QUE VAUT UNE CARRIÈRE AU GABON AUJOURD'HUI? QUAND LES AUTORITÉS ENTERRENT RÉGULIÈREMENT L'AVENIR DES GABONAIS, DANS L’INDIFFÉRENCE GÉNÉRALE

Les forces de l'ordre procédant à la posée des scellés au ministère de l'Habitat à Libreville pour empêcher les employés d'y accéder.




Quand on entend les propriétaires du Gabon parler de vouloir améliorer la qualité de vie des gabonais, il y a lieu de se demander s'ils pensent franchement que nous ayons perdu la raison pour croire en leurs balivernes. Dans ce Gabon, nous avons vu des gabonais bien formés qui étaient employés de l'Octra, être, sans façon, remerciés et payés en monnaies de singe alors que les responsables de la déroute financière de cette entreprise publique allaient à de nouveaux postes politiques. Nous avons assistés à la mise à mort programmée d'Air Gabon et la mise au chômage d'excellents pilotes, mécaniciens d'avions, personnels navigants et au sol, qui ont dû aller vendre leurs talents à l'étranger, causant des séparations familiales douloureuses et des contraintes difficiles à négocier. Nous avons été témoins du bradage de Gabon-Telecom pratiquement au franc symbolique, aux "amis" marocains, avec encore une fois des centaines de nationaux hautement qualifiés laissés sur le carreau pendant que des privilégiés gardaient leurs emplois protégés et exorbitamment rémunérés. Voici que récemment, Ali Bongo décidait de littéralement procéder à l'ablation de centaines d'emplois au ministère de l'Habitat, sans qu'on ne sache réellement ce qui était reproché à l'ensemble des employés de ce département ministériel. Plus cynique encore, Ali Bongo a fait poser des scellées aux ouvertures de ce ministères de manière à faire empêcher, par les forces de l'ordre, son accès aux paisibles employés qui essaieraient de vouloir aller récupérer des effets personnels laissés au bureau. Mais au Gabon, ils appellent cette façon de faire "l'émergence".

1. Un changement de carrière peut être une étape incontournable et même salutaire dans la vie, mais il y a la manière
Dans les cas que nous avons énuméré ci-dessus, personnes ne peut soutenir avec succès l'argument que les gabonais qui ont été chassés du monde de l'emploi étaient des incompétents notoires. Nous pouvons même nous avancer en disant qu'Air Gabon avait d'excellents pilotes, que l'Octra avait de bons ingénieurs, que Gabon-Telecom avait de bon techniciens et que le ministère de l'Habitant a certainement un personnel qualifié; mais que les déboires de toutes ces boites et départements l'ont été du fait de ceux qui détenaient les cordons de la bourse. On connait le prix qu'ont payé les employés de Gabon-Telecom, mais quel prix a payé Thomas Souah et Co ? A peu près aucun! Le point culminant du cynisme est atteint quand des ingénieurs urbanistes sont renvoyés à la maison pendant qu'on garde Blaise Louembé dont l'implication dans de nombreuses malversations financières au Gabon, n'est plus à établir! Ali Bongo décide de manière unilatérale de forcer des centaines sinon des milliers de gabonais de ne plus exercer dans le domaine pour lequel ils ont été formés et ont passé de longues années sur les bancs des écoles, sans aucune raison valable. Il n'est pas interdit de changer de carrière; parfois même cette option est salutaire. Mais l'idéal est de passer à une nouvelle carrière par son propre choix. Ali Bongo semble avoir choisi de pousser les gabonais hors des circuits de l'emploi, par la méthode du traumatisme. En effet, il n'y a pas d'autre qualificatif approprié qui illustrerait la réaction des employés à qui des gendarmes disent, armes au poing, qu'ils ne peuvent même pas aller récupérer quelques effets laissés dans leur bureau. On ne peut pas penser que de tels employés resteront motivés et regarderont positivement le fait d'être les sacrifiés de l'émergence.

2. Le management par la panique ou la méthode Ali Bongo
Dans sa justification de la mise à l' écart des employés du ministère de l'Habitat, Ali Bongo a dit estimer que ce ministère n'avait pas atteint les "résultats" souhaités. Le problème avec cette explication est que nous nous sommes rapprochés de certains employés dudit ministère qui nous ont dit qu'à propos des fameux 5000 logements par année promis par Ali Bongo, aucune étude n'a jamais été réalisée, aucune finalité d'objectifs n'a été arrêtée, aucune estimation du coût n'a été faite, aucun schéma de la rentabilité de l'opération n'a été exploré. En résumé, Ali Bongo s'est présenté en philanthrope devant les gabonais et leur a dit: "je vais vous construire 5000 logements par an", mais le véritable travail nécessaire à faire avancer ce souhait n'a jamais été fait. Alors, Ali Bongo pris de panique en constatant qu'il se présenta devant les gabonais comme un faux philanthrope (une fausseté de plus), pour se dédouaner et brouiller les pistes, décide d'accuser les employés du ministère de l'Habitat de ne pas faire leur travail. C'est ainsi que pour sauver la face d'un piètre manager, des centaines de carrières d'innocents vont être sacrifiées. Ali Bongo doit savoir que sa fameuse émergence ne peut se faire dans l'isolement, mais doit prendre en considération le capital humain qui est la richesse primordiale de tout état et qu'il faille préserver. Ce n'est pas en créant un plus grand nombre de "laissés pour compte" que les choses avanceront au Gabon. Les gabonais ne seront pas toujours des acteurs passifs de leur destinée. Les gens n'accepteront pas toujours d'être demis et chassés de leurs emplois n'importe quand et sur n'importe quel motif, de façon indéfinie. On ne peut pas prétendre améliorer la vie des gabonais quand on prend des décisions dans la panique et qui rendent l'existence de ces mêmes gabonais de moins en moins stable et de plus en plus vulnérable.

Les gabonais restent attachés à leur ambitions et carrières. C'est leur droit le plus absolu. Comment peut-on penser que cette population accepterait d'être sujette et victime des réactions subites, intempestives et de panique, que lui imposerait Ali Bongo. Qui dans l'administration d'Ali Bongo prend en compte les facteurs impactants de ces décisions idiotes sur les vies des familles? Qui en mesure l’amplitude et les conséquences? L'indifférence qui a souvent accueilli la mise sur le carreau de milliers de gabonais et leurs familles ne sera pas éternelle, car le ras le bol est déjà là, latent, sommeillant, arrivant petit à petit à ébullition.

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