WHAT IS CYBERNETIC MESS ? C’EST QUOI ENCORE LA BORDELISATION CYBERNÉTIQUE ?
English version
In an interview published in the newspaper L'Union, the expression "bordélisation" [chaos/mess] of cyberspace is used by Germain Ngoyo Moussavou, the president of the High Authority for Communication (HAC) in Gabon, to justify the suspension of social networks.
In the context of this interview, the president of the HAC defines this "bordélisation" as informational anarchy. He speaks of a proliferation of illicit content and false information on social networks that was taking a toxic turn for our peaceful coexistence. In summary, it involves the massive spread of fake news, defamation, or speech that could threaten public social order.
The article mentions that the Libreville Court of Appeal ruled in favor of the HAC, following a complaint by the opposition political party EPG.
The court considered that the HAC was within its rights, relying notably on Article 49 of Law No. 014/2023, which grants it the power to suspend access to sites broadcasting illicit content in order to protect public order.
The HAC presents this as a precautionary measure. The stated objective was to reduce public exposure to this toxic content while the government and Parliament put in place a new legal framework, currently under review, to better regulate social networks and negotiate moderation tools with giants like TikTok and Meta.
However, this blog sees it as a headlong rush because cutting off access to an entire population is a radical and blind method. It penalizes everyone (citizens, businesses, media) because the State lacks the technical capacity or the legal tools to target and punish only the perpetrators of the offenses.
The fact that the HAC has to block the networks while waiting for laws to be passed and tools like TikTok's TSET to be implemented shows a technological gap. Suspending to "buy time" is the very definition of a headlong rush.
Even if Germain Ngoyo Moussavou insists that the HAC is an independent authority that has received no instructions from the executive branch, this kind of blanket blocking measure is very often a security pretext to muzzle freedom of expression, silence the opposition, or prevent the organization of protests.
Dear readers, Ngoyo Moussavou is fooling no one.
Version française
Dans une interview parue dans le journal L'Union, l'expression « bordélisation » du cyberespace est utilisée par Germain Ngoyo Moussavou, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) au Gabon, pour justifier la suspension des réseaux sociaux.
Dans le contexte de cette interview, le président de la HAC définit cette « bordélisation » comme une anarchie informationnelle. Il parle d'une prolifération de contenus illicites et de fausses informations sur les réseaux sociaux qui prenaient une tournure toxique pour notre vivre-ensemble. En résumé, il s'agit de la diffusion massive de fake news, de diffamation ou de discours pouvant menacer l'ordre public social.
L'article mentionne que la Cour d'appel de Libreville a donné raison à la HAC, suite à une plainte du parti politique d'opposition EPG. La justice a estimé que la HAC était dans son droit, s'appuyant notamment sur l'article 49 de la loi n°014/2023 qui lui donne le pouvoir de suspendre l'accès aux sites diffusant des contenus illicites pour protéger l'ordre public.
La HAC présente cela comme une mesure conservatoire. L'objectif assumé était de réduire l'exposition du public à ces contenus toxiques le temps que le gouvernement et le Parlement mettent en place un nouveau cadre légal actuellement en cours d'examen pour mieux encadrer les réseaux sociaux et négocier des outils de modération avec des géants comme TikTok et Meta.
Mais ce blog y voit une fuite en avant car, couper l'accès à toute une population est une méthode radicale et aveugle. Cela pénalise tout le monde (citoyens, entreprises, médias) parce que l'État n'a pas la capacité technique ou les outils juridiques de cibler et punir uniquement les auteurs d'infractions.
Le fait que la HAC doive bloquer les réseaux en attendant que des lois soient votées et que des outils comme le TSET de TikTok soient mis en place montre un décalage technologique. Suspendre pour « gagner du temps » est la définition même d'une fuite en avant.
Même si Germain Ngoyo Moussavou insiste sur le fait que la HAC soit une autorité indépendante qui n'a reçu aucune instruction du pouvoir exécutif, ce genre de mesure de blocage global est très souvent un prétexte sécuritaire pour museler la liberté d'expression, faire taire l'opposition ou empêcher l'organisation de la contestation.
Chers lecteurs, Ngoyo Moussavou ne trompe personne.
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