Eurobond: Gabon Borrows Again! Eurobond : le Gabon emprunte encore!
English version
Less than three months after raising $920 million, Gabon is back on the international market for another $580 million. That makes $1.5 billion borrowed abroad in a single quarter. The race toward debt is gathering pace, and the question is no longer whether the state can borrow, but what it does with the money.
Two eurobonds in one quarter
On July 30, 2026, Libreville raised $920 million, about CFA 524 billion, over seven years. The coupon is 9.375%, with a three-year grace period. With demand topping $1 billion, the state raised the issue above the $750 million it initially sought.
This time, it is $580 million, about CFA 340 billion, over eight years, with BofA Securities as lead manager. The amount is no coincidence: the supplementary budget law authorizes up to $1.5 billion in external borrowing. After July, exactly $580 million remained in that envelope. The state has now used it up.
Issue | Amount | Maturity | Coupon |
October 2026 | $580M (≈ CFA 340bn) | 8 years | not yet published |
July 2026 | $920M (≈ CFA 524bn) | 7 years | 9.375% |
February 2025 | $570M | due 2029 | 9.5% |
Warning lights flashing red
The IMF expects a public deficit of 10% of GDP in 2026, after 8.5% in 2025, then 11.2% in 2027. Before the audit, it projected debt at 86.1% of GDP in 2026 and 94.3% in 2027, up from 70.9% in 2024. Meanwhile, median debt across the region is falling.
Debt service is already a heavy burden. The 2026 budget set aside about CFA 420 billion for interest and fees alone. The July eurobond's coupon by itself adds nearly CFA 49 billion in interest a year.
Rating agencies remain cautious. Moody's keeps Gabon at Caa2, with its outlook cut to negative. Fitch had already downgraded the country earlier in the year. The heart of the problem: debt and the deficit are rising together, a sign that borrowing also funds current spending and interest payments.
The government's response
The executive has its arguments. In September, an audit of debt as of December 31, 2025 brought it down from 84.6% to 68.9% of GDP. That puts it back below the 70% ceiling set by CEMAC. Markets welcomed the result.
Terms are also improving. The 2025 issue was sold below par, for an effective yield of 12.7%. This one offers a longer maturity and a lower risk premium. Finally, Libreville is negotiating a new IMF program, formally requested on March 11, 2026.
Some caution is still in order. The audit is the government's own, and the IMF has not yet publicly endorsed it. Debt that is "lower on paper" does nothing to change this year's deficit, which still has to be financed.
The real question: what is the money for?
Borrowing is not a crime. Gabon's infrastructure gap is long-standing, and roads, water and electricity justify investment. Refinancing expensive debt with cheaper debt can also be sound management.
But at a rate of nearly 10%, every dollar must earn more than it costs. Yet so far, exactly how these $580 million will be used has not been made public. How much for investment? How much to plug the deficit or meet repayments?
Until those answers come, suspicions of a headlong rush into debt will remain legitimate. Gabon has shown it knows how to raise funds. It has yet to show it knows how to use them, and eventually to repay them.
Version française
Eurobond : le Gabon emprunte encore
Moins de trois mois après avoir levé 920 millions de dollars, le Gabon retourne sur le marché international pour 580 millions de plus. Au total, 1,5 milliard de dollars empruntés à l'étranger en un trimestre. La course à l'endettement se poursuit de plus belle, et la question n'est plus de savoir si l'État peut emprunter, mais ce qu'il fait de l'argent.
Deux eurobonds en un trimestre
Le 30 juillet 2026, Libreville a levé 920 millions de dollars, soit environ 524 milliards de FCFA, sur sept ans. Le coupon est de 9,375 %, avec trois ans de différé. La demande ayant dépassé le milliard, l'État a relevé l'émission au-dessus des 750 millions visés au départ.
Cette fois, il s'agit de 580 millions de dollars, soit environ 340 milliards de FCFA, sur huit ans, avec BofA Securities comme chef de file. Ce montant n'a rien d'un hasard : la loi de finances rectificative autorise jusqu'à 1,5 milliard de dollars d'emprunts extérieurs. Après juillet, il restait précisément 580 millions dans l'enveloppe. L'État l'a donc vidée.
Émission | Montant | Maturité | Coupon |
Octobre 2026 | 580 M$ (≈ 340 Mds FCFA) | 8 ans | non encore publié |
Juillet 2026 | 920 M$ (≈ 524 Mds FCFA) | 7 ans | 9,375 % |
Février 2025 | 570 M$ | échéance 2029 | 9,5 % |
Des voyants au rouge
Le FMI prévoit un déficit public de 10 % du PIB en 2026, après 8,5 % en 2025, puis 11,2 % en 2027. Avant l'audit, il projetait la dette à 86,1 % du PIB en 2026 et 94,3 % en 2027, contre 70,9 % en 2024. Pendant ce temps, la dette médiane de la région recule.
La charge de la dette pèse déjà lourd. La loi de finances 2026 réservait environ 420 milliards de FCFA aux seuls intérêts et frais. Le coupon de l'eurobond de juillet ajoute à lui seul près de 49 milliards de FCFA d'intérêts par an.
Les agences de notation restent prudentes. Moody's maintient le Gabon en Caa2, avec une perspective abaissée à négative. Fitch avait déjà dégradé la note en début d'année. Le cœur du problème : la dette et le déficit montent ensemble, signe que l'emprunt finance aussi des dépenses courantes et des intérêts.
Ce que répond le gouvernement
L'exécutif a ses arguments. En septembre, un audit de la dette arrêtée au 31 décembre 2025 l'a ramenée de 84,6 % à 68,9 % du PIB. Elle repasse ainsi sous le seuil de 70 % fixé par la CEMAC. Les marchés ont salué ce résultat.
Les conditions s'améliorent aussi. L'émission de 2025 était sortie sous le pair, avec un rendement réel de 12,7 %. Celle-ci affiche une maturité plus longue et une prime de risque en baisse. Enfin, Libreville négocie un nouveau programme avec le FMI, demandé officiellement le 11 mars 2026.
Reste une prudence de lecture. L'audit est celui du gouvernement, et le FMI ne l'a pas encore validé publiquement. Une dette « plus basse sur le papier » ne change rien au déficit de l'année, qu'il faut bien financer.
La vraie question : à quoi sert l'argent ?
Emprunter n'est pas un crime. Le déficit d'infrastructures du Gabon est ancien, et routes, eau ou électricité justifient de l'investissement. Refinancer une dette chère par une dette moins chère peut aussi être une bonne gestion.
Mais à près de 10 % de taux, chaque dollar doit rapporter plus qu'il ne coûte. Or, à ce jour, l'affectation précise de ces 580 millions n'a pas été détaillée publiquement. Combien pour l'investissement ? Combien pour boucher le déficit ou payer des échéances ?
Tant que ces réponses manquent, le soupçon d'une fuite en avant restera légitime. Le Gabon a prouvé qu'il savait lever des fonds. Il lui reste à prouver qu'il sait les utiliser et éventuellement les rembourser.

Comments
Post a Comment