INFLÉCHIR ABSOLUMENT TOUTE DISSIDENCE (ACTE 1)




Alors que dans la plupart des pays du monde, nous voyons se solidifier la notion selon laquelle les systèmes de gouvernance les plus efficaces et les plus prospères, sont ceux qui reposent sur la diversité politique, c'est-à-dire une multiplication des points de vue autour du projet commun qu’est la nation à construire. Malheureusement, nous remarquons qu’au Gabon des Bongo, il y a une retraite vers le dogmatisme, la pensée unique et l’idolâtrie. Tout les acteurs susceptibles de peser un peu lourd en terme de substance, qui sont indépendants des Bongo, sont systématiquement traqués et leur marge de manœuvre réduite à sa plus simple expression par tous les mécanismes administratifs et juridiques de l’état Bongo. On se retrouve alors au Gabon des Bongo, avec un burlesque paysage politique où l’opposition agréée a rejoint le régime, laissant se profiler un retour à une forme de parti unique « pluraliste » qui voit le pouvoir et « son » opposition s’accorder sur pratiquement tous les points et aller à l’unisson soutenir Ali Bongo dans ses conneries.

1. La liquidation des partis et des mouvements dont les membres pourraient ébranler le pouvoir
Empêcher toute velléité d’opposition dangereuse au système. Tel est le mot d’ordre que se donne le régime Bongo. En effet, toutes les opérations politiques en cours au Gabon, ont pour finalité l’obtention d’une plus ample capacité pour Ali Bongo d’avoir plus d’ascendant sur le pays. Naturellement, la conséquence logique de cette stratégie est la mise à l’ écart systématique de tous ceux qui ne marcheraient dans ce sens. Cette mise en quarantaine n'est que la partie visible de l'exclusion tout azimut dont le pouvoir se sert pour faire chanter les gabonais. Le pouvoir sait que les gabonais sont pauvres et tiennent à leurs emplois. Donc à la moindre incartade ou opinion mal placée, on se retrouve sur le carreau, incapable de nourrir sa famille. Le régime table là dessus pour maintenir les gabonais au pas. On peut déjà entrevoir que les prochaines cibles seront les ONG et membres de la société civile qui osent essayer d’empêcher l’imposture de tourner en rond. On va bien trouver une justification, ou même concocter un texte juridique sur mesure, histoire de couper l’oxygène à ces ONG et syndicats et justifier leurs exclusions du paysage sociale gabonais. C’est le prix de l’instauration de l’empire et ce n’est un secret pour personne. Pendant qu’on empêche les compatriotes ayant des choses à dire de s’exprimer sur le champ politique, on maintient le peuple à l’abreuvoir de pensées éphémères et stériles. Mais les gabonais savent qu’Ali Bongo leur sert du vent, mais on s’habitue à l'hypocrisie qui veuille que l’on fasse encore semblant de le prendre au sérieux. Il faut bien nourrir sa famille.

2. On ne peut pas interdire une idée, un désir ; c’est dans la tête !
L’histoire nous apprend qu’on ne peut pas empêcher quelqu’un qui a soif de liberté, ou un peuple qui veut se libérer, de le faire. Quel que soit la période, le pays, la force du pouvoir, sa capacité de répression etc., la vérité est qu’un peuple qui entend se libérer, fini toujours par se délier. En 1960, pour tenter de tuer l’ANC, le régime de l’apartheid fait voter une loi sur les « organisations illégales », qui est taillée sur mesure pour explicitement criminaliser cette organisation et l’interdire. La suite nous la connaissons, l’ANC au lieu de mourir, se renforcera et en 1990, De Klerk révoquera cette même loi et légalisera l’ANC. Aujourd’hui, c’est bel et bien cet ANC qui gouverne le grand pays qu’est l’Afrique du Sud. Ceci pour signifier que les grands interdits des régimes dictatoriaux ne peuvent avoir un effet que si la dissidence elle-même s’affaiblie. Nous avons aussi vu les exemples des mouvements indigénistes en Amérique Latine, qui furent interdits pendant des décennies et pourtant aujourd’hui, c’est bien Evo Morales qui dirige la Bolivie. Donc chers lecteurs, on ne peut pas tuer une idée à coup de canon ou à coup d’interdits. Que peuvent donc les textes juridiques bidons ou les troupes anti-émeute répressives, quand tout un peuple se décide à aller vers un objectif. Quand des milliers de personnes disent collectivement « assez », c’est d’abord un état psychologique, c'est-à-dire une réalisation cognitive qui, au fil du temps s’extériorisera quand des dizaines, des centaines et des milliers de personnes décideront de ne plus faire qu’un.

Un mouvement, une pensée, une idée, celle de la démocratie, de la liberté, sont des sentiments et des vœux que le régime ne pourra jamais juguler. La preuve est que malgré les déceptions des gabonais depuis 1990, la soif du changement est plus intense que jamais dans la tête et les esprits des gens. Le régime Bongo, enlisé dans sa vision archaïque du Gabon, ne comprend pas ce qui se passe dans la tête et le cœur des gabonais. Pour le régime tant qu’il fait la loi et terrorise les gens, tout baigne. Mais ce régime oubli qu’une idée, ça ne saigne pas. On ne peut pas tuer une idée. Les idées germent au Gabon, qu’on ne se méprenne pas, des nationaux se prennent en main et se préparent petit à petit. Leur mettre un bâillon aujourd’hui n’est qu’une mesure à court terme, ils s’en sortiront. La dissidence est d’abord une idée et on ne peut pas tuer une idée.

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