NO MISTER MINISTER ! NON MONSIEUR LE MINISTRE !




English version 


Dear readers, when a Transport Minister compares the halting of public construction projects to the normal construction of a house by an ordinary citizen, this can seem quite unserious and even like minimizing a structural problem rather than taking responsibility for it.


A State has planning, financing, and monitoring resources that an individual building their own house does not have. The comparison therefore seems to us more than misplaced.


The technical reasons repeatedly invoked for halting public construction projects raise questions about budget management, tender processes, and coordination between ministries. These are symptoms of the same old poor governance.


The Gabonese context, with infrastructure projects dragging on for years, makes this kind of discourse harder for us to accept.


A responsible State facing halts in public construction projects should get ahead of the situation and announce the halts before they become visible or a source of controversy, with precise reasons: financial, technical, or legal.


It should publish a realistic timeline and regular progress updates, rather than responding only when the press or public opinion picks up on the issue.


It also needs to clearly identify who is responsible for what (project owner, contractors, financiers) and provide precise accountability in the event of delays, not generic formulas like technical reasons; and it should publicly distinguish between the causes: underfunding, poor workmanship, corruption, force majeure, etc.


Funding must be secured before work begins rather than along the way, to avoid halts linked to budget installments, and technical and environmental studies must be carried out beforehand to limit technical surprises during construction.


Independent oversight mechanisms must also be established, such as regular audits by independent bodies (Court of Auditors, inspectorates) that are made public; and we need avenues of recourse for citizens or civil society to challenge authorities on stalled projects.


Clear contractual penalties are needed for companies in case of delays attributable to them. Above all, there needs to be public budget monitoring: where does the money already committed to a halted project go?


The difference between a well-managed State and another is not measured by the total absence of setbacks (they exist everywhere), but by the ability to anticipate them, explain them precisely, and take responsibility for them rather than trivializing them with a rhetorical comparison.




Version Française 


Chers lecteurs, quand un ministre des Transports compare l'arrêt de chantiers publics à la construction normale d'une maison par un citoyen, ça peut sembler très peu sérieux et même de minimiser un problème structurel plutôt que d'en assumer la responsabilité.


Un État dispose de moyens de planification, de financement et de suivi que n'a pas un particulier construisant sa maison. La comparaison nous paraît donc plus que déplacée.


Les raisons techniques invoquées de façon récurrente pour des arrêts de chantiers publics soulèvent des questions sur la gestion budgétaire, les appels d'offres, ou la coordination entre ministères, Ce sont des symptômes de la sempiternelle mauvaise gouvernance.


Le contexte gabonais, avec des chantiers d'infrastructure qui traînent depuis des années, rend ce type de discours plus difficile à recevoir pour nous.


Un État responsable face à des arrêts de chantiers publics devrait prendre les devants et annoncer les arrêts avant qu'ils ne deviennent visibles ou sujets à polémique, avec les raisons précises: financières, techniques, ou juridiques.


Il devrait publier un calendrier réaliste et des points d'étape réguliers, plutôt que de répondre seulement quand la presse ou l'opinion s'en saisit.


Il lui faut aussi identifier clairement qui est responsable de quoi (maîtrise d'ouvrage, entreprises, financeurs) et rendre des comptes précis en cas de retard, pas des formules génériques comme raisons techniques; et en distinguer publiquement les causes: sous-financement, malfaçon, corruption, force majeure etc.


Il faut sécuriser les financements avant le lancement des travaux plutôt qu'en cours de route, pour éviter les arrêts liés aux tranches budgétaires, et réaliser les études techniques et environnementales en amont pour limiter les surprises techniques en cours de chantier.


Il faut aussi établir des mécanismes de contrôle indépendants tels que des audits réguliers par des organes indépendants (Cour des comptes, inspections) qui seront rendus publics; et il nous faut des voies de recours pour les citoyens ou la société civile pour interpeller les autorités sur des projets bloqués


Il faut des pénalités contractuelles claires pour les entreprises en cas de retard qui leur sont imputable. Il faut surtout un suivi budgétaire public: où va l'argent déjà engagé sur un chantier à l'arrêt ?


La différence entre un État bien géré et un autre, ne se joue pas sur l'absence totale d'aléas (ils existent partout), mais sur la capacité à les anticiper, les expliquer avec précision, et en assumer la responsabilité plutôt que de les banaliser par une comparaison rhétorique.

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