LETTER TO THE EDITORIAL BOARD OF FOREIGN POLICY MAGAZINE. LETTRE À LA RÉDACTION DU MAGAZINE « FOREIGN POLICY »




English version


Dear members of the editorial board,

In a recent article entitled “Meet Meet Ali Bongo Ondimba, Obama’s Man In Africa,” Foreign Policy presents the Gabonese president as a useful autocrat for the USA, despite his evident corruption and poor human record.

That article, clearly inspired by Eric Benjaminson, a former US Ambassador to Gabon who left that country shamefully, having discredited his reputation by becoming an Ali Bongo crony and an abjectly corrupt person who had managed to prepare his retirement by securing a 20 million dollar donation by Ali Bongo to the university of Oregon, to establish a Gabon Center chaired by, you guessed it, Eric Benjaminson; attempted to make the argument that in Ali Bongo, the US has found an ally who proved his bona fides by helping in the toppling of Gadhafi, by cooperating militarily with the US in the fight against potential terrorists in Central and West Africa, and the potential nexus between terrorists and poachers. This article tried very hard to demonstrate just how critical Ali Bongo was to the US in that region of Africa; this despite what the article could not deny, that is the repulsive corruption of Ali Bongo and his callous regards for good governance, democracy and the rule of law. The Gabonese people have endured the Bongo family at the country’s helm, since 1967; and the country, despite its enormous riches, and low population, remains desperately poor.

That article says that there is hardly a viable opposition in Gabon. Nothing could be further from the truth! The viability of the Gabonese opposition is evaluated by Foreign Policy according to whom? To Benjaminson or to the Gabonese people? There is, and has always been a robust grass roots opposition in Gabon; the US, France and other powers have chosen to overlook any alternative to the Bongos because their foreign policy, despite all the lip-service paid to democracy, remains squarely addicted to the tired model of the useful dictator or as Henry Kissinger elegantly advised Richard Nixon about the US continuous support of Nicaraguan dictator Anastasio Somoza: the “he is a son of a bitch, but he is our son of a bitch” model. What results has this strategy yielded for the countries headed by these US backed “s.o.b.” leaders? Similarly, this article rationalizes why the US might want to continue to back Ali Bongo, in a context within which the Gabonese people can’t take him anymore.

More importantly, the hypocrisy of this article is astonishing given that Foreign Policy magazine published, not too long ago, on 16 March 2016, an article entitled “U.S. Must Put Democracy at the Center of its Foreign Policy;” signed by a number of influential people. This article was an open letter to the American presidential candidates asking them to project US foreign policy in a way in accordance with the US cardinal principles of life, liberty, and the pursuit of happiness. This article was arguing that support for democracy and human rights needed to be a central tenet of American foreign policy around the world. How then could Foreign Policy magazine reconcile Eric Benjaminson’s assertion that Ali Bongo has been an effective leader? Our question is: effective to whom? How can some like Benjaminson continue to think that in the case of countries such as Gabon, a thuggish regime that provides support and intelligence to the US, against forces seemingly adverse to American interests, is acceptable; while dismissing any opposition alternative that may do the same thing if given the chance?

For the Gabonese people, the useful autocrat model is not acceptable. They prefer and long for a model that respects their aspiration for dignity, freedom and democracy. Why is it that in the name of realpolitik, American must continue to support the myopic view that thuggish regimes are acceptable as long as the thugs are doing America’s bidding, while repressing their people?

The double standard is too glaring to be ignored; and the people of Gabon will no longer accept to be marginalized while superpowers prop up leaders who are bad for their country but good for American short term interest. Why is Eric Benjaminson advocating for the US to support an anti-democratic and anti-human rights regime in Gabon, when a freer more progressive regime could give the US the same returns? Why does Eric Benjaminson continue to approach the Gabonese opposition as the enemy? The enemy of what? Why is it that people like Eric Benjaminson content that only beastly dictators like Ali Bongo, serve the US purpose to win wars, secure resources, and ensure steady, decades-long contracts?

At what point will the quest for dignity by the people from countries like Gabon, factor in American foreign policy?


P.S. This letter is being sent to Foreign Policy, The Daily Emerald, the student newspaper of the University of Oregon, and published on the site Gabon Enervant/Annoying Gabon.




Version française

Chers membres du comité de rédaction,

Dans un article récent intitulé "Nous vous Présentons Ali Bongo Ondimba, l’Homme d'Obama en Afrique," Foreign Policy décrit le président gabonais comme étant un autocrate utile pour les États-Unis, en dépit de son évidente corruption et piètre bilan dans le registre des droits de l’homme.

Cet article, clairement inspiré par Eric Benjaminson, un ancien ambassadeur américain au Gabon qui a quitté ce pays honteusement, ayant discrédité sa réputation en devenant un obligé d’Ali Bongo et quelqu’un de pitoyablement corrompu qui a réussi à préparer sa retraite en obtenant un don de 20 millions de dollars d’Ali Bongo à l'université de l'Oregon, pour la mise en place d’un Centre sur le Gabon, présidé par, vous l'aurez deviné, Eric Benjaminson; tentait de faire valoir qu’en Ali Bongo, les USA auraient trouvé un allié qui a fait ses preuves en aidant au renversement de Kadhafi, en coopérant militairement avec les USA dans la lutte contre les terroristes potentiels en Afrique Centrale et de l’Ouest, et contre un axe potentiel entre les terroristes et les braconniers. Cet article a essayé avec insistance de démontrer à quel point Ali Bongo était important pour les États-Unis dans cette région d'Afrique; ce, malgré le fait que l'article n’a pu occulter la corruption répulsive d'Ali Bongo et son dédain pour la bonne gouvernance, la démocratie et la primauté du droit. Les Gabonais endurent la famille Bongo à la tête du pays, depuis 1967; et le pays, en dépit de ses énormes richesses et sa faible population, demeure désespérément pauvre.

Cet article dit qu'il n'y a guère d’opposition viable au Gabon. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité! Foreign Policy évalue la viabilité de l'opposition gabonaise selon quels criteres? Ceux de Benjaminson ou ceux du peuple Gabonais? Il y a toujours eu une robuste opposition sur le terrain au Gabon; mais les États-Unis, la France et les autres puissances choisissent d’ignorer toute alternative aux Bongo, parce que leur politique étrangère, en dépit de leur bavardage sur la démocratie, demeure résolument accrochée au modèle discrédité du dictateur utile; ou comme l’avait élégamment défini Henry Kissinger en conseillant Richard Nixon sur le soutien continu des États-Unis au dictateur Nicaraguayen Anastasio Somoza, le modèle disant: «c’est un fils de pute, mais il est notre fils de pute ». Quels sont les résultats que cette stratégie a fourni pour ces pays dirigés par ces « fils de putes » soutenus par les américains? De même, cet article rationalise pourquoi les États-Unis devraient vouloir continuer à soutenir Ali Bongo, dans un contexte où le peuple gabonais ne peut plus le supporter.

Plus important encore, l'hypocrisie de cet article est sidérante étant donné que le magazine Foreign Policy a publié, il n'y a pas très longtemps, le 16 Mars 2016, un article intitulé "Les États-Unis doivent placer la démocratie au centre de leur politique étrangère»; signé par un certain nombre de personnes influentes. Cet article était une lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle américaine, leur demandant de projeter la politique étrangère des USA d'une manière conforme aux principes cardinaux américains de droit à la vie, à la liberté, et à la poursuite du bonheur. Cet article faisait valoir que le soutien à la démocratie et aux droits de l’homme, devait devenir un principe central de la politique étrangère américaine dans le monde entier. Alors, comment le magazine Foreign Policy entend concilier l'affirmation d’Eric Benjaminson, selon laquelle Ali Bongo a été un leader efficace? Notre question est: efficace pour qui? Comment certains, comme Benjaminson, peuvent-ils continuer à penser que dans le cas de pays tels que le Gabon, un régime brutal qui fournit un soutien et des renseignements aux États-Unis, contre des forces apparemment défavorables aux intérêts américains, soit acceptable; tout en rejetant les alternatives d'opposition qui pourraient faire la même chose si on leur donne la même opportunité?

Pour le peuple gabonais, le modèle de l’autocrate utile n’est pas acceptable. Il préfère et désire un modèle qui respecte leur aspiration à la dignité, à la liberté et à la démocratie. Pourquoi donc au nom de la Realpolitik, l’Amérique doit continuer à soutenir la vision myope voulant que les régimes voyous soient acceptables tant que ces voyous font le sale boulot de l'Amérique, tout en réprimant leurs peuples?

Le deux poids-deux mesures est trop flagrant pour être ignoré; et le peuple Gabonais n’acceptera plus d'être marginalisé pendant que les superpuissances soutiennent les mauvais dirigeants pour satisfaire les intérêts américains à court terme. Pourquoi Eric Benjaminson plaide-t-il pour un soutien des Etats-Unis pour un régime anti-démocratiques et anti-droits de l’homme au Gabon ; alors qu’un régime plus progressiste pourrait donner aux États-Unis les mêmes résultats? Pourquoi Eric Benjaminson continue-t-il de considérer l'opposition gabonaise comme étant l'ennemi? L'ennemi de quoi? Pourquoi est-ce que des gens comme Eric Benjaminson considèrent que seuls les dictateurs bestiaux comme Ali Bongo, servent les objectifs des États-Unis pour: gagner des guerres, sécuriser les ressources naturelles, et veiller à la stabilité des contrats des sociétés américaines pour des décennies?

A quel moment la quête de dignité des populations des pays comme le Gabon, va-t-elle devenir un facteur dans la politique étrangère américaine?


Post-scriptum: Cette lettre a été envoyée à Foreign Policy, à The Daily Emerald, le journal étudiant de l'Université de l'Oregon, et a été publié sur le site Gabon Enervant.

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