GABON, GUNVOR, AND ASSALA! LE GABON, GUNVOR, ET ASSALA!






English version 


The acquisition of Assala Energy by the Gabonese State (via the Gabon Oil Company, GOC) in 2024 is one of the most significant economic operations of the transition led by the CTRI. Officially presented as a major act of reclaiming economic sovereignty, this transaction is under close scrutiny, particularly in Switzerland, due to its financial structuring.


Gabon did not have the necessary liquidity to exercise its right of pre-emption and purchase the 75% of Assala's assets from the American fund Carlyle, a transaction estimated at over $1.3 billion, or approximately 800 billion FCFA.


To close the deal, GOC turned to the Swiss trading giant Gunvor, which advanced the funds to Gabon. In exchange for this loan, the Swiss trader secured the exclusive marketing rights for the oil extracted from Assala's fields.


Gabon committed to a heavy repayment mechanism, spread over 5 years, amounting to $20 million per month (approximately 12 billion FCFA monthly), payable directly to Gunvor.


Legally, there are currently no convictions for embezzlement, and the parties enjoy the presumption of innocence. However, the opacity of the contracts has triggered international compliance alerts.


Swiss justice has opened a criminal investigation into this oil mega-contract. The Swiss non-governmental organization Public Eye, which specializes in tracking trading practices, has described this contract as extremely opaque. It raises suspicions related to potential parallel payment systems or hidden commissions intended to remunerate intermediaries in Africa to facilitate the securing of this exclusive contract.


Questioned about these suspicions, the Gunvor group firmly rejected any accusations of corruption or bribery in the Assala operation. The trader claims to be cooperating fully with Swiss judicial authorities and maintains that outside observers are misinterpreting the financial structure of the agreement.


Beyond the judicial aspect, economic circles and independent analytical platforms highlight the paradox of the official narrative. The acquisition of Assala is celebrated in Libreville as a historic nationalization allowing Gabon to control its own wealth.


But by ceding exclusive sales rights to Gunvor and binding itself to strict confidentiality clauses, Gabon has simply changed creditors. Some analysts fear that the agreement conceals significant discounts on the price of the barrel sold to Gunvor or export flow securitization clauses that tie GOC's hands.


The Assala case perfectly illustrates the challenge faced by African oil states like Gabon: political nationalization requires capital that only major international traders possess, thereby shifting dependence from traditional Western oil companies to commodity traders who are often no more scrupulous.




Version française 


L’affaire du rachat d’Assala Energy par l’État gabonais (via la Gabon Oil Company, GOC) en 2024 est l’une des opérations économiques les plus significatives de la transition dirigée par le CTRI. Présentée officiellement comme un acte majeur de reconquête de la souveraineté économique, cette transaction fait l'objet d'un examen minutieux, notamment en Suisse, en raison de son montage financier.


Le Gabon ne disposait pas des liquidités nécessaires pour exercer son droit de préemption et racheter les 75 % d'actifs d'Assala au fonds américain Carlyle, une transaction estimée à plus de 1,3 milliard de dollars, soit environ 800 milliards de FCFA.


Pour boucler le deal, la GOC s'est tournée vers le géant suisse du négoce Gunvor qui a avancé les fonds au Gabon. En échange de ce prêt, le trader suisse a obtenu l’exclusivité des droits de commercialisation du pétrole extrait des gisements d’Assala.


Le Gabon s'est engagé dans un mécanisme de remboursement lourd, étalé sur 5 ans, à hauteur de 20 millions de dollars par mois (environ 12 milliards de FCFA mensuels), payables directement à Gunvor.


Sur le plan légal, il n'y a pas, à ce jour, de condamnation pour malversations, et les parties bénéficient de la présomption d'innocence. Cependant, l'opacité des contrats a déclenché des alertes de conformité à l'international.


La justice suisse a ouvert une enquête pénale concernant ce méga-contrat pétrolier. L'organisation non gouvernementale suisse Public Eye, spécialisée dans la traque des pratiques de négoce, a qualifié ce contrat d'extrêmement opaque. Elle évoque des soupçons liés à d'éventuels systèmes de paiements parallèles ou de commissions occultes destinés à rémunérer des intermédiaires en Afrique pour faciliter l'obtention de ce contrat d'exclusivité.


Interrogé sur ces soupçons, le groupe Gunvor a fermement rejeté toute accusation de corruption ou de pots-de-vin dans l'opération Assala. Le négociant affirme coopérer pleinement avec les autorités judiciaires suisses et soutient que les observateurs extérieurs interprètent mal la structure financière de l'accord.


Au-delà de l'aspect judiciaire, les milieux économiques et les plateformes d'analyse indépendantes soulignent le paradoxe du discours officiel. Le rachat d'Assala est célébré à Libreville comme une nationalisation historique permettant au Gabon de contrôler sa propre richesse.


Mais en cédant les droits exclusifs de vente à Gunvor et en se liant par des clauses de confidentialité strictes, le Gabon a simplement changé de créancier. Certains analystes redoutent que l'accord cache des décotes importantes sur le prix du baril vendu à Gunvor ou des clauses de sécurisation des flux d'exportation qui lient les mains de la GOC.


L'affaire Assala illustre parfaitement le défi des États pétroliers africains comme le Gabon: la nationalisation politique nécessite des capitaux que seuls les grands traders internationaux possèdent, déplaçant ainsi la dépendance des compagnies pétrolières occidentales classiques vers les négociants de matières premières qui ne sont souvent pas plus scrupuleux.

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