devienne catastrophique, pensons aux exemples historiques au Gabon où des cours entières ont validé des décisions désastreuses par peur de contredire le souverain qui s’appelait inévitablement Bongo hier, et aujourd’hui s’incarne en CBON.


La personne flattée en permanence perd le rapport à sa propre finitude et finit par croire à l'image que les courtisans lui renvoient. Privé de contradiction réelle, le pouvoir en vient à se prendre pour la mesure du bien et du vrai, ce qui est, chez lui, la définition même de la chute.


Du pouvoir absolu et du kounabelisme, on ne peut pas se méfier de l'un sans se méfier de l'autre, car s'attaquer seulement au pouvoir absolu sans s'attaquer à la culture de courtisanerie qui l'entoure ne fait que déplacer le problème. Un nouveau pouvoir, même bien intentionné, retrouvera vite des courtisans prêts à l'isoler du réel. Inversement, dénoncer la seule flatterie individuelle sans s'attaquer aux structures qui la rendent rationnelle (absence de contre-pouvoirs, concentration excessive de l'autorité) revient à moraliser un problème qui est d'abord institutionnel.


C'est pourquoi les penseurs politiques qui se sont penchés sur cette question ont cherché des solutions structurelles plutôt que morales : multiplier les lieux d'où la vérité peut être dite sans risque, pour qu'aucune personne , aussi vertueuse soit-elle au départ, ne se retrouve dans la position où seule la flatterie lui parvienne.






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