WHAT ARE THE GABONESE PRIVATE EMPLOYERS WORTH? QUE VAUT LE PATRONAT GABONAIS ?








English version 


When reading this article in L'Union, it is entirely legitimate to wonder whether the Gabonese employers' association deserves such high praise, as there is a disconnect between what is written in this institutional newspaper and the business climate; that is, the reality on the ground.


In Gabon, while one can say there are local entrepreneurs, one can also assert that the structuring of a truly independent and influential entrepreneurial class is still nonexistent. All bosses are beholden to the Bongos; yesterday as well as today.


Historically and structurally, the formation of the employer network has faced several major obstacles.


The historical dependence on extractive industries (oil, manganese, timber):


The predominance of multinationals: Sectors requiring heavy capital, such as infrastructure development or mining, have traditionally been captured by large foreign companies.


The State as the main actor: The State has long been the primary employer and the exclusive engine of the economy, limiting the space left for local private initiative.

A large part of the existing local businesses developed in the wake of the State, often through subcontracting or public contracts awarded to close associates through insider dealing.


Financial vulnerability: This dependence makes Gabonese SMEs extremely vulnerable to the State's payment delays. The clearance of domestic debt is, moreover, a central demand to breathe life back into these structures.


The need for transparency: For a strong entrepreneurial class to consolidate and compete healthily, access to public procurement must be based on increased transparency in public spending, thereby avoiding favoritism and encouraging genuine competitiveness.


Although Gabon has a tiny pool of business creators, for this group to become a genuine national business class capable of investing massively, creating sustainable jobs, and autonomously influencing public policies, the institutional and financial ecosystem must be profoundly cleaned up.


This is where CBON is expected to deliver.





Version française 


Quand on lit cet article de L’Union, il est tout à fait légitime de se poser la question de savoir si le patronat gabonais mérite ces dithyrambes, car il y a comme un décalage entre ce qui est écrit dans ce journal institutionnel et le climat des affaires, c’est à dire la réalité du terrain. 


Au Gabon, si on peut dire qu'il existe des entrepreneurs locaux, on peut aussi affirmer que la structuration d'une véritable classe entrepreneuriale indépendante et influente est encore inexistante. Tous les patrons sont des obligés des Bongo ; hier comme aujourd’hui.


Historiquement et structurellement, la formation de du tissu patronal s'est heurtée à plusieurs obstacles majeurs.


La dépendance historique aux industries extractives (pétrole, manganèse, bois):


  • La prédominance des multinationales : Les secteurs nécessitant de lourds capitaux, comme le développement des infrastructures ou l'exploitation minière, ont été traditionnellement captés par de grandes entreprises étrangères.


  • L'État comme principal acteur : L'État a longtemps été le principal employeur et le moteur exclusif de l'économie, limitant la place laissée à l'initiative privée locale.


Une grande partie des entreprises locales existantes s'est développée dans le sillage de l'État, souvent par le biais de la sous-traitance ou des marchés publics confiés à des proches par le truchement des délits d’initiés.


  • Vulnérabilité financière : Cette dépendance rend les PME gabonaises extrêmement vulnérables aux retards de paiement de l'État. L'apurement de la dette intérieure est d'ailleurs une revendication centrale pour redonner de l'oxygène à ces structures.


  • Le besoin de transparence : Pour qu'une classe entrepreneuriale forte puisse se consolider et rivaliser sainement, l'accès à la commande publique doit reposer sur une transparence accrue dans les dépenses publiques, évitant ainsi le favoritisme et encourageant la compétitivité réelle.


Si le Gabon possède un minuscule vivier de créateurs d'entreprises, pour que ce groupe devienne une véritable classe d’affaires nationale, capable d'investir massivement, de créer des emplois durables et d'influencer les politiques publiques de manière autonome, il faut que l'écosystème institutionnel et financier s'assainisse profondément.


 C’est là qu’est attendu CBON.

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