PROPAGANDA HAS VERY SHORT LEGS! LA PROPAGANDE A DE TRÈS COURTES JAMBES!





English version 


Dear readers, for the past few days, you have certainly been witnessing a propaganda offensive by CBON, aided by sycophantic, benefits-seeking spin doctors.


The popular idiom stating that "propaganda has short legs" is a simple metaphor: a creature with short legs can run very fast at first, but it quickly runs out of breath, cannot overcome major obstacles, and is swiftly caught up.


In politics, this means that fact manipulation and hyper-communication can saturate the media landscape in the short term, but they inevitably collapse when confronted with reality.


An analysis of CBON's communication strategy highlights why this all-out, multi-directional method shows its limits in the long run.


Mass communication and political propaganda rely on psychological mechanisms that wear out over time. By dint of seeing the same message and the same face everywhere, state media, social networks, billboards, the human brain develops a form of saturation. What was once awe-inspiring at the beginning ultimately becomes annoying.


Propaganda sells abstract concepts or future promises. However, you cannot eat speeches. If the housewife's market basket remains empty, if unemployment does not visibly drop, the gap between the official narrative and daily lived experience turns into a major breach of trust.


When the media or institutions are perceived as mere echo chambers for the ruling power, the public turns away from them to seek information elsewhere (international media, independent channels), which destroys the very effectiveness of state communication.


Since the August 2023 coup, CBON has orchestrated a massive media presence. Whether through major announcements, such as the promised creation of thousands of jobs, the launch of housing projects like the one in Bikélé, or republican tours, his communication aims to occupy the entire space.


However, several factors explain why this strategy cannot work indefinitely:

In the beginning, CBON’s communication rode the wave of collective relief following the collapse of the Bongo dynasty. It was a communication of rupture. But once the transition became institutionalized, the status shifted: from "liberator," he became the state's chief manager. The people no longer evaluate an intention; they judge results.


Announcing massive waves of recruitment, economic recovery, or lower prices creates immediate expectations. Propaganda accelerates political time, whereas structural reforms (economic diversification, debt management with the IMF, the actual building of infrastructure) take years. This time lag transforms promises into disappointments.


CBON recently spoke in the international media (notably on France 24) to assert that "there will be no Nguema dynasty." While these are strong words, they clash with an extremely personalized staging of power, where his image, and sometimes that of his family or close associates in circles of influence, is omnipresent.


When communication insists too heavily on a single point ("I will not linger" or "I am not creating a dynasty"), it paradoxically arouses suspicion among a Gabonese population already scalded by 55 years of family rule.


The use of temporary censorship measures or the strict control of the digital space by the authorities (such as the High Authority of Communication) reveals nervousness in the face of contradiction. One-way communication does not work in the digital age. If you shut off the valves of discussion, you build up social frustration.


Propaganda is a debt contracted with public opinion. The more massively you communicate, the more immediate the repayment must be, in the form of concrete, tangible, and measurable results for the average Gabonese citizen. If the economic and social foundations do not follow, the short legs of this communication will eventually prevent it from moving forward.




Version française 


Chers lecteurs, depuis quelques jours vous observez certainement une offensive de propagande de CBON, avec l’aide de communicants prébendiers.


L'expression populaire qui dit que la propagande a de courtes jambes est une métaphore simple : une créature qui a de petites jambes peut courir très vite au début, mais elle s'essouffle vite, ne peut pas franchir les grands obstacles et se fait rapidement rattraper.


En politique, cela signifie que la manipulation des faits et l'hyper-communication peuvent saturer l'espace médiatique à court terme, mais qu'elles finissent inévitablement par s'effondrer face à la réalité.


L'analyse de la stratégie de communication de CBON met en lumière les raisons pour lesquelles cette méthode tous azimuts montre ses limites sur le long terme.


La communication de masse et la propagande politique reposent sur des mécanismes psychologiques qui s'usent d'eux-mêmes. À force de voir le même message et la même figure partout: médias d'État, réseaux sociaux, affiches, le cerveau humain développe une forme de saturation. Ce qui émerveillait au début finit par agacer.


La propagande vend des concepts abstraits ou des promesses futures. Or, on ne mange pas des discours. Si le panier de la ménagère ne se remplit pas, si le chômage ne baisse pas concrètement, l'écart entre le récit officiel et le vécu quotidien devient une rupture de confiance majeure.


Quand les médias ou les institutions sont perçus comme de simples caisses de résonance du pouvoir, le public s'en détourne pour chercher l'information ailleurs (médias internationaux, canaux indépendants), ce qui détruit l'efficacité même de la communication d'État.


Depuis le coup d’Etat d'août 2023, CBON a orchestré une présence médiatique massive. Qu'il s'agisse de grandes annonces, comme la création promise de milliers d'emplois, le lancement de chantiers de logements comme à Bikélé, ou les tournées républicaines, sa communication cherche à occuper tout l'espace.


Toutefois, plusieurs facteurs expliquent pourquoi cette stratégie ne peut pas fonctionner indéfiniment :


Au début, la communication de CBON surfait sur le soulagement collectif d'avoir vu la dynastie Bongo s'effondrer. C'était une communication de rupture. Mais une fois la transition institutionnalisée, le statut change : de libérateur, il est devenu le gestionnaire en chef de l'État. Le peuple n'évalue plus une intention, il juge des résultats.


Annoncer des vagues massives de recrutements, la relance économique ou la baisse des prix crée une attente immédiate. La propagande accélère le temps politique, tandis que les réformes structurelles (diversification économique, gestion de la dette avec le FMI, construction effective des infrastructures) prennent des années. Ce décalage temporel transforme les promesses en déceptions.


CBON s'est récemment exprimé dans les médias internationaux (notamment sur France 24) pour affirmer qu'il n'y aura pas de dynastie Nguema. C'est une parole forte, mais elle se heurte à une mise en scène du pouvoir extrêmement personnalisée, où son image, et parfois celle de sa famille ou de ses proches dans des cercles d'influence, est omniprésente. 


Lorsque la communication insiste trop lourdement sur un point (« je ne m'éterniserai pas » ou « je ne crée pas de dynastie »), elle éveille paradoxalement le soupçon au sein d'une population gabonaise échaudée par 55 ans de pouvoir familial.


L'utilisation de mesures de censure temporaire ou le contrôle strict de l'espace numérique par les autorités (comme la Haute Autorité de la Communication) montre une nervosité face à la contradiction. Une communication à sens unique ne marche pas à l'ère du numérique. Si vous fermez les vannes de la discussion, vous gonflez la frustration sociale.


La propagande est une dette que l'on contracte auprès de l'opinion publique. Plus on communique massivement, plus le remboursement, sous forme de résultats concrets, palpables et mesurables pour le Gabonais moyen, doit être immédiat. Si les fondations économiques et sociales ne suivent pas, les courtes jambes de cette communication finiront par l'empêcher d'avancer.

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