« AGORA » TENTE DE FAIRE AMENDE HONORABLE

Diffusion de la distribution de sacs de riz aux populations par un député PDG. Cet évènement de la plus haute importance pour notre pays a été diffusé au cours du journal de 20 heures de la RTG1 ce dimanche 9 Janvier 2011. Qu’en dira David Ella-Mintsa ?



Après sa honteuse performance d’il y a à peine une semaine, l’émission “Agora” diffusée ce dimanche tentait de rectifier le tir en ouvrant le débat à l’opposition et en invitant un intellectuel moins enclin à caresser Ali Bongo dans le sens de ses « curls ». Cette émission a donc réagi suite aux nombreuses critiques, mais ce blog s’interroge si l’ouverture de l’émission du jour ne sera qu’une réponse ponctuelle comme savent le faire les « émergents », ou allons nous retrouver le même cirque dans les semaines qui viennent avec des débats « voix de son maitre » totalement ridicules. On verra !

1. La solution est pourtant simple : il suffit d’accroître la conscience déontologique des professionnels de l'info
Que les animateurs d’Agora lisent bien, car nous allons leur donner nos avis sur ce qu’ils peuvent faire pour arrêter l’hémorragie de leur crédibilité journalistique. En effet, de nombreux incendies endommagent la crédibilité du journalisme gabonais en général, et la RTG1 en particulier. Incendies que sont des émissions comme « Pluriel » où le pouvoir vient régler ses comptes avec ses détracteurs, ou encore le journal télévisé ou on nous montre les enfants de ministres en train de remettre des cadeaux de noël aux « petits pauvres » dans les bas-fonds du pays et on nous décrit cela comme un signe « FORT » de l’adhésion des masses à la politique de « l’émergence » (allez comprendre !); ou encore une interview très inconfortable avec Pierre Péan où il est évident que les questions ne vont que dans un sens ; et enfin des micros-trottoirs qui comme par hasard, sont toujours unanimes dans leur soutien à Ali Bongo. Pour circonscrire au manque de crédibilité de la presse publique, il faut éviter de vouloir faire avaler aux gabonais, de gros poissons comme cette tentative par les émergents, et aussi par Agora la semaine dernière, de faire croire que l’opposition gabonaise était de mèche avec Wikileaks et Patrick Benquet. Même les gens les plus apolitiques du Gabon savent que cette accusation est archi fausse et totalement ridicule. Au Gabon, il existe bien le CNC (conseil national de la communication), instance qui est censée réguler la radio, la presse écrite, et la télévision. Mais ses liens étroits avec le gouvernement lui font perdre toute indépendance, et brident ses initiatives en matière déontologique; initiatives qui du reste vont dans le sens de la protection du pouvoir Bongo. Le CNC dira par exemple que les informations souvent exactes d’un journal comme Misamu, ou encore Nku’ le Messager, menacent la paix civile au Gabon, alors que les tenants du pouvoir peuvent multiplier des insultes et menaces contre l’opposition sur les chaines et journaux publics sans que le CNC ne dise absolument rien. Ce dont nous avons besoin, est d’une instance de médiation nationale qui serait vraiment indépendante du pouvoir politique. Mais nous savons aussi que le pouvoir Bongo n’en voudra jamais.

2. Les organes de presse officiels ne sont pas ceux des Bongo mais des gabonais.
Quand on regarde la RTG1 ou quand on lit Gabon-Matin par exemple, on a presque le souvenir du temps de la guerre froide, des nouvelles venues du froid via l'organe de presse soviétique la Pravda. La comparaison est faite, compte tenu du caractère typiquement à sens unique et au profit des apparatchiks au pouvoir, des informations distillées par ces organes. La RTG1 est un modèle du genre, car on observe que des activités ne présentant aucun intérêt majeur, ni pour le pays en général, ni pour les gabonais en particulier, sont couvertes de manière tout à fait exceptionnelle, tandis que d’autres activités qui méritent couverture sont totalement ignorées. Si vous regardez les émissions « politiques » ou le journal de la RTG1, chers lecteurs, vous vous rendrez compte de la somme embarrassante d’épithètes favorables au pouvoir en général et à Ali Bongo en particulier, qui s'enchaînent de manière indécente. Quand David Ella-Mintsa dit que sa chaine n’est pas aux ordres, aucun gabonais ne peut le prendre au sérieux. Le manque de respect de David Ella-Mintsa pour les gabonais qui regardent sa chaine et se rendent bien compte de son contenu, est d'assez mauvais augure, car indicatif d'une démocratie malade ; en tous cas, on constate qu’un David Ella-Mintsa est peu enclin à respecter les citoyens libres du Gabon. Lorsqu'on entend un président d'assemblée tenir un discours qui s’inscrit dans l’absolutisme ethnique, et que la chaine que dirige David Ella-Mintsa n’en parle absolument pas, comment peut-on croire en la crédibilité de cette chaine ?

Non seulement la démocratie n'a pas besoin d’une presse qui se comporte en garçons de courses pour le pouvoir, mais quand cette presse publique ne peut tenir un discours en toute honnêteté aux gabonais, comment croire une seule seconde que notre démocratie va alors aussi bien que veulent nous le faire croire les émergents ? Tout le monde à l’écoute de la presse officielle du Gabon, peut aisément sentir les symptômes d'une liberté tronquée, et remarquer qu’il soit regrettable qu'il exista encore des hommes, comme David Ella-Mintsa, mus par tant d'ambition qu'ils en deviennent aveugles et ridicules en pensant qu’on puisse mentir aux gabonais qui n’y verraient que du feu. Erreur !

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