WHAT DOES HISTORY TEACH US ABOUT THE HEADS OF STATE WHO HAVE BET ON POPULISM ? QUE NOUS APPREND L’HISTOIRE À PROPOS DES CHEFS D’ÉTAT AYANT MISÉ SUR LE POPULISME ?




English version 


Populism as a mode of governance follows fairly recurrent trajectories, observable in Perón, Chávez, Erdoğan, Orbán, and other historical cases:


• Phase 1: Rupture and legitimacy. A leader presents himself as the embodiment of the people against a corrupt elite or a discredited dynasty. This initial rupture generates real, often sincere popular support.


• Phase 2: Personalization of power. Institutions (the judiciary, media, parliament) are progressively re-centered around the leader, presented as the sole guarantor of stability.


• Phase 3: Erosion of checks and balances. Locked-down elections, marginalized opposition, tighter control over civic space (press, social media).


• Phase 4: Bifurcation. The regime either institutionalizes into a lasting authoritarianism (Putin, Erdoğan), or collapses under its own economic weight or through a new uprising/coup (the fate of many Latin American populist regimes).


A key point: history shows that the initial promise of rupture does not prevent the reproduction of the very logics it claimed to fight; often, on the contrary, it legitimizes them.


The case of CBON


Some useful factual background: he seized power through a coup d’état in August 2023 against Ali Bongo, led a transition, and was then elected president in May 2025 with a large majority. Since then, we’ve seen signals that are hard to ignore:


• gestures of diplomatic normalization (state visits, closer ties with ECOWAS/CEEAC, the EU);


but also measures concentrating power: amendment of the nationality code by executive order without going through Parliament, temporary restrictions on social media in early 2026, rapid rotation of key posts (the vice-presidency of the government changed several times within a few months).


It’s worth noting an important nuance: CBON has not built a classic “people versus elite” populist discourse. He is more of a military figure who capitalized on rejection of the Bongo dynasty and then sought electoral and international legitimation. Calling him a populist in the strict sense would therefore be something of a stretch; he combines traits of post-coup authoritarian continuity with a stated ambition for institutional respectability.


On this historical basis, several trajectories remain plausible for him, though none is certain:


1. Institutionalized consolidation: gradual stabilization, genuine opening of political space, a durable exit from military logic.


2. Personalized authoritarian drift: reproduction, under a new guise, of the very personal-power logics he himself overthrew.


3. Fragility and instability: internal tensions (within the army, his inner circle) that could, as is often the case in post-coup Central Africa, open the way to new upheavals.


This blog cannot predict which of these trajectories will materialize, that would be highly speculative. What history mainly suggests is that the early indicators to watch are less the rhetoric than the concrete acts: the fate of upcoming local elections, the effective independence of the judiciary, and tolerance toward the press and opposition over time. On these points, CBON’s future and Gabon’s trajectory give us serious cause for concern.





Version Française 


Le populisme comme mode de gouvernance suit des trajectoires assez récurrentes, qu’on l’observe chez Perón, Chávez, Erdoğan, Orbán ou d’autres cas historiques :


• Phase 1: rupture et légitimité : un dirigeant se présente comme l’incarnation du peuple contre une élite corrompue ou une dynastie discréditée. Cette rupture initiale génère un soutien populaire réel, souvent sincère.


  • Phase 2: personnalisation du pouvoir : les institutions (justice, médias, parlement) sont progressivement recentrées autour du chef, présenté comme seul garant de la stabilité.


• Phase 3: érosion des contre-pouvoirs : élections verrouillées, opposition marginalisée, contrôle accru de l’espace civique (presse, réseaux sociaux).


  • Phase 4: bifurcation : soit le régime s’institutionnalise en autoritarisme durable (Poutine, Erdoğan), soit il s’effondre sous son propre poids économique ou par un nouveau soulèvement/coup (le sort de nombreux régimes populistes latino-américains).


Un point clé : l’histoire montre que la promesse initiale de rupture n’empêche pas la reproduction des logiques qu’elle prétendait combattre, souvent au contraire, elle les légitime.


Le cas de CBON


Quelques précisions factuelles utiles : il a pris le pouvoir par un coup d’État en août 2023 contre Ali Bongo, dirigé une transition, puis a été élu président en mai 2025 avec une large majorité. Depuis, on observe des signaux qui ne laissent pas indifférents:


• des gestes de normalisation diplomatique (visites d’État, rapprochement avec la CEDEAO/CEEAC, l’UE) ;


mais aussi des mesures de concentration du pouvoir: modification du code de la nationalité par ordonnance sans passer par le Parlement, restrictions temporaires des réseaux sociaux début 2026, rotation rapide de postes clés (vice-présidence du gouvernement changée plusieurs fois en quelques mois).


Il est important de noter une nuance : CBON n’a pas construit un discours populiste classique de type peuple contre élite. Il est davantage une figure militaire ayant capitalisé sur le rejet de la dynastie Bongo, puis cherchant une légitimation électorale et internationale. Le qualifier de populiste au sens strict serait donc un peu juste; il combine plutôt des traits de continuité autoritaire post-coup avec une volonté affichée de respectabilité institutionnelle.


Sur cette base historique, plusieurs trajectoires lui restent plausibles, sans qu’aucune ne soit certaine :


1. Consolidation institutionnalisée : stabilisation progressive, ouverture réelle de l’espace politique, sortie durable de la logique de militaire.


2. Dérive autoritaire personnalisée : reproduction, sous une nouvelle façade, des logiques de pouvoir personnel qu’il a lui-même renversées.


3. Fragilité et instabilité : tensions internes (au sein de l’armée, de son entourage) pouvant, comme souvent en Afrique centrale post-coup, ouvrir la voie à de nouvelles secousses.


Ce blog ne peut pas prédire laquelle de ces trajectoires se réalisera, ce serait hautement spéculatif. Ce que l’histoire suggère surtout, c’est que les premiers indicateurs à surveiller sont moins les discours que les actes concrets : le sort réservé aux prochaines élections locales, l’indépendance effective de la justice, et la tolérance envers la presse et l’opposition dans la durée. Sur ces points, le futur de CBON et la trajectoire du Gabon nous suscitent de sérieuses inquiétudes.




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