LE REFLEXE D’UN PEUPLE TRAUMATISÉ EST DE REFUSER DE SE PRENDRE EN CHARGE. ÇA, LES BONGO LE SAVENT ET Y COMPTENT.



Le pouvoir Bongo est frileux, voir même nerveux, car depuis quelques temps, une contestation indépendante prend pied au Gabon. Cette contestation est pour nous indépendante car elle nait organiquement de la réalisation par des gabonais pensants, que la situation qui veut que les Bongo continuent à traire la république gabonaise de toute sa substance vitale, ne saurait être tolérée plus longtemps. Cette contestation est d’abord psychologique, donc découle d’un état d’esprit, d’une conviction non matérielle. Par définition, une contestation psychologique est plus difficile à endiguer, car même si la dictature emprisonne, intimide ou torture les dissidents, la grande majorité des gabonais semble avoir déjà franchi le pas psychologique et la marche vers la liberté est engagée. Cette marche sera-t-elle courte ou longue ? Seule la volonté physique des gabonais donnera réponse a cette question. Pour les Bongo, il ne faut absolument pas que le peuple gabonais fasse ce cheminement vers la concrétisation de ses aspirations. Alors, il faut encore plus l’intimider, lui faire peur, empêcher résolument la naissance d’un sentiment de prise en charge personnelle au sein de ce peuple. Pour les Bongo il faut continuer à accentuer le traumatisme des gabonais, car de ce traumatisme, nait le larbinisme ambiant que nous connaissons malheureusement chez nous, et qui est le socle même de la longévité des pouvoirs Bongo.

1. Diviser les gabonais par la peur de l’autre est le principe de base de la politique dite « du Gabon émergent ».
Souvenez-vous chers lecteurs, il y a exactement 1 an, nous vous avertissions du passage de Pierre Mamboundou en auxiliaire d’Ali Bongo. Beaucoup c’étaient insurgés à l’époque contre notre jeune blog, nous taxant de faire de l’intox, de nous attaquer à l’auguste « opposant historique » etc., etc., mais aujourd’hui où en est-on ? Si nous avions publié cette information à l’époque, presqu’un an avant que les masques ne tombent officiellement, c’est parce que cette information nous la tenions de source absolument certaine. C'est-à-dire de quelqu’un qui était en position d’avoir une chaise autour de la table où s’élaborait ces discussions et plans pour assoir le pouvoir d’Ali Bongo au Gabon (vous comprenez la métaphore). Cette personne nous a informé du besoin par le groupuscule autour d’Ali Bongo d’élargir sa base de popularité. Quand nous lui avons rétorqué par la question de savoir où irait, le groupe d’Ali Bongo, chercher des supporters ? Nous avons été surpris par la réponse : Pierre Mamboundou et le réservoir de l’UPG. Il nous a dit : « vous allez voir, on va commencer par ouvertement faire la promotion stratégique de certains cadres de la région géographique visée, puis une ouverture vers les populations, et enfin une alliance ouverte avec Mamboundou ». Voici pourquoi chers lecteurs, nous étions si surs de nos prédictions. Nous pouvions donc l’écrire sur nos blog et heureusement, certains d’entre vous ont su analyser et voir que nous étions dans la vérité, alors que d’autres ont préféré l’attitude de l’autruche. Quand Mamboundou est venu dire devant les camera de la RTG1 a Paris au sortir de son audience avec Ali Bongo, que le Gabon allait bien et que l’on ne devait pas parler du Gabon a l’étranger, c’était le signal de la phase final du processus ; Pierre Mamboundou était fin prêt pour son nouveau rôle d’émergent. Les apôtres de la langue de bois vous diront ce qu’ils voudront, chers lecteurs, mais cette stratégie s’accompagne d’un autre versant plus pernicieux qui veuille que pour mieux pousser Mamboundou et surtout ses supporters dans les bras d’Ali Bongo, il faille donner une raison existentielle à ceux-ci pour le faire car Ali Bongo reste viscéralement inacceptable aux gabonais. La solution est que cette raison existentielle revienne à présenter Ali Bongo et son régime familial comme les derniers remparts de la protection d’un certain Gabon contre une imaginaire hégémonie ethno-nordiste financée par la Guinée-Equatoriale. Voici pourquoi, chers lecteurs, vous pourrez régulièrement lire dans « La Griffe », une publication émanant des services de la présidence de la république, des articles annonçant aux gabonais l’imminence d’un malheur venu du nord et soigneusement sponsorisé par nul autre que Théodoro Obiang-Nguema dont, selon La Griffe, André Mba Obame serait le neveu (le raffinement dans le mensonge n’est décidément pas l’apanage des émergents, il le préfère brut). Voici aussi pourquoi, étant ces derniers temps acculé, Ali Bongo pour rallier à sa cause un certain Gabon sociologiquement défini, agite à nouveau le spectre de la menace venu du nord en procédant ostensiblement à des consultations sur la problématique des Iles disputées avec la Guinée-Equatoriale. Depuis quand des consultations populaires ont déjà réglé un problème frontalier dans le monde? Chers lecteurs, tenez vous le pour dit : quand le pouvoir Bongo parle de « Guinée-Equatoriale », le message subliminal est que ce pays représente une menace, et cette menace deviendrait encore plus accrue si un membre d’un groupe ethnique retrouvé en Guinée-Equatoriale venait au pouvoir au Gabon. Chers lecteurs, cette stratégie n’est pas élaborée pour les prochains 6 ans comme veulent vous le faire croire les émergents qui vous disent « il faut attendre les prochaines élections présidentielles »; cette stratégie est élaborée pour les prochains 100, 200 ans ou même plus. Pour les Bongo, il faut traumatiser les gabonais au point de leur faire croire que leur ennemi n’est pas ce pouvoir prédateur qui ne sait que pomper nos richesses à longueur d’années ; oh que non, le véritable ennemi est la Guinée-Equatoriale avec ces hordes nordistes qui n’attendent que le moment venu pour vous immoler tous sur le bucher de leur civilisation sanguinaire etc. Le résultat voulu par les Bongo est que les gabonais soient totalement tétanisés par la peur de l’autre au point qu’aucune capacité de mobilisation contre le pouvoir Bongo ne soit possible. La preuve de cet état de traumatisme dont souffrent certains gabonais est qu’à la suite d’un communiqué de presse de certains membres de la société civile gabonaise, faisant état de l’interdiction de sortir du territoire national infligée de manière arbitraire à l’épouse de Mike Jocktane, un membre du parti UN, nous avons reçu des correspondances de gabonais qui, au lieu de remarquer une profonde violation des droits fondamentaux à la liberté de cette citoyenne, s’interrogeaient de manière bien gabonaise : « mais elle voulait aller où ?» Oubliant les conséquences de cette violation des droits de la personne en se concentrant sur le fait que son époux est membre de UN, et que s’il y a une manifestation prévue pour le 21 Février, l’épouse ne peut pas voyager avant cette date, etc., etc. Comme vous voyez chers lecteurs, le traumatisme de certains gabonais est profond. Si Mohamed Bouazizi avait été gabonais, les traumatisés du bongoïsme aurait réagi à son auto-immolation en se disant : « mais qui l’a envoyé aller se bruler ? » Heureusement qu’il était Tunisien et que ses compatriotes ont compris toute la gravité de son sacrifice et se sont dit que le moment était venu pour se prendre en main. Aussitôt dit, aussitôt fait, et la Tunisie était libérée de la dictature.

2. Comment se libérer du traumatisme paralysant de la dictature ?
Ci-dessus la leçon tunisienne. Comment en partant du déclic Bouazizi, la Tunisie a dit non à jamais à la dictature. Ce superbe document provient de chaine américaine CBS et de son émission vedette « 60 Minutes », diffusée ce dimanche 20 février 2011. Le document est en anglais mais vaut vraiment le détour. Les gabonais ont à apprendre.


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