THE REFLECTIONS OF MR EDZODZOMO ELA ON THE SITUATION IN GABON. LES REFLEXIONS DE MONSIEUR EDZODZOMO ELA SUR LA SITUATION AU GABON

Image: Karthala






English Version

Dear readers, there are texts so rich and interesting, that reading them is rewarding and provides an elevation of the mind. We offer the reflections of a thinking Gabonese citizen. It's heavy reading and requires endurance. But our readership is capable of absorbing contents of high density. Given the length of the text, we were not able to translate it in English.

A short Biography of Martin EDZODZOMO-ELA (by Elisabeth Mvogo Amougou)

Born in the village of Ewong in Woleu-Ntem, in the extreme north of Gabon, Martin Edzodzomo-Ela was schooled at the French school of Protestant missionaries.

He graduated in succession with the Certificate of Studies from Mfoul (Oyem), the Elementary Diploma from Andendé (Lambaréné), both parts of the Philosophy Baccalaureate (Libreville), followed by one year of Math Elem. Then he moved to the United States for graduate studies in Economics, crowned by a Ph.D. in Economics (Doctorate in Economics) and supplemented by banking practical training in New York and Stockholm in Sweden.

Upon return to Gabon, he was appointed Director of the Bank Paribas Gabon in Libreville , a position he held from 1975 to 1979 and from which he was pushed to leave for systematic refusal to cooperate with the system in place. What caused him to live a hard life and feel the pangs of unemployment until 1983 , when he was appointed Deputy General Manager of the Company Hotel Dialogue, of the Accor Group . Again, in 1986, he was forced to resign from the Accor Group, on decision by the Minister Council because he had uncovered the system of corruption in the management of Accor, and was assigned to a dummy function, never occupied, at the hypermarket Mbolo.

Since that day, Martin Edzodzomo Ela knows the harsh realities of the “Makaya” life, of the poor and the “barefoot" , whom he wants to represent when he was candidate for the presidential election of December 1998 .

On the political front, it does not claim membership of any political party, and wants to be free of any partisan group, “Without lapsing into demagoguery , so easy in these times, this economist, Protestant rooted in the Fang culture, seduces by the seriousness of his proposals that put man at the center of the business of development. "



Happy reading


Version française

Chers lecteurs, il est des textes enrichissants et fournis dont la lecture élève les esprits. Nous vous proposons les réflexions d’un Gabonais pensant. C’est du lourd et la lecture demande de l’endurance. Mais notre lectorat est conséquent et capable d’absorber les contenus de haute densité.

Biographie abrégée de Monsieur Martin EDZODZOMO-ELA (par Elisabeth Mvogo Amougou)

Né au village d’Ewong, dans la province du Woleu-Ntem, à l’extrême nord du Gabon, Martin Edzodzomo-Ela est formé à l’école française des missionnaires protestants.

Il obtient successivement le Certificat d’Etudes à Mfoul (Oyem), le Brevet élémentaire à Andendé (Lambaréné), les deux parties du Baccalauréat Philosophie (Libreville), suivi d’une année Maths Elem. Puis il part aux États-Unis pour des études supérieures en Sciences Économiques, couronnées par un Ph.D. Economics (Doctorat en Sciences Économiques) et complétées par une formation pratique bancaire à New York et en Suède, à Stockholm.

De retour au Gabon, il est nommé Directeur de la banque Paribas Gabon à Libreville, poste qu’il occupe de 1975 à 1979 et qu’il est poussé à quitter pour refus systématique de collaboration avec le système en place. Ce qui lui vaut de vivre une dure existence et de connaître les affres du chômage jusqu’en 1983, date à laquelle il est nommé Directeur Général Adjoint de la Société Hotel Dialogue, du Groupe Accor. De nouveau, en 1986, il est contraint à démissionner du Groupe Accor, sur décision prise en conseil des ministres, pour avoir débusqué le système de corruption dans la gestion des hôtels Accor, et affecté à une fonction fictive, jamais occupée, à l’Hypermarché de Mbolo.

Depuis ce jour, Martin Edzodzomo-Ela connaît les dures réalités de la vie de « Makaya », celle des pauvres et des « va-nu-pieds », dont il se veut le candidat lorsqu’il se présente aux élections présidentielles de décembre 1998.

Sur le plan politique, il ne se réclame d’aucun parti politique, et se veut libre de tout groupe partisan, « Sans verser dans la démagogie, si facile en ces temps de campagne, cet économiste protestant enraciné dans la culture Fang, a séduit par le sérieux de ses propositions qui placent l’homme au centre de l’entreprise du développement. »


Bonne lecture



Pour un nouveau paradigme 


« Sous l’œil d’Allah, du Dieu des chrétiens et des fétiches du bois sacré, Omar, le dernier pachyderme d’une Afrique révolue, a rejoint le cimetière des éléphants. Sans doute son dernier voyage sonne-t-il l’heure d’un changement d’époque » (L’EXPRESS du 11 juin 2009)

Ainsi, celui qui a régenté le Gabon pendant 42 ans s’en est allé. Il laisse le pays dans un état que le successeur doit assumer. Il est hors de fait de croire que rien n’a été fait dans le pays pendant ces 42 ans ! Ceux qui ont participé durant cette long règne à l’administration du pays et qui prétendent aujourd’hui demander au peuple supposé souverain de les désigner pour succéder à Omar Bongo Ondimba se doivent de rendre compte de l’état des lieux sur lequel ils doivent nécessairement bâtir leur pseudo-projet de société. Ceux qui ont été aux affaires avec Omar Bongo Ondimba , et qui sollicitent aujourd’hui le peuple gabonais à leur confier la gestion du pays, suite à la mort du « père fondateur du système » qui a ruiné notre pays, par une gestion calamiteuse, faite de prédation de nos richesses, de corruption, d’enrichissement illicite d’une petite minorité, les 2% à peine, se doivent en toute honnêteté de rendre compte de l’état des lieux aux populations. C’est à partir de ce bilan de 42 ans de gestion du système Bongo auquel ils ont appartenus d’une façon ou d’une autre qu’ils peuvent établir leur projet de société et définir comment ils entendent résoudre les problèmes qu’ils ont contribué à créer.

Le peuple a le droit de savoir entre autres questions déterminantes pour son devenir après Bongo, par exemple :

1. Pourquoi : Comme tous les observateurs avertis ont pu constater avec le Juge Eva JOLY qui, a écrit :
« Et si je m’arrête un instant au Gabon, qu’est-ce que je vois ?

Un pays riche qui exporte plus de treize milliards de dollars de pétrole par an et affiche un PIB par habitant largement au-dessus de la moyenne africaine (6.397$) ? Ou un pays pauvre où l’espérance de vie est estimée à 55 ans pour les femmes et 53 pour les hommes, ce qui leur laisse un an de moins que les Malgaches nés sur un sol sans pétrole ? »

2. Qu’est-ce que l’exploitation du manganèse, de l’uranium, de la richesse forestière a apporté au peuple gabonais pendant ces 42 années de pouvoir d'Omar Bongo auquel ils ont appartenu ? Selon le journal JA, un des postulant actuel à la succession d’Omar Bongo Ondimba, ex-ministre des Mines et de du Pétrole aurait des atouts en ses mains, dont l’un d’eux serait une arme avec laquelle il menacerait de « balancer » sur le dossier pétrolier. (Qui était-ce ? Au lieu de jouer aux chantages réciproques : « tu me tiens, je te tiens, sur les faits et méfaits de la gestion prédatrice du système, ces hiérarques qui sollicitent le peuple ont l’obligation morale de dire la vérité au peuple, s’ils veulent avoir quelque crédibilité quant à leurs promesses de répondre à la demande de changement et aux attentes des populations.

3.- Pourquoi, on parle aujourd’hui de replanter le cacao et le café dans la province de l’Ogooué-Lolo ? Alors que les plantations des provinces du Woleu-Ntem et de l’Ogooué Ivindo ont été détruit en par le régime ?

4.- Pourquoi, après 42 ans de ce régime, le Gabon est devenu incapable de nourrir son petit million d’habitants, alors que, avant son règne, la terre de la Nyanga, du Woleu-Ntem entre autres produisait suffisamment pour que le pays soit auto suffisant en produits vivriers ?

5.- Comment le Gabonais indigène, est devenu le « makaya » c’est-à-dire, feuille morte, le sans valeur, autrement dit, il traduit l’idée d’une chose qui n’a plus de valeur, un « sans importance. » a fini par désigner sous le régime de Bongo, la très grande majorité des indigènes, dominés par un régime prédateur et tyrannique qui s’est allié à toutes les catégories d’allogènes « les Mamadou », qui ont le monopole de l’économie. Le Makaya c’est l’indigène gabonais, qui s’est vu progressivement marginalisé dans la maîtrise de son pays. Celui qui, se retrouve vivant en marge de la sphère économique dans son pays, le Gabon au profit des « Mamadou », les allogènes de tout acabit : expatriés, occidentaux, syro-libanais, etc. La pauvreté ainsi vécue renvoie à l’insignifiance, elle est certes économique, mais aussi culturelle, morale et relationnelle. Le Gabonais Makaya, est aujourd’hui le plus pauvre parmi les pauvres. Car, comme disait Mère Teresa : « La plus grande pauvreté, c’est de ne compter pour personne » ; autrement dit, être considéré de Makaya : les feuilles mortes.

Pire, le Gabonais « Makaya » connaît la misère. Il est miséreux. Selon la distinction féconde de Thomas d’Aquin, le pauvre est celui qui manque du surplus. Le miséreux, lui, manque même du nécessaire. La pauvreté se qualifie par les principes de simplicité et de frugalité. Ainsi, les peuples habitants les terres ingrates du Sahel sont pauvres. Alors que la misère désigne la chute dans un monde sans repère où toutes les forces du sujet sont orientées vers la survie, quel que soit le prix. Voilà ce à quoi a été réduit l’indigène gabonais par le régime prédateur qui sévit au Gabon depuis bientôt un demi-siècle. Pourtant, le Gabon est riche, scandaleusement riche en ressources économiques. Le Gabon comme disent les observateurs perspicaces c’est un pays bénit des « Dieux », mais qui est tombé dans les mains du « Diable » !
6. Quid : du nombre actuel de la population gabonaise (résidents : c’est-à-dire le total des indigènes plus les immigrants allogènes qui peuplent actuellement le territoire nationale gabonais ? Dans sa publication du samedi et dimanche 12 février 2014, le quotidien Gabon Matin, fait échos des interrogations de Guy Nzouba-Ndama sur le même chapitre. Selon le journal : « À l’heure de l’ouverture tout azimut, préconisée par le protocole CEMAC, la porosité de nos frontières, la sécurité des Gabonais et la justice inquiètent encore l’opinion », a déclaré Guy Nzouba-Ndama, avant de poursuivre : Combien sommes-nous exactement ? Risque-t-on d’être phagocyté par une déferlante migratoire ? Comment l’État compte-t-il préserver nos ressources contre l’exploitation illicite et frauduleuse dans le cadre d’un flux migratoire qui pourrait aiguiser plusieurs appétits vicieux ? Y a-t-il des mesures conservatoires visant la priorité nationale ? Il semblerait que la population actuelle avoisinerait quatre à cinq millions d’individus. Donc avec à peine un million trois cents mille (1.300.000) d’autochtones envahis et dominés par des hordes d’immigrants qui contrôlent la totalité de l’activité économique gabonaise. Ces « Mamadou » de tous acabits qui ont squatté par l’informel généralisé, l’économie du pays.

7. Pourquoi aucun crime rituel n’a jamais été élucidé, alors que les responsables, de ces crimes, commanditaires et exécuteurs ont été parfois identifiés ?

8. Comment se fait-il que 2% seulement de citoyens se soient emparé de tous les revenus de l’Etat et sont aujourd’hui multimilliardaires, (« Au Gabon, toutes les fortunes viennent de l'Etat. Elles sont nées de la corruption »), alors que les 80% de la population indigène vivent en dessous du seuil de la pauvreté ?

L’héritage politique d’Omar Bongo Ondimba est lourd, très lourd.

Je crois personnellement que la manière dont les politiciens de notre pays abordent la crise de notre pays dans son état actuelle, est quelque peu sommaire, irresponsable et suicidaire. Tout le débat, depuis la querelle issue de l’élection d’Ali Bongo Ondimba à la présidence de la République gabonaise, s’est cristallisé autour de la dispute des pseudos héritiers AMO/ABO ! Alors que l’héritage politique d’Omar Bongo Ondimba est lourd, très lourd ; et ne saurait se réduire à la querelle toute freudienne des deux “fils putatifs” du défunt président Omar Bongo Ondimba, que son ABO et AMO. Le père. Omar Bongo Ondimba a rejoint dans la tombe ses homologues : Mobutu, Houphouët–Boigny, et Eyadema ; ses confrères en longévité présidentielle. Ils ont tous laissé derrière eux un dangereux trou noir politique, le parti au pouvoir déliquescent, des oppositions en lambeaux, une gestion de l’État fortement gangrenée par la corruption, la concussion, l’enrichissement illicite par le détournement des fonds publics par les responsables. Ces 42 ans de gestion calamiteuse de l’État gabonais, été une véritable faillite. Faut-il faire valoir la médiocrité, la corruption, la délinquance, l’immobilisme, le ridicule, la débauche ?

« Le Gabon connaît la crise la plus grave de son histoire, aux effets les plus insidieux, les plus pervers et les plus dévastateurs. Face à cette situation, il faut se convaincre qu’il suffira d’un groupe uni et décidé de quelques patriotes nationalistes pour créer les conditions nouvelles vers la réalisation d’une véritable Renaissance de notre nation gabonaise.

Ce n’est pas le changement de quelques individus aux postes de commandes, ou d’un ravalement de façade du système dont il s’agit. C’est plus que ça. Il faut organiser et diriger la révolution qui sourde au sein du peuple, libérer notre pays d’un nouveau colonat, qui à terme, si rien n’est fait, risque de faire des1. ADOUMA ; 2. AKELE ; 3.APINDJI 4.BANJABI ; 5.BAPOUNOU ; 6.BAVIA ; 7.BAVOVE ; 8.BARAMA ; 9.BAVUNGU ; 10.BAWANDJI ; 11.BEKWELE ; 12.BENGA ; 13.BIBAYAK ; 14.ESHIRA ; 15.FANG ; 16.KANINGI ; 17.KOTA ; 18.LUMBU ; 19.MAKINA ; 20. MAHONGWE ; 21.MASSANGO ; 22. MITSOGO ; 23. NDOUMOU ; 24.NGOWÉ ; 25.NGWE –MYENE ; 26.OBAMBA ; 27.OKANDE ; 28.SIMBA ; 29.SHAMAYE ; 30.SEKIYANI ; 31.SHAKÉ ; 32.TEKE ; 33. TSENGUI ; 34.VILI, qui constituent notre nation gabonaise des nouveaux Amérindiens,(ensemble des peuples indigènes d’Amérique du Nord, de Méso-Amérique Mexique et Amérique centrale et d’Amérique du Sud, également appelés Indiens d’Amérique.) L’histoire est remplie de ces cas de crimes contre des peuples entiers sans défense. Tocqueville, qui prône la morale dans ses ouvrages savants et philosophiques, s'accommode de l'extermination des indigènes amérindiens) dans ses discours politiques.
Regardez donc autour de vous, dans la rue, au quartier, dans tous les matiti de nos villes, qui voit-on en majorité ? Plus grave au centre de l’État, qui tient aujourd’hui les leviers de commande ?

Pendant ce temps, notre société – loin d’être intérieurement consolidée pour être en mesure de résister contre toutes formes d’agressions extérieures – a sombré au contraire dans une crise sans cesse plus profonde, une crise à bien des égards plus dangereuse que toute autre et qui n’a pas de précédent dans notre histoire.

La peur, la corruption, l’apathie et l’indifférence constituent les principaux ingrédients de cette crise. Comble de malheur, le Gabonais manque totalement d’amour et d’estime de soi et de l’autre D’où la facilité avec laquelle il se trouve dépouillé de tout : de ses richesses, de son histoire et même de son honneur et de sa dignité. C’est un makaya, bissessa (véritable feuille morte) !

Le Gabonais Makaya, est aujourd’hui le plus pauvre parmi les pauvres. Car, comme disait Mère Teresa : « La plus grande pauvreté, c’est de ne compter pour personne » ; autrement dit, être considéré de Makaya : les feuilles mortes.

Voilà ce que ce système a fait de l’indigène gabonais. Pire, le Gabonais « Makaya » connaît la misère. Il est miséreux. Selon la distinction féconde de Thomas d’Aquin, le pauvre est celui qui manque du surplus. Le miséreux, lui, manque même du nécessaire. La pauvreté se qualifie par les principes de simplicité et de frugalité. Ainsi, les peuples habitants les terres ingrates du Sahel sont pauvres. Alors que la misère désigne la chute dans un monde sans repère où toutes les forces du sujet sont orientées vers la survie, quel que soit le prix. Voilà ce à quoi a été réduit l’indigène gabonais par le régime prédateur qui sévit au Gabon depuis bientôt un demi-siècle. Pourtant, le Gabon est riche, scandaleusement riche de ressources économiques.

Un mouvement pour le changement

Décrépitude des partis « officiels » de l’opposition au régime, implosion lente « l’UMP Mangeoire » Le Gabon est actuellement dans une zone de grandes turbulences où gronde, un désir de révolution afin d’arriver au changement du régime en place depuis bientôt un demi-siècle.

C’est ainsi que, certaines forces réactionnaires se sont développés pour pérenniser le système et prévenir toute tentative de révolution nationale. Un système ou, un pouvoir totalitaire qui est un mélange d’archaïsme néocolonialiste, de prédation économique, d’amateurisme infantile, de conservatisme social et d’une indigence idéologique caractérisée, s’est installé à la tête de l’État. Et avec ce système prévalent : Une systématique promotion de la « loi de la jungle », avec un ghettoïsation de la société, dans le domaine moral, économique et social, au plan local comme au plan national, dans les villages, dans les quartiers des villes, à l’école ou dans l’entreprise ; un culte halluciné du renard libre dans le poulailler livré à la prédation généralisée, que le renard soit le Syro-libanais, le « Mamadou » ouest africain, le capitaliste néocolonial, le fonctionnaire sans état d’âme : bref, la nomenclature du système et ses associés étrangers qui écrasent le « Makaya » gabonais. A ce jeu, le dirigeant en place, contremaître en chef du système dirige par des oukases : l’élite embarquée porte cette absence d’idéologie qui a pris la forme de patrimonialisme ayant institué la « Mangeoirecratie », comme technique de gestion politique de la société. Fusion quasi organique des clercs « lettrés » pour ne pas dire intellectuels et des supplétifs de la coloniale désireux d’exclure, une fois pour toutes, le peuple réel réduit à la condition de « Makaya » de leurs espaces de conquête, de chasse et de villégiature. Cette instauration normalisatrice de la prédation a toujours été favorisée, pour asseoir une dictature néocoloniale imposée, par l'ancienne puissance et néanmoins pouvoir de fait : la France ; puis par un conformisme des pseudo-élites gabonaises grâce à la pratique banalisée de l’exclusion, de la diabolisation et du lynchage de toute dissidence.

Le défi qui est le nôtre.

Aujourd’hui, le défi lancé aux patriotes est de libérer le pays de la domination du nouveau colonat actuelle, sans quoi le peuple indigène sera exterminé comme le fut celui des Amériques.

C’est d’un sursaut révolutionnaire qu’il doit s’agir, au-delà de futiles querelles de noms de groupements des partis politiques qui se réclament de l’opposition. 

Les révolutions sont des changements conscients au sein, des sociétés humaines. Elles deviennent telles qu’elles de plus en plus, au fur et à mesure que s’accroît le degré de conscience de la majorité des peuples du monde. L’acte de volonté de personnes, qui veulent la révolution, s’accompagne d’un acte de volonté dirigé sur elles-mêmes, car elles doivent également changer. Ainsi, l’avenir de l’homme est-il cette transformation de lui-même, réprimant consciemment ce qu’on appelle les « instincts » : l’avidité, l’égoïsme, l’inhumanité envers autrui.

C’est qu’il nous faut réaliser aujourd’hui dans notre pays.

Cette dimension morale, saisie et réalisée consciemment, accélère le processus révolutionnaire et est clé de l’avenir. Aussi toutes les révolutions dignes de ce nom, ne sont-elles pas seulement un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre, mais une suite d’immenses exercices en vue de se changer d’abord soi-même. Cette révolution intérieure doit accompagner alors la révolution sociale, et l’élimination des habitudes, attitudes, idées et préjugés anciens négatifs est aussi essentielle que l’écroulement recherché des vieilles structures sociales. En fait, on ne peut réaliser l’un sans réaliser l’autre.

Une révolution authentique ne passe pas nécessairement par la conquête des leviers de commande. Elle peut être d’abord la recherche d’une alternative à l’intérieure de la société, la création de groupes capables de fonctionner pour empêcher les dérives des pouvoirs politiques. C’est la demande pressante aujourd’hui que la patrie en danger lance à ses enfants : la création de groupes capable de fonctionner pour arrêter les dérives des pouvoirs politiques actuels !

Ne pas y répondre, s’y dérober, se perdre en atermoiements, en habiles compromissions avec le système, c’est prendre le risque d’enfanter des désordres prévisibles et peut être mortels pour notre peuple. C’est refuser de comprendre et d’entendre ce qui se passe, car nous savons aujourd’hui, qu’au-delà des exercices convenues d’accusations de corruption et de complicité avec le régime, ce sont les actes qui diront si nous avons tiré les conséquences de ce mensonge de l’Etat-Bongo, ou si nous nous sommes contenté de reprendre les sempiternelles lamentations, après les perpétuelles mascarades électorale, ou des cérémonies rituelles de pseudo consensus autour d’accords truqués d’avance avec la dictature.

La véritable opposition du système c’est cette condition de « makaya » à laquelle l’indigène gabonais a été réduit. C’est au sein de ce peuple, et avec ce peuple que les groupes qui veulent combattre pour le salut de la nation en danger doivent s’organiser. C’est cette opposition que représente le peuple « makaya » qu’il faut mobiliser et encadrer, pour réaliser le changement, ou l’alternance selon le terme que vous choisissez. Pour moi, il s’agit d’une révolution. . 

Il faut une révolution dans notre pays, pour le libérer du régime patrimonialiste et prédateur. Elle est en cours dans les têtes de nos enfants désœuvrés et désespéré du cours de l’histoire de notre pays. Ia révolution doit se faire et va se faire, parce que les citoyens gabonais ne supporteront plus longtemps que la maîtrise de leur destin continue de leur échapper, que l’unicité des choix qu’on leur propose soit une insulte à l’exercice de leur souveraineté, parce que tout se concocte ou se noue en un «ailleurs » qui fait d’eux, même chez eux, des éternels exilés, des «makaya ». En cela cette révolution sera démocratique et nationale. 

Il faut une révolution, parce que ne saurait se pérenniser une logique qui tend à placer de plus en plus d’ilotes sous la domination de moins en moins de patriciens ; à « concentrer », dans les mains d’un petit groupe de personnes de plus en plus réduit, de plus de richesses qu’encerclent de plus en plus de misères en marge, de plus en plus de pauvreté. En cela cette révolution sera sociale.

Non la seule direction possible n’est pas, à quelques précipices qu’elle mène, celle que fonde l’unicité proclamée de la pensée dominante. Un autre monde est possible. Non une logique infernale n’a pas substitué un devenir impossible à une fatalité implacable. Les perspectives, au contraire, n’ont jamais été aussi vastes et dégagées. Rien ne justifie le nihilisme ou la désespérance. Il faut plutôt organiser une révolution.

J’entends déjà des sourdes récriminations : la révolution est violente. Le Gabonais est un être paisible ! Et d’aucun prétendrait que la révolution amène le désordre et la violence !

Entendons-nous bien. La Révolution ! Le mot fait peur. Il renvoie à des images de violences irrépressibles. Exorcisons-le d’emblée.

L’immense révolution galiléenne, la plus radicale qui se puisse concevoir, puisqu’elle réorganisa l’ensemble du monde sensible autour d’un nouveau centre, ce qui conduisit un renversement total de perspectives et de sens, ne provoqua d’autre terreur que celle, intellectuelle, dont elle fut un temps la cible.

Au-delà de la nouvelle forme d’exploitation, implacable qu’elle engendra, la révolution industrielle qui remplaça, au centre, la rente foncière par la plus-value du capital investi, fut dix fois moins cruelle que les fléaux conjugués qui frappaient régulièrement les sociétés agraires d’anciens régimes.

La révolution féministe qui décentre le mâle - et ce n’est pas une mince affaire - n’a d’évidence aucune atrocité à mettre à son passif.

On a beaucoup plus tué au nom de Dieu, et on continue, que dans le sillage de la révolution cartésienne qui initia l’amorce de son décentrage.

En dépit des préjugés, il en est de même dans l’ordre politique. On recense au moins autant de révolutions pacifiques que de conservatismes meurtriers.

Dans le monde occidental, puisque c’est de là-bas que nous viennent toutes les révolutions modernes, la révolution archétype de 1848 en France fut, elle-même très peu meurtrière, le remplacement, le 4 septembre 1870, d’un empereur autocrate par un aréopage de démocrates libéraux (décentrage et recentrage, recentrage révolutionnaire s’il en est) ne provoqua aucune effusion de sang, pas plus que le renversement de Jacques II en Angleterre que les Britanniques ont pourtant qualifié, eux-mêmes de grande révolution.

Ce n’est pas la forme ou l’apparence, mais le sens du processus qui constitue l’essence de la révolution. Ainsi, celle qui justement n’en eut nullement l’apparence, mais qui permit - renversement radical par excellence -, de remplacer au centre du système politique espagnol le dictateur Franco, par un gouvernement démocratique et responsable devant un parlement élu. A cet égard, la révolution tchèque, dite de velours ou la révolution polonaise, négociée sans heurts, toutes deux organisées autour du parti centre, mirent plus radicalement à bas le communisme que la révolution roumaine ou albanaise apparemment beaucoup plus brutales.

En réalité, ce n’est pas la révolution qui porte en elle la violence, mais les contradictions que la révolution met à nu qu’elle doit résoudre et qu’elle résout le plus souvent de façon relativement pacifique. En revanche, la contre-révolution et le révolutionnarisme qui lui sert de faire valoir tendent, effectivement, à exacerber les contradictions que la révolution a révélé jusqu’en faire jaillir la violence. Mais ces pulsions sont indépendants de la révolution elle-même, et peuvent s’exprimer avec la même violence aussi bien en son sein que hors d’elle.

Le but de notre combat ne doit pas être de vaincre ou d’humilier à notre tour qui que ce soit parmi ceux qui nous exploitent aujourd’hui. Notre but est de gagner la compréhension et le respect de notre dignité par quiconque. Il arrive parfois que les ennemis d’autrefois puissent faire les meilleurs amis. C’est pourquoi nous réclamerons constamment dialogue et réconciliation. Nous n’avons à détruire personne dans le combat pour la démocratie et la libération de notre peuple des aliénations actuelles. Nous voulons seulement que les gens cessent de briser la vie de notre peuple et qu’ils cessent de détruire notre pays bien aimé. C’est simple. Et en chrétiens, nous croyons fermement que la bonté et la compassion sont les meilleurs moyens de gagner la sympathie des autres. C’est une des raisons pour lesquelles nous devons engager ce que l’on peut appeler une révolution de l’esprit, une révolution existentielle. Nous devons réaliser chacun de nous un changement, une révolution sur le plan spirituel, social et politique.

Exemples récents de révolutions réussies :

La révolution des Œillets,

La révolution portugaise faisant suite au coup d’État fomenté par des militaires progressistes le 25 avril 1974, qui a renversé une dictature vieille de quarante-huit ans. Avec la mort de l’Espagnol Franco (novembre 1975) et la chute du régime des colonels en Grèce (juillet 1974), la révolution des Œillets participe à l’effondrement des dictatures de l’Europe méridionale.

La « révolution des roses » en Géorgie (novembre 2003). Les élections législatives qui se tiennent en Géorgie le 2 novembre 2003 sont remportées par le parti du président Chevardnadze. Jugées frauduleuses par l’opposition et par les observateurs internationaux, elles donnent lieu à de nombreuses manifestations dans tout le pays. Le 23 novembre, la population obtient pacifiquement la démission d’Édouard Chevardnadze. La « révolution des roses » met fin à trente années de pouvoir du leader géorgien, accusé de corruption et de népotisme.

La «révolution orange» à Kiev (Ukraine). (novembre 2004)

Les résultats officiels de l’élection présidentielle ukrainienne de novembre 2004, qui annoncent la victoire du candidat du pouvoir (pro-russe) Viktor Ianoukovitch contre le leader de l’opposition Viktor Iouchtchenko, sont accueillis par des salves de protestations de la part de l’opposition et des observateurs internationaux, qui dénoncent des fraudes massives. Appelés à manifester en faveur de l’opposition et soutenue par l’Union européenne et les États-Unis, les Ukrainiens investissent par milliers la place de l’Indépendance à Kiev. Ce vaste mouvement populaire, qui prend le nom de « révolution orange », aboutit à l’invalidation du scrutin. Le 26 décembre 2004, Viktor Iouchtchenko est élu avec 52 p. 100 des suffrages, alors que la participation s’élève à 77 %.

Toutes ces révolutions ont été caractérisées par une grande mobilisation pacifique de la rue balayant en quelques semaines un régime à bout de souffle.

Les mouvements de «déstabilisation démocratique des régimes dictatoriales», renforcés par de fortes pressions de la communauté internationale, semblent faire école. Ainsi en Afrique, nous vivons les révolutions tunisienne et égyptienne.

«Ce modèle d'intervention, repose sur le rôle-clef dévolu à la société civile, sur la mobilisation des médias nationaux et étrangers, sur la création d'un héros fédérateur à même d'incarner le mouvement sur la scène internationale, et sur les pressions des puissances étrangères : Etats-Unis et 'Union européenne.
En réalité, chacune de ces révolutions est née de situations particulières. Le grand point commun a été l'entrée en lice des classes moyennes urbaines et des étudiants, qui refusaient d'être privés d'une victoire obtenue dans les urnes. Dans ces cas, des régimes autocratiques épuisés avaient tenté de se maintenir au pouvoir en ayant recours à des trucages électoraux éhontés. Conscients du rapport de forces, la police comme l'armée avaient décidé de rester neutres face à la mobilisation populaire, voire de l'appuyer. Ces révolutions pacifiques nées des urnes ont été possibles parce que des oppositions jusque-là fragmentées et dont les divisions étaient attisées par le pouvoir en place ­ avaient réussi à s'unir autour de personnalités disposant d'un réel prestige, rassemblant un électorat vaste, tout en symbolisant l'ouverture vers l'Occident, par leur style et leur vie personnelle.

Nous avons, en tant qu'homme, la possibilité et la capacité de créer du neuf, à la place du vieux. En développant en nous ce qu’Ernest Bloch appelle une « méta-religion », c'est-à-dire la certitude que la réalité n'est pas seulement ce qui est, mais aussi ce qui naît d'un océan de possibles et qui est un héritage des « religions ». Les hommes ne font pas leur histoire arbitrairement ; ils la font toujours dans des conditions structurées par le passé. Mais ils font leur propre histoire. Les structures conditionnent les hommes, mais les hommes transforment et créent les structures. Tout, dans cette dialectique tragique, passe par les hommes, leur volonté et leurs décisions. Certes, il serait plus facile, pour convaincre, d'avoir une référence, de pouvoir dire : le but à atteindre est accessible puisqu'il a été atteint à tel endroit par telle communauté. C'est pour cela que, lorsque l'on parle de société à créer, on est invariablement traité d'utopiste. Ainsi raisonnèrent les féodaux en France à la veille de la Révolution de 1789 ; cela ne s'est jamais vu et n'existe nulle part, donc c'est impossible, martèlent à chaque époque les nantis du moment. Les révolutionnaires de tous les temps ont invariablement, eux aussi, démenti semblables pronostics. « Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors, ils l'ont fait ». Dans les temps présents, s'opposent dans notre monde ceux qui, à cause de leurs privilèges, s'évertuent à entrer dans l'avenir à reculons, car ils s'accrochent au passé et ne vivent que l'instant présent. Ceux qui ont pris conscience du mouvement réel de l'histoire et s'efforcent de le maîtriser sont les hommes du destin. Animés de l'esprit créateur et de la foi dans la civilisation, ils ne savent pas que c'est impossible de changer le sort et de créer son histoire, ou de maîtriser le mouvement présent de cette histoire. Alors, ils s'engagent et réalisent une révolution.

Dans notre pays, la révolution est devenue inéluctable. Quand les divisions profondes qui paraissent dans le camp du pouvoir et de l’ordre provoquent un isolement, une démobilisation des élites, et une fracture en leur sein ; ce n’est pas le clivage entre élite et peuple qui constitue, en l’occurrence, le facteur déclenchant mais le moment ou la profondeur de la césure qui conduit une partie de l’élite à faire sécession et à se retrouver objectivement - fût-ce provisoirement - en phase avec une grande partie du peuple. Quand l’ordre existant est ressenti par une fraction de plus en plus large de la population comme un désordre établi, ce qui favorise la nostalgie vague d’un ordre ancien idéalisé dont on se convainc qu’il fut raisonnable et juste. C’est l’idée du philosophe Jean-Jacques Rousseau, présente tout au long de la première révolution française, de la restauration nécessaire d’un ordre naturel perverti par une civilisation qui aurait mal tourné ;

Quand le cours de l’évolution sociale est perçu comme tellement irrationnel que la restauration du règne de la raison n’apparaît plus devoir se réaliser qu’à travers une rupture ou un renversement, ce qu’incarne parfaitement la figure de Socrate dans la République de Platon ; La révolution devient inéluctable. Dans un tel contexte, une révolution particulière, en un point donné d’un espace politiquement ou moralement intégré intervient presque toujours comme une flammèche qui provoque l’incendie. Cela impose aux classes politiques progressistes, d’imaginer de nouvelles formes d’organisation et d’encadrement du peuple, pour sa participation effective dans la vie de la nation. Il nous faut nous assurer de cadre de représentation de la volonté du peuple ; il nous faut des structures politiques adéquates, pour créer, faire renaître la femme et l’homme gabonais à son humanité, établir des normes authentiquement gabonaises pour notre vie commune, des rapports plus féconds et plus institutionnalisés avec les forces vives de notre nation.

Le rôle du parti politique.

La réflexion sur le rôle et la fonction des partis politiques dans un État démocratique en générale, et plus particulièrement dans un État en plein processus de démocratisation, doit être menée et approfondie par les élites politiques de la société. C’est ainsi que, le débat sur le nombre, la base sociologique et le contenu des partis ne doit pas être ni occulté ni escamoté. Ce débat ne pourrait être fructueux qu'à la condition d'explorer les rapports sociaux à l'intérieur de cette structure d’encadrement, de mobilisation, d'expression et de participation du citoyen qu'est le parti politique. Il importerait alors de poser des questions de cet ordre : Quels sont les objectifs manifestes d'un parti politique ? Si coexistent :

- un objectif strictement politique : prise en charge partielle ou entière du pouvoir de l'État, ou bien pression sur lui,

- un objectif de socialisation : rassembler, unir et organiser de façon permanente une fraction de la population,

- et un objectif idéologique : propager une idéologie, une théorie économique ou politique, faire reconnaître un programme ou des principes d'action par la majorité des citoyens.

Ces objectifs s'accordent-ils pour imposer un modèle déterminé et cohérent d'organisation, ou y a-t-il entre eux un jeu qui crée une indétermination dans le modèle ?

Quels sont les objectifs latents ? Si sont repérables comme tels :

- l'accaparement de zones de pouvoir dans la société qui sont des lieux de distribution d'emplois ou de prébendes,

- l'établissement de hiérarchies parallèles où les rapports d'autorité sont distribués suivant des normes différentes de celles qui donnent les hiérarchies officielles,

- le brassage d'individus que leur profession, leur statut, leurs conditions de vie tiennent à distance les uns des autres dans la société,

- l'identification à une communauté qui se substitue à la communauté défaillante incarnée par l'État - ou à la société traditionnelle -,

- l'appropriation (par une sorte d'autodidactisme collectif), d'une culture dont le grand nombre se sent exclu, en raison de la fragmentation et de l'hétérogénéité des valeurs, des modèles et des œuvres, et d'autres conditions matérielles de l'éducation et du travail.

Comment ces objectifs s'ordonnent-ils par rapport aux objectifs manifestes, et les uns par rapport aux autres ?

Comment s'inscrivent-ils dans la vie du parti, dans ses mécanismes institutionnels, ses règles de fonctionnement et la pratique de l'organisation ?

Quelles sont les attitudes des militants en regard du problème de la démocratie dans le parti et dans la société ?

L'implantation sociale et l'orientation idéologique du parti ont-elles un effet déterminant sur sa structure ?

La seule énumération de ces questions suffit à faire entrevoir l'étendue des phénomènes que comprend le niveau politique de la démocratie dans la société. Ce niveau est bien celui des relations de pouvoir et d'autorité, mais celles-ci n'ont de sens qu'à condition d'être saisies avec toutes leurs ramifications ou, pour mieux dire, ce niveau est, en tant que politique, "social" de part en part.

Un parti politique ne peut par ailleurs se contenter de proposer la gestion du pays au meilleur rapport coût/efficacité, il lui faut emballer le tout dans un « projet de société ».

Je pense que nous ne saurions négliger cette approche des choses si nous voulons aborder avec sérieux le combat pour la démocratie dans notre, et particulièrement en cette période où de lourdes menaces pèsent sur notre société ; le parti politique dans la circonstance, devant constituer le groupement d’encadrement et de direction du citoyen-militant pour le combat de la libération de notre pays.

En effet, dans notre pays, gronde à l’heure actuelle comme un désir de révolution.

C’est contre une dictature à laquelle s’est articulée une oppression concrète (sous la forme de précarité, d’exclusion, d’insécurité que la révolte qui couve et peut exploser à tout moment. Une petite provocation d’arrière-garde peut servir de détonateur. De la même façon que la contre-révolution nobiliaire permit, en 1789 la révolution du tiers-état. Or, lorsqu’on se réfère à l’histoire : les flambées révolutionnaires qui ont brisé les pouvoirs conservateurs ont toujours été précédées d’une crise majeure de l’opposition.

Au moment où tout le monde s’accorde pour reconnaître l'existence d'une crise profonde de confiance entre les dirigeants et les dirigés, je pense que le peuple gabonais est encore mobilisable. Il le serait pour des objectifs clairement établis. Le problème des partis politiques dans notre pays, réside dans l'incapacité dans laquelle ces partis se trouvent aujourd'hui de servir de canaux d'expression aux demandes des citoyens et aux offres politiques d'un État démocratique.
le système


Aujourd'hui, il faut se convaincre que l'événement de 1990 aura, en réalité, accouché un nouveau monstre politique au Gabon : le multipartisme unique. Cette sorte de croisement entre le PDG, le parti Etat demeuré monolithique, et des satellites issus de la tentative d'organisation proposée lors de la rencontre de mars/avril 1990 sous forme d'un rassemblement RSDG. Ce qui, se termina, à l'issue de ces rencontres, en une multitude de groupes, groupuscules et contre groupes.

Notre pays à l’heure actuelle comprendrait plus d’une cinquantaine de partis politiques pour une population évaluée en 2008 à environ 1.484.149 habitants ; comparé aux États-Unis : 2 partis pour 303 824 650 (estimation 2008) ; au Royaume Uni : 2 partis pour 60 943 912 (estimation 2008) ; et à l’Espagne 2 partis pour 40 491 051 (estimation 2008) ; est-que c’est vraiment sérieux ?

Je ne crois pas. Tout semble comme si la plupart de ceux qui créent des partis politiques pensent d’abord à ce que, à titre individuel on obtient en créant un parti politique : c’est pour son ventre, car c’est à cela que grosso modo la politique servirait : « La politique du ventre ».La politique du ventre ou la mangeoirecratie gabonaise. Pour la gente au pouvoir au Gabon, comme partout en Afrique d’une façon générale, l’enjeu de la politique se définit comme les rédacteurs du projet de Constitution au Nigeria, en 1976 le stipulaient, à savoir comme : « la possibilité d’acquérir la richesse et le prestige, d’être capable d’en distribuer les bénéfices sous la forme d’emplois, de contrats, de bourses, de dons d’argent, etc., à ses parents et à ses alliés politiques ». Ce qui perverti à outrance le sens de la démocratie, en la dévoyant par une multitude de groupements plus ou moins importants, souvent sur la base des fidélités tribales ou régionales.

Nous devons comprendre que l’un des points essentiels du paradigme de la démocratie gabonaise c’est la viabilité de l’organisation de la structure servant de structure récipiendaire pour accueillir la souveraineté dont le citoyen est détenteur dans une société régie par l’idéal démocratique : Le parti politique. Pour y parvenir, il faut entreprendre une sérieuse réflexion sur la configuration politique actuelle de notre pays. Dans le cadre d’une telle réflexion je vois une restructuration de notre société politique au tour deux principaux pôles, bâtis sur le rôle de l’État démocratique. C’est autour des idées ou des concepts rationnels idées et non des personnes, qu’il serait plus sérieux, et plus à même de fonder une société démocratique viable. Je vois pour cela :

1. Une grande formation s'inspirant du libéralisme économique qui pourrait se définir de droite, au sens occidental idéologique du mot.

2. Une grande formation puisant dans la mouvance idéologique socialiste qui serait la gauche ;
Au sein de chacune d’elle, se développeraient des clivages ou des tendances intégrant le pragmatisme dans la pratique des prises de positions politiques. On pourra alors organiser avec le peuple une démocratie autour des idées guidant les projets de société à construire, et non pas comme à l’heure actuelle, par rapport à des sensibilités primaires que sont les solidarités ethniques ou régionales. Ce n'est pas l'organisation politique que je récuse, mais la forme et la fonction que les partis politiques ont prises dans notre pays. Et nous en voyons le résultat aujourd'hui : Dévoiement (perversion) du processus démocratique du multipartisme dans notre pays. Ce qu’un confrère camerounais a appelé la « démocrature », et que je désigne moi par la «Mageoirecrature » dérivé de « Mangercratie » de Tiken Jah Fakoly. Dévoiement aussi de l'action politique. Le parti devient le parti des places à prendre plus que celui des convictions à défendre.

D’autant plus que nous savons comment le système du multipartisme-unique a fonctionné jusqu’ici. Et comment le système sous la houlette de son chef a utilisé la multiplication des partis de l’opposition, jusqu’en financer les scissions. Technique que son héritier de fils utilise sans doute à son tour, pour s’assurer une pérennité au pouvoir comme son père.

Je constate qu’il y a perversion de l’action politique même dans l’opposition. Il nous faut donc mettre au jour les mécanismes d’une telle perversion pour comprendre le fonctionnement réelle de notre société sous le système et, par là même, voir les possibilités de le changer. Mais nous aurons tort de conduire cette recherche en se focalisant sur le système. Il faut tout aussi bien mener cette recherche dans notre part de responsabilité, de notre incapacité à agir ou de notre complicité avec le système. Il se pourrait que nous nous sommes trompés de stratégie, des armes de combat ou de toutes autres manières, face à ce système que nous prétendons combattre et que nous devons changer.

Nous avons été jusqu'ici victimes de mille impostures. Aujourd'hui, au lieu de nous laisser abattre par le découragement, nous devons nous affermir. Surtout, nous devons nous demander à quel carrefour nous nous sommes trompés. La sagesse consiste à agir à temps, à devancer les contraintes, sans se laisser acculer. Si nous ne réagissons pas à temps, nous irons tout droit devant de plus grandes impasses. A l'analyse approfondie des fautes que perpétuent les dirigeants par les actes qu'ils posent, nous avons souvent tendance à substituer de simples affirmations. Nous appuyons sur des sophismes des analyses superficielles des circonstances du moment.

Le courage exige parfois de reconnaître qu'on s'est trompé. Il n'y a que les animaux qui ne se trompent pas. Cependant, il ne suffit pas de dire, je me suis trompé. Il faut dire comment on s'est trompé et c'est là précisément ce qui est important. Dans ce cas, référons-nous aux préceptes de Claude Bernard, (1813-1878), physiologiste français, considéré comme le fondateur de la médecine expérimentale, pour qui : « Il ne suffit pas de dire : je me suis trompé ; il faut dire comment on s’est trompé et c’est là précisément ce qui est important » ; « L’état physiologique et l’état pathologique sont régis par les mêmes forces, et ils ne diffèrent que par des conditions particulières dans lesquelles la loi vitale se manifeste. » Autrement dit, cette aberration que nous vivons n’est pas une monstruosité sans rapport avec la physiologie ordinaire des sociétés postcoloniales, elle constitue, au contraire, un parfait révélateur des perversions inhérentes au colonialisme et à la société coloniale, qui se sont transposées dans ce qu’on a fini par désigné en ce qui nous concerne, de France-à-fric.

La lutte pour le pouvoir politique, devient beaucoup plus une lutte pour acquérir l’argent et la puissance que l’argent procure. Le terrain politique devient comme une zone d’activités mafieuses où des parrains se règlent des comptes. Le débat démocratique se trouve en réalité perverti. Des querelles des dirigeants restent très éloignées de ses préoccupations quotidiennes des populations. Ces perversions de notre vie publique sapent les bases même de la République

Quelle opposition et pourquoi faire.

Le réquisitoire que l’on peut faire aujourd’hui sur l’abus des conflits qui divisent l’opposition gabonaise ne viserait nullement à en contester la réalité. Mais, est-ce une raison pour jouer à la guéguerre permanente et prétendre se battre à mort quand on tire à blanc et que l’on ne blesse que les spectateurs (les citoyens désespérés de ces combats qui ne profitent qu’au dictateur en place ? Autant il est dérisoire de s’affronter comme d’irréconciliables adversaires alors qu’on prétend partager une même appréhension de la situation politique du pays, et qu’on se déclare tous opposants au régime en place, autant il est indispensable de se battre sans merci et ensemble lorsque l’essentiel est en jeu. Or, que voyons-nous depuis deux longues décennies ? En effet, lors des émeutes de 1990, la réponse mesurée du pouvoir d'Omar Bongo correspondait à une remise en question qui portait sur le pluralisme. Il opta, face au langage de la rue, pour une stratégie institutionnelle. L'opposition, dans le cadre des accords de Paris, avait choisi aussi, après des mois d'insurrection larvée, une démarche qui emprunta de plus en plus à la procédure et fit de moins en moins référence au contenu réformateur. C’est ainsi qu’il faut admettre aujourd’hui qu'en réalité il n'y a jamais eu de véritable opposition politique au système du dictateur Bongo solidement verrouillée par la corruption. Du moins, ce qu’il nous faut reconnaître aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas eu une opposition, avec une stratégie définie face au pouvoir en place.

Des « opposants » qui se divisent, et qui à chaque fois, font appel en ordre dispersé à celui qu’ils sont supposé combattre. Après le rendez-vous de Mouila, pour lequel le peuple gabonais avait rêvé à sursaut possible cette fois de l’opposition, l’illusion n’a duré effectivement que le temps d’un rêve, et nos hommes politiques qui se déclarent opposants sont une fois de plus à la division chronique qui a toujours fait le jeu du système. On joue au peuple en UFC et en UFA, lesquels groupements ne diffèrent que par le C et le A de la fin des initiales, comme aussi en individu qui les chapeautent : deux personnalité d’envergure de la société politique nationale, tous deux éminents juristes, hommes d’État ayant assumé de hautes responsabilités au sommet de l’État, et donc les compétences, la connaissance du système auraient pu être si non indispensable, du moins très utile pour le changement ou l’alternance dont ces deux groupements se prévalent. Je cite nommément Louis Gaston Mayila et Aristide Bourdès Ogouliguendé ; deux personnes que je considère comme mes frères, que je respecte, et que je crois hautement capables de diriger au mieux ce pays. Le brave peuple gabonais ne mérite pas ce spectacle que vous lui offrez. Et vous-mêmes, vous êtes bien plus élevés dans la considération et le respect de ce peuple que vous ne le pensez peut-être.

Je me demande avec anxiété si les deux groupements qu’ils chapeautent l’UFC et L’UFA ne constituent pas in fine, un échappatoire face au combat intransigeant et implacable qu’il faut mener contre la dictature prédatrice, ce qui aujourd’hui doit être le simple devoir de tout vrai patriote gabonais. Ces compatriotes ne se fabriquent-ils pas un alibi, pour masquer l’absence de tout programme et de tout projet politique crédible, pour le changement ou pour l’alternance. Une classe politique qui se chamaille autour de l’habit à porter pour être reçu par le dictateur ! Une classe politique se prétendant opposant au régime, mais qui nourrit son entreprise et ne parvient qu’à renforcer celui qu’elle prétend combattre. Voilà ce que le peuple endure une fois de plus, après toutes les forfaitures et trahisons vécus depuis 23 ans de monopartisme-unique à la gabonaise.

Il ne suffit pas de dénoncer le mal quand il existe, pas même le combattre, il faut aussi réformer une société dans laquelle le mal trouve un milieu trop favorable à son développement. Rendons-nous à l’évidence, nous avons plus de problèmes à résoudre que d’ennemis à combattre. Au lieu de se chercher des poux dans la tête des autres, nos responsables politiques qui se réclament de l’opposition, doivent avoir l’humilité et le courage de transcender les égos, pour promouvoir une vraie réforme du système politique actuel, faisant appel à toutes les volontés. Ils doivent être capables de se gérer ; s’unir pour une même unique cause. Il faut transcender les égos en faisant taire les vaines querelles de personnes, et aussi, en abandonnant une bonne fois, des discussions de façade parmi les partisans du même camp. Et surtout, ils doivent faire en sorte que le peuple puisse y voir claire dans les enjeux en présence.

C’est ensemble et d’une même voix que les vrais patriotes doivent mener le combat. C’est ensemble qu’ils doivent rompre avec le système. . "Pour créer les conditions d'appropriation d'un organisme nouveau, il faut faire table rase des structures passées. Il faut, en fin de compte, tout abolir pour pouvoir commencer à tout reconstruire". « Les situations bloquées ne progressent que par rupture. » Pour ce faire:

1 .Il faut affuter nos armes politiques. Comme le proclamait Nelson Mandela : « Les responsables commettent un crime contre leur peuple s’ils hésitent à affûter leurs armes politiques quand elles sont devenues moins efficaces. » Les patriotes gabonais doivent mettre leur ego de côté pour privilégier les intérêts supérieurs menacés de notre pays. Des contacts directs et chaleureux avec le peuple peuvent seuls permettre une mobilisation et une organisation capable d'assurer aujourd’hui la relève politique attendue. Il devient nécessaire et indispensable d'engager un débat franc et mobilisateur avec notre peuple ; dont le caractère pluri-classiste et transversal rendra capable de transcender les clivages politiques classiques actuels, qui ont pu nous tenir séparés les uns des autres. Un tel nouveau discours patriotique s'adresse à tout le peuple, à tous ceux qui subissent en silence, quelle que soit leur position, les injustices et les misères.

Toute la question est de savoir comment utiliser la mobilisation populaire pour en faire une force plus puissante que la force brutale du mensonge du dictateur. La légitimité ne viendra que du peuple, et non des combinaisons d’une succession orchestrée en dehors de la volonté populaire. L’opposition est dans le peuple. C’est cette opposition qu’il faut mobiliser et encadrer, et avec quoi peut se réaliser le changement. Aujourd'hui, fort de l’expérience acquise depuis 1990, et face à la gravité de la situation présente, une remobilisation générale du peuple, menée par des patriotes véritables est une condition sine qanun pour réaliser le changement ou l’alternance. Dans ce sens, la seule union valable, c’est celle avec le peuple..Nous avons le devoir sacré d'organiser un regroupement tactique, pour relever la gageure du redressement de notre pays, apporter une alternative à la faillite retentissante du système en place, depuis presque un demi-siècle. Il faut que les patriotes se lèvent pour engager avec notre peuple un nouveau débat, le remobiliser pour le conduire à une prise en mains de son propre destin.
2. « Il ne faut jamais se prosterner ». Ne jamais se prosterner. – Les envoyés grecs auprès d’Artaxerxés, que la garde perse voulait obliger à mordre la poussière devant le Grand Roi, selon la coutume, et qui s’y refusèrent obstinément, au prétexte qu’ils ne se prosternaient que devant leurs dieux ! Pourquoi, Montesquieu dit que « les hommes libres sont fiers » !

3. Avoir la foi. Espérer. Bien qu’aucun signe d’espérance ne soit en vue.
« Lénine disait que dans la tactique révolutionnaire de longue durée (avant le moment final de l’assaut) le plus difficile est la période de « repli »

C’est aux forces unies et solidaires de l’opposition qu’il revient de redonner l’espoir et la confiance à ce peuple.

4.. Persévérer. Persévérer dans le combat. L’encouragement vient de cette conversation que rapporte l’écrivain orthodoxe finlandais, Tito Colliander ; entre un moine et un visiteur. Ce dernier demandait au religieux ce qu’il faisait toute la journée, Celui-ci lui a répondu : « Nous tombons et nous nous relevons, nous tombons et nous nous relevons, nous tombons et nous nous relevons encore. »

Persévérer dans le combat, cela ne veut pas dire voler de victoires en victoires, mais ne jamais se lasser de se relever chaque fois qu’on est tombé. Le vrai persévérant n’est pas celui qui s’est jamais tombé mais celui qui s’est toujours relevé, qui a toujours été relevé.

Comment pourrions-nous connaître toutes les occasions que nous avons ratées, tous les trésors à côté des quels nous sommes passés, parce que nous avons manqué de persévérance ? Notre histoire est parsemée de bonnes résolutions que nous avons prises… et que nous avons oubliées.

À propos de la vertu de la persévérance, saint Bernard a écrit : « Que me reste-t-il à faire, ô mes bien-aimés, sinon à vous exhorter la persévérance ? C’est la vertu qui couronne toutes les autres et qui est comme la marque des héros. Sans elle, point de victoire pour celui qui combat, point de triomphe pour celui qui remporte la victoire… Sœur de la patience et fille de la constance, elle est l’amie de la paix, le ciment de l’amitié, le lien de la concorde, le rempart de la sainteté. »

Il nous faut à l’heure actuelle des actes concrets et non des déclarations intempestives concernant des hiérarques du système quittant ou rejoignant « l’Emergence », et qui ne sont que des non-événements tout justes à divertir l’opinion, et à créer la confusion dans le peuple. Que tel grand et docile serviteur d’Omar Bongo Ondimba fondateur du système, ne soit plus aux affaires sous le règne du fils, ou tel pseudo opposant rejoignent la « Mangercratie », cela n’est qu’une gesticulation de chienlit au sein du microcosme politicien du « Bongoland". C’est quand on est aux affaires de l’Etat que le courage d-un homme se manifeste.

Je pense que ceux qui luttent pour la libération de notre pays du nouveau colonat qui menace son existence doivent : Reprendre le flambeau de l’unité qu’avait tenté la rencontre de Mouila. Ayant aboutit au rêve l’UFC, trahi par ceux qui se réclament « opposants » à Ali Bongo Ondimba, l’héritier de leur « Grand Camarade », et grand Timonier : Omar Bongo Ondimba. Ils doivent aller de nouveau à l’encontre de ceux d’à côté, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas en face, et porter aux uns et aux autres un message qui énonce le plus grand désir du peuple : l’unité des patriotes. Sans cette unité, l’opposition comme le pouvoir en place manquera de légitimité. Pouvons-nous faire en sorte que les générations présentes et futures de notre peuple puissent dire : « Faisant taire leurs hésitations et leurs doutes, leurs querelles de personnes, ils avaient suivi les chemins obscures de la croisade à la conquête d’une victoire qu’ils n’escomptaient pas et qui était devenue réelle… « La lutte commune avait imposé le silence à leurs divergences. Ceux qui, animés par le souci de la justice et de la solidarité, se dépensent pour le bien commun et conçoivent leur activité comme un service et non comme un moyen de satisfaire leur ambition personnelle. Dénoncer la corruption, ce n’est pas condamner la politique dans son ensemble, ni justifier le scepticisme et l’absentéisme à l’égard de l’action politique. Dans les sociétés contemporaines, le vivre ensemble, qui est l’ambition de l’organisation politique, se définit de plus en plus sous l’idéal démocratique. En effet, les sociétés humaines ont toujours aspiré à atteindre un niveau supérieur de civilisation. Un tel résultat dépend certes des connaissances et des techniques qui permettent aux hommes de maîtriser leur milieu physique, mais il dépend avant tout des valeurs en fonction desquelles les hommes choisissent de vivre. Ce qui caractérise une civilisation, ce sont les valeurs que les hommes choisissent, c’est le succès ou l’échec dans leur effort pour les atteindre. Dans cette démarche, le gouvernement qui est l’émanation de l’organisation politique d’une nation joue un rôle central et nécessaire. Le dessein fondamental de l’Etat est d’ordre moral : contribuer à la civilisation humaine à travers l’activité politique. C’est alors que la politique doit être d’essence démocratique.
Quant à moi, il ne me reste qu’un rêve :

Suave mari magno turbatibus acquara ventis … : -Il est doux, quand la vaste mer est soulevée par les vents, d’assister du rivage à la détresse d’autrui ; non qu’on trouve si grand plaisir à regarder souffrir ; mais on se plaît à voir quels maux vous épargnent. Il et doux aussi d’assister aux grandes luttes de la guerre, de suivre les batailles rangées dans les plaines, sans prendre sa part du danger. Mais la plus grande douceur est d’occuper les hauts lieux fortifiés par la pensée des sages, ces régions sereines d’où s’aperçoit au loin le reste des hommes, qui errent çà et là en cherchant au hasard le chemin de la vie, qui luttent de génie ou se disputent la gloire de la naissance, qui s’épuisent en efforts de jour et de nuit pour s’élever au faîte des richesses ou s’emparer du pouvoir. (J’ai cité : « De la nature de Lucrèce, - argument », livre II)

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