A FOLKLORIC AND THEATRICAL MANAGEMENT OF POWER! UNE GESTION FOLKLORIQUE ET THÉÂTRALE DU POUVOIR!
English version
construction site visit, directly orders his Minister of Housing to release billions as early as Monday for a real estate entrepreneur.
This way of doing things perfectly illustrates the deep tensions that exist between political staging and the orthodoxy of public management.
In a state governed by the rule of law, a president does not have a personal safe from which he can draw at will to distribute public funds.
Even during a presidential injunction on a construction site, the money necessarily comes from financial mechanisms mapped out by the administration, which generally fall into three categories:
The Ministry of Housing has an annual investment budget voted for the construction of social housing (such as the Bikélé or Essassa projects). Let us dare to hope that when CBON publicly barks out orders to pay 2 billion to an entrepreneur, it is merely a political acceleration of the disbursement of a sum that was already theoretically allocated to this program, but blocked by administrative delays or Treasury trade-offs. Otherwise, there would be cause for serious concern.
Giving the order publicly, in front of the cameras, with a time-bound ultimatum ("as early as this Monday"), is a pure act of political communication. The objective is to project the image of a pragmatic, direct head of state who breaks through bureaucracy to move the country forward.
The administrative reality is more complex: Behind the scenes, the Minister of Housing (Mays Mouissi) and the financial services are well aware of which files are pending and which entrepreneurs are awaiting payments to restart stalled construction sites. The president uses his visit to clear a blocked situation, knowing that the budget envelope exists or must be prioritized at the expense of other expenditures.
This style of governance, sometimes described as direct, vertical, or paternalistic, responds to a very specific political logic, but carries major systemic risks in the long term.
By publicly ordering the minister to pay, CBON places himself in the role of the benevolent sovereign who wants the best for his people, while the minister or the administration shoulders the blame as the bottleneck if deadlines are not met.
Public accounting requires budgetary control visas, compliance checks, and validation stages to prevent embezzlement or payment for fictitious work. Forcing a payment "by Monday" bypasses these safeguards and exposes the state to risks of bad governance.
Managing a budget through whims or media stunts destabilizes state planning. Money urgently redirected to a real estate entrepreneur by decree of the prince is money withdrawn from other priority sectors (health, education, road infrastructure) that are also waiting for their own budgetary trade-offs.
International financial institutions, such as the IMF or the World Bank, closely scrutinize budgetary discipline and expenditure transparency. Spectacular and unplanned disbursements are perceived as signs of institutional instability, which complicates negotiations on debt and structural reforms.
While this method may occasionally unblock highly visible construction sites, it weakens institutions by substituting one man's personal judgment for the rigor of administrative procedures. The announcement effect positively saturates public opinion on Monday, but the disorganization of public finances ultimately catches up with global governance the following month.
Version française
Chers lecteurs, vous avez certainement comme nous, observés des scènes où CBON, au détour d’une visite de chantier théâtralisée, ordonne en direct à son ministre de l’Habitat, de débloquer des milliards dès lundi pour un entrepreneur.
Cette façon de faire, illustre parfaitement les tensions profondes qui existent entre la mise en scène politique et l’orthodoxie de la gestion publique.
Dans un État de droit, un président ne dispose pas d’un coffre-fort personnel dans lequel il puise à sa guise pour distribuer des fonds publics.
Même lors d’une injonction présidentielle sur un chantier, l'argent provient nécessairement de mécanismes financiers balisés par l'administration, qui se répartissent généralement en trois catégories :
- Les lignes budgétaires existantes (Loi de Finances) : Le ministère de l’Habitat dispose d’un budget d'investissement annuel voté pour la construction de logements sociaux (comme les projets de Bikélé ou d'Essassa). Osons espérer que lorsque CBON ordonne à la criée, de verser 2 milliards à un entrepreneur, il s'agit d'une accélération politique du décaissement d'une somme qui était déjà théoriquement allouée à ce programme, mais bloquée par les lenteurs administratives ou les arbitrages du Trésor public. Dans le cas contraire, il y aurait lieu de sérieusement s’inquiéter.
- Le fait de donner l’ordre publiquement, devant les caméras, avec un ultimatum temporel (« dès ce lundi »), est un pur acte de communication politique. L'objectif est de projeter l'image d'un chef d'État pragmatique, direct, qui brise la bureaucratie pour faire avancer le pays.
- La réalité administrative est plus complexe : En coulisses, le ministre de l’Habitat (Mays Mouissi) et les services financiers savent pertinemment quels dossiers sont en souffrance et quels entrepreneurs attendent des paiements pour relancer des chantiers à l'arrêt. Le président utilise sa visite pour purger une situation bloquée, sachant que l'enveloppe budgétaire existe ou doit être priorisée au détriment d'autres dépenses.
- Ce style de gouvernance, parfois qualifié de direct, de vertical ou de paternaliste, répond à une logique politique bien précise, mais comporte des risques systémiques majeurs à long terme.
- En ordonnant publiquement au ministre de payer, CBON se place dans le rôle du bon souverain qui veut le bien de son peuple, tandis que le ministre ou l'administration endossent le rôle du goulot d'étranglement si les délais ne sont pas tenus.
- La comptabilité publique exige des visas de contrôle budgétaire, des vérifications de conformité et des paliers de validation, pour éviter le détournement ou le paiement de travaux fictifs. Forcer un paiement « dès lundi » court-circuite ces garde-fous et expose l'État à des risques de mauvaise gouvernance.
Gérer un budget par coups de tête ou par coups d'éclat médiatiques déséquilibre la planification de l'État. L'argent réorienté en urgence vers un entrepreneur immobilier sur décision du prince est de l'argent qui est retiré à d'autres secteurs prioritaires (santé, éducation, infrastructures routières) qui attendent, eux aussi, leurs arbitrages.
- L'usure du modèle face aux bailleurs de fonds : Les institutions financières internationales, comme le FMI ou la Banque Mondiale, scrutent de près la discipline budgétaire et la transparence des dépenses. Les décaissements spectaculaires et non planifiés sont perçus comme des signaux d'instabilité institutionnelle, ce qui complique les négociations sur la dette et les réformes structurelles.
Si cette méthode permet de débloquer ponctuellement des chantiers visibles, elle fragilise les institutions en substituant l'arbitrage personnel d'un homme à la rigueur des procédures administratives. : l'effet d'annonce sature positivement l'opinion le lundi, mais la désorganisation des finances publiques finit par rattraper la gouvernance globale le mois suivant.
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