WHO SAID THAT OIL IS OIL? QUI AVAIT DIT QUE L’HUILE C’EST L’HUILE ?
English version
In March 2024, CBON, in the midst of a populist campaign, declared: "Oil is oil, it needs to be brought down to 1,000 francs."
This statement was made as part of the fight against the high cost of living in Gabon.
Faced with inflation and public complaints about basic necessities, CBON addressed economic operators and merchants to demand an immediate reduction in prices.
With this odd formula, CBON swept aside the justifications given by importers, who invoked brand, type of refining, or origin to justify higher prices for certain oils compared to others.
CBON's reasoning at the time was as follows: cooking oil is a universal staple product, and its retail price to households should be capped at 1,000 CFA francs, without distinction. For CBON, the differences between brands (origin, refining, quality) were merely commercial pretexts to justify higher prices, not substantive differences.
The irony of the story is that in today's edition of L'Union newspaper, there is an article saying exactly the opposite of what CBON advocated: the DGCCRF (Directorate General for Competition, Consumer Affairs, and Fraud Control) withdrew four brands (Viking, Rose, Cadeau/Kdo, and Mini Coco) because laboratory analyses revealed major non-conformities affecting "the very nature and quality of the oils," and pointed to "a fraudulent mixing of different oils" as well as the use of lower-quality oil to deceive consumers.
In other words: no, not all oils are equal. Some are dangerous, adulterated, or tampered with, precisely because their composition differs from what they claim to be.
We therefore see that the populist rhetoric of a uniform price cap ("oil is oil") ignored what technical regulation now reveals: quality is a real factor, not a marketing gimmick.
There is even a risk of a reverse causal link: if the government imposes an identical price cap on all types of oil without accounting for real production or import costs, some unscrupulous operators may be tempted to cut costs by compromising quality (fraudulent blending, unfit oils) in order to remain profitable under that cap.
The very same state that, through CBON's voice, dismissed the quality argument as a pretext used by manufacturers, now finds itself, through the voice of its technical administration (the DGCCRF), confirming that quality is precisely the crux of the problem.
The L'Union article offers a factual counterpoint that, in hindsight, undermines the logic of CBON's populist rhetoric.
Version française
En mars 2024, CBON en pleine campagne populiste avait déclaré: « L’huile c’est l’huile, il faut ramener ça à 1000 francs ».
Cette phrase avait été prononcée dans le cadre de la lutte contre la vie chère au Gabon.
Face à l'inflation et aux plaintes des populations concernant les produits de première nécessité, CBON s'est adressé aux opérateurs économiques et commerçants pour exiger une baisse immédiate des prix.
Par cette formule bizarre, CBON balayait les justifications des importateurs qui invoquaient la marque, le type de raffinage ou l'origine pour justifier des prix élevés de certaines huiles par rapport à d’autres.
Le raisonnement de CBON à l’époque était le suivant: l'huile de cuisson est un produit de base universel, et son prix de vente aux ménages doit être plafonné à 1 000 francs CFA, sans distinction.
Pour CBON, les différences entre marques (origine, raffinage, qualité) n’étaient que des prétextes commerciaux pour justifier des prix plus élevés, et non des différences substantielles.
L’ironie de l’histoire est que dans le journal L’Union du jour, il y’a un article qui dit exactement l’inverse de ce que préconisait CBON : la DGCCRF a retiré quatre marques (Viking, Rose, Cadeau/Kdo, Mini Coco) parce que les analyses ont révélé des non-conformités majeures touchant « la nature même et la qualité des huiles », et évoque un « mélange frauduleux de différentes huiles » ainsi que l'utilisation d'une huile de qualité inférieure pour tromper le consommateur.
Autrement dit : non, toutes les huiles ne se valent pas. Certaines sont dangereuses, frelatées ou trafiquées, precisément parce que leur composition diffère de ce qu'elles prétendent être.
On voit donc que la rhétorique populiste de plafonnement uniforme ("l'huile c'est l'huile") ignorait ce que révèle maintenant la régulation technique : la qualité est un facteur réel, pas un artifice marketing.
Il y a même un risque de lien de causalité inversé : si le gouvernement impose un prix plafond identique pour tous les types d'huile sans tenir compte des coûts réels de production/importation, certains opérateurs peu scrupuleux peuvent être tentés de couper les coûts en altérant la qualité (mélanges frauduleux, huiles impropres) pour rester rentables sous ce plafond.
Le même État qui, par la voix CBON, aurait balayé l'argument de la qualité comme un prétexte des industriels, se retrouve, par la voix de son administration technique (DGCCRF), à confirmer que la qualité est justement le nœud du problème.
L'article de L'Union offre un contrepoint factuel qui fragilise, a posteriori, la logique du discours populiste de CBON.
Une formule comme celle-ci ne fonctionne que si l'article explique qui l'a dite et dans quel contexte — sinon elle reste un slogan sans argument. Le sens vient de la situation, pas de la phrase. J'ai vu une remarque similaire sur chickenroad bonus et elle était juste.
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