THE PRESENTATION MADE BY PAUL MARIE GONDJOUT DURING THE CITIZEN FORUM. LA PRÉSENTATION FAITE PAR PAUL MARIE GONDJOUT LORS DU FORUM CITOYEN

Paul-Marie Gondjout Secrétaire exécutif Adjoint de l'Union Nationale (photo: J. P. Rougou)




Le peuple gabonais conscient de sa responsabilité devant Dieu et devant l’Histoire, animé de la volonté d’assurer son indépendance et son unité nationale, d’organiser la vie commune d’après les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie pluraliste, de la justice sociale et de la légalité républicaine.

En vertu de ces principes et de celui de la souveraineté des peuples, il adopte la présente Constitution.

La République gabonaise assure l’égalité de tous les citoyens devant la loi, sans aucune distinction d’origine, de race, de sexe, d’opinion ou de religion.

Son principe est : « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce directement, par le référendum ou par l’élection, selon le principe de la démocratie pluraliste, et indirectement par les institutions constitutionnelles.

La république gabonaise est organisée selon les principes de la souveraineté nationale, de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et celui de l’Etat de droit.

Ces premières lignes sont tirées du préambule et de certaines dispositions des articles 3 et 5 de notre Constitution.

La dévolution (la transmission) du pouvoir politique au Gabon qui doit se faire par le peuple à travers l’élection selon l’article 3 de la Constitution n’a jamais été démocratique. A quelques exceptions près d’élections de faible importance nationale, l’alternance démocratique ne s’est jamais faite au Gabon. Le système politique qui devrait la garantir est une illusion de démocratie et cela tient de plusieurs facteurs.

Après le coup d’état de 1964 et le décès du président Léon Mba en 1967, le système politique de notre pays a été bâti autour de la prééminence d’un homme et du clan qui l’a accompagné et soutenu tout au long de sa présidence.

Cet homme c’est Albert Bernard Bongo devenu Omar Bongo puis Omar Bongo Ondimba. Parfaitement inconnu de la classe politique avant 1960, l’homme rentré au Gabon après l’indépendance a intégré le giron politique national dès 1962 en gravissant très rapidement les échelons pour atteindre les postes plus importants du pouvoir jusqu’à en devenir le Chef cinq ans plus tard à la faveur de ses relations avec la France et les réseaux Foccart.

Le clan c’est le Parti Démocratique Gabonais qu’il crée en 1970. Parti-Etat jusqu’à l’avènement du multipartisme en 1990, il a noyauté jusque dans les tréfonds du pays toutes les strates de la vie publique de l’administration aux entreprises. Le PDG était partout. Les séquelles de son omnipotence des années de parti unique se font encore ressentir aujourd’hui dans l’arrière-pays où le secrétaire provincial, départemental ou communal est parfois craint ou consulté à l’exemple d’une autorité de l’Etat.

Le clan, c’est la haute administration civile et militaire, les institutions constitutionnelles dont les tenants sont choisis et nommés par le président de la République tel que nous le disent les articles 20,21 et 22 de la Constitution. Ils sont de fait politiquement redevables au président de la République

Le clan, ce sont les réseaux de fraternité dont les membres placés à divers niveaux de la vie publique ont, parfois au mépris des idéaux de la fraternité, orienté des choix et pris des décisions au détriment de l’intérêt général dans la seule satisfaction de la conservation du pouvoir du Chef.

Le clan, c’est aussi l’appareil économique à l’intérieur duquel le Chef prend ou reçoit à la manière d'un parrain des parts d’actions significatives dans les entreprises en forme de remerciements ou de tribut pour une bienveillante protection et l’octroi de parts de marché conséquentes pour lui permettre de bien fonctionner. C’est aussi dans ces entreprises que des partisans du système sont placés dans les conseils d'administration pour orienter au nom du Chef les grandes décisions des entreprises touchant au destin politique du pouvoir.

Le clan c’est enfin la françafrique qui s’entend d’une ingénieuse construction d’intérêts économiques, financiers et politiques liés et entrelacés pour protéger au Gabon les entreprises membres du clan et le pouvoir du Chef qui en retour finançait la vie politique en France à travers ses différents soutiens. 

L’affaire de la succession d’Omar Bongo et les premières révélations de la presse à ce sujet nous démontre la puissance des liens incestueux de corruption, de prise illégale d’intérêt, d’abus de position dominante entre le pouvoir politique gabonais et des entreprises françaises. Ces liens ont aussi été un frein à l’alternance car ils ont toujours protégé et privilégié la relation avec le Chef pour éviter que ne soient jamais mis à jour ce système mafieux qui est un mal pour le Gabon.

L’homme et le clan ont utilisé des années durant les puissants moyens économiques, financiers, politiques et militaires de l’Etat pour non seulement solidifier le système mais aussi pour affaiblir, défaire, retourner ou éliminer physiquement tout adversaire politique gênant qui mettrait en danger le système. Nous les connaissons les Germain Mba, Ndouna Depenaud, Djoué Dabany, Joseph Rendjambé, Pierre Mamboundou, André Mba Obame et d’autres pour ceux qui ont payé de leur vie. 

Quand le système a plié sans rompre en 1990, il a dû composer avec les nouvelles forces politiques pour construire un modèle démocratique acceptable. Ainsi fut adoptée, à l’unanimité de l’assemblée de l’époque, la constitution de 1991, bâtie pour garantir l’alternance au pouvoir avec la mise en place des institutions constitutionnelles telles que la Cour Constitutionnelle ou le Conseil National de la Communication comme outils au service de la démocratie. La suite nous la connaissons ; les élections frauduleuses de 1993, 1996 et 2005, et la révision constitutionnelle de 2003 qui a cassé le consensus de 1991en affaiblissant les efforts d’unité nationale que l’élection à deux tours et la limitation du mandat présidentiel favorisaient. Tout cela nous démontre combien le système Bongo a compromis la vie politique nationale pour ne laisser aucune place à une quelconque alternance. 

C’est ce même système qui, à la mort d’Omar Bongo Ondimba et confronté à une vague populaire pour le changement a favorisé le coup d’état électoral du 3 septembre 2009 à la manière de celui du 6 décembre 1993 pour installer Ali Bongo Ondimba à la tête du Gabon.

Par couardise et par cupidité, le système a porté son choix sur le moins capable des candidats majeurs de l’élection de 2009 parce qu’il n’était pas préparé, au mieux, à faire sa mue, et au pire, à accepter que le peuple puisse enfin décider pour lui-même en transmettant le pouvoir à celui qu’il jugeait le plus à même de servir ses intérêts. 

Les faits sont là qui donnent raison au peuple de n’avoir jamais accepté la dévolution monarchique du pouvoir qui s’est faite en 2009, car ce système ne s’illustre que par son propre enrichissement au détriment du peuple à qui l’on refuse le choix d’une autre gouvernance et dont les récriminations se renforcent chaque jour. 

La question de l’alternance c’est aussi celle du développement. Avec quels citoyens va-t-on faire le développement si ceux appelés à le faire ne sont pas considérés, ne sont pas suffisamment formés, ne vivent pas dans de bonnes conditions sanitaires, peinent à se loger décemment, ne peuvent se transporter à moindre frais et doivent se battre chaque jour pour nourrir une famille. Le problème du développement passe par là, il passe par le bien-être des populations qui ne s’entend pas seulement que du respect de leurs choix politiques mais aussi de leur droit à un mieux-être. 

Le système s’est enrichi et a appauvri les Gabonais qui sont aujourd’hui plus de 500.000 à vivre avec moins de 1000f par jour quand le revenu moyen par habitant tiré de la richesse nationale est de 500.000F par mois et que 2% de la population s’accapare de 90% de cette richesse nationale. 

Malgré des promesses reluisantes, le système n’a jamais fait preuve de courage et de volonté sincère pour mener de front le combat contre la pauvreté et la détresse des populations qui aggravent durablement le malaise social. Ce sont ces carences qui créent le mal être des gabonais, lequel s’exprime par une insécurité sociale due au chômage, aux tensions financières, à la déficience de la cellule familiale, etc. Ce mal-être se ressent aussi par le rejet de la politique et la défiance vis-à-vis des gouvernants ainsi qu’une perte des repères dans la société. 

Sur ce plan de la gouvernance sociale, la sonnette d’alarme est depuis longtemps tirée tant les conflits sociaux se multiplient dans les administrations, à l’éducation nationale, dans les universités, dans les hôpitaux etc. Des grèves récurrentes qui viennent mettre au grand jour, le peu de cas qu’Ali Bongo Ondimba fait de la résolution de ces problèmes qui déstabilisent l’équilibre social, gage de paix. Ali Bongo ne peut faire le choix de la distraction de centaines de milliards de francs pour des futilités, alors que la majorité des Gabonais tire le diable par la queue, incapable d’assurer un repas décent, de se transporter, de se soigner et de se loger correctement.

On ne peut vouloir laisser s’accroître la paupérisation du peuple sans devoir justifier l’utilisation des deniers publics, de ces centaines de milliards qui prennent des destinations inconnues et que le parlement et la Cour des Comptes peinent à contrôler voire pas du.

On pourrait en dire bien plus de la gouvernance d’Ali Bongo Ondimba. La liste est si longue, des récriminations contre un homme qui était prêt à prendre le pouvoir, mais qui a oublié que celui-ci s’accompagnait d’exigences de gestion qui ne s’autorisent pas l’amateurisme et l’impréparation.

A l’analyse, la vérité commande de dire, que ce pouvoir, en plus d’être dangereux pour lui-même, l’est aussi bien pour l’avenir de notre pays. Le Gabon ne peut continuer à souffrir trop longtemps d’un homme, d’un clan, d’un système qui fait passer au second plan, la gestion de l’intérêt général au profit d’intérêts particuliers et personnels.

La colère et le ressentiment des Gabonais sont chaque jour plus perceptibles, tout comme l’est l’incapacité de ce pouvoir à répondre aux vrais attentes d’une population qui subit les vexations et humiliations dues aux très nombreuses difficultés, à la cherté du coût de la vie, aux fausses promesses du gouvernement dont la crédibilité est au plus bas, et durablement entaché vis-à-vis des acteurs sociaux, des investisseurs et des bailleurs de fonds. 

N’ayons pas peur de dire, qu’à cause d’une situation devenue critique, et d’un désenchantement quasi généralisé des populations, tout peut arriver aujourd’hui. Et il en sera ainsi, aussi longtemps qu’Ali Bongo Ondimba adoptera un comportement de dictateur, qu’il fera preuve d’arrogance face aux problèmes profonds du Gabon, et que la seule satisfaction de lui-même sera sa priorité.

Et que dire de la responsabilité de l’Opposition dans le blocage de l’alternance

25 ans après la conférence nationale qui a marqué le retour au multipartisme, le constat est amer. Le processus démocratique au Gabon est grippé. La démocratie réelle peine à s’installer malgré les institutions mises en place pour nous y conduire et malgré les textes devant nous la garantir, nous l’avons dit plus haut. Comment expliquer pareil constat alors même que le peuple l’appelle de tous ses vœux ? 

C’est aussi dans nos pratiques politiques que la vérité nous commande de jeter un regard froid pour comprendre les nombreuses raisons qui n’ont jamais permis l’alternance au Gabon 25 ans après le retour au multipartisme.

Oui nous avons toujours dénoncé, et c’est vrai, la confiscation du pouvoir par un clan dont les pratiques malsaines ont déçu bon nombre d’espoirs pour imposer démocratiquement le changement auquel aspire la très large majorité des gabonais. La coercition, les menaces, les restrictions des libertés publiques, les assassinats, la corruption sont au nombre de ces pratiques qui freinent l’instauration d’une véritable démocratie au Gabon. 

Si nous sommes aussi sévères et promptes à critiquer le pouvoir sur l’exercice de la démocratie, nous ne pouvons passer sous silence ce qui est aussi la responsabilité de l’opposition sur les échecs répétés pour aboutir à l’alternance. 

Aussi blâmables et assassins que sont les maux dénoncés plus haut pour caractériser la démocratie au Gabon, ils ne sauraient nous faire oublier de relever la duplicité de nombre d’entre nous, leaders politiques de l’opposition actuels ou anciens, qui se sont parfois illustrés par des comportements égoïstes et égocentriques, par des trahisons du peuple en pactisant dans son dos avec l’adversaire. Ceux-là aussi qui ont toujours pensé qu’à eux seuls, ils pouvaient prendre le pouvoir au Gabon sans jamais voulant prendre le courage de rassembler au-delà de leur village, de leur province ou de leur ethnie.

C’est parce que nous saurons reconnaitre notre responsabilité dans la situation politique actuelle que nous devrons être suffisamment courageux pour faire le constat que révèlent nos manquements afin de prendre les décisions impérieuses et importantes pour corriger le tir. Ce que nous commande la réalité politique est de ne plus biaiser ou louvoyer pour échapper à l’image que renvoie de nous le miroir de cette réalité.

Qui pourra nous croire encore si pour vouloir le changement dans notre pays, nous ne changeons pas nous même notre manière de faire la politique pour servir les intérêts du plus grand nombre et non plus ceux de nos seuls maisons, clochers et villages.

C'est le peuple citoyen, plus que les politiques qui fait l'alternance. La souveraineté nationale appartient au peuple et il est temps pour lui de prendre ses responsabilités pour imprimer la marche vers l'alternance. Nous sommes tous citoyens, bougeons nous.

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