WHY GABON STILL HAS NO AGREEMENT WITH THE IMF? POURQUOI LE GABON N’A TOUJOURS PAS D’ACCORD AVEC LE FMI ?

La dette gabonaise, un iceberg dont le FMI veut connaître la partie cachée



English version 


The IMF mission left Gabon on September 25, 2026 without a deal. But the real news lies elsewhere: this was not a negotiation, and the sticking point is a question that looks simple: how much does Gabon really owe?

What happened


An IMF team led by Aliona Cebotari was in Libreville from September 14 to 25, 2026. It had three items on its agenda: the findings of the public debt audit, the direction of the 2027 budget, and the government's structural reform programme.


The mission worked with the Presidential Debt Taskforce, the BEAC (Bank of Central African States) and the financial sector. It presented its conclusions to the Vice-President of the Government, Hermann Immongault, on September 23, and then to CBON in Port-Gentil on the 25th.


The final statement mentions neither a deal nor a programme. The Fund only says that technical work will continue "in the coming weeks" to prepare for possible programme discussions. The mission will not go before the Executive Board either. In short, this was a preparatory step, not a negotiation.


Why no deal: debt comes first


The IMF does not lend to a country when it doesn't know that country's exact debt. Gabon's public debt is close to 80% of GDP: the African Development Bank puts it at 78.9%. The IMF's April 2026 projections saw it rising to 94.3% of GDP in 2027.


The real problem is what gets counted. Should only the state's direct debt be included? Or also domestic arrears owed to businesses, the liabilities of state-owned companies, and debts that were never recorded?


Depending on the answer, the figure changes significantly. That is what the audit ordered by CBON is meant to establish, and Libreville and the IMF are still working toward a shared reading of the numbers.


The 2027 budget shows the pressure. Interest payments on the debt rise by 37%, and the state wage bill is itself under audit. An IMF programme requires quantified commitments on both of these lines.


How we got here


  • August 2021: Gabon signs a programme under the Extended Credit Facility. It is suspended after the third review fails because the programme was not being implemented.
  • 2025: Talks resume, then Libreville breaks them off to "review the basis" of the cooperation.
  • January 2026: Economy Minister Thierry Minko announces a growth programme with IMF support.
  • February–March 2026: CBON aims for a deal "before May." A first Cebotari mission, focused on data collection, ends on March 6, and Gabon submits a formal request.
  • May 2026: The deadline passes. CBON first demands a full debt audit and sets up a taskforce for that purpose.
  • September 2026: A second mission ends without a deal, with debt at the centre of the talks.


What happens next?


The most likely path has four stages, although no official timetable has been set.

  1. Remote technical work. The Ministry of Economy and the IMF's resident representative in Libreville will continue their work, using the approach agreed on September 23.
  2. Agreed debt figures. This is the precondition. No programme can be designed until the audit produces a figure both sides accept.
  3. The 2027 budget as a test. The IMF will look at whether the finance law controls the wage bill, protects investment and deals with arrears. Tracking oil revenues is also part of the file.
  4. A new mission, then real negotiations. The mission could take place before the end of the year, but no date has been confirmed. A "staff-level agreement" would follow, before the programme goes to the Executive Board.


The risks are well known. An IMF programme often requires unpopular measures, such as cuts to spending or subsidies.


Without a programme, the state still has no access to concessional financing, and it misses the signal a deal sends to other lenders. That matters at a time when debt service is a heavy burden.


This blog's view: a formal deal looks unlikely before early 2027. Everything will depend on how quickly the audit is completed and how realistic the 2027 budget is.




Version française 


La mission du FMI a quitté le Gabon le 25 septembre 2026 sans accord. Mais la vraie nouvelle est ailleurs : ce n'était pas une négociation, et le blocage porte sur une question simple en apparence: à combien s’élève vraiment la dette du Gabon?


Ce qui s'est passé


Une équipe du FMI dirigée par Aliona Cebotari a séjourné à Libreville du 14 au 25 septembre 2026. Son ordre du jour tenait en trois points : les conclusions de l'audit de la dette publique, les orientations du budget 2027 et le programme de réformes structurelles du gouvernement.


La mission a travaillé avec la Taskforce présidentielle sur la dette, la BEAC et le secteur financier. Elle a présenté ses conclusions au vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le 23 septembre, puis à CBON à Port-Gentil le 25.


Le communiqué final ne parle ni d'accord ni de programme. Le Fonds annonce seulement la poursuite des travaux techniques « dans les prochaines semaines », pour préparer d'éventuelles discussions sur un programme. La mission ne sera pas non plus présentée au Conseil d'administration. En clair : il s'agissait d'une étape de préparation, pas d'une négociation.


Pourquoi pas d'accord : la dette d'abord


Le FMI ne prête pas à un pays dont il ne connaît pas la dette exacte. Or la dette publique gabonaise avoisine 80 % du PIB : la Banque africaine de développement l'estime à 78,9 %. Et les projections du FMI d'avril 2026 la voyaient grimper à 94,3 % du PIB en 2027.


Le vrai problème, c'est le périmètre. Faut-il compter seulement la dette directe de l'État ? Ou aussi les arriérés intérieurs dus aux entreprises, les engagements des sociétés publiques et les passifs jamais enregistrés ? 


Selon la réponse, le chiffre change sensiblement. C'est ce que l'audit commandé par CBON doit établir, et Libreville et le FMI cherchent encore une lecture partagée des chiffres.


Le budget 2027 illustre la pression : les intérêts de la dette y progressent de 37 %, et la masse salariale de l'État fait elle-même l'objet d'un audit. Un programme FMI exige des engagements chiffrés sur ces deux lignes.


Comment on en est arrivé là


  • Août 2021 : le Gabon signe un programme au titre de la Facilité élargie de crédit. Il est suspendu après l'échec de la troisième revue, faute de mise en œuvre.
  • 2025 : des discussions reprennent, puis Libreville les interrompt pour « revoir les bases » de la coopération.
  • Janvier 2026 : le ministre de l'Économie Thierry Minko annonce un programme de croissance avec l'appui du FMI.
  • Février–mars 2026 : CBON vise un accord « avant mai ». Une première mission Cebotari (collecte de données) se termine le 6 mars, et le Gabon dépose une demande formelle.
  • Mai 2026 : l'échéance passe. CBON exige d'abord un audit complet de la dette et crée une Taskforce dédiée à cela.
  • Septembre 2026 : deuxième mission, sans accord, avec la dette au centre.


Et maintenant ?


La suite la plus probable se déroule en quatre temps, même si aucun calendrier officiel n'est fixé.


  1. Travaux techniques à distance. Le ministère de l'Économie et le représentant résident du FMI à Libreville vont poursuivre le travail selon la méthode arrêtée le 23 septembre.
  2. Des chiffres de dette partagés. C'est le préalable. Tant que l'audit n'aboutit pas à un chiffre accepté des deux côtés, aucun programme ne peut être calibré.
  3. Le budget 2027 comme test. Le FMI regardera si la loi de finances maîtrise la masse salariale, protège l'investissement et traite les arriérés. Le suivi des recettes pétrolières fait aussi partie du dossier.
  4. Une nouvelle mission, puis de vraies négociations. Elle pourrait intervenir d'ici la fin de l'année, sans date confirmée. Un « accord au niveau des services » viendrait ensuite, avant le passage devant le Conseil d'administration.


Les risques sont connus. Un programme impose souvent des mesures impopulaires, comme la réduction des dépenses ou des subventions. 


Sans lui, l'État reste privé de financements concessionnels et du signal qu'un accord envoie aux autres bailleurs, au moment où le service de la dette pèse lourd.


Pour ce blog, un accord formel paraît peu probable avant début 2027. Tout dépendra de la vitesse de l'audit et du réalisme du budget 2027.

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