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English version
Nearly a year after his arrest at Libreville airport, the founder of Gabon Media Time has turned his ordeal into a book.
With Entreprendre au Gabon sous la brimade institutionnelle ("Doing Business in Gabon Under Institutional Harassment"), Harold Leckat Igassela has written a 258-page autobiographical essay, published by Éditions Jets d'Encre.
A journalist, lawyer and business owner, the author does more than recount his 24 days in detention. He wants his story to open a broader debate on the freedom to do business, the freedom to inform and the rule of law in Gabon.
On October 15, 2025, Harold Leckat was arrested at Léon-Mba airport. He was returning from Montpellier, where he had been attending a media training program funded by the European Union. He was then remanded in custody and held at Libreville's central prison.
The case stemmed from an alleged dispute over the performance of a contract between his company and a public institution. Several lawyers and fellow journalists denounced what they saw as an abusive shift to criminal charges: a commercial dispute turned into an accusation of embezzling public funds.
The case sparked a rare show of solidarity within the Gabonese press. Harold Leckat was released on November 7, 2025, after 24 days in detention, including police custody.
The author gives a name to what he went through: "institutional harassment." He uses it to describe a situation in which an entrepreneur seeking what he is owed, a journalist doing his job or a citizen defending his rights comes up against overwhelming state power.
The cover shows a man pushing a huge boulder, a nod to the myth of Sisyphus. For Harold Leckat, it captures the Gabonese entrepreneur's experience: endless procedures, broken commitments and unpredictable administrative hurdles. Every gain feels temporary, and every solution gives rise to a new problem.
He explains that he hesitated for a long time before writing. Staying silent, he believes, would have reduced his story to an isolated incident, when he sees it as a symptom of a wider problem.
The essay touches on two sensitive issues in Gabon. The first is the business climate: can a business owner who contracts with the state assert his rights without fear of criminal prosecution? The second is press freedom, since the author runs an online outlet known for its critical tone.
As early as May 2025, before his arrest, Harold Leckat had published an op-ed in L'Union on the difficulties of doing business in Gabon. In it, he was already calling on CBON to restore trust with entrepreneurs. The book extends and deepens that plea.
The book's main value lies in the debate it opens on where a commercial dispute ends and criminal prosecution begins.
Version française
Près d'un an après son interpellation à l'aéroport de Libreville, le fondateur de Gabon Media Time transforme son épreuve en livre.
Avec « Entreprendre au Gabon sous la brimade institutionnelle », Harold Leckat Igassela signe un essai autobiographique de 258 pages, publié aux Éditions Jets d'Encre.
Journaliste, juriste et chef d'entreprise, l'auteur ne se contente pas de raconter ses 24 jours de privation de liberté. Il veut en faire le point de départ d'un débat plus large sur la liberté d'entreprendre, la liberté d'informer et l'État de droit au Gabon.
Le 15 octobre 2025, Harold Leckat est interpellé à l'aéroport Léon-Mba. Il rentre alors de Montpellier, où il suivait une formation aux médias financée par l'Union européenne. Il est ensuite placé sous mandat de dépôt et incarcéré à la prison centrale de Libreville.
À l'origine, un supposé différend lié à l'exécution d'un contrat entre sa société et un établissement public. Plusieurs juristes et confrères ont dénoncé une requalification pénale jugée abusive : un litige commercial transformé en accusation de détournement de fonds publics.
L'affaire avait provoqué une mobilisation rare dans la presse gabonaise. Harold Leckat a été libéré le 7 novembre 2025, après 24 jours de privation de liberté, garde à vue comprise.
L'auteur donne un nom à ce qu'il a vécu : la « brimade institutionnelle ». Il désigne ainsi une situation où l'entrepreneur qui réclame son dû, le journaliste qui informe ou le citoyen qui défend ses droits se retrouvent face à une puissance publique écrasante.
La couverture montre un homme poussant un énorme rocher, clin d'œil au mythe de Sisyphe. Pour Harold Leckat, c'est l'image même de l'entrepreneur gabonais : des démarches sans fin, des engagements non tenus, des obstacles administratifs imprévisibles. Chaque progrès semble provisoire et chaque solution fait naître un nouveau problème.
Il explique avoir longtemps hésité avant d'écrire. Se taire, estime-t-il, aurait réduit son histoire à un simple incident individuel, alors qu'il y voit le symptôme d'un problème plus large.
L'essai touche deux questions sensibles de la République gabonaise. La première est le climat des affaires : un chef d'entreprise qui contracte avec l'État peut-il faire valoir ses droits sans craindre des poursuites pénales ? La seconde est la liberté de la presse, puisque l'auteur dirige un média en ligne connu pour son ton critique.
Dès mai 2025, avant son arrestation, Harold Leckat avait publié dans L'Union une tribune sur les difficultés d'entreprendre au Gabon. Il y en appelait déjà à CBON pour rétablir la confiance avec les entrepreneurs. Le livre prolonge et approfondit ce plaidoyer.
La valeur de cet ouvrage tient surtout au débat qu'il ouvre sur la frontière entre litige commercial et poursuite pénale.
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