COURT JOURNALISM DOES NOT INFORM ANYONE! LE JOURNALISME DE COUR N’INFORME PERSONNE!






English version 


Court journalism, or deferential journalism, represents the absolute antithesis of the press's primary vocation, which is to inform. When the media transforms into an echo chamber for those in power, the entire democratic contract is fractured.


The duty to inform rests on pillars that are incompatible with sycophancy. The fundamental role of journalism is to act as a counter-power, to investigate, and to demand accountability from institutions.


Sycophantic journalism, by seeking to please rather than to enlighten, transforms information into public relations. It deprives citizens of the objective analytical framework they need to actively participate in civic life.


This deviation does not always stem from mere servility; it is often the product of a corrupted ecosystem:

  • The fear of losing privileged access to decision-makers pushes certain journalists toward self-censorship.
  • State-sponsored perks become levers of silent blackmail.
  • In closed political environments like Gabon, allegiance is sometimes strictly a survival strategy.


Faced with media that are muzzled, co-opted, or comfortably settled in compromise, the responsibility to enlighten public discourse inevitably shifts. It is then up to intellectuals, free thinkers, and independent, citizen-led analytical platforms to shoulder the burden of deconstructing official narratives.


These spaces of expression become the true refuge of critical thinking, where acts of governance are analyzed without filters or complacency. George Orwell would have summarized it like this: "Journalism is printing what someone else does not want printed: everything else is public relations."


Historically, the bard was a Celtic poet tasked with singing the praises and exploits of warriors. Transposed to the modern political sphere, the bard is the architect of the official narrative, the praise-singer of those in power. They fit directly into the continuum of sycophancy or courtiership, but add an aesthetic, narrative, or intellectual dimension to it.


The political bard is not content with merely relaying information or justifying a track record; they create a legend. They transform the political decision-maker into a providential savior, a visionary, or an undisputed builder. Under their pen or voice, the failures of the state are presented as grandiose trials imposed by external enemies, and the slightest successes are elevated to the status of historical triumphs.


In many African traditions, the griot held a noble role as the custodian of memory and, sometimes, as an advisor capable of speaking truth to the chief. The political bard of today corresponds to the corrupted version of this figure: the court griot, whose sole function is to sing the praises of the prince in order to guarantee their own privileges and proximity to the decision-making circles.


How wretched!





Version française 


Le journalisme de cour, ou de révérence, représente l'antithèse absolue de la vocation première de la presse qui est d’informer. Lorsque les médias se transforment en chambre d'écho du pouvoir, c'est l'ensemble du contrat démocratique qui se fracture.


Le devoir d'informer repose sur des piliers qui sont incompatibles avec la flagornerie. Le rôle fondamental du journalisme est d'agir comme un contre-pouvoir, d'enquêter et d'exiger des comptes de la part des institutions. 


Le journalisme sycophante, en cherchant à plaire plutôt qu'à éclairer, transforme l'information en relations publiques. Il prive le citoyen de la grille de lecture objective dont il a besoin pour participer activement à la vie de la cité.


Cette dérive ne naît pas toujours de la simple servilité ; elle est souvent le fruit d'un écosystème vicié :

  • La peur de perdre l’accès privilégié aux décideurs pousse certains journalistes à l'autocensure.
  • Les cadeautages étatiques deviennent des leviers de chantage silencieux.
  • Dans des environnements politiques fermés comme au Gabon, l'allégeance est parfois une stricte stratégie de survie.


Face à des médias muselés, cooptés ou confortablement installés dans la compromission, la responsabilité d'éclairer le discours public se déplace inévitablement. Ce sont alors les intellectuels, les libres penseurs et les plateformes d'analyse citoyennes et indépendantes qui assument le fardeau de déconstruire les narratifs officiels. 


Ces espaces d'expression deviennent le véritable refuge de l'esprit critique, là où les actes de gouvernance sont analysés sans filtre ni complaisance. George Orwell l'aurait résumé ainsi : « Le journalisme consiste à publier ce que quelqu'un d'autre ne veut pas voir publié ; tout le reste n'est que relations publiques. »


Historiquement, le barde était un poète celte chargé de chanter les louanges et les exploits des guerriers. Transposé à la sphère politique moderne, le barde est l'artisan du récit officiel, le thuriféraire du pouvoir. Il s'inscrit dans la continuité directe de la sycophanterie ou de la courtisanerie, mais y ajoute une dimension esthétique, narrative ou intellectuelle.


Le barde politique ne se contente pas de relayer l'information ou de justifier un bilan ; il crée une légende. Il transforme le décideur politique en homme providentiel, en visionnaire ou en bâtisseur incontesté. Sous sa plume ou sa voix, les échecs du pouvoir sont présentés comme des épreuves grandioses imposées par des ennemis extérieurs, et les moindres succès sont élevés au rang de triomphes historiques.


Dans de nombreuses traditions africaines, le griot occupait un rôle noble de dépositaire de la mémoire et, parfois, de conseiller capable de dire la vérité au chef. Le barde politique de nos jours, correspond à la version corrompue de cette figure : le griot de cour, dont l'unique fonction est de chanter les louanges du prince pour garantir ses propres privilèges et sa proximité avec les cercles de décision.


Comme c’est misérable!

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