LEÇON POUR ALI BONGO: COMMENT LES USA ONT LACHÉ LEUR HOMME DE MAIN DE 30 ANS, MOUBARAK




Certains émergents qui veulent rester aveugles, nous écrivent, argumentant qu'au Gabon, les gens mangent, ils travaillent et sont soignés; donc le pays fonctionne et rien ne doit changer. Mais par ce billet, nous voulons leur demander de posez la question aux gabonais eux-mêmes, particulièrement à la jeunesse. Qu'ils demandent aux gabonais s'ils ont le sentiment de pouvoir s'exprimer librement? De pouvoir choisir librement d'être dirigés comme ils le souhaitent? Le courrier qu'ils nous envoient est clair, les émergents pensent que gouverner le Gabon appartient exclusivement á certains; et les autres doivent vivre dans la soumission, l'ignorance et l'obscurantisme total. Ces émergents qui misent tant sur le soutien de Sarkozy devraient pourtant se raviser, au regard du camouflet que vient d'infliger Obama á Moubarak. Si vous pensez que Sarkozy soutiendra Ali Bongo jusqu'au bout, détrompez vous, dès que la France sentira que le vent a tourné, elle voudra être dans le bon sens de l'histoire et rejoindra la population gabonaise. Mais pour en arriver là, comme en Egypte, il faut que le peuple soit tenace.

1. Quand le peuple décide d'en finir véritablement avec une dictature, les sponsors lâchent toujours le dictateur devenu encombrant
On l'a vu en Iran avec la chute du Shah qui était l'homme des américains, on l'a vu au Nicaragua où les USA lâchèrent leur homme Anastasio Somoza; on vient encore de le voir en Tunisie et en Egypte; les grandes puissances soutiennent les dictatures jusqu'au moment où il devient politiquement suicidaire de les soutenir. Il appartient aux gabonais d'accélérer ce processus. Pas plus tard que Jeudi soir passé, dans une allocution télévisée, Hosni Moubarak a exclu de démissionner. Au lieu d'exécuter le souhait de la population, Moubarak, qui croyait encore en sa toute puissance, a plutôt parlé d'harmonie, de dialogue et de sécurité, etc., on aurait dit Ali Bongo. Mais personne n'était dupe, en tout cas pas le peuple égyptien qui savait que Moubarak essayait uniquement de sauver son pouvoir. Cette déclaration très décevante fut la raison d'une montée de la pression par ce même peuple le lendemain. Devant cette escalade, et ses potentielles conséquences explosives, de longues heures de délibérations et de discussions furent engagées par les américains avec le vice-président Souleiman et l'armée, pour convaincre Moubarak de quitter une fois pour toute, le pouvoir.

2. Les dictatures veulent toujours jouer la montre. Moubarak a essayé et échoué. Au Gabon, Ali Bongo échouera aussi
Le dernier discours de Moubarak, tout à fait inacceptable pour les manifestants, fut la dernière preuve que les anciennes forces du pouvoir s'accrochaient à l'illusion de s'en sortir en jouant la montre. Les manifestants ont aussi eu la preuve que Moubarak n'avait pas compris l'étendue et la profondeur du mouvement pour le changement. Les forces de l'ancien régime et ceux qui espéraient obtenir une transition hésitante, voulaient à court terme empêcher que les manifestations se poursuivent. La tentative de Moubarak de faire retomber la tension est l'évidence qu'alors même que les manifestations atteignaient leur apogée, le dictateur apparemment encore imbu de sa puissance, se croyait suffisamment fort pour continuer à imposer sa volonté á tout un peuple. C'est alors que les Etats-Unis décidèrent d'exercer une plus grande pression. La volonté d'Obama de voir une 'transition ordonnée' fut le signal, par un euphémisme, qui signifiant le soutien des USA aux forces du changement par celle-ci. Les craintes américaines étaient que la nouvelle Egypte continue d'être un allié fiable dans le Proche-Orient; et pour cela, il fallait que les USA se rangent du côté du peuple qui allait droit vers la victoire. Plus rien ne pouvait empêcher la déchéance de Moubarak, et l'abcès fut crevé.

La leçon pour les émergents est que dans le monde d'aujourd'hui, la stabilité d'un pays ni les intérêts des multinationales ou grandes puissances, ne peuvent plus davantage être garantis par un dictateur conspué se croyant intouchable. L'argument selon lequel le départ d'Ali Bongo provoquerait le chaos au Gabon, ne tient pas et ne tiendra jamais. Le chaos, c'est Ali Bongo qui l'installe en déclenchant une répression contre ceux qui veulent être indépendants. A terme, même la France se placera clairement du côté de l'histoire.

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