ENTRE VÉRITÉ ET LÉGITIMITÉ





C'est Benjamin Constant de Rebecque, homme politique et écrivain français qui il y a 2 siècles, disait: << L’obéissance à la loi est un devoir ; mais, comme tous les devoirs, il n’est pas absolu, il est relatif : il repose sur la supposition que la loi part d’une source légitime et se renferme dans ses justes bornes. Aucun devoir ne nous lierait envers des lois qui non seulement restreindraient nos libertés légitimes et s’opposeraient à des actions qu’elles n’auraient pas le droit d’interdire, mais qui nous en commanderaient de contraires aux principes éternels de justice et de pitié, que l’homme ne peut cesser d’observer sans démentir sa nature>>. Si depuis Aout 2009, nous voyons la côte d'amour et de respect que les gabonais ont envers Jean Eyéghé-Ndong aller en crescendo, c'est parce qu'il nous dit des vérités sur la nature du pouvoir en place au Gabon; vérités qui nous permettent d'évaluer avec froideur toute l'illégitimité qui caractérise ce pouvoir. Quand le PDG insiste sur l'observation de ses lois, que quelqu'un leur lise donc le passage ci-dessus!

1. En politique, n'est légitime que tout gouvernement constitué conformément aux règles édictées par le peuple
Le principe de la république qui devrait être un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, est aujourd'hui un postulat quasi universel. Quelques pays y sont encore réfractaires. Malheureusement pour nous gabonais, notre pays fait parti de ces réfractaires. En effet, dans la plupart des pays modernes, il est établi que la souveraineté nationale appartient au peuple. En droit constitutionnel, la nation se définie comme l’ensemble des citoyens passés, présents et futurs. C'est-à-dire, chers lecteurs, que ce sont les citoyens actuels qui sont les dépositaires de la souveraineté, au nom des citoyens passés, donc des morts, et de ceux qui ne sont pas encore nés. Donc nous qui sommes vivants aujourd'hui, avons la responsabilité de faire de notre pays ce dont nos ancêtres auraient souhaité qu'il devienne; mais aussi un pays dans lequel nos descendants se sentiraient pleinement pris en compte. C'est une lourde responsabilité, mais certains gabonais l'ont toujours assumée. Certains y ont même laissé leur vie. Nous ne vous donnerons pas la liste, vous savez qui ils sont. Aujourd'hui, quand nous voyons les contributions de compatriotes comme Jean Eyéghé-Ndong ou Roland Désiré Aba'a, ou encore les syndicats et ONGs qui se battent pour décanter les choses au Gabon, nous avons la faiblesse de croire que parmi nous, il y a une masse critique qui voudrait vivre dans un pays où la légitimité serait un véritable automatisme politique, et non l'objet de grossiers rafistolages. Tous les gabonais qui bravent les brimades et les menaces pour tenir tête à ce régime, le font en définitive, parce qu'à un moment ils réalisent que pour que notre pays trouve un équilibre dans le temps, il faut que ce soit par le plébiscite que le peuple souverain transmette la légitimité. En ces périodes de populisme aveugle articulé sur un slogan unique et inique "l'émergence", nous devons saluer des gens comme Jean Eyéghé-Ndong, Roland Désiré Aba'a, Pierre Claver Maganga Moussavou et bien d'autres, qui viennent apporter un éclairage nécessaire sur la tragédie qui se joue au Gabon.

2. Pour brouiller les pistes, le régime créé un paravent de légitimité de quartier qu'on nous présente comme symbolisant la légitimité démocratique.
Si vous regardez la RTG1, ces derniers temps, vous vous rendrez compte du déploiement tous azimuts de ce que nous appellerons la version PDG de la "démocratie de proximité". Hier c'était un ministre qui faisait un don d'une case d'écoute pour un village, certainement le sien, de la Ngounié. Cela nous a été présenté au journal télévisé comme un évènement d'envergure nationale. Une dame ou demoiselle est allée faire un don à Ntoum au nom du ministre de la zone et cela a été présenté au journal comme une actualité d'envergure nationale. Bref, dans le pays des surdoués que sont les Bongo, on a réduit l'expression démocratique au fait d'aller à la rencontre des habitants, leur remettre des présents. La presse institutionnelle se délecte de ces bêtises et les présente comme des actes à caractères souverains ou même d'états. Il est absolument indéniable que ces dons sont faits par le pouvoir, par souci de légitimation de sa représentativité. Cette confusion entre démocratie et démagogie, faite par le pouvoir, compromet gravement le murissement du peuple gabonais qui fini par penser que le rôle d'un parti politique, d'un député ou d'un cadre de la province, c'est de ramener des pagnes et des victuailles au village. Mais toutes ces manœuvres ne conduiront jamais Ali Bongo à la légitimité, car ce mécanisme morcelle la nation et l'atomise en menus morceaux n'ayant aucune connexion entre eux. Quand René Ndemezo'o va remettre des matelas à Bitam, le message subliminal est que seuls les récipiendaires de ces dons apparaissent comme les gens qui comptent dans l'échiquier PDG; le territoire recevant les dons semble souvent comme le seul qui mérite d'être construit, car ayant soutenu le "bon" candidat etc., etc. Ce n'est pas comme cela qu'on construit une nation! Ce n'est pas ce qu'auraient voulu nos ancêtres et ce n'est certainement pas ce qui fera la fierté de nos enfants. Par conséquent, la nation ne peut se développer sur la base de tels anachronismes.

Puisque nous avons établi que la légitimité constitue le fondement de toutes les institutions politiques et la principale condition de leur survie, nous pourrons alors conclure qu'en dépit de toutes les gesticulations du pouvoir, le manque de légitimité d'Ali Bongo continuera à se présenter comme le principale obstacle à son acceptation par les gabonais. La plupart des gabonais, y compris ceux qui campent encore au PDG, savent que la légitimité s’acquiert par le procédé électoral. La légitimité a donc une dimension psychologique profonde, d'autant qu’elle se matérialise par l’acceptation volontaire de la part des citoyens de la prise du pouvoir par un individu. Mais la scène politique gabonaise reste très particulière car la légitimité de ses institutions est remise en cause par les citoyens, vu que ces institutions incarnent une imposture et sont donc dénuées de toute légitimité. C'est ça la vérité!

Comments

  1. Vous vous basez sur Benjamin Constant, mais il a été démonté par "discours de la servitude volontaire". Lisez ca et voyez si vous avez les epaules pour diriger le pays!! Le president fait ce qu'il peut pour nous, avansons aulieu de ralé!

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