SO MANY INSPECTORS JAVERT IN GABON! QUE D’INSPECTEURS JAVERT AU GABON!





English version


In the popular imagination and literary culture, an inspector Javert is the very archetype of the inflexible, illogical and obsessively fanatical censor to condemn someone, even in spite of common sense.


Based on Victor Hugo’s masterpiece, Les Misérables (1862), the character of Inspector Javert went beyond the framework of the novel to become a common name designating an icy and absolute vision of authority.


Inspector Javert is the quintessence of the obstinate devotee. His dedication to tracking down his target is no longer a matter of the profession, but of pathology. He is ready to pursue his target for decades, driven by a sense of duty that has become a real obsession. Victor Hugo often compares him to a guard dog or a wolf.


Today, to qualify a judge, a police officer, a politician, an administrator, or a Kounabelist journalist as Javert, is to denounce their excessive zeal. The expression refers to a person who uses the wheels of justice or administration not to repair or protect, but to punish their targets with blind dogmatism.


Faced with the sudden incarceration of Alain-Claude Bilie-By-Nze at Libreville Central Prison, it is difficult not to see the shadow of zealers sheltering behind absolute procedural rigidity.


Placing a former Prime Minister in pre-trial detention for a procedure related to fraud and breach of trust involving a presumed debt of five million CFA francs claimed by a former collaborator, gives this judicial firmness a very selective scent of zeal.


Just as Javert went after Jean Valjean with blind intransigence, the deployment of such a repressive machine for a matter of common law raises the obvious spectrum of political maneuver under the guise of exemplarity.


Dans le climat actuel de recomposition institutionnelle, cette soif d'ordre montre les limites d'une justice à tête chercheuse qui semble s'appliquer avec la brutalité d'un dogme. 


The denunciations of his party regarding the prohibition of visits and the impossibility of serenely preparing his defense only accentuate the impression of a relentlessness that goes far beyond the framework of the simple private dispute.


The judicial relentlessness against Alain-Claude Bilie-By-Nze, under the guise of a common law offense, is less a matter of moral purity than of cold political rationality. The contemporary Javert who orchestrate and execute this maneuver, whether at the top of the state or in the wheels of our society, derive multiple benefits from this incarceration.


Alain-Claude Bilie-By-Nze is not just a fallen old guard politician; he is one of the few former dignitaries to have retained a pugnacious and critical public word towards CBON. Prison here acts as a choke.


The zealers of the republic thus gain from offering a political trophy to public opinion. Even if the reason for the arrest is minor in view of the scandals of massive misappropriation of public funds, seeing a former Prime Minister behind bars quenched a certain thirst for popular revenge. It is the triumph of facade exemplarity: they punish severely for example, sacrificing proportionality in favor of the judicial spectacle.


Letting a former head of government lapse in Sans-Famille for a case of breach of trust is a resounding message sent to the entire political class and civil society. The architects of this detention gain a powerful deterrent tool: « If we can crush a former Prime Minister with such procedural ease, imagine what we can do to others. This encourages other dissident voices to self-censorship.


The personal benefit of the little Javerts should not be neglected: the magistrates, the investigators, the officials who instruct and the Kounabelist journalists; because in a regime in full consolidation, showing relentless zeal against the figures of the old system is often the fastest way to prove one’s loyalty to the new masters. It is a strategy of survival and professional advancement; by applying their zeal with spectacular hardness, they secure their own positions and prepare their future promotions.




Version française


Dans l'imaginaire populaire et la culture littéraire, un inspecteur Javert est l'archétype même du censeur inflexible, illogique et obsessionnellement fanatique à condamner quelqu’un, même en dépit du bon sens.


Issu du chef-d'œuvre de Victor Hugo, Les Misérables (1862), le personnage de l’inspecteur Javert a dépassé le cadre du roman pour devenir un nom commun désignant une vision glaciale et absolue de l’autorité.


L'inspecteur Javert est la quintessence du dévot obstiné. Son dévouement à la traque de sa cible ne relève plus du métier, mais de la pathologie. Il est prêt à poursuivre sa cible pendant des décennies, animé par un sens du devoir devenu une véritable obsession. Victor Hugo le compare d'ailleurs souvent à un chien de garde ou à un loup.


Aujourd'hui, qualifier un juge, un policier, un politicien, un administrateur, ou un journaliste kounabeliste de Javert, c'est dénoncer son excès de zèle. L'expression désigne une personne qui utilise les rouages de la justice ou de l'administration non pas pour réparer ou protéger, mais pour punir avec dogmatisme aveugle ses cibles.


Face à l'incarcération soudaine d'Alain-Claude Bilie-By-Nze à la prison centrale de Libreville, il est difficile de ne pas voir l'ombre de zélateurs s'abritant derrière une rigidité procédurale absolue.


Placer un ancien Premier ministre en détention provisoire pour une procédure relevant de l'escroquerie et de l'abus de confiance impliquant une dette présumée de cinq millions de francs CFA réclamée par une ancienne collaboratrice, donne à cette fermeté judiciaire un parfum de zèle très sélectif. 


Tout comme Javert traquait Jean Valjean avec une intransigeance aveugle, le déploiement d'une telle machine répressive pour une affaire de droit commun soulève le spectre évident de la manœuvre politique sous couvert d'exemplarité.


Dans le climat actuel de recomposition institutionnelle, cette soif d'ordre montre les limites d'une justice à tête chercheuse qui semble s'appliquer avec la brutalité d'un dogme. 


Les dénonciations de son parti concernant l'interdiction des visites et l'impossibilité de préparer sereinement sa défense ne font qu'accentuer l'impression d'un acharnement qui dépasse de loin le cadre du simple litige privé.


L’acharnement judiciaire contre Alain-Claude Bilie-By-Nze, sous le couvert d'une infraction de droit commun, relève moins de la pureté morale que d'une rationalité politique froide. Les « Javert » contemporains qui orchestrent et exécutent cette manœuvre, qu'ils soient au sommet de l'État ou dans les rouages de notre société, tirent des bénéfices multiples de cette incarcération.


Alain-Claude Bilie-By-Nze n'est pas un simple cacique déchu ; il est l'un des rares anciens dignitaires à avoir conservé une parole publique pugnace et critique vis-à-vis de CBON.La prison agit ici comme un étouffoir.


Les zélateurs de la république gagnent ainsi à offrir à l'opinion publique un trophée politique. Même si le motif de l'arrestation est mineur au regard des scandales de détournements massifs de fonds publics, voir un ancien Premier ministre derrière les barreaux étanche une certaine soif de vengeance populaire. C'est le triomphe de l'exemplarité de façade : on punit sévèrement pour l'exemple, sacrifiant la proportionnalité au profit du spectacle judiciaire.


Laisser croupir un ancien chef de gouvernement à Sans-Famille pour une affaire d'abus de confiance est un message retentissant envoyé à l'ensemble de la classe politique et de la société civile. Les architectes de cette détention gagnent un puissant outil de dissuasion : « Si nous pouvons broyer un ancien Premier ministre avec une telle facilité procédurale, imaginez ce que nous pouvons faire aux autres. » Cela incite les autres voix dissidentes à l'autocensure.


Il ne faut pas négliger le bénéfice personnel des « petits » Javert : les magistrats, les enquêteurs, les fonctionnaires qui instruisent à charge et les journalistes kounabeliste; car dans un régime en pleine consolidation, montrer un zèle implacable contre les figures de l'ancien système est souvent le moyen le plus rapide de prouver sa loyauté aux nouveaux maîtres. C'est une stratégie de survie et d'ascension professionnelle ; en appliquant leur zèle avec une dureté spectaculaire, ils sécurisent leurs propres postes et préparent leurs futures promotions.

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