STATEMENT BY THE PRESIDENT OF THE FRONT OF THE OPPOSITION. DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DU FRONT DE L’OPPOSITION

Professeur Pierre André Kombila, Président en exercice du FRONT



Mesdames, Messieurs,

Je voudrais solennellement, au moment où le GABON vient de franchir le pas décisif dans l’année 2016, présenter le message des vœux à l’ensemble de nos compatriotes.

Je forme un vœu de santé à tous et pour tous, afin que la maladie reste bien loin de nous, dans un pays où l’accès aux soins pour tous reste un rêve, pourtant à la portée de nos énormes moyens.

Je forme un vœu de réussite à tous et pour tous, afin que nous puissions prendre en main notre propre destin, et conduire le navire de la nation à bon port.

Chers compatriotes,

L’état de la Nation, au moment où nous entamons la dernière année du septennat en cours, constitue un sujet de grande préoccupation nationale.

Totalement promis à la construction du pays, avec une ambition affichée à la face du monde, notamment d’offrir cinq mille (5.000) logements par an aux Gabonaises et aux Gabonais, le Plan Stratégique Gabon Emergent qui devait transformer le pays, n’a pas dressé son bilan si attendu dans le discours à la nation prononcé par le chef de l’Etat, le 31 décembre 2015.

Ayant reçu en héritage un pays abîmé, Ali BONGO ONDIMBA qui était partie prenante à cette œuvre de destruction du pays, a aggravé pendant sept ans, la situation de crise larvée, pour la porter à une situation de crise généralisée.

Partout, les gabonais se plaignent. Ils passent des moments difficiles et ont du mal à boucler leurs fins de mois.

Les entreprises ne sont plus payées par un Etat défaillant dans le règlement de la dette, entrainant la fermeture de plusieurs sociétés, avec pour conséquence, l’aggravation du chômage et l’amplification de la détresse sociale.

Les institutions, la justice, les libertés, les droits de l’Homme, le système électoral, l’école, les finances, la santé, le logement, la route, les transports en commun, la sécurité, tous les leviers de la vie politique, économique, sociale et culturelle du pays sont gravement atteints.

Mesdames, Messieurs,

Face à cette société à l’arrêt, systématiquement au bord de la rupture, il y a une urgence nationale à trouver une voie sécurisée de sortie de crise.

En charge de veiller à la paix dans le monde, l’Organisation des Nations Unies s’est trouvée fort bien inspirée, en proposant une offre de dialogue à l’endroit de toute la classe politique gabonaise, au sortir du 20 décembre 2014, de triste mémoire.

Ayant écouté la voix de la sagesse, les forces politiques du changement ont fortement apprécié cette offre de dialogue, en promettant d’y apporter leur soutien.

S’agissant du Front de l’Opposition pour l’Alternance, nous y avons marqué tous sans exception notre accord unanime, en l’assortissant des conditions précises à notre participation.

A ce propos, un Agenda Cadre, signé de tous les membres du FRONT fait foi de notre engagement résolu à prendre part au dialogue, dont il n’est pas sans intérêt, de rappeler ici, les dispositions ayant marqué notre adhésion.

Ce dialogue, nous le voulons inclusif, afin qu’il opère toute sa dimension participative, de sorte à permettre l’implication de la société civile dans la recherche des solutions.

Ce dialogue, nous le voulons sans tabou, afin de toucher aux réalités du moment, dont la plus emblématique est la situation administrative du chef de l’Etat, dont les évolutions alimentent la chronique jusqu’à ce jour.

Ce dialogue, nous le voulons décisif, afin qu’il produise des résolutions opposables à tous, qui soient porteuses d’un avenir convenu par tous au bénéfice de chacun.

Chers compatriotes,

Sous le couvert des Nations unies, particulièrement dans sa représentation en Afrique Centrale, le Front de l’Opposition pour l’Alternance voudrait savoir gré à toute la communauté internationale, pour son accompagnement bienveillant proposé au GABON, en vue de préserver la paix dans notre pays.

Mesdames, Messieurs,

A l’égard de ce dialogue, le message à la nation prononcé le 31 décembre 2015 a opposé un silence qui a été parfaitement perçu par tous.

Ce silence a été perçu par les Nations Unies, qui ont enfin compris, que le GABON est dirigé par un régime totalitaire et autocratique, qui n’entend rien céder sur ses privilèges.

Ce silence a été perçu par la communauté internationale toute entière, qui a forcément compris, que le GABON est dirigé par un régime cinquantenaire, qui affiche la démocratie à l’exportation, pour distraire et séduire les partenaires à l’extérieur, et se réserve, loin des regards, le droit de planifier l’oppression de son Peuple à l’intérieur.

Ce silence a été perçu par les Gabonaises et les Gabonais, qui attendaient de s’asseoir autour d’une table, pour revisiter en toute sérénité le nouveau modèle gabonais.

Mesdames, Messieurs,

En décidant de récuser l’option concertée pour régler la crise multiforme qui frappe le pays, dans l’intérêt supérieur de la nation, Ali BONGO ONDIMBA prend une responsabilité énorme devant nos compatriotes et devant l’histoire.

De la part du FRONT, et de la part de tous les patriotes, cette attitude ne restera pas sans conséquence

Mesdames, messieurs,

Au moment où le Gabon, notre pays, se rapproche des échéances à la fois porteuses d’espoirs, de risques de crispation socio-politique et de dangers d’enlisement, il n’est permis à aucun des acteurs politiques de faire preuve de légèreté.

Au moment où le peuple gabonais, exaspéré par un système qui l’opprime depuis trop longtemps déjà, interroge l’opposition sur les moyens de ne plus revisiter les sentiers connus des échecs à l’alternance et au changement, Il est irresponsable pour cette même opposition de lui proposer la précipitation, la manipulation et l’opportunisme.

Oui, Mesdames, Messieurs,

Il s’agit malheureusement de précipitation, de manipulation et d’opportunisme, lorsque sous le prétexte de l’urgence, une frange du Front s’organise, en dehors des procédures officielles et en l’absence de tout quorum, à tenir des réunions et à rendre opposables à tous, les conclusions auxquelles ils sont parvenus.

Le peuple gabonais ne peut comprendre que l’imposture puisse s’ériger en mode de fonctionnement au sein du Front, alors même que ce peuple attend du Front, qu’il combatte l’imposture au sommet de l’Etat.

Non, mesdames et messieurs ! Le peuple gabonais attend une autre réponse que celle-là.

Chers compatriotes,

Je l’ai dit et le redis solennellement ici, le chronogramme à la désignation du candidat unique, annoncé et publié çà et là est un raccourci trompeur, qui ne peut prendre place dans nos pratiques.

C’est en toute responsabilité que, devant le peuple témoin, j’appelle tous mes pairs de l’opposition, à la sérénité, au respect de la dynamique unitaire et à la sincérité.

C’est en toute responsabilité que, devant tout le peuple gabonais, j’appelle tous les gabonais à la vigilance, pour ne pas se laisser abuser par des manœuvres et annonces qui n’ont pour seule ambition, sinon pour conséquence, que de nous détourner de l’essentiel.

L’essentiel aujourd’hui, c’est le combat pour un dialogue inclusif, en vue des reformes des institutions et processus qui déterminent les élections.

L’essentiel c’est la transparence électorale sans laquelle, toute élection ne sera que motif de conflits, d’affrontements et d’un chaos programmé.

Chers Compatriotes

Est-il besoin de rappeler ici, qu’André MBA OBAME, Casimir OYE MBA, Jean EYEGHE NDONG et d’autres avec eux, ont quitté le PDG, après une procédure contestable dans la désignation de candidat ?

Entend-on importer dans l’opposition, et répliquer ces méthodes contestées ?

J'invite les uns et les autres à construire plutôt que détruire.

J'invite les uns et les autres à la concertation plutôt qu'à la formation de camps, facteur de division.

J'invite les uns et les autres au consensus, valeur fondamentale des traditions gabonaises, plutôt qu'à l'exclusion.

J'invite les uns et les autres à la saine concertation et à la préparation minutieuse de la prochaine élection présidentielle, si nous voulons venir à bout d'un système cinquantenaire, rodé à la manipulation des résultats électoraux et ayant expérimenté toutes sortes de pratiques viles de conservation du pouvoir.

J'invite les uns et les autres à revenir aux fondamentaux du Front et à ne privilégier que ce qui nous rassemble et nous unit.

J'invite les uns et les autres à ne pas céder à la précipitation, synonyme d'amateurisme.

J'invite les uns et les autres à rechercher des solutions innovantes et propres à préserver l'unité, la cohésion et la solidarité du Front.

Il ne sert à rien de courir, il faut partir à point. Nous devons, à la vérité, reconnaître que l'équation de la désignation du candidat unique du Front n'est pas si simple à résoudre. Elle intègre d'une part les partis politiques qui sont des personnes morales et d'autre part des personnalités physiques.

Le problème c'est que dans la conception de certains d'entre nous, la désignation du candidat unique doit se faire par les seules personnes physiques membres du Front.

D'autres estiment que cela doit donner lieu à des primaires auxquelles prennent part les militants et sympathisants de l'opposition au cours d'une grande convention des forces du changement.

Les partis politiques ont en effet un rôle plus que déterminant lors des élections, ils ne sauraient être en marge de ce processus, d'autant que chacun prévoit dans ses statuts le mode de désignation de son candidat à l'élection présidentielle. Donnons à chacun de ces partis politiques la possibilité d'appliquer ces statuts, ce qui est aussi une forme de consultation de la base. Accordons-leur pour cela les mois de février et mars 2016.

Entre temps, je nous invite à reprendre la première réflexion, cette fois avec moins de calculs, moins de passion, moins de ruse. Il nous faut clairement indiquer des critères objectifs du candidat à retenir, mais aussi définir le collège électoral en intégrant la participation du peuple souverain à ce choix. C'est à ce niveau que doit intervenir le "génie gabonais", car, ne nous voilons pas la face, c'est à ce stade que se situent les problèmes que connaît aujourd'hui le Front.

Serions-nous, à ce point, incapables de trouver des solutions à ces problèmes ? Le peuple gabonais jauge notre capacité à parvenir à un consensus, quelles que soient nos divergences. Il jauge notre capacité à nous dépasser, notre capacité à mettre à l'écart nos egos.

En vérité, tous ceux qui introduiront dans leur logiciel une démarche solitaire consistant à faire cavalier seul et à se passer des autres, porteront l'entière responsabilité de l'échec programmé par une telle initiative. Ils auront à répondre devant l'Histoire, parce qu'ils auront été, en définitive, les alliés objectifs du système Bongo/PDG. Évitons cela dans l'intérêt supérieur du Gabon.



Chers Compatriotes

Oui, viendront les élections. Oui, viendront les candidatures, de l’opposition comme de la majorité. Mais comprenons-le bien, la bataille de la transparence, partagée et encouragée par nos partenaires, est la seule à mener maintenant, pour garantir demain, la victoire qui nous tend la main, et qui nous permettra d’honorer la mémoire de nos illustres devanciers.

Pour repartir sur des bases saines et assainies, et nous mettre en résonnance avec le Peuple qui appelle à l’unité des forces du changement, j’invite l’ensemble des signataires, dont plusieurs se sont laissé aller au découragement, à ouvrir en notre sein, notre propre Dialogue sans tabou.

A cette occasion, je soumettrai devant mes pairs, un Plan d’urgence qui va s’arrimer à un plan stratégique cohérent pour redynamiser le FRONT.

Ce Plan va d’abord engager une réforme de notre Charte, pour enlever certaines aspérités, sujettes à interprétations multiples, sources de blocages.

Ce Plan va ensuite poser un chronogramme clair dans la procédure de désignation de notre candidat, en prenant en compte, à la fois, la préoccupation de célérité majoritairement exprimée aujourd’hui par les personnalités individuelles, et le souci opposé par les Partis politiques, de consulter préalablement leurs Congrès respectifs.

Parce qu’il est de ma responsabilité en tant que Président, d’œuvrer à restaurer la sérénité au sein du FRONT, lorsque sa continuité et son fonctionnement sont gravement menacés, je fixe cette réunion de la dernière chance, au mercredi 27 janvier 2016, à 10 heures, et j’invite tous nos partisans à nous accompagner dans ce processus de remise en ordre de notre combat commun.

Mesdames, Messieurs, Chers compatriotes,

L’état de la Nation, qui pose l’urgence d’une concertation ouverte, pour réécrire ensemble le nouveau cap, est compromis par une volonté de confiscation du pouvoir, par un homme qui place ses ambitions au-dessus de la Nation toute entière. Prenant l’opinion nationale et internationale à témoin, sur le droit reconnu à chaque Peuple de déterminer son destin, Le FRONT lance dès ce jour, un appel à la mobilisation de l’ensemble des forces du changement, afin qu’elles prennent la juste mesure du débat. Qu’elles posent des actions concrètes des forces du changement et qui doivent se solder par la déchéance d’Ali Bongo et du système PDG, véritable frein au progrès de notre pays dont le prélude est la tenue d’une élection transparente, juste et crédible, sans prime au candidat sortant.

A ce propos, le FRONT appellera à un meeting, le samedi 23 janvier 2016 à 15 heures, au quartier Glass (déterminer le lieu définitif).

A cette occasion, le FRONT rendra public, le programme national de son combat pour l’alternance et le changement au GABON.

Je vous remercie.

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